<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413</id><updated>2011-08-01T17:25:13.687+02:00</updated><title type='text'>La Comédie UN</title><subtitle type='html'>Vous pensiez avoir tout vu? Vous ne connaissiez pas les Nations Unies...

Toute ressemblance avec des situations ou personnages existant ou ayant existé pourrait ne pas être le fruit du hasard...</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>73</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-7256632767706449740</id><published>2008-12-10T23:52:00.001+01:00</published><updated>2008-12-10T23:52:30.107+01:00</updated><title type='text'>A ne pas mettre entre toutes les mains...</title><content type='html'>&lt;div style="float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;"&gt;&lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/3099114052/" title="photo sharing"&gt;&lt;img src="http://farm4.static.flickr.com/3281/3099114052_228f068c77_m.jpg" alt="" style="border: solid 2px #000000;" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: 0.9em; margin-top: 0px;"&gt;&lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/3099114052/"&gt;A ne pas mettre entre toutes les mains...&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Originally uploaded by &lt;a href="http://www.flickr.com/people/18983511@N00/"&gt;fantomas.vengeurmasque&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br clear="all" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-7256632767706449740?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/7256632767706449740/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=7256632767706449740' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/7256632767706449740'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/7256632767706449740'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/12/ne-pas-mettre-entre-toutes-les-mains.html' title='A ne pas mettre entre toutes les mains...'/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://farm4.static.flickr.com/3281/3099114052_228f068c77_t.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-4406311624023978454</id><published>2008-12-10T23:37:00.002+01:00</published><updated>2008-12-10T23:43:05.939+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;                                                 TELEGRAMME CONFIDENTIEL&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Destinataires :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Directeur de la Coopération Multilatérale du ministère des Affaires Etrangères&lt;br /&gt;Directeur des Affaires Economiques du ministère des Affaires Etrangères&lt;br /&gt;Cabinet du Ministre de l’Emploi et de la Solidarité, &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Cabinet du Secrétaire d’Etat à l’Economie Solidaire&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Objet :&lt;/strong&gt;           &lt;br /&gt;Déroulement de la XIIe Conférence de l’ANUS SEC&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   La délégation française souhaite rendre compte au Département du déroulement de la Conférence ainsi que des observations y afférant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Le Département n’est pas sans ignorer qu’une délégation réduite prend actuellement part aux discussions de la XIIe Conférence de l&lt;em&gt;’Agence des Nations Unies pour la Solidarité- Secrétariat à l’Economie et à la Coopération.&lt;/em&gt; En effet, le Département se souviendra qu’au terme d’arbitrages rendus par le cabinet du ministre des Affaires Etrangères, il avait été décidé de rationaliser et concentrer notre présence à Conakry, afin de pouvoir renforcer, par le biais du principe des vases communicantes, les effectifs envoyés pour couvrir l’Assemblée Générale de l’&lt;em&gt;Union Postale Internationale&lt;/em&gt; se déroulant parallèlement aux Seychelles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Aux difficultés inhérentes à cette présence réduite, se sont ajoutés, dès le début de notre séjour, des désagréments d’ordre logistique, parmi lesquels figurent au premier plan les préoccupations relatives à l’hébergement et aux moyens de transport. Le Département est ainsi encouragé à solliciter des éclaircissements auprès des autorités locales ou des organisateurs de la Conférence.&lt;br /&gt;   Il est en effet porté à l’attention du Département que les agents composant la délégation française ne doivent qu’à leurs ressources tant pécuniaires que de caractère d’avoir pu bénéficier d’un hébergement. Alors que le chef de délégation savait pouvoir compter sur l’hospitalité de Son Excellence l’Ambassadeur de France en Guinée, les deux autres membres de la délégation, dont le propre rédacteur, avaient obtenu un accord, certes oral, mais qui engageait cependant les autorités compétentes en matière d’hébergement, en l’espèce le service des Conférences de l’ANUS SEC. La délégation est au regret d’informer le Département que les promesses émises oralement à cet égard n’ont pas été suivies d’effet une fois à Conakry. Les ressources susmentionnées ont néanmoins permis au conseiller Lourdeau et au rédacteur de sécuriser une chambre dans un établissement, dévolu normalement aux activités de péripatéticienne, mais temporairement affecté à l’hébergement de délégués de la XIIe Conférence de l’ANUS SEC. Il convient néanmoins de préciser que la délégation a été informée de l’imminence d’une solution avec l’arrivée du navire &lt;em&gt;Lord of the Sea&lt;/em&gt;.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;   Sur le plan de la motorisation, la délégation a été au regret de devoir décliner l’offre d’une Trabant de fonction, l’examen attentif du véhicule n’ayant pas permis de lever toutes les inquiétudes relatives à la solidité et la fiabilité du moyen de transport susmentionné. La délégation a donc eu recours en l’occurrence aux services privés de taxi et transports collectifs, grevant de ce fait lourdement l’indemnité journalière allouée aux membres de la délégation. Cette dernière sollicite donc le Département afin qu’un complément d’allocation puisse couvrir ces dépenses additionnelles non prévues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Nonobstant ces difficultés, la délégation française a, dès l’entame de la Conférence, pu éclairer les délégués présents sur la position française relative aux problématiques de solidarité internationale. Il est toutefois à noter que cet éclairage apporté par la délégation a considérablement pâti d’une panne de courant ayant interrompu les débats. Le Département est informé à cet égard qu’il serait souhaitable de faire parvenir dans les meilleurs délais au poste diplomatique de Conakry un ordinateur portable qui sera transmis à notre délégation. En effet, le modèle dont le Département avait bien voulu doter la délégation a été soustrait dans des conditions qui restent à éclaircir mais qui sont, selon toute vraisemblance, en rapport avec l’obscurité subite susmentionnée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Au niveau des discussions relatives aux priorités définies par l’ANUS SEC, le Département prendra note avec intérêt du consensus qui semble être largement partagé par tous les intervenants jusqu’alors. La délégation a entrepris une analyse poussée de ces diverses interventions, en mettant néanmoins de côté celles s’étant révélées superfétatoires. A la lumière de cette analyse, les observations suivantes peuvent être faites:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-          Aucun pays n’a fait montre, à l’heure actuelle, d’opposition au principe de solidarité.&lt;br /&gt;-          Toutes les interventions ont également lié le principe de solidarité à celui d’entraide.&lt;br /&gt;-          Aucune délégation n’a exprimé de réserve à l’égard du concept de solidarité lié à celui de coopération.&lt;br /&gt;-          La motion déclarant primordial le rôle que peuvent jouer la solidarité et la coopération dans les efforts de paix a été votée à l’unanimité des parties représentées. Il est toutefois à noter que l’obscurité a empêché la tenue du vote à main levée initialement prévu. Il a de ce fait été demandé à chaque délégation de préciser à haute voix sa position à l’énoncé de son nom. M. le conseiller Lourdeau, s'exprimant au nom de la France, n’a pas eu de difficulté notable à s’adapter à ce nouveau contexte de vote et s’acquitter de sa tâche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Au vu des points susmentionnés, il est permis de conclure que la position de la France sur l’importance de la solidarité a recueilli un très large assentiment de la part des autres pays représentés. Toutefois, le succès de la diplomatie française à cet égard, ne doit pas dissimuler l’étendue de la tâche restant à accomplir. Les travaux des jours à venir devraient préciser un peu plus le contenu des synergies entre principes de solidarité, de coopération, d’économie et de paix. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;   Il est néanmoins dommageable pour l’efficacité et la cohérence de l’action française que le nombre de délégués composant la délégation soit moindre que le nombre de tables rondes organisées. Le Département n’ayant pas doté les membres de la délégation du don d’ubiquité, des choix devront être opérés. La délégation saurait gré au Département de bien vouloir lui préciser les axes de travail prioritaires qui sont à privilégier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   La délégation demeure à la disposition du Département pour lui apporter tous les éclairages voulus, et ne manquera de tenir informé celui-ci de l’avancée des travaux.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-4406311624023978454?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/4406311624023978454/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=4406311624023978454' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/4406311624023978454'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/4406311624023978454'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/12/telegramme-confidentiel-destinataires.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-5626007243711926656</id><published>2008-12-02T00:30:00.001+01:00</published><updated>2008-12-02T00:30:43.298+01:00</updated><title type='text'>les générateurs de l'ANUS SEC rendent l'âme...</title><content type='html'>&lt;div style="float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;"&gt;&lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/3075097695/" title="photo sharing"&gt;&lt;img src="http://farm4.static.flickr.com/3048/3075097695_2b9a8fc797_m.jpg" alt="" style="border: solid 2px #000000;" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: 0.9em; margin-top: 0px;"&gt;&lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/3075097695/"&gt;les générateurs de l'ANUS SEC rendent l'âme...&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Originally uploaded by &lt;a href="http://www.flickr.com/people/18983511@N00/"&gt;fantomas.vengeurmasque&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br clear="all" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-5626007243711926656?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/5626007243711926656/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=5626007243711926656' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/5626007243711926656'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/5626007243711926656'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/12/les-gnrateurs-de-l-sec-rendent-l.html' title='les générateurs de l&amp;#39;ANUS SEC rendent l&amp;#39;âme...'/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://farm4.static.flickr.com/3048/3075097695_2b9a8fc797_t.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-5032971312537395199</id><published>2008-12-02T00:03:00.002+01:00</published><updated>2008-12-02T00:11:49.873+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;JOURNAL DE FRANCE PANIER&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;   Jane me tapait sur les nerfs !!&lt;br /&gt;   Je ne supportais plus son air de prédicatrice d’église évangéliste en liaison directe avec les Tous Puissants, pendant que bibi se coltinait la logistique… Moi qui pensais pouvoir me la couler douce lorsque l’on m’avait filé le dossier de l’hébergement pour la Conférence ! A l’époque, les Etats du Golfe avaient promis des 5 étoiles à la pelle et ma hiérarchie une flotte de bateaux-couchettes à faire pâlir le Débarquement de Normandie… Fichu métier…&lt;br /&gt;   En plus, Jane s’était gardé la seule Tata &lt;em&gt;Ambassador&lt;/em&gt; du parc automobile de la Conférence ! Du coup, il avait fallu se rabattre sur un char usagé à partager avec Jean-Edouard Hublot. Celui là aussi, il commençait à me les briser menu ! « Puisque ces mystères nous dépassent, feignons d’en être l’organisateur »  devait sûrement être écrit au gros feutre noir sur son miroir… Encore heureux que les choses s’arrangeaient rayon paquebots, juste à temps pour l’ouverture de la Conférence. Le &lt;em&gt;Lord of the Sea&lt;/em&gt; et ses 400 couchettes était entré aujourd’hui dans le port de Conakry, et on allait enfin pouvoir désengorger les hôtels de passe aménagés en auberges de fortune…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Ce qu’il pouvait m’énerver ce Hublot… Dans le char en route vers le palais des Congrès pour la séance d’ouverture de la Conférence, il avait les yeux dans la graisse de binnes pendant que je me décarcassais à lui relire la procédure à suivre pour l’édition des minutes de cette session.&lt;br /&gt;-         « Tu m’écoutes-tu ? » lui fis-je d’un air impatient.&lt;br /&gt;  Du coup, le voilà qui émergeait de son brouillard et reprenait illico sa mine soucieuse pleine de rides.&lt;br /&gt;Enfin, nous étions arrivés. Ca grouillait de partout, toute la haute gomme était là, et ça jouait des coudes pour être sur les photos. On avait droit au concert de musique locale en costume folklorique, presque une image d’Epinal de l’Expo Universelle de 1900, il ne manquait plus que nos ancêtres les Gaulois ! Plus les &lt;em&gt;bodyguards &lt;/em&gt;étaient patibulaires, plus c’était une grosse huile ! Et autour, ça venait s’y coller comme sur un ruban attrape mouches… Jane Butter, dans son boubou du dimanche, était aux petits soins pour le Président guinéen, pendant que le SG, sa belle cravate ONU bleu ciel épousant joliment l’arrondi de sa bedaine, serrait vigoureusement la pogne du Président paraguayen. Alpha Blondy devisait avec Omar Sharif, autre ambassadeur de bonne volonté de la Conférence. A leurs côtés la présidente finlandaise, le Grand Duc du Luxembourg et le Prince du Liechtenstein échangaient des platitudes sur la météo locale, alors que Woodward et Bernstein distribuaient à tour de bras leurs dossiers de presse… Seul cet incapable de Deume semblait se pogner l’cul en attendant que ça passe !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Tout ce petit monde entra finalement dans le Palais des Congrès où flottait une persistante odeur de peinture fraîche.&lt;br /&gt;   Pendant que Butter rejoignait les Tous Puissants sur le podium, je donnais les dernières instructions à la fine équipe qu’on m’avait refourguée. Henderson et Hublot rejoignaient l’équipe publications, Czibor et Larcenet allaient surveiller l’équipe informatique, Fofana passait en revue son pool de secrétaires au garde-à-vous, ne restait plus qu’à caser Deume. On avait justement besoin au podium d’un tape-clavier pour faire défiler les &lt;em&gt;slides &lt;/em&gt;des divers exposés power point. En deux temps, trois mouvements, j’avais convaincu Deume de la tâche majeure qui lui était assignée, essentielle pour la réussite de la Conférence dans son entier… Gonflé d’orgueil, Deume monta alors les marches comme s’il s’agissait du tapis rouge du festival de Cannes !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   En entame, le Président guinéen recommença son couplet sur la responsabilité de l’ONU dans le développement des pays du Sud. Moi je veux bien accommoder mais on ne peut pas tout faire non plus ! Le SG Rojas lui succéda pour souligner combien il était heureux de se retrouver dans un pays du Sud qui se retroussait les manches pour recevoir l’ANUS SEC, combien l’ANUS SEC était ouvert pour que des discussions jaillisse l’étincelle  et bla et bla. Du coin de l’œil je pouvais voir Doumbouya et le commandant Sylvestre étouffant leur fou rire à cette évocation. Mais qu’avaient-ils à niaiser comme cela ?!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Rojas continuait imperturbable :&lt;br /&gt;-          « A la lumière des expériences passées.. »&lt;br /&gt;   C’est à ce moment là que tout les projecteurs et néons lâchèrent en même temps…&lt;br /&gt;Pour un beau chaos, ce fut un beau chaos ! On entendait des vociférations dans toutes les langues. C’était les gardes du corps qui, affolés, cherchaient à rejoindre leurs Tous-Puissants. Chacun de ces patibulaires demandait à son Tout-Puissant personnel de parler à haute voix pour se guider au son, mais cela ne faisait qu’accroître la confusion. Au milieu de ce brouhaha, la voix de Butter s’éleva pour demander aux délégués de s’asseoir. En effet, la réunion allait pouvoir se poursuivre pendant que les autorités guinéennes mettaient tout en œuvre pour redémarrer l’installation dans les plus brefs délais. La présidente finlandaise avait obligeamment mis en route son ordinateur portable qui fonctionnait sur batterie. Alors que Deume, tournant le laptop de tous côtés, cherchait l’angle optimal de luminosité, Rojas prenait son air le plus digne pour continuer la lecture de son discours. Pendant ce temps, le reste de la salle était toujours plongé dans le noir, et avec la faillite des installations électriques, c’étaient les ventilateurs et climatiseurs qui avaient également rendu l’âme. Les aboiements réguliers des gardes du corps qui cherchaient toujours à s’orienter, ne contribuaient pas à détendre l’atmosphère. On commençait à suer à grosses gouttes, la tension montait. Bref, il y avait de l’électricité dans l’air…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   La séance des questions aux orateurs fut un supplice pour Henderson, qui tenait le micro. A chaque fois, elle demandait au téméraire de faire des vocalises le temps qu’elle le retrouve au son de sa voix. Tout ceci perturbait grandement les molosses en noir à qui cette polyphonie faisait perdre le sens de l’orientation. Henderson croisait les doigts pour que les gardes du corps conservent cependant suffisamment de sang froid pour ne pas dégainer si elle se heurtait à l’un d’entre eux dans le noir…&lt;br /&gt;   De mon côté, j’étais tentée d’ambitionner sur l’pain béni et filer en douce rejoindre la piscine de l’hôtel du Golfe. Si seulement l’extinction des feux pouvait se prolonger ! Malheureusement, Butter glapissait mon nom…&lt;br /&gt;-          « Fraannnce !! Fraannce ! »&lt;br /&gt;-          « Mais qu’elle se taise Tabernacle!! »&lt;br /&gt;  Les veines du front gonflées, je me plantais devant elle :&lt;br /&gt;-          « Ne m’appelez plus jamais Fraannce !! »&lt;br /&gt;  Et avant qu’elle ne soit remise de sa surprise, je me fis mielleuse :&lt;br /&gt;-          « Jane, je suis à vos côtés physiquement et moralement, il n’y a donc aucune raison de crier »&lt;br /&gt;   J’avais désamorcé la grenade…. Butter prenait désormais sa voix la plus doucereuse pour me parler. Elle m’annonça que les prévisions n’étaient pas très optimistes et qu’en conséquence le SG avait décidé d’écourter la session. Il fallait maintenant organiser la retraite de Russie…&lt;br /&gt; Une descente aux flambeaux, voilà à quoi ressembla la sortie du Palais des Congrès de Conakry. Les délégués se tenaient à la queue leu leu pour ne pas trébucher. Manquait plus qu’il y en ait un ou une qui se fasse écraser ! Je voyais déjà les grands titres de la presse mondiale le lendemain : « Mourir pour l’ONU ! » ou  « L’ANUS SEC tue ! » Déjà que Woodward et Bernstein gisaient prostrés dans un coin, se demandant comment rattraper un tel désastre.&lt;br /&gt;   Pour ma part, je n’en étais pas encore là. Je répartissais les délégués dans les véhicules mis à notre disposition, mais j’avais beau les empiler, on était encore loin du compte… Mon sourire le plus éclatant en bandoulière, je m’approchais alors du délégué kazakh.&lt;br /&gt;-          « Monsieur Borat, que diriez-vous de faire du pouce pour rentrer ? Ca vous rappellera vos belles années d’étudiant ! »&lt;br /&gt;   Le regard du dénommé Borat était suffisamment parlant pour me convaincre que d’autres solutions devaient être explorées en priorité… Et cet incapable de Deume qui zigzaguait comme une âme en peine ! Il avait vraiment le chic pour faire tourner les coins ronds…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Les taxis de la Marne n’auraient pas suffit à évacuer cette armée de diplomates, mais la chaleur écrasante était bien le meilleur de nos alliés. Le soleil aurait assommé un âne. Les diplomates avaient donc tous estimé qu’il valait mieux rentrer par ses propres moyens dans les meilleurs délais plutôt que fondre lentement en attendant un hypothétique transport collectif… Une demi-heure plus tard et le Palais des Congrès était vide.&lt;br /&gt;   Les boules quiès bien enfoncées, je ne craignais rien de Hublot. Evidemment, il se mit en tête de me faire partager ses réflexions du jour, mais je souriais d’un air béat en voyant ses lèvres s’agiter en silence. Et puis quelle bonne rigolade quand même ! Toutes ces grosses huiles désemparées dès que les feux de la rampe s’éteignaient…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De mon air le plus pompeux, je commençais à marmonner « A la lumière des évènements récents… » avant de partir d’un grand rire sous le regard interloqué de Hublot.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-5032971312537395199?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/5032971312537395199/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=5032971312537395199' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/5032971312537395199'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/5032971312537395199'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/12/journal-de-france-panier-jane-me-tapait.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-7292280153042191237</id><published>2008-11-22T20:56:00.001+01:00</published><updated>2008-11-22T20:56:32.844+01:00</updated><title type='text'>l'ONU monte au mât de cocagne</title><content type='html'>&lt;div style="float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;"&gt;&lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/3050245769/" title="photo sharing"&gt;&lt;img src="http://farm4.static.flickr.com/3219/3050245769_8f0e0f0a10_m.jpg" alt="" style="border: solid 2px #000000;" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: 0.9em; margin-top: 0px;"&gt;&lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/3050245769/"&gt;l'ONU monte au mât de cocagne&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Originally uploaded by &lt;a href="http://www.flickr.com/people/18983511@N00/"&gt;fantomas.vengeurmasque&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br clear="all" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-7292280153042191237?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/7292280153042191237/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=7292280153042191237' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/7292280153042191237'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/7292280153042191237'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/11/l-monte-au-mt-de-cocagne.html' title='l&amp;#39;ONU monte au mât de cocagne'/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://farm4.static.flickr.com/3219/3050245769_8f0e0f0a10_t.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-7243018082053744133</id><published>2008-11-22T20:27:00.002+01:00</published><updated>2008-11-22T20:42:58.919+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;DRRIINNGG !!!&lt;br /&gt;   Mon Dieu ! Pourquoi fallait-il que les fabricants de réveils-matin dotent leurs appareils de sonneries aussi déplaisantes ! Un grand coup de pied dans l’appareil lui coupa le sifflet et donna à Deume une minute de répit pour reprendre ses esprits.&lt;br /&gt;- « Mais où suis-je donc? » murmura-t-il d’une voix pâteuse. Deume fonctionnait au ralenti, et c’est d’un air ahuri qu’il fixa le mur où un margouillat traçait sa route, pendant que le couple infernal &lt;em&gt;Skol-Lariam&lt;/em&gt; continuait de se disputer sous son crâne. D’une démarche mal assurée, il se dirigea vers la douche. Mais malgré des tentatives de plus en plus frénétiques, seul un mince filet d’eau froide daigna répondre à ses efforts. Une situation dans laquelle on trouve alors facilement des accommodements avec les standards d’hygiène personnelle…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Dans l’appartement, tout était calme. Attila ronflait comme une scie. Pour Mustapha et lui, les choses sérieuses n’allaient commencer que dans l’après midi.&lt;br /&gt;   Deume s’attarda un moment sur la cohérence générale de son costume: la veste semblait avoir tiré profit d’une cure de bronzage dont le pantalon n’avait apparemment pas bénéficié. Si quelqu’un le remarquait, on mettrait cela sur le compte des détergents locaux… Mais il fallait presser le pas ! Le lancement officiel de la Conférence allait débuter sur le site par une levée de drapeaux à laquelle tous les fonctionnaires déjà présents étaient tenus de prendre part. Descendu au pied de son immeuble, Deume chercha du regard un taxi. Même une vieille Citroën « Diane » rafistolée aurait fait l’affaire, mais aucun véhicule digne de ce nom n’apparaissait à l’horizon. Deume se résigna à héler le taxi collectif. Les passagers déjà présents se serrèrent encore davantage afin de dégager une portion de fauteuil pour ce &lt;em&gt;toubab&lt;/em&gt; en costume. Plusieurs paires d’yeux à la fois curieuses et perplexes dévisageaient le nouveau passager mais ce dernier ne s’en rendait pas compte, trop occupé à repousser les avances d’une poule entreprenante. Les sourcils froncés, il sommait le gallinacé de s’éloigner, sur un ton qui n’admettait pas de réplique. Si la poule semblait prendre au sérieux l’avertissement, se tenant désormais coi tout en le dévisageant fixement, le reste du bus était agité de rires sonores. C’est sous le regard narquois des passagers, et amoureux de la poule que Deume s’éjecta du minibus devant l’entrée du Palais des Congrès. Des bruits de marteau se faisaient encore entendre, mais il n’en avait cure. Il voyait surtout que l’assistance était déjà rassemblée au garde à vous sous le grand badamier. Deume eut tout juste le temps de se poster à côté de son collègue Doumbouya, que des sirènes stridentes signalèrent l’arrivée imminente du Secrétaire Général Rojas et des autorités locales. Arrivé bon dernier, Deume était le seul à ne pas profiter de l’ombre bienfaisante du badamier, et la sueur qui lui coulait déjà en abondance dans le dos n’annonçait rien de bon si la cérémonie se prolongeait…&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;   Jane Butter ouvrit le bal des discours pour dire sa fierté de se retrouver en Afrique, berceau de l’humanité et creuset de la civilisation. Ses collègues s’apprêtaient à endurer stoïquement le récit des différentes phases de l’évolution humaine ayant précédé l’ANUS SEC XII, mais Butter soulagea tout le monde en passant directement de Lucy au fonctionnaire onusien, traçant un parallèle hardi entre la révolution paléontologique qu’avait représenté la découverte de cette australopithèque, et les bouleversements que l’on pouvait espérer de la tenue d’une grande conférence de l’ONU dans le berceau de l’humanité… A cette évocation, beaucoup de fonctionnaires présents restèrent songeurs, Lucy leur apparaissant surtout comme plus évoluée que beaucoup de leurs collègues… Rojas prit ensuite la parole pour rappeler que l’ANUS SEC avait toujours eu comme ambition de se trouver « au devant de la vague », et que l’organisation de sa Conférence quadriennale en Guinée lançait un mouvement novateur où l’ONU revenait à ses racines : le travail de terrain et sur le terrain, en prise avec les réalités du développement. Pour sa part, Deume espérait surtout que l’ANUS SEC ne se prendrait pas la vague en pleine poire… En attendant, d’autres vagues continuaient de déferler sous sa veste et il désespérait de pouvoir enfin se mettre au frais. Deume fut ramené à la réalité par les applaudissements concluant le discours du ministre guinéen du Commerce. Ce dernier avait rappelé l’étendue des attentes que les pays en développement plaçaient en les Nations Unies, seule institution dont ils ne soupçonnaient pas la partialité à l’heure de proposer son aide. Voilà qui donnait une touche de gravité et de sérieux à une cérémonie qui jusqu’alors déroulait son protocole convenu et ses envolées parfois lyriques mais souvent creuses. Mais personne n’eut le temps de s’appesantir sur ces propos sans langue de bois car la fanfare de l’armée guinéenne entamait déjà les premières notes martiales de l’hymne national. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;   Un officier de l’armée, accompagné du commandant de la sécurité du Palais des Nations, s’approcha du mât où claquait au vent le drapeau de la République de Guinée. L’étendard national devait en effet être lentement descendu afin d’être remplacé par le drapeau onusien, cela pour symboliser le fait que, pendant la durée de la Conférence, le Palais des Congrès de Conakry devenait territoire international. Pendant que les fonctionnaires dodelinaient de la tête au rythme de la grosse caisse, l’officier commença sa tâche. Ses gestes, empreints tout d’abord d’une lenteur affectée, se firent soudain nerveux. L’atmosphère se crispa tout comme les traits de l’officier. Le drapeau ne venait pas ! Les mouvements de plus en plus secs qu’il imprimait aux cordages n’y changèrent rien. L’officier de sécurité onusien jetait des regards affolés à Butter. Le protocole onusien exigeait en effet ce changement d’étendard qui reflétait l’extraterritorialité de l’Organisation et le fait qu’elle était seul maître à bord sur le territoire de la Conférence. Doumbouya se pencha vers moi et me murmura dans le creux de l’oreille : « C’est la faute de l’arbre maudit ! » Au vu de mon air ahuri, il poursuivit « Mais oui ! Le badamier ! En Guinée, on dit que c’est un arbre porte-malheur. L’arbre qui tue ! Un couple qui accepte la présence d’un badamier sur sa propriété verra l’un des conjoints décéder brusquement. D’ailleurs, le gouvernement a officiellement lancé un programme pour se débarrasser des badamiers encore existants ! » Voilà qui était au-delà des capacités d’action des Nations Unies… Cependant, après un bref conciliabule, l’officier guinéen entreprit de grimper au mât pour débloquer la situation. L’entreprise était ardue car le malheureux militaire n’était pas équipé pour. Mais on lui avait bien fait comprendre que son futur avancement serait étroitement corrélé à cette ascension, ou à ses glissades éventuelles… Son patriotisme ardent ne nécessitait pourtant pas de motivation supplémentaire, et le militaire s’acquitta de sa mission sous les murmures soulagés de l’assistance. Pendant que Deume philosophait en lui-même sur les hauts et bas d’une carrière soumise aux montées et descentes de drapeau, le commandant Sylvestre, qui dirigeait les services de sécurité du Palais, fit lentement monter dans l’azur le drapeau bleu des Nations Unies.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   La cérémonie s’achevait. Deume, en nage, soupesait le pour et le contre. Avait-il matériellement le temps de rentrer à l’appartement et de se changer avant le début des discussions ? Butter lui facilita la tâche en lui demandant de l’accompagner. Elle allait inspecter les installations électriques de la Conférence et souhaitait un avis technique. D’où tenait-elle que Deume  avait une quelconque autorité en la matière ? Elle avait pourtant souvent chuchoté au creux de l’oreille de France Panier que « décidément, ce Deume n’était pas une lumière… » Pour sa part, ce dernier était aux anges. Il avait le sentiment de devenir indispensable. Investi d’aucune attribution spécifique, il devenait bon à tout faire.&lt;br /&gt;   Butter et Deume restaient songeurs… Devant eux, se dressait une cathédrale industrielle. Des générateurs avaient été ramenés de tout Conakry, voire de plus loin encore, pour pourvoir aux besoins de la Conférence. Ils avaient été rassemblés dans un désordre indescriptible. L’officiel guinéen se rengorgea en leur affirmant qu’avec cette installation, la lumière brillerait en permanence au Palais des Congrès, à défaut de naître des discussions… Butter regardait d’un air soupçonneux les fils dépareillés qu’une armée de petites mains s’efforçait de démêler. D’un air candide, Deume s’enquit des sources alternatives d’électricité que l’on avait fournies à la population locale pour remplacer les générateurs réquisitionnés.  « Les sacrifices temporaires ne sont rien au regard du plaisir d’accueillir les travaux de l’ANUS SEC »  répondit évasivement l’officiel guinéen avant d’entraîner ses deux invités vers la salle informatique. Là encore, une troupe désordonnée de « jeunes à tout faire » tentait de saisir les instructions confuses qu’un Attila Czibor à la limite de l’hystérie leur lançait d’une voix flirtant avec les aigus. Emilie Larcenet avait, elle, préféré se réfugier dans la salle voisine où elle observait le dernier briefing d’une armée de dactylos recrutées localement par Fatoumata Fofana, assistante de direction originaire de Guinée, et qui terrorisait les couloirs de l’ANUS SEC depuis une grosse décennie. Cette dernière avait été envoyée par l’Organisation afin de mettre au pas cette petite troupe, et les initier aux joies du secrétariat d’une conférence onusienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   La pluie se mit à tomber au moment où Deume sortait du bâtiment. Bientôt, ce fut un déluge. Deume pensait avec angoisse que si cela continuait ainsi, on allait risquer non pas de mouiller son costume mais carrément de perdre la vie lorsque les forums thématiques démarreraient le lendemain sous des tentes gorgées d’eau… Mais le chauffeur de taxi l’interrompit au beau milieu de ses noires réflexions.&lt;br /&gt;-          « Comment se passe la Conférence ? » s’enquit-il d’un air faussement détaché.&lt;br /&gt;-          «  Elle ne commence que demain » répondit Deume, agréablement surpris de l’intérêt que portait ce chauffeur de taxi aux activités de l’ANUS SEC.&lt;br /&gt;-          « Ah... » répondit, visiblement déçu, ce dernier. « Et va-t-elle durer longtemps ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deume commença à soupçonner que l’intérêt du taxi pour le contenu des discussions n’était que tout relatif…&lt;br /&gt;-          « Une semaine » dit-il. « Mais pourquoi me demandez-vous cela ? »&lt;br /&gt;Le chauffeur lui fit un grand sourire et répondit benoîtement « On nous a pris tous nos générateurs électriques en nous disant que l’ONU avait besoin de faire toute la lumière… J’aimerais bien savoir quand est-ce que je vais pouvoir lire mon journal autrement qu’à la chandelle, et manger autre chose que de la viande froide et des légumes crûs ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Deume s’enfonça dans son siège. Il n’était bien entendu pas responsable, mais n’arrivait pas à se dégager d’un léger sentiment de malaise et de culpabilité. « On proclame à tous vents que nous travaillons au développement des pays pauvres, et qu’est-ce que ces pays voient concrètement de notre action ? Qu’on leur enlève l’électricité et qu’on les oblige à manger froid ! »&lt;br /&gt;   Mais le taxi s’arrêta devant l’immeuble de Deume, et ce dernier s’empressa de sortir non sans oublier de souhaiter une « bonne continuation » au chauffeur, mécène de l’ANUS SEC XII à son corps défendant…&lt;br /&gt;   La pluie s’était elle aussi arrêtée de tomber. Des ouvriers étaient rassemblés autour de la piscine en construction et tentaient de vider l’eau de pluie à l’aide de bassines. Deume les suivait du regard tout en montant lentement les marches. « Il n’y aura plus qu’à remettre cela à la prochaine averse ! » se dit-il. Tout cela lui semblait être une belle métaphore de l’action des Nations Unies, et lui rappelait le fameux tonneau des Danaïdes…&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-7243018082053744133?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/7243018082053744133/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=7243018082053744133' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/7243018082053744133'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/7243018082053744133'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/11/drriinngg-mon-dieu-pourquoi-fallait-il.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-1693247502624446758</id><published>2008-05-21T00:55:00.001+02:00</published><updated>2008-05-21T00:55:03.172+02:00</updated><title type='text'>un délégué du forum ONG prévient: "l'ANUS SEC est dans de beaux draps!"</title><content type='html'>&lt;div style="float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;"&gt;&lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2509160143/" title="photo sharing"&gt;&lt;img src="http://farm3.static.flickr.com/2300/2509160143_3bbb526c65_m.jpg" alt="" style="border: solid 2px #000000;" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: 0.9em; margin-top: 0px;"&gt;&lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2509160143/"&gt;un délégué du forum ONG prévient: &amp;quot;l'ANUS SEC est dans de beaux draps!&amp;quot;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Originally uploaded by &lt;a href="http://www.flickr.com/people/18983511@N00/"&gt;fantomas.vengeurmasque&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br clear="all" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-1693247502624446758?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/1693247502624446758/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=1693247502624446758' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/1693247502624446758'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/1693247502624446758'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/05/un-dlgu-du-forum-ong-prvient-sec-est.html' title='un délégué du forum ONG prévient: &amp;quot;l&amp;#39;ANUS SEC est dans de beaux draps!&amp;quot;'/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://farm3.static.flickr.com/2300/2509160143_3bbb526c65_t.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-1788952631318406196</id><published>2008-05-21T00:48:00.002+02:00</published><updated>2008-05-21T00:52:07.699+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>JOURNAL D'ADRIEN DEUME&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;On frappait à la porte mais j’avais décidé de ne plus me lever.&lt;br /&gt;Cela avait déjà été assez dur d’émerger une première fois lorsque Attila était revenu de sa tournée des grands ducs. Mustapha avait promis d’être de retour à notre appartement en début de soirée, il avait donc gardé notre unique clé. Pour ma part, j’avais choisi d’évacuer la pression en en éclusant quelques autres en compagnie de Sékou Doumbouya, mon collègue guinéen qui avait souhaité fêter dignement son retour au pays. Entamé dans un « maquis », notre périple avait épousé les contours de la géographie des bars de Conakry. Mais dans un éclair de lucidité, j’avais décidé d’arrêter les frais au 4e établissement visité. Les effets de la &lt;em&gt;« Skol »&lt;/em&gt; locale étaient démultipliés par le &lt;em&gt;lariam &lt;/em&gt;dont j’avais commencé le traitement, et je sentais confusément que mon lit m’attendait de pied ferme. J’avais donc péniblement retrouvé le chemin de notre appartement. Arrivé au 1er étage, et l’esprit encore embrumé de vapeurs de houblon, j’entrepris de frapper à ma porte le plus doucement possible afin de ne pas réveiller Mustapha. Il me fallut bien quelques minutes pour intégrer le fait qu’il allait falloir tout de même réveiller mon colocataire afin qu’il vienne ouvrir… Mustapha, les sourcils froncés et les lèvres pincées, me suivit du regard pendant que je rebondissais d’un meuble à un autre en direction de ma chambre. Cinglant, il me jeta qu’Attila n’était pas encore rentré et que ce serait de ma responsabilité de lui ouvrir. J’acquiesçais d’un grognement avant de m’effondrer sur mon lit. Mais combien je regrettais amèrement ce grognement au moment d’ouvrir au chef de notre service informatique qui tambourinait à la porte d’entrée. Une bouteille dans chaque main, il s’affala sur le divan et entrepris de m’apprendre les chansons paillardes les plus en vogue à Budapest. J’eus toutes les peines du monde à le traîner jusqu’à sa chambre et retournant vers la mienne, j’échafaudais déjà un plan pour fuir cet appartement au plus vite.&lt;br /&gt;On se remit à tambouriner de plus belle. Je bouillais intérieurement : aucun de mes deux colocataires n’aurait donc le courage ou la délicatesse de se lever ! Maudissant le ciel de m’avoir doté d’un sommeil aussi léger, j’ouvris la porte à toute volée, prêt à passer ma rogne sur l’importun. Mais l’importun était plusieurs et munis de valises. Ni les autorités guinéennes, ni le Secrétariat de l’ANUS SEC n’avaient jugé utile de prendre note de la répartition des chambres. Nos malheureux collègues arrivés par le vol de 3 heures du matin se retrouvaient donc contraints de faire la tournée des appartements, cherchant désespérément une chambre encore inoccupée… Mais même désespérés, ils n’en étaient pas encore au point d’accepter de partager la couche d’Attila et je les accompagnais d’un regard compatissant pendant qu’ils reprenaient leur quête, traînant leurs valises derrière eux…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La sonnerie stridente du réveil me vrilla les tempes. La &lt;em&gt;« Skol »&lt;/em&gt; ne me laissait pas de répit, à moins que ce ne fût encore Attila qui tambourinait sous mon crâne… Ce n’est que dans le taxi que je me rendis compte que ma chaussette gauche et ma chaussette droite n’avaient apparemment pas été élevées ensemble. Mais il était trop tard pour rebrousser chemin. La journée de clôture du forum des ONG allait commencer et l’on m’avait chargé de noter studieusement les recommandations qui seraient émises à cette occasion.&lt;br /&gt;Avec stupeur je m’entendis demander par mon chauffeur de taxi la somme exorbitante de 14000 francs une fois arrivé auprès du chapiteau où se déroulait le forum. Indigné, je refusais tout net de payer ce qui me semblait s’apparenter à une extorsion de fonds déguisée. Le ton monta rapidement. Le chauffeur menaçait d’appeler son beau frère qui, accompagné de son gourdin, saurait me faire entendre raison. Je révisais déjà mentalement les gestes d’autodéfense de base lorsque mon regard s’arrêta sur les billets soigneusement repliés dans ma sacoche. Ils étaient bien différents des francs CFA auxquels j’étais habitué… Arrêtant d’un geste ferme le déluge verbal de mon chauffeur, je dépliais les billets qui arboraient l’effigie de Sékou Touré, l’unique dirigeant africain à avoir rejeté la Communauté française proposée par de Gaulle. Rien à voir effectivement avec les francs CFA qui valaient 10 fois plus… Confus, je laissais un large pourboire à mon chauffeur. On se sentait généreux ici à distribuer des centaines de francs !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je jetais un regard soupçonneux à la grande tente qui abritait les débats. La toile blanche ondulait sous les bourrasques de vent qui s’étaient levées depuis le matin. Pénétrant sous le chapiteau, j’eus l’impression d’entrer dans un sauna. Pendant qu’à la tribune on énumérait les grands objectifs de développement, on mourrait de chaud en silence dans les travées. Assis à côté de la charmante déléguée de l’Union Moldave pour la Solidarité, je redécouvrais les joies de l’engagement et réfrénais à grand peine des immenses élans de solidarité à son égard. Cet effort continu de maîtrise de moi-même avait un effet funeste sur ma prise de note. Pour accomplir mon travail de la manière la plus professionnelle qu’il soit, il me fallait changer de place… L’austère représentant de Solidarnosc représentait un compromis acceptable. Je lui fis donc un grand sourire en m’installant à ses côtés, et entamais mon rapport sur le développement de la &lt;em&gt;e-solidarity&lt;/em&gt; ou solidarité électronique. A la température qu’il faisait sous la tente, toute forme d’esprit critique était vouée à l’échec et je me contentais donc de noter fébrilement les tenants et les aboutissants du concept. Mais pendant ce temps, le vent soufflait de plus en plus fort dehors et d’inquiétants grincements nous arrivaient du plafond. Je surveillais à la fois le pilier central et l’orateur qui tanguaient tous les deux, lorsque soudainement nous fûmes plongés dans le noir. Un coup de vent plus fort que les autres avait apparemment déraciné un pylône d’alimentation électrique. Mon facétieux voisin commença alors à chanter à tue-tête un « Joyeux anniversaire » qui égaya le public. Mais soudain, sa voix s’étrangla. Le pilier central venait, dans un dernier et lugubre craquement, de rendre l’âme. Le chapiteau s’effondra comme un château de cartes, et un grand manteau blanc recouvrit la société civile… M’étant sorti du piège tant bien que mal et estimant en faire déjà assez pour la solidarité dans le cadre de mes activités professionnelles, je quittais le forum au pas de course et sans un regard pour mon voisin de Solidarnosc qui tentait encore de se dépêtrer du drap qui l’enserrait telle une camisole de force. On ne m’y reprendrait plus à fréquenter de tels amateurs !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je retournais à l’hôtel du Golfe afin d’informer ma hiérarchie des conclusions du forum de la société civile, tout en jetant un voile pudique sur les conditions dans lesquelles s’était terminée la réunion. Je n’étais pas de ceux qui tiraient sur les ambulances a fortiori quand notre propre « véhicule » n’avait pas encore montré qu’il était lui-même à l’épreuve des balles…&lt;br /&gt;Je trouvais Jane Butter allongée au bord de la piscine. Elle revoyait avec sa garde prétorienne composée de Hublot, Panier et Hamerson le déroulement de la première matinée de la Conférence, consacrée à l’élection du bureau de suivi de la Conférence ainsi qu’à l’établissement de l’ordre du jour. Puis, tournant mon regard vers la piscine, je commençais à suivre fasciné la technique de brasse impeccable de Ah Bi Wan, le directeur sud-coréen du programme spécial de solidarité avec les pays les moins avancés. Habitué à nager en eaux troubles, il alignait les longueurs avec une régularité de métronome et sans paraître le moins du monde fatigué. A la piscine comme à l’ANUS SEC, Ah Bi Wan ne faisait pas de vagues…&lt;br /&gt;Je vins retrouver l’équipe d’organisation de la Conférence. Jane Butter se crêpait le chignon avec France Panier sur la répartition du pool de voitures officielles alloué par les autorités guinéennes. France invoquait le poids des responsabilités qu’elle assumait pour réclamer une voiture personnelle qui la déchargerait des soucis de déplacement. Mais Jane Butter faisait et refaisait ses calculs. On avait tout juste le compte pour que chacun des chefs d’Etat et chefs d’agences onusiennes puisse bénéficier d’un véhicule personnel. France devrait donc se débrouiller toute seule car il était également hors de question que Jane Butter renonce à la Tata Ambassador qu’elle s’était auto-attribuée.&lt;br /&gt;La Conférence commençait demain matin et tout cela me semblait un peu irréel. Je décidais de retourner au centre de Conférence pour soutenir moralement mes collègues du service informatique qui trimaient comme des forçats afin de mettre en réseau les ordinateurs enfin libérés par les douanes guinéennes. Je remontais en sens inverse le flot de voitures pétaradantes qui tentaient de rejoindre les lointains faubourgs de Conakry. Pour ma part, je rejoignais ce grand éléphant blanc qu’était le centre de Conférences. Les autorités guinéennes avaient vu grand. A tel point que les ouvriers en étaient encore à manier pelle et pioche pour terminer les travaux de maçonnerie avant l’ouverture de la Conférence. Il leur restait encore toute une nuit après tout… Je retrouvais très vite Emilie Larcenet qui semblait quelque peu désabusée. Elle s’était fait une joie de sa première mission mais il y avait loin du rêve à la réalité. Arrivée sur place 7 jours avant moi avec ses collègues du service informatique, elle s’était tournée les pouces jusqu’à notre arrivée. En effet, les ordinateurs étaient restés bloqués en douane et personne sur place ne souhaitait prendre de décision. Il était urgent d’attendre l’arrivée des grosses huiles… Puis une fois les ordinateurs récupérés, l’équipe informatique avait découvert avec horreur que l’installation électrique n’était pas aux normes requises et que pour couronner le tout, l’équipe de soutien recrutée localement avait été licenciée avec effet immédiat à la suite des toutes récentes élections. Mes collègues avaient donc dû démêler l’écheveau dans tous les sens du terme puisque je trouvais Attila éructant contre un amas de fils emmêlés dont il n’arrivait pas à trouver le bout.&lt;br /&gt;Pendant que les informaticiens établissaient leurs branchements, j’aperçus Patrick Abitbol, un autre collègue des services de conférence, qui agitait les bras en tous sens. Il était livide. Il profita de ma présence pour me prendre à témoin : « Adrien, avez-vous déjà vu un générateur électrique aussi antique ? » Je dus convenir que non. Patrick gémit : « Jamais cette installation ne va pouvoir faire face à la demande en courant ! » Il prit par l’épaule le fonctionnaire guinéen et son ton se fit glacial. Soit les autorités guinéennes ramenaient tous les générateurs de Conakry soit une conférence de presse se tiendrait le lendemain matin pour annoncer l’annulation de la Conférence. Il bluffait de toute évidence mais le faisait avec tant de conviction que le fonctionnaire prit peur. Il promit que pas un générateur de Conakry ne manquerait à l’appel le lendemain matin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il était temps pour moi de partir et de rentrer à l’appartement. Ici, je ne servais à rien. D’ailleurs, étais-je utile ailleurs ? Je fus pris d’un brusque accès de mélancolie. Depuis que j’avais rejoint l’ANUS SEC, j’avais fait feu de tout bois pour apporter ma pierre au développement et à la solidarité, mais je me sentais parfois comme un Don Quijote chargeant les moulins à vent…&lt;br /&gt;Je me mis une bonne claque. Mince ! On ne m’avait donc pas menti, le &lt;em&gt;lariam &lt;/em&gt;vous foutait un de ces bourdons ! Heureusement qu’il restait la &lt;em&gt;« Skol »&lt;/em&gt; pour retrouver le sourire. Je fis un détour par l’épicerie la plus proche afin de ramener quelques provisions liquides et solides. Le grand jour était pour demain.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-1788952631318406196?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/1788952631318406196/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=1788952631318406196' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/1788952631318406196'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/1788952631318406196'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/05/journal-dadrien-deume-on-frappait-la.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-4411768519266076305</id><published>2008-05-08T23:55:00.001+02:00</published><updated>2008-05-08T23:55:54.011+02:00</updated><title type='text'>la concierge de l'hôtel attendant l'arrivée du diplomate...</title><content type='html'>&lt;div style="float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;"&gt; &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2476293465/" title="photo sharing"&gt;&lt;img src="http://farm4.static.flickr.com/3010/2476293465_74bea5b9d1_m.jpg" alt="" style="border: solid 2px #000000;" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style="font-size: 0.9em; margin-top: 0px;"&gt;  &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2476293465/"&gt;la concierge de l'hôtel attendant l'arrivée du diplomate...&lt;/a&gt;  &lt;br /&gt;  Originally uploaded by &lt;a href="http://www.flickr.com/people/18983511@N00/"&gt;fantomas.vengeurmasque&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br clear="all" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-4411768519266076305?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/4411768519266076305/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=4411768519266076305' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/4411768519266076305'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/4411768519266076305'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/05/la-concierge-de-l-attendant-l-du.html' title='la concierge de l&amp;#39;hôtel attendant l&amp;#39;arrivée du diplomate...'/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://farm4.static.flickr.com/3010/2476293465_74bea5b9d1_t.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-5202637285803249560</id><published>2008-05-08T23:07:00.002+02:00</published><updated>2008-05-08T23:41:10.768+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;JOURNAL D'ADRIEN DEUME&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;J’avais ouvert les yeux en même temps que le soleil. La chaleur qui régnait dans la chambre me desséchait la gorge. Enfilant en vitesse un T-shirt des Nations Unies, j’étais sorti à la recherche d’une bouteille d’eau. L’esprit encore embrumé, il ne me sembla pas anormal d’entrer dans une cage d’ascenseur qui ne possédait pas de porte mais un ruban qu’il fallait détacher du mur. Du coup, j’expérimentais directement et à mes dépens la validité de la théorie de la gravitation… Je me relevais péniblement, encore effaré de ce plongeon dans le vide la tête la première. Nos appartements n’étaient certes pas totalement finalisés, mais de là à devoir se méfier d’une cage d’ascenseur vide, il y avait de la marge ! A cet instant, je bénissais notre guide guinéen qui m’avait attribué une chambre au premier étage…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il était encore très tôt, mais Conakry vibrionnait déjà. D’antiques automobiles cahotaient péniblement sur les chemins de latérite, dépassées par les cyclistes la tête dans le guidon qui tentaient d’échapper aux bouchons matinaux de la capitale guinéenne. Les vendeurs de rue étaient déjà à l’œuvre, déployant leurs modestes étals. Mais je n’avais pas un regard pour eux. J’étais obsédé par la sensation de soif qui atrophiait mes facultés intellectuelles. Regardant désespérément autour de moi, je dus me rendre à l’évidence. Nous étions dans un quartier de passage qui devenait, grâce à la venue de l’ANUS SEC XII, un quartier résidentiel mais aucune épicerie ne s’y était encore installée. Etouffant un gémissement, je repartis en courant vers mon appartement, collé au mur pour éviter le soleil de plomb qui montait dans le ciel. A mon retour, je trouvais Mustapha et Attila dans notre salon, occupés à couper en parts égales les quatre biscuits rescapés de la veille. Ces rations de survie devaient nous permettre de tenir jusqu’à un hypothétique repas de midi. Pour ma part, mes priorités étaient toutes autres. Il était l’heure de me rendre à l’hôtel du Golfe où se trouvait Jane Butter et France Panier, les deux chevilles ouvrières de la Conférence. Je devais y retrouver tous les autres collègues impliqués dans l’organisation afin de nous répartir les rôles. Nous entrions maintenant dans le vif du sujet…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Encore me fallait-il trouver un taxi ! Dans ce quartier, c’était une espèce rare. Planté sous un arbre majestueux qui m’abritait du soleil, je voyais néanmoins l’heure tourner sans qu’aucun taxi ne daigne répondre à mes avances. Prenant les choses en main, je me plantais au milieu du carrefour, prévenant le chauffeur de la vénérable Peugeot 504 qui arrivait au ralenti qu’il faudrait me passer sur le corps pour avancer. Ce dernier faillit me prendre au mot, et une fois que je me trouvais affalé sur la banquette arrière, mon chauffeur me demanda pour la prochaine fois de penser à sauter en marche car sa voiture ne redémarrait pas une fois arrêtée. C’est cahotant et pétaradant que je débarquais à l’hôtel du Golfe. Comme me l’avait enseigné mes collègues, je marchandais le prix de la course, obtenant un rabais d’un demi-dollar. La journée commençait bien ! Je retrouvais dans la salle de petit déjeuner la plupart de mes collègues, ou du moins les plus puissants et influents d’entre-eux. Le Secrétaire Général Rojas avait pris le soin de s’asseoir à la plus petite des tables, étalant autant qu’il le pouvait &lt;em&gt;« le clairon de Conakry »&lt;/em&gt; face à lui, histoire de bien faire comprendre à tout le monde qu’il n’était là pour personne. Ce qui désespérait son directeur de cabinet Kenenisa Gebresselassie, assis à la table voisine et qui tentait en vain d’accrocher son regard. Jane Butter, pour sa part, avait ressorti sa garde-robe africaine qui commençait à sentir la naphtaline à Genève. Revêtue d’un magnifique boubou, elle avait réuni son équipe autour d’elle et du petit déjeuner. Je me faufilais en bout de table, louchant sur les jus de fruits frais et les croissants qui se trouvaient au milieu. Jane était déjà lancée dans le récit de son entrevue de la veille au soir avec le vice-Premier ministre guinéen lorsque Attila débarqua en pétard, me jetant un regard noir. Il m’en voulait d’avoir dû débourser 3 dollars pour son taxi alors qu’il aurait été tellement plus simple et économique de profiter du mien ! Du discours de Jane qui prenait l’aspect du Bottin Mondain tellement elle citait de dignitaires rencontrés, je retenais cependant une chose. Les débuts de la Conférence allaient tenir de l’équilibrisme sur un fil savonné. Aucun des bâtiments qui allait accueillir les différentes sessions n’était terminé, les équipes de personnel recruté sur place travaillaient dans la désorganisation la plus totale, et la question de l’hébergement promettait d’être le cauchemar annoncé… Bob Woodward nous informa d’une voix lugubre que beaucoup de journalistes renonçaient à couvrir la Conférence : certains avaient signalé qu’ils ne viendraient pas suite au désistement de leur chef d’Etat, d’autres n’avaient tout simplement pas trouvé de chambre. Le service de presse avait voté à l’unanimité l’accueil des correspondants de presse les plus importants dans leurs propres habitations et une dizaine de matelas pneumatiques avait été achetée en catastrophe à cet effet. Mais cette proposition venue du fond du cœur avait été superbement ignorée. Jane concentrait, elle, l’essentiel de son attention sur la liste des chefs d’Etat et de gouvernement qui avaient confirmé leur venue. En effet, l’une des tables rondes était intitulée &lt;em&gt;« Heads of State high level brainstorming on solidarity ».&lt;/em&gt; Or, il fallait pour le moment se contenter du prince du Liechtenstein accompagné du Grand Duc du Luxembourg, du Premier ministre de la République Centrafricaine, du roi du Népal, du Président de Moldavie, de l’émir du Qatar et du Gouverneur général du Belize… Ne manquaient plus à ce tableau des titres et grades que l’empereur Bokassa et le &lt;em&gt;Lider Maximo&lt;/em&gt; Fidel Castro! Il fallait rameuter tous azimuts ! La lecture de la presse nous appris que le Premier ministre du Bénin était en week end à Accra. On envoya illico France Panier le convaincre de prolonger son séjour dans la capitale ghanéenne en lui laissant entendre qu’il pourrait à cette occasion rencontrer personnellement Alpha Blondy… Car le chanteur ivoirien avait finalement confirmé sa présence à la Conférence mais il avait prévenu qu’il garderait sa liberté de parole. Démuni en célébrités connues des Ghanéens, Rojas avait donné son accord. Mais il avait discrètement demandé à nos services de lui couper le micro et de mettre cela sur le compte des défaillances électriques locales si jamais son discours devenait trop mordant.&lt;br /&gt;Attila prit ensuite la parole. Les yeux plongés dans ceux de Jane Butter, il sembla jouir de l’annonce qui nous laissa saisis: la moitié des ordinateurs de la Conférence était encore bloquée à la douane locale. Les autorités prétextaient l’absence de papiers essentiels mais &lt;em&gt;« à moi on ne me la fait pas »&lt;/em&gt; nous dit Attila, appuyant ses propos d’un clin d’œil exagéré,&lt;em&gt; «comme partout en Afrique, ils sont à la recherche de bakchichs ». &lt;/em&gt;Nous étions tellement préoccupés que personne ne releva ces propos simplistes. Le constat était rude : une moitié du parc informatique était bloquée, la moitié disponible était pour sa part sous-utilisée. En effet, la première tentative le matin même de mettre tous les postes en réseau avait fait sauter le système et plongé le centre de conférences dans le noir. Les connexions internet étaient pour leur part d’une lenteur affligeante alors que la plupart des sites web de la Conférence regorgeaient des dernières innovations techniques impossibles à ouvrir ou télécharger sur place.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jane Butter fit bonne figure face à cette série d’uppercuts car elle savait pertinemment que la volée de coups n’était pas terminée. Ce fut au tour de France Panier, chargée des questions d’hébergement, de prendre la parole. Elle prit une longue inspiration avant d’entamer les 14 stations de son chemin de croix. Le &lt;em&gt;Lord of the Sea&lt;/em&gt; avait été retardé par une avarie mécanique en dessous des Canaries. Il n’arriverait donc qu’au 3e jour de la Conférence. De ce fait, les possesseurs de chambres à l’hôtel du Golfe ne pouvant changer d’hébergement, bloquaient le savant et minutieux processus d’&lt;em&gt;upgrading &lt;/em&gt;qui avait été mis au point par France Panier. Les locataires de l’hôtel &lt;em&gt;Gold Coast&lt;/em&gt; devaient en effet prendre le relais des grosses huiles de l’hôtel du Golfe qui migraient eux vers le &lt;em&gt;Lord of the Sea&lt;/em&gt;, pendant que les possesseurs d’appartement auraient dû récupérer les chambres du &lt;em&gt;Gold Coast&lt;/em&gt;, laissant eux-mêmes leurs studios aux journalistes et participants au forum de la société civile, ces derniers jouant le rôle des intouchables dans le subtil système de castes de la Conférence. Mais les brahmanes de l’hôtel du Golfe n’ayant pas bougé, tout le mécanisme de chaises musicales était grippé. On parlait déjà de membres d’ONG ayant élu domicile dans les églises de Conakry à défaut de trouver une chambre. La voix de France Panier devint chevrotante quand elle évoqua le sort du délégué belge qui avait pour sa part trouvé refuge dans une maison close. Les délégués algériens, marocains, tunisiens et libyens posaient quant à eux les bases d’une union du Maghreb arabe en se regroupant tous ensemble dans une seule chambre de l’hôtel &lt;em&gt;Gold Coast&lt;/em&gt;. Le délégué algérien avait confié à France qu’afin de ne pas froisser les nombreuses susceptibilités présentes, il avait fallu recourir à la courte paille pour désigner ceux d’entre eux qui allaient dormir dans le lit. Certains autres délégués étaient portés disparus et l’on craignait le pire pour eux. France passa ensuite rapidement sur les soucis logistiques de ceux qui avaient tout de même le privilège de bénéficier d’un lit et d’un toit. Je me permis cependant de signaler à ce moment qu’il valait mieux éviter les ascenseurs le temps de la Conférence…&lt;br /&gt;Lorsque France termina son exposé, un silence pesant se fit. Tout le monde attendait qu’il fût rompu par Jane Butter mais celle-ci était comme statufiée. Elle était visiblement prise de vertige à l’énoncé de tous les problèmes auxquels il allait falloir faire face. Et le Secrétaire Général des Nations Unies qui débarquait dans la soirée… Jane Butter se leva d’un bond et se précipita dans le bureau du directeur de l’hôtel. Nous la vîmes de loin se mettre à genoux et implorer celui-ci de terminer la pose de la moquette dans la chambre affectée au Secrétaire Général. Que le minibar n’ait pas de branchement, soit... Que la télévision ne retransmette que les chaînes locales, passe encore... Mais qu’au moins le Secrétaire Général puisse marcher pieds nus dans sa chambre sans s’enfoncer un clou dans l’orteil…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De retour à notre table, légèrement rassérénée par les promesses du directeur faites sur la tête de la mère de celui-ci (alors qu’après tout, rien ne prouvait que la mère du directeur soit encore de ce monde…), Jane Butter répartit les tâches. Pour ma part, j’étais chargé de suivre le forum de la société civile qui se tenait aux abords du centre de Conférence. J’étais impatient de découvrir cette faune de militants si éloignée de mon quotidien. J’étais également curieux de voir comment concrètement l’on pouvait placer une existence et une carrière sous la bannière d’un idéal et de principes. Des principes forts et un idéal solide, j’avais parfois l’impression fugace que c’est ce qui m’avait manqué par le passé, mais je les sentais se raffermir en moi au contact du monde onusien…&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-5202637285803249560?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/5202637285803249560/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=5202637285803249560' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/5202637285803249560'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/5202637285803249560'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/05/journal-dadrien-deume-javais-ouvert-les.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-7375269446712576997</id><published>2008-05-03T00:07:00.001+02:00</published><updated>2008-05-03T00:07:46.120+02:00</updated><title type='text'>avec Attila, l'ANUS SEC XII, ça va pas être drôle tous les jours...</title><content type='html'>&lt;div style="float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;"&gt; &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2460458378/" title="photo sharing"&gt;&lt;img src="http://farm3.static.flickr.com/2055/2460458378_3a131f783e_m.jpg" alt="" style="border: solid 2px #000000;" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style="font-size: 0.9em; margin-top: 0px;"&gt;  &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2460458378/"&gt;avec Attila, l'ANUS SEC XII, ça va pas être drôle tous les jours...&lt;/a&gt;  &lt;br /&gt;  Originally uploaded by &lt;a href="http://www.flickr.com/people/18983511@N00/"&gt;fantomas.vengeurmasque&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br clear="all" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-7375269446712576997?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/7375269446712576997/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=7375269446712576997' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/7375269446712576997'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/7375269446712576997'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/05/avec-attila-l-sec-xii-va-pas-tre-drle.html' title='avec Attila, l&amp;#39;ANUS SEC XII, ça va pas être drôle tous les jours...'/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://farm3.static.flickr.com/2055/2460458378_3a131f783e_t.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-3389853846019125293</id><published>2008-05-02T23:41:00.003+02:00</published><updated>2008-05-03T00:51:36.669+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;JOURNAL D'ADRIEN DEUME &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Tout était fin prêt. J’avais ramené au Palais ma valise pleine à craquer. Ma femme m’avait aidé à choisir les cravates les plus adaptées à mes chemises, et les chemises les plus adaptées à mon costume. Elle m’avait également convaincu de ramener plusieurs boîtes de crayons de couleur, stylos bille et cahiers à spirale à distribuer dans une école de Conakry dont elle connaissait la directrice. Du coup, j’avais laissé de côté les publications de l’ANUS SEC que j’envisageais de donner à mes contacts du ministère des Affaires Sociales sur place. Après tout, des stylos et cahiers seraient sûrement plus utiles à la Guinée dans son effort d’alphabétisation et d’éducation… Ma trousse médicale prenait le tiers de la valise. J’avais dû renoncer à la moustiquaire mais privilégié les vêtements à manches longues. Jane Butter avait également insisté pour que chaque membre de l’équipe emporte avec lui une lampe-torche. Le test de « sécurité sur le terrain » préalable à tout départ en mission, m’avait fait prendre conscience de l’importance de pouvoir se situer à tout moment grâce aux étoiles, et de pouvoir faire du feu en toute circonstance. J’avais donc pris avec moi une boussole, un guide explicatif sommaire des différences entre grande Ourse et petite Ourse, ainsi que deux pierres à feu que j’avais consciencieusement taillées avant mon départ. Léon Andrianampoinimerina avait bien tenté de me rappeler que la Conférence se déroulerait pour l’essentiel au Sofitel de Conakry, je n’en démordais pas. L’important était d’être en mesure de faire face à tout imprévu…&lt;br /&gt;Malgré mon badge que je leur plantais sous le nez en les invectivant, les gardes de sécurité du Palais des Nations restèrent inflexibles. Il leur fallait fouiller mon bagage. J’assistais blanc de colère au saccage du bel ordonnancement que j’avais savamment organisé. Et bien entendu, ils se garderaient bien de m’aider à tout remettre en place… Mon « slip à la colombe » déclencha leurs ricanements mais je restais stoïque. Je me projetais déjà sur les derniers préparatifs à accomplir avant mon départ.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Carlson Wagon Lits m’avait confirmé la veille au soir que je faisais partie du contingent de ce midi. J’allais voyager avec entre autres Jane Butter, France Panier au délicieux accent québecois qui serait principalement en charge des questions logistiques sur place, le service de presse au grand complet, le service informatique, et plusieurs autres fonctionnaires responsables de l’organisation de la Conférence. Nous étions l’avant-garde chargée de finaliser la préparation avant l’arrivée de nos collègues des autres divisions.&lt;br /&gt;Je rassemblais fébrilement les documents étalés sur mon bureau dont j’avais besoin sur place, le &lt;em&gt;« guide du routard »&lt;/em&gt; sur la Guinée, mes toutes récentes cartes de visite (je n’avais malheureusement plus le droit d’utiliser celles imprimées à l’occasion de mon intérim à la tête de la Division, mais les avais tout de même conservées au cas où..) ainsi que l’ordinateur portable prêté par l’organisation. La même effervescence régnait à tous les étages. On croisait des collègues courant entre leur bureau et la photocopieuse ou entre Carlson Wagon Lits et la succursale UBS du Palais. On recomptait fébrilement ses travellers chèques, on vérifiait la présence dans son portefeuille de son laissez-passer, on donnait ses dernières instructions à la secrétaire… Mais ceci ne concernait en fait qu’une minorité de fonctionnaires. La grande majorité n’était pas concernée par cette agitation et celait créait de subtiles fractures au sein de l’organisation. Au moment de quitter mon bureau, Mathew Chang me lança ainsi un « bonnes vacances » ironique qui ne laissait aucun doute possible sur la jalousie mêlée à la frustration des laissés pour compte de l’ANUS SEC XII…&lt;br /&gt;Arrivé à l’aéroport, ma préoccupation principale était d’éviter dans la mesure du possible de voyager à côté d’un collègue. C’était une tâche délicate car les 9/10e de la classe affaires de mon vol étaient réservés aux fonctionnaires de l’ANUS SEC, aux interprètes ou au personnel de l’administration de l’ONU Genève se rendant à Conakry. Mais je comptais bien utiliser mes talents de négociateur qui avaient déjà fait leur preuve en Syldavie. L’œil enjôleur, je repérais le comptoir où une jeune femme affairée enregistrait les passagers à destination de Conakry. D’une voix que j’essayais de rendre chaude, je lui susurrais que j’étais heureux de pouvoir compter sur son efficacité et sa compréhension dans ces moments de stress. Lui expliquant la situation, je lui précisais, un sourire aux lèvres, que j’étais prêt à me retrouver à côté d’un maçon ou d’un publicitaire, « tout plutôt qu’un collègue » concluais-je. Elle leva les yeux et, d’un ton sans réplique, me précisa que ma demande ne pourrait être satisfaite. En effet le Secrétaire Général Rojas avait des exigences particulières lorsqu’il voyageait : il ne voulait aucun fonctionnaire de l’ANUS SEC dans son champ de vision, ni sur les sièges immédiatement placés derrière lui. De ce fait, il avait fallu deux heures d’intense concentration au personnel de la compagnie pour échafauder une distribution des sièges qui puisse répondre à cette exigence. Les rares passagers extérieurs à la Conférence avaient été placés en losange autour de Rojas formant une espèce de cordon sanitaire autour de la rangée 1 que le Secrétaire Général occupait, comme à son habitude… Enfonçant le clou alors que j’étais désemparé, l’hôtesse me signala que je ne pourrais même pas choisir mon voisin ou ma voisine. La compagnie ne voulait pas créer de fâcheux précédent qui pourrait être invoqué par les autres voyageurs. Maussade, je tuais le temps qu’il restait avant le décollage en effectuant une tournée des boutiques hors taxe, achetant de magnifiques lingots en chocolat pour nos collègues guinéens.&lt;br /&gt;J’étais anxieux à mon entrée dans l’avion, redoutant plus que tout de me retrouver aux côtés d’une Jane Butter surexcitée. Mais c’est une autre épreuve qui m’attendait car j’étais assis aux côtés de Jean-Edouard Hublot. Mon collègue chargé des publications effectuait sa première mission depuis quatre ans (il ne partait qu’à l’occasion des Conférences quadriennales) et qui tenait absolument à me faire partager toutes ses émotions à cette occasion. Une fois le repas achevé, je fis mine d’être victime d’un subit accès de migraine et me tournais vers l’autre hublot, celui qui ne parlait pas et au travers duquel je pouvais voir l’horizon… Jean-Edouard semblait désappointé d’avoir perdu son confident et entreprit d’éclairer la plus jeune des hôtesses de l’air sur les enjeux de la Conférence et son impact sur la solidarité. Vaincu par le sommeil et le flot de paroles ininterrompu de mon collègue, je ne me réveillais qu’une fois arrivé à Conakry. Hublot ne tenait plus en place, mais Jane Butter non plus. A chaque mission en Afrique, cette noire américaine se retrouvait remuée par des flots d’émotions diverses. Ses retours à la terre de ses ancêtres, qui pourtant s’étaient multipliés ces derniers mois pour organiser la Conférence, étaient immanquablement ponctués de crises de sanglots qui plongeaient dans le désarroi les officiels locaux. Ces derniers se demandaient quel impair ils avaient bien pu commettre pour faire pleurer une haute responsable d’une agence onusienne.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Les responsables guinéens avaient fait les choses proprement. Plusieurs minibus nous attendaient à la descente de l’avion, les chauffeurs munis de pancartes « anus secs » qui firent ricaner beaucoup d’entre-nous. Rodrigo Rojas avait pour sa part droit à une limousine avec quatre malabars en costume sombre, lunettes noires et talkie-walkie à la bouche. On nous fit passer la douane et retrouver nos bagages qui avaient été mis à part. Puis commença la fastidieuse énumération des attributions de logement. On entrait là dans une zone de turbulences… Malgré tous leurs efforts et les réductions des pauses déjeuners au strict minimum, les malheureux ouvriers chinois n’avaient pu boucler dans les temps l’hôtel Sofitel. De ce fait, et pour ne pas égratigner sa réputation, le groupe Accor avait fait savoir officiellement que l’hôtel, qui ne répondait pas aux critères de qualité minimum des établissements du groupe, ne pouvait en aucun cas se prévaloir du nom « Sofitel ». L’hôtel avait donc été renommé « Hôtel du Golfe ». Golfe pour Golfe de Guinée bien entendu, mais cette dénomination trompa nombre des mes collègues adeptes de la petite balle, qui se voyaient déjà meubler les heures creuses autour d’un green… Cet hôtel accueillerait les grosses huiles dans les suites présidentielles, qui elles étaient terminées, en attendant l’arrivée dans le port de Conakry du &lt;em&gt;Lord of the Sea&lt;/em&gt;. Certains de mes collègues étaient répartis sur d’autres hôtels de qualité assez variable. Pour ma part, n’étant pas originellement membre des services de conférence, j’avais été reversé dans un troisième groupe qui devrait se contenter des appartements construits en urgence pour pallier le manque de chambres d’hôtel. Je jetais un regard noir à France Panier car j’acceptais mal d’être discriminé de cette façon. Mes collègues du service de presse Bob Woodward et Carl Bernstein faisaient également partie du même contingent, ainsi que les interprètes. Tout ce petit monde protesta vigoureusement mais rien n’y fit. Nous nous installâmes donc dans le minibus direction la banlieue de Conakry… Les appartements avaient en effet tous été regroupés au même endroit. On y gagnait en convivialité ce qu’on y perdait en efficacité. Nous étions loin du centre de conférence, loin des hôtels où allaient résider certains de nos collègues et loin de toute activité commerciale. Notre chauffeur nous conseilla ainsi de toujours prendre soin de dîner avant de revenir à notre appartement car nous ne trouverions aucune épicerie dans notre quartier. Je pris bonne note de ce conseil…&lt;br /&gt;Une fois sur place, la répartition des chambres fit l’objet d’intenses négociations. Certains couples se virent obligés de faire leur &lt;em&gt;coming out&lt;/em&gt;. C’est ainsi qu’on vit le chef des interprètes russes bredouiller qu’il souhaitait pouvoir partager l’appartement de son homologue de la section anglophone, texane et femme de tête. D’autres tentèrent encore de sauver les apparences en soudoyant discrètement le responsable des clés et en s’éclipsant en douce. Pour ma part, n’ayant aucunement préparé une aventure extra-maritale, je me retrouvais partageant l’appartement de Mustapha, interprète arabophone, et de Attila Czibor, chef du service informatique à l’ANUS SEC. Je compris bien vite qu’il ne me faudrait pas trop compter sur mes colocataires pour animer les soirées. Mustapha était un bon musulman qui déplia son tapis de prière dès la porte refermée. Quant à Attila, il était clair qu’il ne me fallait pas envisager ramener à notre appartement une petite « cigarette qui fait rire » pour décompresser après une rude journée de labeur. Attila me confirma en effet qu’avec lui « l’herbe ne repoussait pas »… Au vu de la stature dudit Attila, je jugeais inutile de débattre de la nocivité du cannabis par rapport au verre de Tokay qu’il avalait d’un trait, d’autant qu’Attila pouvait compter sur le soutien plein et entier de Mustapha à ce sujet. Pour couronner le tout, nous ne disposions que d’une clé pour trois. Trois options s’offraient donc à nous 1) vivre de façon fusionnelle pour la semaine à venir 2) coordonner nos déplacements 3) accepter de réveiller ou d’être réveillé. J’avais pour ma part fais le choix de supporter stoïquement de devoir réveiller mes deux camarades car je ne comptais aucunement passer mon séjour avec Mustapha et Attila…&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;J’intégrais ma chambre spartiate, maudissant la terre entière mais plus précisément France Panier et Jane Butter. Allongé en croix sur le lit, j’observais le lent cheminement des lézards le long du mur tout en suant à grosses gouttes. Conakry était victime d’une panne d’électricité générale qui augurait mal des jours à venir. Je me levais pour aller chercher un peu d’air frais sur le balcon. Je faillis y laisser ma vie. Ce n’est qu’au tout dernier moment que je constatais qu’en lieu et place d’un balcon, nous avions pour le moment une plaque de béton sans rambarde autour, un plongeoir de piscine où je venais d’éviter de peu le grand saut… J’opérais alors un repli stratégique vers la cuisine à la recherche d’un peu d’eau. Mais les armoires ne dissimulaient aucun verre, ni aucun autre récipient qui aurait pu en faire office. En désespoir de cause, je joignis les mains, tentant de recueillir le mince filet d’eau tiède qui coulait du robinet. Au moment où je m’apprêtais à porter mes mains à mes lèvres, Attila se jeta sur moi. « Etais-je un inconscient ? » me criait-il en secouant frénétiquement mes mains. « Avais-je déjà oublié que l’eau n’était pas potable ? ». D’un air contrit, je lui confirmais que ce fait m’était effectivement sorti de la tête, mais que je le remerciais de me l’avoir si vigoureusement rappelé.&lt;br /&gt;Je repartis donc la bouche sèche vers ma chambre. Epuisé par la tension des derniers jours, je tombais dans un sommeil agité de cavalcades de hordes hunniques et de bruits de cascade… &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-3389853846019125293?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/3389853846019125293/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=3389853846019125293' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/3389853846019125293'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/3389853846019125293'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/05/journal-dadrien-deume-tout-tait-fin-prt.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-3196430134927436523</id><published>2008-04-23T23:19:00.001+02:00</published><updated>2008-04-23T23:19:36.144+02:00</updated><title type='text'>et les Guinéens pompaient, pompaient...</title><content type='html'>&lt;div style="float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;"&gt; &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2437507418/" title="photo sharing"&gt;&lt;img src="http://farm3.static.flickr.com/2338/2437507418_c313824e78_m.jpg" alt="" style="border: solid 2px #000000;" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style="font-size: 0.9em; margin-top: 0px;"&gt;  &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2437507418/"&gt;et les Guinéens pompaient, pompaient...&lt;/a&gt;  &lt;br /&gt;  Originally uploaded by &lt;a href="http://www.flickr.com/people/18983511@N00/"&gt;fantomas.vengeurmasque&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br clear="all" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-3196430134927436523?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/3196430134927436523/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=3196430134927436523' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/3196430134927436523'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/3196430134927436523'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/04/et-les-guinens-pompaient-pompaient.html' title='et les Guinéens pompaient, pompaient...'/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://farm3.static.flickr.com/2338/2437507418_c313824e78_t.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-2644003529082486966</id><published>2008-04-23T23:03:00.002+02:00</published><updated>2008-04-23T23:08:47.571+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;JOURNAL D'ADRIEN DEUME&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien décidé à éviter à tout prix de croiser Rita Kertani ou Kondratiev, j'entrepris de monter à pied les 9 étages conduisant à mon bureau. Outre l'intérêt purement sportif de la chose, monter les étages du Palais à pied était une intéressante expérience sociologique. On y croisait ainsi les fonctionnaires en retard, désireux d'éviter le collègue facétieux qui leur demandera s'ils ont pris leur demi-journée, les membres du personnel qui à l'inverse quittent leur bureau à une heure où d'autres rentrent de leur pause-déjeuner, les soupçonneux qui préfèrent répondre à leur téléphone portable depuis le couloir plutôt que de voir leur voisin de bureau tendre l'oreille, ou enfin les timides maladifs qui rejoignaient les premiers cités dans la volonté d'arriver sain et sauf à leur bureau sans avoir croisé qui que ce soit… De mon côté, je montais les marches en levant bien les genoux et en expirant bruyamment afin de montrer mon appartenance à la population des "sportifs de bureau" qui choisissent volontairement d'abandonner l'ascenseur…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'ambiance dans le bureau de Jane Butter était à couper au couteau suisse. Nous étions à quelques jours de notre départ pour Conakry et rien n'était réglé. Les informations venues de Guinée n'étaient pas bonnes; les nouvelles autorités gouvernementales avaient tardivement pris la mesure du retard dans les travaux. Une nouvelle vague d'ouvriers chinois avait débarqué pour remplacer le groupe initial. En effet, ce dernier avait été décimé, à la fois par la surcharge de travail qui en avait conduit plusieurs à l'hôpital, l’affaiblissement causé par le manque de nourriture aggravé par la crise alimentaire (on était passé de trois portions de riz par jour à deux), et par les défections. Un certain nombre d'ouvriers, lassés du traitement qu'ils subissaient, avaient purement et simplement déserté. Les entreprises locales, bien que soumises aux pressions de leur gouvernement, s'étaient bien gardées de les relayer, conscientes des travaux d'Hercule qu’il allait falloir accomplir pour tenir les délais. Le centre de conférence n'avait pas encore de toit et Jane Butter priait chaque matin pour que la saison des pluies retarde d'encore 15 jours son apparition. Les hôtels n'avaient toujours pas d'accès à l'eau courante, et les appartements qui devaient combler les manques en chambres d'hôtels étaient encore pour beaucoup à l’état brut… Jane Butter avait finalement convaincu le Secrétaire Général Rojas de poser une option pour la location du paquebot &lt;em&gt;"Lord of the Sea"&lt;/em&gt; qui pourrait éventuellement héberger la crème de la crème des délégués si les problèmes d'hébergement persistaient.&lt;br /&gt;Ma collègue Regina Hamerson était rentrée la veille absolument catastrophée par sa dernière mission de préparation. Conakry subissait d'incessantes coupures de courant, ce qui laissait prévoir pour la Conférence pas de micros, pas de possibilité d'interprétation, pas de lumière et pas de climatisation… Le gouvernement guinéen avait proposé de mettre en place des équipes de cyclistes amateurs qui se relaieraient sur des vélos équipés de dynamos afin de produire l'électricité nécessaire. Cette proposition n'avait pas été retenue…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le bureau, on aurait dit la table ronde des "chevaliers à la triste figure". L'ambiance était lugubre. Jane Butter prit alors les choses en main. Elle se mit à nous motiver avec une énergie communicative, tapant dans ses mains et ponctuant chacune de ses affirmations d'un "&lt;em&gt;yes, we can!&lt;/em&gt;" du plus bel effet. Peu à peu, son enthousiasme nous gagna. Chacun de ses "&lt;em&gt;yes, we can !"&lt;/em&gt; était repris en chœur, et nous tapions des mains en rythme pendant que la voix de Jane Butter modulait ses intonations, alternant les graves et les aigus. Chacun commençait à se trémousser sur sa chaise en scandant des "&lt;em&gt;yes, we can!"&lt;/em&gt; puis soudain, Fiona Smith n'y tint plus, elle se leva de sa chaise et se mit à osciller de gauche à droite en tapant dans ses mains frénétiquement. Je me tournais vers Hamerson le sourire aux lèvres mais les yeux de cette dernière commençaient à se révulser, pendant que le service de presse au grand complet entonnait à pleine voix, l'hymne de l'ANUS-SEC XII &lt;em&gt;"Etre solidaires tous ensemble".&lt;/em&gt; L'ample boubou de Jane Butter s'agitait en tous sens pendant que, prise de frénésie, elle criait son bonheur de travailler en faveur de la solidarité et qu’elle ne craignait pas l'obscurité, ce qui était effectivement préférable dans le contexte de la Conférence à venir…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Petit à petit, le calme revint, sauf pour Hamerson qui semblait être victime de la danse de Saint Guy. Prise de pitié, Jane Butter lui donna sa journée. Cela n'arrangeait personne car il y avait encore tellement à faire que nous avions besoin de toutes les forces vives, y compris les trop vives. Hamerson était censée suivre la dernière journée de négociation de la déclaration finale de la Conférence, qui était discutée par les représentants des états membres de l'ANUS SEC. Jane Butter me demanda de la remplacer. A contrecoeur, je me rendis donc dans la salle de réunion du Palais où, depuis de longues semaines, les diplomates les plus résistants ou les plus motivés s'écharpaient sur les virgules d'un texte de 80 pages. Ici aussi la situation devenait critique. Le dictionnaire de l'Académie Française était plus avancé que les discussions sur la déclaration finale, qui achoppaient sur le paragraphe 2 de la page 23. Il était en effet primordial de définir si la solidarité était &lt;em&gt;"l'expression d'une communauté de valeurs entre être humains&lt;/em&gt;", ou si elle "&lt;em&gt;se manifestait par une communauté de valeurs entre être humains&lt;/em&gt;", si elle "&lt;em&gt;était l'expression d'une communauté de valeurs humaines&lt;/em&gt;" ou plutôt &lt;em&gt;"l'expression de valeurs communes entre humains"&lt;/em&gt;. En parallèle, diverses propositions étaient toujours en concurrence pour le paragraphe 4 de la page 22 : la solidarité &lt;em&gt;"peut être un moteur de développement&lt;/em&gt;" ou "&lt;em&gt;pourrait être un moteur de développement"&lt;/em&gt; ou enfin &lt;em&gt;"peut devenir un moteur de développement".&lt;/em&gt; Laquelle des propositions privilégier? Telle était la question. On distinguait sur le crâne de l'Ambassadeur du Costa Rica, qui avait mené les débats depuis le début, une alternance de touffes de cheveux en broussaille et de surface capillairement dévastée. Les empoignades avaient dû être rudes… &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Les négociations sur le texte avaient pris l’apparence d’un long processus par élimination. Elles avaient débuté avec une salle comble, peuplée de la quasi-totalité des 193 délégations de pays membres de l’ANUS SEC. Puis petit à petit, les rangs s’étaient clairsemés. Il fallait en effet des nerfs d’acier pour tenir sans sourciller les 6 heures de négociation sur la place des virgules et l’opportunité de la parenthèse. De nombreux autres délégués avaient pour leur part renoncé à comprendre l’art des nuances entre les verbes &lt;em&gt;« shall »&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;« may »&lt;/em&gt; puisque les discussions se tenaient exclusivement en anglais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque je fis mon entrée dans la salle de réunion, une grosse dizaine de délégués au teint cramoisi se menaçaient du doigt, pendant que quelques naufragés de la diplomatie internationale, ayant fait l’élastique pendant plusieurs heures, venaient de décrocher définitivement et s’étaient isolé dans un coin de la salle pour rédiger leur courrier en attendant patiemment la voiture-balai… L’énervement était à son comble. Le délégué cubain lisait consciencieusement son discours en espagnol qui échappait aux 4/5e des diplomates encore présents puisqu’il n’y avait pas d’interprétation. Pendant ce temps, le président de séance costaricien, la figure entre les mains, semblait en pleine méditation. En face de lui, le délégué américain discutait le bout de gras avec le représentant de la Commission Européenne. Le Brésilien se curait les ongles en attendant son tour de parole, alors que le délégué indien terminait de classer par ordre de priorité les modifications du texte que son pays souhaitait introduire. C’est alors qu’entra en jeu la « politique de la truffe ». Blanchi sous le harnais des négociations internationales, le délégué vietnamien savait qu’il fallait parfois sortir les négociations de leur ronron pour les faire aboutir. Le moment était venu de faire appel aux vertus euphorisantes du chocolat afin de boucler les paragraphes 43 à 58… Sortant de son cartable une boîte de truffes en chocolat, il se mit à parcourir la salle en distribuant ses petites gâteries. L’atmosphère se détendit soudainement. Généralement soupçonneux à l’égard des présents capitalistes, le délégué cubain pouvait cette fois laisser libre cours à son attirance pour cette friandise qui avait son brevet de communisme. Le Suisse et le Belge se querellaient, eux, sur la provenance de la boîte et la supériorité en matière de chocolat qui en découlerait. Profitant de ce que ses collègues dégustaient leurs truffes, le président de séance costaricien me fit passer un petit mot en douce pour que, ni vu ni connu, je fasse dérouler le texte jusqu’à la page suivante. Profitant du contexte favorable, le diplomate vietnamien poussa lui aussi son avantage et réclama que l’on adopte le texte en l’état et que l’on donne mandat aux représentants envoyés en Guinée pour poursuivre la finalisation du document. Ce dernier devait en effet être transmis aux traducteurs qui allaient travailler d’arrache-pied pour qu’une version de la déclaration soit disponible à Conakry dans les six langues officielles de l’ONU. Tout le monde se regarda puis se tut. « &lt;em&gt;Qui ne dit mot consent ! »&lt;/em&gt; affirma d’une voix forte le président de séance, s’empressant de clôturer la session. Je ne demandais pas non plus mon reste, me dépêchant de quitter la salle le précieux texte sous le bras.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n’avais pas de temps à perdre. Jane Butter avait convoqué son équipe pour les dernières instructions avant le départ des premiers d’entre nous, Jean-Edouard Hublot qui suivrait la publication des discussions de Conakry, la totalité du service de presse de l’ANUS-SEC, c'est-à-dire trois personnes, ainsi que Regina Hamerson qui était chargée de briefer chacun des présidents de session sur le déroulement des débats. Nous devions attendre que des places se libèrent en classe affaires pour que la deuxième fournée, dont moi-même, puisse partir. L’objet de la réunion était d’attirer une dernière fois notre attention sur les dysfonctionnements logistiques, et sur le fait que nous étions là pour en minimiser l’impact. Elle confia donc à nos collègues deux caisses de lampes torches qui étaient censées pallier les nombreuses coupures électriques. Il fut également conseillé à mes collègues d’emporter avec eux un sac de couchage et une tente quechua 2 secondes. Les larmes aux yeux, Jane Butter embrassa ses chers petits les uns après les autres avant de se retourner pour étouffer ses sanglots. L’optimisme régnait….&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est d’un pas ferme que je me dirigeais vers la permanence médicale. J’avais apparemment 12 vaccins différents à faire. Il me fallait également récupérer mon paquetage médical incluant le &lt;em&gt;lariam&lt;/em&gt; anti-paludéen (dont les effets secondaires lus sur la notice m’avaient passablement inquiété), l’&lt;em&gt;immodium&lt;/em&gt; pour répondre à toute « crise stomacale », ainsi que la boîte de 16 préservatifs que je m’amusais à gonfler un par un pour que la colombe en surimpression déploie ses ailes… Je réclamais également de l’alcool à 90 degrés mais l’on me signala qu’il ne faisait plus partie du paquetage depuis que l’on avait découvert que certains fonctionnaires russes avaient monté un trafic de revente de ces flacons auprès des bars moscovites.&lt;br /&gt;Le bras strié de petits points rouges, je quittais le Palais en murmurant pour moi-même &lt;em&gt;« Alea jacta est ». &lt;/em&gt;Le sort en était désormais jeté et il ne fallait plus se retourner. Vaincre ou mourir ; de la réussite de la Conférence de Conakry dépendait une bonne part de l’avenir de l’ANUS-SEC et de mon propre destin dans cette organisation.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-2644003529082486966?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/2644003529082486966/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=2644003529082486966' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/2644003529082486966'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/2644003529082486966'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/04/journal-dadrien-deume-bien-dcid-viter.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-1649851258667327776</id><published>2008-04-16T01:43:00.003+02:00</published><updated>2008-04-16T01:43:38.705+02:00</updated><title type='text'>Rita Kertani a de qui tenir pour réécrire l'histoire. photo avant
retouche</title><content type='html'>&lt;div style="float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;"&gt; &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2417620742/" title="photo sharing"&gt;&lt;img src="http://farm3.static.flickr.com/2238/2417620742_569f5725eb_m.jpg" alt="" style="border: solid 2px #000000;" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style="font-size: 0.9em; margin-top: 0px;"&gt;  &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2417620742/"&gt;Rita Kertani a de qui tenir pour réécrire l'histoire. photo avant retouche&lt;/a&gt;  &lt;br /&gt;  Originally uploaded by &lt;a href="http://www.flickr.com/people/18983511@N00/"&gt;fantomas.vengeurmasque&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br clear="all" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-1649851258667327776?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/1649851258667327776/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=1649851258667327776' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/1649851258667327776'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/1649851258667327776'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/04/rita-kertani-de-qui-tenir-pour-rcrire-l_16.html' title='Rita Kertani a de qui tenir pour réécrire l&amp;#39;histoire. photo avant&#xA;retouche'/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://farm3.static.flickr.com/2238/2417620742_569f5725eb_t.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-8698239595055463862</id><published>2008-04-16T01:43:00.001+02:00</published><updated>2008-04-16T01:43:37.220+02:00</updated><title type='text'>Rita Kertani a de qui tenir pour réécrire l'histoire. photo après
retouche</title><content type='html'>&lt;div style="float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;"&gt; &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2416800107/" title="photo sharing"&gt;&lt;img src="http://farm3.static.flickr.com/2004/2416800107_0440259a78_m.jpg" alt="" style="border: solid 2px #000000;" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style="font-size: 0.9em; margin-top: 0px;"&gt;  &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2416800107/"&gt;Rita Kertani a de qui tenir pour réécrire l'histoire. photo après retouche&lt;/a&gt;  &lt;br /&gt;  Originally uploaded by &lt;a href="http://www.flickr.com/people/18983511@N00/"&gt;fantomas.vengeurmasque&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br clear="all" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-8698239595055463862?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/8698239595055463862/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=8698239595055463862' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/8698239595055463862'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/8698239595055463862'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/04/rita-kertani-de-qui-tenir-pour-rcrire-l.html' title='Rita Kertani a de qui tenir pour réécrire l&amp;#39;histoire. photo après&#xA;retouche'/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://farm3.static.flickr.com/2004/2416800107_0440259a78_t.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-2500274390102904780</id><published>2008-04-15T20:10:00.002+02:00</published><updated>2008-04-15T20:14:18.972+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;JOURNAL D'ADRIEN DEUME &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;   Rita Kertani avait apparemment des aigreurs d'estomac depuis que Mme Gatay m’avait demandé de me mettre à la disposition des services de conférence, montrant à ma chef de Branche le peu de cas qu’elle faisait d’elle. Rita Kertani ne supportait pas de devoir se plier à une décision qui contredisait ses propres envies, et voir un fonctionnaire qu'elle dominait se libérer même partiellement de sa tutelle lui hérissait le poil.&lt;br /&gt;   Néanmoins, en adepte de Machiavel, elle savait intérioriser ses blessures narcissiques et ses haines les plus recuites pour les ressortir au meilleur moment. Le danger était donc grand quand elle vous souriait de plus en plus fréquemment, ou lorsqu'elle demandait d'un air doucereux comment allait "ton ami(e)" en évoquant un(e) fonctionnaire qu'elle haïssait profondément. Je pris donc toute la mesure de ma disgrâce lorsqu'elle me demanda des nouvelles de "mon amie Jane Butter". Il était de notoriété publique que Rita et Jane ne s'adressaient plus la parole depuis plus de 15 ans, hormis les échanges obligatoires dus à leurs fonctions respectives. Mais cela ne s'arrêtait pas là, elles interdisaient en effet à leurs valets respectifs de fréquenter l'adversaire. Ainsi, aux yeux de Rita Kertani, discuter avec un collègue dont elle savait qu'il avait dans le passé travaillé fructueusement avec les services de conférence, était un motif d'excommunion. Tout cela avait un petit air de pratique Khmer Rouge où l'on ne se contentait pas de supprimer "l'ennemi" mais où l'on faisait également périr les parents, amis ou voisins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Pour raffiner sa politique d'épuration, Rita Kertani cherchait son inspiration du côté de Staline. Avant de finir gommé des photos, le fonctionnaire en disgrâce passe par plusieurs étapes intermédiaires. Décortiquons ce processus de "déprofessionnalisation" pour comprendre comment, par petites touches, on fait le ménage autour de soi sans avoir à se salir les mains…&lt;br /&gt;  Le fonctionnaire qui n'est plus en cour, commence par intégrer le placard, placard confortable certes, mais placard quand même. Le fonctionnaire qui a conservé des restes de lucidité s'en rend compte en constatant qu'on lui fiche une paix royale. Il devient transparent. On continue de lui sourire de manière doucereuse en le saluant poliment, mais en lui retirant petit à petit toutes ses attributions. Ce fonctionnaire le découvre bien évidemment toujours par hasard, au détour d'une conversation avec un autre collègue qui, négligemment, lui signale qu'il ne s'en sort plus &lt;em&gt;"depuis qu'on lui a confié le dossier de la Syldavie Orientale"&lt;/em&gt; dont notre placardisé croyait encore avoir la responsabilité. Notre fonctionnaire est dans un premier temps décontenancé; on vient de lui retirer une fonction pour laquelle il pensait n'avoir pas démérité et on ne le prévient pas de ce nouvel état de fait. Si le fonctionnaire a un tempérament ombrageux, il marche vers le bureau de son chef à grandes enjambées pour demander des éclaircissements. Sa hiérarchie se garde bien de remettre en question les compétences de notre placardisé mais précise que cette &lt;em&gt;"légère réorganisation"&lt;/em&gt; correspond à un nouveau partage des tâches. Le fonctionnaire repart perplexe mais acceptant de voir comment évolue la situation. Le fonctionnaire peut aussi avoir un tempérament accommodant. Il va alors faire contre mauvaise fortune bon cœur et accorder une attention renouvelée aux tâches insignifiantes qui lui sont encore confiées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   La phase de protestation laisse de toute façon généralement vite la place à une phase de satisfaction. Somme toute, voilà notre fonctionnaire débarrassé d'un dossier qui était de toute façon devenu beaucoup moins porteur, et le temps libre qu'il récupère va lui permettre de consacrer un peu plus de temps à la gestion de son portefeuille d'actions UBS qui souffre de la crise des &lt;em&gt;subprimes&lt;/em&gt;… Mais une fois la gestion de son portefeuille retournée aux mains expertes d’un avatar de Jérôme Kerviel, le fonctionnaire commence à trouver le temps long. A ce stade, de deux choses l'une. Soit notre homme (ou femme) n’est passionné par rien de particulier, auquel cas il multiplie les cafés avec ses collègues, mais son sommeil s'en ressent. Soit il a effectivement une passion prenante, de préférence informatisée, qu'il avait dû mettre de côté dans ses périodes d'activité intense, et notre fonctionnaire gagne là six nouveaux mois de répit. Il arrive en effet de bonne humeur le matin car il sait que  1) grâce à &lt;em&gt;Photoshop&lt;/em&gt;, il va pouvoir retravailler ses prises de vue du week-end tout en ayant la possibilité de rester près de son téléphone en cas d'appel du chef ingrat  2) grâce aux Mormons, notre fonctionnaire peut partir à la recherche de ses ancêtres chtimis sans bouger de son fauteuil  3) grâce a &lt;em&gt;youtube&lt;/em&gt; il peut également prendre des leçons de &lt;em&gt;techtonik&lt;/em&gt; ou revisiter l'intégrale des Deschiens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Troisième phase: notre fonctionnaire, malgré cet alléchant éventail de possibilités, nous fait une petite déprime. Tout le plaisir est dans la transgression. Or, notre fonctionnaire n'a même plus la crainte de se faire surprendre, ni le plaisir de terminer la journée en lançant un joyeux "je les ai bien eus!" Sa hiérarchie se désintéresse en effet complètement de son existence. Tout est bon pour dégoûter notre fonctionnaire placardisé. La tactique de l'ennui profond et absolu commence à porter ses fruits... Cet outil de management est néanmoins à double tranchant dans un environnement onusien. Un être normalement constitué ne peut supporter bien longtemps de se lever le matin avec comme unique perspective celle de regarder par la fenêtre les mouvements de nuage sur le Mont Blanc, et comme unique animation celle de descendre à la caféteria du Palais des Nations. Mais le Palais des Nations est également peuplé d'êtres qui ne sont pas "normalement constitués", et beaucoup de ces derniers s'accommodent fort bien d'une activité réduite à sa plus simple expression. Pour ceux-là, les Nations Unies ont d'une certaine manière réussi à mettre en place le "revenu d'existence" qui fait débat parmi les économistes !&lt;br /&gt;   Comme un poisson pris dans les filets de pêche, notre fonctionnaire tente bien se dégager. On le voit monter et descendre les escaliers menant aux cours de langue. En plus des cours d'espagnol et d'arabe qu’il prenait déjà, notre fonctionnaire se met en tête de perfectionner son russe, voire son chinois. Il peut également prendre des responsabilités syndicales ou déclamer des vers au club de théâtre des Nations Unies. Mais tout cela n'a qu'un temps… Car notre fonctionnaire -normalement constitué- a des amis, une famille qui l'interrogent sur ses activités professionnelles. Et qui s'étonnent que l'on en demande si peu en échange d'autant…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Notre fonctionnaire passe alors par la quatrième phase du processus. Celle où il préserve une façade de fonctionnaire dévoué tout en passant ses journées à peaufiner son CV et ses lettres de motivation. Notre fonctionnaire cherche ailleurs, et c'était bien là l'objectif de départ… Il est en effet pénible pour les managers de l’organisation de devoir en passer par une rupture de contrat ou même un non-renouvellement, le fonctionnaire risquerait d'élever la voix ou pire, de faire recours. Alors qu'il est tellement plus confortable, et tellement moins périlleux pour sa propre carrière, de le pousser à partir de lui-même. Dans le meilleur des cas, on lui organise alors un pot de départ, prétexte à enterrer le placardisé avec beaucoup de fleurs et moult couronnes. Dans le pire des cas, lorsque le degré de détestation ne peut plus être dissimulé, le malheureux poussé au départ se voit déjà oublié avant même d’avoir quitté l’organisation. De qui donc parlez-vous ? Jamais entendu ce nom là… Rita Kertani procède comme le faisaient les zélés stalinistes après chaque purge : on gomme de la photo le personnage en disgrâce, il n’a tout simplement jamais existé. On s’attachera à éliminer toute trace de son passage dans les services. Ce fonctionnaire a tenu les rênes de différents projets pendant de longues années ? Les projets sont renommés et redémarrent comme neufs, et sans passé.&lt;br /&gt;   Il doit bien y avoir des révoltes me direz-vous, des ruades pour exprimer que l’on existe et que l’on a droit au respect, des éclats de voix, des pétitions ou des recours. Et bien, moins que l’on pourrait le penser. Le condamné à mort essaie rarement d’échapper à son sort. Tout comme les animaux conduits à l’abattoir qui ne se révoltent pas, beaucoup d’êtres normalement constitués sont pris d’une étrange apathie face au vertige de leur disparition, dans ce cas de leur « petite mort » professionnelle. On trouve également la cohorte des précautionneux qui n’injurient pas l’avenir. Pourquoi partir dans le fracas alors qu’on ne sait pas de quoi demain sera fait, et qu’on sera peut-être amené à recroiser le chemin du chef malfaisant ? Dans ce cas, les pots de départ valent le déplacement. Ils donnent lieu à de croustillants échanges de compliments réciproques devant un public perplexe, et surtout plus accaparé par les petits fours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Un frisson me parcourut l’échine au moment où je rentrais dans mon bureau. Voilà où j’en étais lorsque je croisais Rita Kertani dans les couloirs ! Imaginer une à une toutes les étapes de ma déchéance à venir… Je frappais la table d’un poing rageur faisant sursauter un Mathew Chang somnolent. Moi, Adrien Deume, on ne me conduirait pas à l’abattoir les yeux bandés ! Plus la Conférence de Conakry serait une réussite, plus je serais protégé des éventuelles mesures de rétorsion que Kertani pourrait être tentée de m’infliger. Je me remis alors d’arrache-pied à la traduction du rapport du Secrétaire Général…&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-2500274390102904780?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/2500274390102904780/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=2500274390102904780' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/2500274390102904780'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/2500274390102904780'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/04/journal-dadrien-deume-rita-kertani.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-1379587333580840950</id><published>2008-04-09T01:39:00.001+02:00</published><updated>2008-04-09T01:39:43.577+02:00</updated><title type='text'>les 12 travaux d'Hercule, ou Deume terrassant l'hydre bureaucratique</title><content type='html'>&lt;div style="float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;"&gt; &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2398962389/" title="photo sharing"&gt;&lt;img src="http://farm4.static.flickr.com/3158/2398962389_43cb48da2d_m.jpg" alt="" style="border: solid 2px #000000;" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style="font-size: 0.9em; margin-top: 0px;"&gt;  &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2398962389/"&gt;les 12 travaux d'Hercule, ou Deume terrassant l'hydre bureaucratique&lt;/a&gt;  &lt;br /&gt;  Originally uploaded by &lt;a href="http://www.flickr.com/people/18983511@N00/"&gt;fantomas.vengeurmasque&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br clear="all" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-1379587333580840950?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/1379587333580840950/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=1379587333580840950' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/1379587333580840950'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/1379587333580840950'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/04/les-12-travaux-d-ou-deume-terrassant-l.html' title='les 12 travaux d&amp;#39;Hercule, ou Deume terrassant l&amp;#39;hydre bureaucratique'/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://farm4.static.flickr.com/3158/2398962389_43cb48da2d_t.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-3309927895078264179</id><published>2008-04-09T01:19:00.002+02:00</published><updated>2008-04-09T01:39:24.284+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;JOURNAL D'ADRIEN DEUME&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;   Un fonctionnaire habillé en cosmonaute sortant lentement d’une navette spatiale siglée « ANUS-SEC » et soudainement baissant son pantalon pour montrer son derrière… Il était temps pour moi que se termine ma relecture des traductions de documents de la Conférence, mes rêves commençaient à être tendancieux et perturbaient grandement mon sommeil…&lt;br /&gt;   Il me fallait pourtant être alerte ce matin, j’avais en effet ma première réunion de travail avec Jane Butter et son équipe des services de conférence. J’attendais avec intérêt cette première rencontre. Non seulement parce qu’elle allait me permettre d’avoir une idée plus précise de la place que j’allais prendre dans le dispositif, mais également parce que j’allais enfin découvrir qui était Jane Butter dont j’avais beaucoup entendu parler depuis mon arrivée dans l’organisation. Cette noire américaine à la présence et au charisme indéniable s’était faite au fil des ans une réputation de femme à poigne, haute en couleurs (y compris dans ses ensembles vestimentaires), toute en volonté et en cordes vocales. Elle avait en effet pour habitude de clôturer les évènements festifs de l’organisation avec des &lt;em&gt;negro spirituals&lt;/em&gt; entonnés à pleine voix. On se souvenait ainsi de Noël du personnel légendaires où Jane Butter avait électrisé les participants avec sa voix chaude, une partie d’entre eux terminant littéralement en transe… Accessoirement, on m’avait également raconté que Jane Butter et Rita Kertani, entrées la même année à l’ANUS SEC et comme cul et chemise les premiers temps, étaient depuis plus de 20 ans ennemies jurées pour de sombres histoires de concurrence sur le même poste. En me demandant de rejoindre, même temporairement, l’équipe du service des conférences, Mme Gatay pouvait me mettre dans une position délicate vis-à-vis de ma chef de branche, mais je ne voulais pas penser à cela pour le moment et j’espérais que Rita Kertani garderait à l’esprit qu’en cette circonstance, j’agissais uniquement en bon soldat de mon organisation…&lt;br /&gt;   La réunion de travail se déroulait dans le bureau de Jane Butter. On pouvait se croire dans un « musée de la conscience noire ». Une carte de l’île de Gorée voisinait avec un buste de Toussaint Louverture, lui-même dissimulant la tasse Martin Luther King, et tout cela sous la bienveillante protection d’une peinture à l’huile représentant Nelson Mandela. Dérapant sur un bogolan malien traîtreusement positionné, je me retrouvais dans les bras de Fiona Smith, jeune collègue britannique brillante et délurée qui avait récemment rejoint l’équipe des services de conférence. C’est en riant qu’elle me demanda si elle devait prendre ceci comme une demande en mariage, mais elle semblait être la seule à trouver l’épisode désopilant. Le reste de la troupe me dévisageait d’un air sévère. Cela commençait bien… Butter prit la parole d’une voix grave, car l’heure l’était tout autant. La Conférence s’annonçait mal. En plus des problèmes inhérents à un PMA organisant un évènement dépassant de beaucoup ses capacités logistiques et humaines, les contretemps s’étaient enchaînés. L’entreprise locale, à qui avait été confiée la construction du centre de conférence, s’était lassée de ne pas recevoir de paiement et avait jeté l’éponge. Il avait alors fallu faire appel en catastrophe à une entreprise chinoise débarquée avec ses propres ouvriers et son propre droit du travail à géométrie extrêmement variable… Dépourvue en hôtels aux standards internationaux, la Guinée avait sollicité les grandes chaînes internationales pour construire les hébergements manquants. Ces dernières avaient mollement répondu à l’appel du pied et il avait fallu de sérieux arguments sonnants et trébuchants pour que le groupe Accor daigne enfin s’y intéresser. Malheureusement, les travaux d’un Sofitel flambant neuf avaient dû être interrompus, d’abord temporairement en raison de grèves de travailleurs mécontents de leurs conditions de travail et protestant contre la hausse des prix des produits de première nécessité, puis définitivement à la suite de l’affaissement du bâtiment situé sur un terrain inondable. Comme si cela ne suffisait pas, le gouvernement était tombé à un mois et demi de la Conférence, principalement à cause de l’échec de l’équipe nationale de football à la Coupe d’Afrique des Nations, et accessoirement parce que trois des ministres majeurs du gouvernement avaient perçu des commissions occultes de la part d’une entreprise internationale d’armement. La chute du gouvernement avait entraîné dans un effet de dominos le départ de toute la structure administrative en charge de l’organisation de l’ANUS-SEC XII, y compris l’équipe d’informaticiens ou de gardes de sécurité… &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Mais tout cela n’était rien, encore fallait-il pouvoir se rendre à Conakry ! Or, on était à flux tendus en matière de vols pour la Guinée. L’ANUS-SEC avait bien pensé dans un premier temps affréter un avion spécial. Cela aurait pu ressembler à un départ en colonie de vacances où la chanson &lt;em&gt;« Félicie aussi »&lt;/em&gt; aurait pu connaître une deuxième jeunesse, mais le management de Carlson Wagons Lits avait rapidement douché ces fantasmes : la règle énonçait qu’il ne pouvait y avoir plus de 30 fonctionnaires des Nations Unies dans un même avion. Il s’agissait d’éviter une effroyable saignée des forces vives de l’ONU en cas d’accident… Du coup, tous les départs vers Conakry devaient s’effectuer sur les lignes régulières. Or, bien entendu, tous les fonctionnaires affectés à la Conférence, y compris les bataillons d’interprètes, devaient voyager en classe affaires. Et bien évidemment chacun protestait vigoureusement contre l’obligation qui lui était faite de voyager sur la compagnie X alors qu’il ou elle possédait la carte de « voyageur fréquent » de la compagnie Y, ou que les sièges business de la compagnie Z étaient infiniment plus confortables. L’équation à résoudre était donc digne de la médaille Fields, le prix Nobel des mathématiciens : 300 fonctionnaires à faire arriver sur place, 6 vols par semaine entre l’Europe et Conakry, 60 sièges business par vol, 1/3 des voyageurs exigeant un changement de vol et pas plus de 30 fonctionnaires par avion. Les agents de Carlson Wagons Lits affectés à l’organisation de la Conférence en pleuraient de frustration à leur bureau… Butter nous résuma le tout d’une formule lapidaire : « A un mois de la Conférence, nous n’avons pas de centre de conférence, pas d’hôtel, pas d’équipe d’organisation sur place et pas assez d’avions».&lt;br /&gt;   A défaut d'avions, on pouvait entendre les mouches voler. C’est à ce moment que Fiona Smith, d’une voix guillerette brisa le lourd silence. « Il n’y a plus qu’à se retrousser les manches ! » dit elle tout en joignant le geste à la parole. Je lui jetais un regard reconnaissant, elle avait par cette apostrophe réussi à détendre l’atmosphère. Mais elle avait également, sans le vouloir, relancé la machine infernale à propositions foireuses… Pour répondre au manque de chambres d’hôtels, Regina Hamerson, une boule de flipper de l’organisation qui avait rebondie pendant plusieurs années d’un service à un autre avant d’atterrir au service des conférences, proposa que l’on donne congé aux étudiants guinéens le temps de la Conférence afin de récupérer leurs chambres en résidence universitaire. Les propositions de logement chez l’habitant firent aussi leur réapparition, ainsi que l’option navire de croisière amarré dans le port de Conakry. Butter nous confirma qu’une de ces options, quelque pittoresque qu’elle puisse apparaître, serait de toute façon retenue car il était inconcevable que les ouvriers chinois, même en faisant passer leurs cadences de travail de 16 à 18 heures journalières, puissent boucler les trois hôtels supplémentaires qui étaient nécessaires. Les autorités guinéennes avaient cependant garanti qu’au moins l’un de ces trois serait sorti de terre pour l’ouverture de la Conférence afin de loger les plus hauts dignitaires…&lt;br /&gt;   Pour le centre de conférences, il n’y avait pas de plan B. Regina proposa bien de solliciter le prêt de l’Assemblée Nationale guinéenne pour les séances plénières de l’ANUS-SEC XII, mais sa proposition fut accueillie avec un silence poli qui voulait tout dire… Les voyages étaient finalement le moins problématique des problèmes à régler. On avait partiellement résolu l’équation. Les départs étaient échelonnés sur 15 jours, la répartition par compagnie aérienne se faisait sur une base alphabétique pour éviter toute récrimination, et tous les trajets possibles et imaginables étaient mis à contribution. J’avais pour ma part une réservation pour un Genève-Francfort-Istanbul-Casablanca-Conakry qui allait me faire voir du pays…&lt;br /&gt;   Butter me confia la responsabilité de suivre les questions d’hébergement. Il s’agissait pour moi de peser le pour et le contre de toutes les options complémentaires de l’hébergement en hôtel, et de convaincre les autorités guinéennes de prendre en charge les coûts afférents. Un véritable jeu d’enfants donc… Ma préférence allait à l’option « paquebot ». J’avais gardé un très bon souvenir d’une récente croisière dans les Caraïbes et il me semblait qu’il serait plus aisé de souder les participants à la Conférence, et donc de travailler à un futur consensus, dans un environnement clos.&lt;br /&gt;   Rita Kertani passa dans le couloir au moment où je quittais le bureau de Jane Butter. Son regard lourd de suspicion m’indiquait que j’avais du souci à me faire. Mais l’esprit échauffé par les informations que l’on venait de nous communiquer, je la remarquais à peine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Les voiles blanches dansaient sur le lac. Je m’attardais à les admirer depuis ma fenêtre, puis j’empoignais mon cartable et me hâtais vers l’arrêt de bus de la Place des Nations. C’était décidé, ce soir j’emmenais mon épouse pour un dîner-croisière jusqu’à Yvoire ! &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-3309927895078264179?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/3309927895078264179/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=3309927895078264179' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/3309927895078264179'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/3309927895078264179'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/04/journal-dadrien-deume-un-fonctionnaire.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-6041185184914087673</id><published>2008-04-02T01:02:00.001+02:00</published><updated>2008-04-02T01:02:05.841+02:00</updated><title type='text'>Un fonctionnaire de l'ANUS-SEC en plein travail...</title><content type='html'>&lt;div style="float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;"&gt; &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2381500912/" title="photo sharing"&gt;&lt;img src="http://farm4.static.flickr.com/3159/2381500912_7cab0d0287_m.jpg" alt="" style="border: solid 2px #000000;" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style="font-size: 0.9em; margin-top: 0px;"&gt;  &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2381500912/"&gt;Un fonctionnaire de l'ANUS-SEC en plein travail...&lt;/a&gt;  &lt;br /&gt;  Originally uploaded by &lt;a href="http://www.flickr.com/people/18983511@N00/"&gt;fantomas.vengeurmasque&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br clear="all" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-6041185184914087673?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/6041185184914087673/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=6041185184914087673' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/6041185184914087673'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/6041185184914087673'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/04/un-fonctionnaire-de-l-en-plein-travail.html' title='Un fonctionnaire de l&amp;#39;ANUS-SEC en plein travail...'/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://farm4.static.flickr.com/3159/2381500912_7cab0d0287_t.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-4604776509766303234</id><published>2008-04-02T00:47:00.002+02:00</published><updated>2008-04-02T01:00:00.499+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;   J’avais profité d’un moment d’intimité pour entreprendre mon épouse sur ses liens avec Paul-Loup Sulitzer. Il me fallait procéder avec tact car ma chère et tendre me battait froid depuis mes escapades récentes avec la « bande à Léon ». Malheureusement, mes subtiles manœuvres étaient tout à fait inutiles. Mon épouse m’avoua que ses contacts s’étaient limités à succéder au célèbre écrivain sur la table de massage… Je m’étais alors retourné, renfrogné, vers le mur. La situation devenait grave. J’en étais à espérer que la nuit m'apporte la lumière…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Le lendemain, les yeux embrumés, la lumière n’avait pas jailli. J’en étais malade. Je me voyais déjà annoncer à Mme Gatay et Rodrigo Rojas que l’ANUS-SEC pouvait se réjouir de compter sur la présence de Johnny Hallyday… Autant démissionner tout de suite ! C’est le cœur lourd que je me rendis au bureau. Le bœuf partant à l’abattoir n’y serait pas allé plus lentement… Un &lt;em&gt;call back &lt;/em&gt;m’attendait sur mon téléphone. Fortuna Minimo, secrétaire de Mme Gatay, m’informait que cette dernière m’attendait dans son bureau. Je pâlis mais pris mon courage et mes dossiers à deux mains. Je pouvais toujours invoquer le décalage horaire avec les Etats-Unis pour justifier l’absence de fax de confirmation de la grande star américaine dont je préférais encore taire le nom…&lt;br /&gt;A mon entrée dans le bureau directorial, Fortuna Minimo terminait de lisser les longs cheveux bruns de Mme Gatay. Cela ne rentrait pas précisément dans les termes de référence d’une assistante de direction, mais le charisme naturel de notre directrice ainsi que des perspectives d’évolution de carrière assez sympathiques avaient fortement contribué à apaiser les scrupules de Fortuna. Et puis, avait probablement pensé Mme Gatay, « on peut toujours essayer de demander, on m’a dit que la Fortuna souriait aux audacieux »…&lt;br /&gt;Fortuna disparue, Mme Gatay prit une pose de déesse indienne. Il n’y avait pas à dire, elle en imposait en sari. Je me recroquevillais dans mon fauteuil, quelque peu mal à l’aise entouré de ces statues de divinités hindoues qui peuplaient le bureau. Mme Gatay m’expliqua, inspectant ses ongles manucurés d’une main et feuilletant ses cours de russe de l’autre, que mes indéniables compétences l’avaient convaincu de me confier d’autres responsabilités relatives à la Conférence de Conakry. En effet, le service des conférences -cheville ouvrière de la réunion- était débordé par les évènements. J’irais donc renforcer leur équipe et les accompagnerais également à Conakry. J’accueillis cette nouvelle avec beaucoup de satisfaction. Qu’il était doux d’entendre vanter ses compétences par sa propre directrice ! Par ailleurs, je me réjouissais de vivre de l’intérieur un évènement aussi majeur qu’une Conférence intergouvernementale, et &lt;em&gt;last but not least&lt;/em&gt; j’allais enfin découvrir le continent africain ! Mme Gatay me précisa également que ces nouvelles responsabilités avaient dès lors priorité sur le reste de mes attributions. Il ne fallut pas me le dire deux fois. En un tournemain, Sonia Gartow se voyait chargée de trouver notre Ambassadeur(drice) de bonne volonté: de quoi mettre à profit ses « capacités communicationnelles » récemment acquises.&lt;br /&gt;C’est le cœur allégé et le sourire aux lèvres que je retournais à mon bureau où je m’empressais de refermer la fenêtre ouverte par Mathew Chang. C’était un constant sujet de crispation entre nous. Il prétendait suffoquer la fenêtre fermée, car « lui n’avait pas la chance de se trouver près de la ventilation ». Quant à moi, les cris des paons amoureux me rendaient fous, et seul le double vitrage fermé atténuait suffisamment ces râles douloureux… Je rassemblais toute ma documentation relative à la « journée du genre » et la mis dans le dossier « urgence moyenne » où elle prit la place de mes rares documents relatifs à la Conférence ANUS-SEC XII qui partirent, eux, rejoindre le dossier « très urgent ». Restait le problème des traductions françaises qu’il me fallait revoir. Leur statut flou me gênait : ces documents concernaient bien la Conférence, mais ils n’avaient rien à voir avec l’organisation proprement dite de l’ANUS-SEC XII dont je devais maintenant m’occuper. Dans quel dossier les ranger? Les affres du doute ne m’agitèrent pas longtemps. Il y avait une solution simple, c’était de revoir en vitesse ces traductions et le problème serait réglé ! Un rapide coup d’œil à l’horloge pour m’assurer que j’avais encore le temps de mener à bien ce travail d’ici à l’horaire du dîner et je m’attaquais au premier document.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Les organisateurs s’étaient rendus compte à un mois de la Conférence que les documents autres que le texte à négocier n’étaient pas disponibles dans une autre langue que l’anglais. Or les pays francophones avaient plusieurs fois menacé de ne pas participer aux réunions si on ne pouvait leur fournir les documents de référence dans leur langue maternelle, et langue de travail de l’ONU. Bien entendu, cette exigence apparaissait absolument irrationnelle et dénuée de légitimité aux yeux de nos principaux responsables dont la plupart avaient peine à commander leur baguette en français après plusieurs années de présence à Genève… Néanmoins, on ne pouvait se mettre à dos tous ces pays, a fortiori des pays de la catégorie des Pays les Moins Avancés. On avait donc ressorti du formol quelques fonctionnaires français, belges, suisses, d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique Centrale pour mener à bien cette entreprise. Les plus compétents d’entre-eux avaient évidemment décliné l’invitation à se transformer du jour au lendemain en traducteurs. Les plus jeunes et malléables, ainsi que les fonctionnaires en fin de carrière et en roue libre avaient donc formé le dernier carré de fidèles, contraints et forcés. Il s’étaient attelés à la tâche alors que beaucoup d’entre-eux n’avaient ni formation de traducteur, ni même parfois de connaissance des sujets abordés. On avait ainsi demandé à Ginette Cordy, secrétaire à temps tout à fait partiel mais responsable du cercle culturel de l’Organisation à temps le plus souvent complet, de prendre en charge la traduction d’un rapport touffu sur la place de la solidarité dans les stratégies de développement nationales. Autant dire de l’hébreu pour notre brave Ginette, plus au fait de la programmation de l’Opéra de Genève ou de la procédure à suivre pour exposer ses œuvres au Palais des Nations… Sous sa plume volontaire à défaut d’être compétente, je découvris donc que le concept de &lt;em&gt;« policy space »&lt;/em&gt; autrement dit la marge de manœuvre que l’Etat souhaite conserver dans la mise en œuvre de ses politiques publiques, ce concept donc était devenu.. « la politique de l’espace » ! L’ANUS-SEC se voyait dotée, au détour d’une phrase, d’un mandat fichtrement intéressant quoique légèrement en décalage, en matière de conquête de l’espace… Puis ce fût le tour du &lt;em&gt;« bottom billion »,&lt;/em&gt; objet de toutes les attentions. Cette formulation imagée désignait le milliard de personnes tout en bas de l’échelle, le milliard de gens les plus pauvres que l’ONU avait à cœur d’aider. Mais un lointain héritier du marquis de Sade sans doute avait trouvé judicieux de le traduire par le « milliard de derrières ». De quoi attirer un vaste public de lecteurs…&lt;br /&gt;   Les rides sur mon front se creusaient à mesure que je découvrais ces traductions qui tenaient plus de l’œuvre d’un quelconque logiciel de traduction automatique aux résultats fantaisistes, que du travail soigné d’un bon artisan. J’avais le choix: je pouvais bâcler le travail tout en finissant à un horaire bien tardif, ou plus sagement remettre au lendemain cette tâche qui méritait que l’on s’y attache de plus près… Me félicitant moi-même de la volonté que j’affichais de fignoler ce travail, je fermais mon ordinateur et enfilais mon manteau sous l’œil réprobateur et jaloux de Mathew Chang à qui on avait imposé un projet couvrant l’Amérique Latine, ce qui l’obligeait à rester tard le soir en raison du décalage horaire avec cette région du monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En sifflotant, je remontais l’allée des drapeaux. La température était douce, le ciel étalait ses teintes rosées. Avec les nouvelles responsabilités qu’on me confiait, j’allais découvrir la « salle des machines » des Nations Unies et tout cela m’amusait prodigieusement.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-4604776509766303234?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/4604776509766303234/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=4604776509766303234' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/4604776509766303234'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/4604776509766303234'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/04/javais-profit-dun-moment-dintimit-pour.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-5318103191062765739</id><published>2008-03-21T19:31:00.001+01:00</published><updated>2008-03-21T19:31:30.427+01:00</updated><title type='text'>une star au service de l'ANUS SEC...</title><content type='html'>&lt;div style="float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;"&gt; &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2349656941/" title="photo sharing"&gt;&lt;img src="http://farm3.static.flickr.com/2417/2349656941_c2b6c85128_m.jpg" alt="" style="border: solid 2px #000000;" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style="font-size: 0.9em; margin-top: 0px;"&gt;  &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2349656941/"&gt;une star au service de l'ANUS SEC...&lt;/a&gt;  &lt;br /&gt;  Originally uploaded by &lt;a href="http://www.flickr.com/people/18983511@N00/"&gt;fantomas.vengeurmasque&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br clear="all" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-5318103191062765739?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/5318103191062765739/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=5318103191062765739' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/5318103191062765739'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/5318103191062765739'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/03/une-star-au-service-de-l-sec.html' title='une star au service de l&amp;#39;ANUS SEC...'/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://farm3.static.flickr.com/2417/2349656941_c2b6c85128_t.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-4900316710574441001</id><published>2008-03-21T19:19:00.003+01:00</published><updated>2008-03-26T15:28:13.519+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;JOURNAL D'ADRIEN DEUME&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Contacter des célébrités planétaires n’allait pas être simple. Mais je bénéficiais heureusement de l’aura onusienne qui, je l’espérais, allait m’ouvrir bien des portes voire des porte-monnaie en faveur de notre action… Je comptais également sur mes « qualités communicationnelles » en plein essor. Ma collègue Sonia Gartow m’avait en effet convaincu de participer avec elle au cours de formation sur &lt;em&gt;« Communication and Presentation skills »&lt;/em&gt; offert par la Direction de la Formation Permanente de notre institution.&lt;br /&gt;Lors de ces cours, l’administration faisait venir à grand frais un consultant extérieur, totalement ignare des spécificités onusiennes, et qui nous enseignait d’un ton docte les grands principes de la communication « avec des ethnies étrangères ». J’avais ainsi appris, fasciné, que les grandes boîtes de consulting étaient toutes fières d’avoir découvert que l’on ne négociait pas de la même manière avec un Japonais et avec un Américain. Le Japonais était en effet « discret et ne savait pas dire non » pendant que l’Américain « n’hésitait pas à affirmer vigoureusement ses opinions ». Diantre… De la même manière, on apprenait qu’une femme ne devait pas se formaliser si un ressortissant d’un pays musulman évitait son regard pendant une discussion, ce n’était qu’un signe de respect vis-à-vis de la personne féminine… Claude Lévi Strauss, qui professait dans &lt;em&gt;« Race et histoire »&lt;/em&gt; l’impossibilité de comparer et hiérarchiser les cultures entre elles et de se détacher de notre propre système de valeur, s’en serait arraché les rares cheveux qui lui restent…&lt;br /&gt;Après ce survol grandiose de la diversité culturelle, le consultant passait aux talents de communication. Malheureusement, il regardait alors le magnifique paysage de l’éloquence et de la force de conviction au travers de la petite lorgnette des techniques de vente VRP, des capacités à embobiner son interlocuteur et de lui faire passer des vessies pour des lanternes. L’important en effet étant de toujours faire croire à son interlocuteur qu’on en savait plus que lui, tout en ne le rembarrant sous aucun prétexte. Des tics de langage devenus presque mécaniques devaient ainsi servir à donner l’illusion d’un échange profond entre les deux individus. Il fallait toujours commencer une réponse par &lt;em&gt;« si je vous comprends bien »&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;« si j’ai bien saisi votre propos »&lt;/em&gt;, déminer une critique en reformulant : &lt;em&gt;« en d’autres termes, vous estimez que.. »&lt;/em&gt;, posez de fausses questions simplement pour réveiller votre auditoire qui aurait tendance à s’assoupir : «&lt;em&gt; qui est capable de me dire ce qu’est pour lui la solidarité ? »&lt;/em&gt; etc.etc. C’est avec un pincement au cœur que je voyais disparaître l’orateur au profit du bateleur…&lt;br /&gt;Bref, tout cela ne m’avait pas semblé très adapté aux particularismes du travail de l’ONU, ni adapté aux publics avec lesquels nous traitions. J’espérais néanmoins que certains trucs appris pourraient m’être utiles dans les contacts que j’allais nouer avec les vedettes de Hollywood et d’ailleurs…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ayant depuis toujours un petit faible pour les actrices françaises, sophistiquées et torturées, j’entrepris de contacter Emmanuelle Béart. Je trouvais sans difficulté le numéro de son agent. Un dernier raclement de gorge et j’attendis le cœur battant que l’on décroche… C’est une voix d’homme qui répondit. D’un air bourru on m’interrogea sur la raison de mon appel. Je pris mon air le plus officiel pour lui expliquer que nous organisions un grand évènement en Guinée et que la présence d’Emmanuelle Béart à la réunion de l’ANUS SEC serait appréciée du plus grand nombre, et démontrerait son altruisme et son envie de contribuer à sa manière au relèvement des pays pauvres. Ma profession de foi fut suivie d’un instant de silence, puis la tempête éclata. J’étais un petit monsieur, cela faisait longtemps que Mlle Béart ne participait plus à ce genre de film, les précédents avaient été des erreurs de jeunesse, même à cette époque elle n’avait jamais envisagé de scène « en réunion », si j’ennuyais encore Mlle Béart avec mes propositions malhonnêtes, on porterait plainte contre moi et tutti quanti. Ebranlé, je lui signalais qu’il devait y avoir méprise, que mes intentions étaient tout ce qu’il y avait de plus honorable, et que d’ailleurs j’étais moi-même un admirateur de Mlle Béart… La voix m’interrompit en hurlant que le harcèlement était punissable par la loi et que je pouvais numéroter mes abattis, puis on raccrocha…&lt;br /&gt;Décontenancé, je tentais alors de joindre Béatrice Dalle. Mon discours sembla intéresser le manager de cette dernière. Il me confia que Béatrice n’avait jamais eu froid aux yeux de ce point de vue là, sa carrière le démontrait amplement, que pour elle tout ceci était après tout parfaitement naturel et que ceux qui se crispaient sur le sujet étaient ceux qui avaient un problème… Je ne comprenais pas un traître mot de ce qu’il me racontait et prudemment tâtais le terrain en lui demandant quelle serait la table ronde qui intéresserait Mlle Dalle. Le manager me répliqua alors que «avec la table, cela coûterait plus cher car Béatrice préférait de beaucoup la chambre à coucher… » Pas de problème de ce côté-là, le rassurais-je, un hébergement était prévu dans un paquebot ancré dans le port de Conakry. Mon interlocuteur semblait ravi. Il s’agissait d’une version un peu plus épicée de « la Croisière s’amuse » ? Cela tombait bien, Mlle Dalle adorait les hommes en uniforme. De plus en plus interloqué, je lui promis de lui envoyer une invitation officielle par fax, mais une fois le combiné raccroché, je biffais le nom de Mlle Dalle...&lt;br /&gt;Je n’avais pas progressé d’un iota dans ma quête d’une star internationale. Et pendant ce temps, la révision des traductions de documents officiels de la Conférence ainsi que &lt;em&gt;« la journée du genre »&lt;/em&gt; n’avançaient pas… Je décidais de changer mon fusil d’épaule. Les stars françaises étaient décidément trop compliquées, il nous fallait quelqu’un de beaucoup plus simple et beaucoup plus populaire à la fois. &lt;em&gt;« Paris Match »&lt;/em&gt;, entre l’article consacré à la dernière journée shopping de Rachida Dati, la chronique hebdomadaire de Carla Bruni et le reportage photo sur la visite de l’ANPE de Bergues par Sarkozy, m’apprenait que Georges Clooney était en visite à Genève pour le lancement d’un nouveau moulin à café… Deux heures plus tard, j’étais face à lui, un espresso entre nous, lui expliquant dans un anglais du plus bel effet ce que l’ANUS SEC attendait de sa personne. Le front de Clooney se plissait chaque fois un peu plus au fur et à mesure de mon discours. Une fois celui-ci achevé, il me serra vigoureusement les mains. C’était pour lui un devoir de promouvoir le cinéma méconnu des pays en développement et il acceptait avec grand plaisir de prendre en stage sur son plateau le jeune Anus Seck. Il faudrait simplement que je sois un peu plus explicite sur le contenu du court-métrage que ce dernier souhaitait réaliser sur la solidarité. Je me sentais découragé… Mon proficiency en langue anglaise, obtenu à la sueur de mon front et au prix de quatre cours hebdomadaires au Palais des Nations qui m’obligeaient à enfourner en vitesse un sandwich plutôt que de déjeuner paisiblement avec mes collègues, ne semblait plus faire effet…&lt;br /&gt;Je quittais l’hôtel du Rhône ne sachant que faire de la promesse d’embauche de Clooney, et toujours démuni. Le temps pressait, je devais présenter à la fin de la semaine au Secrétaire Général Rojas et à Mme Gatay les résultats de ma quête de célébrité. Peut-être aurais-je plus de chance avec une star de pays en développement ? Après avoir rapidement survolé la galerie d’acteurs moustachus de Bollywood et de chanteurs latinoaméricains pour midinettes, mon choix se porta sur le chanteur ivoirien Alpha Blondy. Quelques coups de fil plus tard, j’avais l’auteur de &lt;em&gt;« Apartheid is nazism »&lt;/em&gt; au bout du fil. Il m’écouta patiemment avant de m’exposer implacablement mais calmement sa position. Pour lui les Nations Unies étaient un valet de l’impérialisme occidental, un valet aux idéaux certes nobles mais qui n’avait rien fait pour lutter contre l’apartheid sud africain. Par ailleurs, Blondy était révulsé par les conséquences négatives de la présence de casques bleus dans les pays en crise. Savez-vous , me dit-il, que Kinshasa est désormais plus cher que Lyon ou Manchester ? Et tout cela parce que des militaires étrangers ne savent plus comment dépenser leur solde qui dépasse de tellement la solde qu’ils perçoivent dans leur pays d’origine. Ou plutôt, rajouta-t-il, on sait trop bien comment ils la dépensent… Savez-vous comment sont surnommés les casques bleus à Kinshasa ? &lt;em&gt;« Un le jour, nu la nuit ».&lt;/em&gt; &lt;em&gt;« Un »&lt;/em&gt; parce qu’ils circulent toute la journée dans leurs 4X4 blancs, rutilants et siglés UN. &lt;em&gt;« Nu »&lt;/em&gt; parce que les casques bleus utilisent ce même véhicule la nuit venue pour prendre en stop les prostituées qui battent le pavé de Kinshasa… Je pris congé d’Alpha Blondy, bredouillant des remerciements mais intérieurement soulagé de pouvoir mettre fin à ce discours sans concession…&lt;br /&gt;Avec tout cela, je n’étais pas plus avancé… Je commençais à me mordre nerveusement les doigts. D’un seul coup, mon visage s’illumina, un sportif, voilà ce qu’il nous fallait ! Un homme qui fasse rêver les foules tout en étant proche du peuple. Un rapide coup d’œil à &lt;em&gt;« l’Equipe »&lt;/em&gt; et je jetais mon dévolu sur le boxeur Mike Tyson. Je voyais déjà les slogans : &lt;em&gt;« l’ANUS SEC et Tyson, un partenariat de poids lourds ! »&lt;/em&gt; ou alors &lt;em&gt;« Pas de KO pour le développement et la solidarité avec le Doha round ! » &lt;/em&gt;ou encore &lt;em&gt;« l’ANUS SEC, le noble art de la solidarité… »&lt;/em&gt; Quelques coups de fil plus tard, j’avais en ligne la terreur des rings, l’homme qui mettait un « poing d’honneur » à réduire son adversaire au rang de sac d’entraînement… Malheureusement, l’abus de coups ne semblait pas avoir rendu service à Tyson. Souvent au cours de notre conversation, une idée lui passait par la tête, mais ne semblait pas prête à s’arrêter… A ma troisième tentative pour lui faire comprendre que sa venue à Conakry n’était pas pour un remake de &lt;em&gt;« When we were kings »&lt;/em&gt; et du mémorable combat Ali-Foreman de Kinshasa, je décidais de jeter l’éponge. Tyson m’avait eu à l’usure…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je restais prostré un long moment dans mon fauteuil. Je mesurais le pour et le contre de me déguiser en sosie de Claude François pour Rojas et Mme Gatay. Mais qui alors pouvait jouer mon rôle ? Non ! Il fallait que Léon m’aide sur ce coup là et qu’il se déguise lui-même en Claude François. Je doutais que Rojas et Gatay soient au courant des soucis électriques de Cloclo. Par contre, ils devaient connaître &lt;em&gt;« Comme d’habitude »&lt;/em&gt; dans la version chantée par Sinatra, et &lt;em&gt;« My way »&lt;/em&gt; cela correspondait après tout tellement au mode de fonctionnement de l’ANUS SEC…&lt;br /&gt;Mais soudain, il me revint à l’esprit que Sonia Gartow avait évoqué ses liens « quasiment étroits » avec Barbara Streisand. Cela pouvait être mieux que rien ! Je me souvenais également que ma femme m’avait dit avoir récemment croisé dans son centre de remise en forme l’écrivain Paul-Loup Sulitzer. Avec un peu de chance, elle avait récupéré une carte de visite… Non Adrien ! Rien n’était perdu ! Mon ingéniosité naturelle me permettrait de m’en sortir encore une fois mais il me fallait maintenant faire vite !&lt;br /&gt;Je pris ma plume pour rajouter à ma liste de tâches à accomplir les points suivants :&lt;br /&gt;- interroger Ariane sur Sulitzer&lt;br /&gt;- demander les coordonnées de Barbara Streisand à Gartow&lt;br /&gt;Puis, jetant un coup d’œil sur l’horloge Patek Philippe qui marquait 18h15, je remontais à grandes enjambées les couloirs désertés à cette heure avancée, et me dépêchais de rejoindre l’arrêt de bus. Avec leur ponctualité maladive, on ne pouvait jamais compter sur l’éventuel retard d’un bus suisse…&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-4900316710574441001?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/4900316710574441001/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=4900316710574441001' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/4900316710574441001'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/4900316710574441001'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/03/journal-dadrien-deume-contacter-des.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-4244612075004704823</id><published>2008-03-10T01:00:00.001+01:00</published><updated>2008-03-10T01:00:51.893+01:00</updated><title type='text'>modérateur(trice?) de l'atelier de travail</title><content type='html'>&lt;div style="float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;"&gt; &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2321906177/" title="photo sharing"&gt;&lt;img src="http://farm3.static.flickr.com/2303/2321906177_88d3b8a42d_m.jpg" alt="" style="border: solid 2px #000000;" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style="font-size: 0.9em; margin-top: 0px;"&gt;  &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2321906177/"&gt;modérateur(trice?) de l'atelier de travail&lt;/a&gt;  &lt;br /&gt;  Originally uploaded by &lt;a href="http://www.flickr.com/people/18983511@N00/"&gt;fantomas.vengeurmasque&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br clear="all" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-4244612075004704823?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/4244612075004704823/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=4244612075004704823' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/4244612075004704823'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/4244612075004704823'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/03/modrateurtrice-de-l-de-travail.html' title='modérateur(trice?) de l&amp;#39;atelier de travail'/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://farm3.static.flickr.com/2303/2321906177_88d3b8a42d_t.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-8037279742505019577</id><published>2008-03-10T00:45:00.003+01:00</published><updated>2008-03-10T09:32:11.566+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;JOURNAL D'ADRIEN DEUME&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Bien que très satisfait de pouvoir désormais jouer un rôle sur les grandes orientations via ma participation à l'organisation de notre Conférence, je souhaitais vraiment imprimer ma marque en tant que "&lt;em&gt;gender focal point&lt;/em&gt;". C'était un sujet délicat et sensible, autrement dit fait pour moi... J'avais donc travaillé d'arrache-pied sur l'organisation d'un séminaire de haut niveau qui relancerait la réflexion sur ces sujets, et après ces heures de dure labeur, je contemplais d'un air satisfait le programme de la première "&lt;em&gt;journée du genre&lt;/em&gt;" que je venais de finaliser. Il faut bien dire qu'en français, "&lt;em&gt;journée du genre&lt;/em&gt;" ça n'était pas une franche réussite... Par contre "&lt;em&gt;the gender day&lt;/em&gt;" ça avait plus de gueule!&lt;br /&gt;Naïvement, j'avais souhaité profiter de la journée de la femme et organiser à cette occasion un séminaire qui ferait date et permettrait de réconcilier hommes et femmes. N'était-ce pas là ce qu'on attendait de moi comme nouveau "&lt;em&gt;gender focal point&lt;/em&gt;"? Mais l'administration m'avait fermement rappelé à l'ordre, il était hors de question de favoriser un genre sexuel par rapport à un autre, et en insinuant que les "&lt;em&gt;gender issues&lt;/em&gt;" se limitaient aux problématiques féminines, je courais le risque de mécontenter les autres orientations et identités sexuelles rabaissées au rang de minorité. Discuter de la problématique des rapports hommes/femmes dans un environnement professionnel me semblait déjà coton, mais là on dépassait mon seuil d'incompétence... Je pris donc contact avec l'association des "fonctionnaires ONU transsexuels ou transgenre" afin de discuter des modalités de leur participation au séminaire qui s'annonçait. A la suite d'une vaste consultation incluant toutes les parties prenantes, un consensus se dégagea autour de la formulation suivante: "&lt;em&gt;Atelier de haut niveau sur les questions de genre dans les relations de travail"&lt;/em&gt;.&lt;em&gt; &lt;/em&gt;Moussa Cissé, notre focal point "&lt;em&gt;core issues&lt;/em&gt;" souhaitait être également associé à l'évènement. En effet, son programme de travail de l'année incluait la tenue d'un séminaire sur "&lt;em&gt;Le respect de la diversité à l'ONU&lt;/em&gt;". C'était une aubaine pour lui de pouvoir se greffer sur un atelier déjà programmé et ce ne serait pas la première fois qu'un même évènement serait vendu à deux donateurs sous deux dénominations différentes... En échange de bons procédés, Moussa Cissé s'engageait à payer sur son propre budget les voyages des experts invités. J'avais en effet vu grand! En exclusivité, le président de l'association des "&lt;em&gt;Ladyboys from Thaïland&lt;/em&gt;" ainsi qu'un grand chirurgien d'Hollywood spécialiste des changements de sexe allaient répondre à notre invitation. Tous les deux interviendraient dans le cadre de la table ronde "&lt;em&gt;Impact des changements d'identité sur la productivité au travail&lt;/em&gt;". J'avais également convaincu Douglas Jackady, directeur du bureau des Finances de l'ANUS-SEC, de prendre la parole lors de la même session sur le sujet suivant: "&lt;em&gt;Du fonctionnaire masculin au fonctionnaire féminin et inversement: impact budgétaire pour l'organisation en terme de salaire, congés maternité et retraite&lt;/em&gt;". J'étais assez fier de ces deux tables rondes qui allaient faire date. Néanmoins, il fallait bien avouer que j'avais fait porter l'essentiel de mes efforts sur les sessions relatives aux relations hommes/femmes. J'avais réussi un gros coup! Grâce à l'entregent de ma collègue américaine Sonia Gartow, j'avais réussi à entrer en contact avec John Gray, l'auteur de "&lt;em&gt;Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus&lt;/em&gt;". Grâce au budget de Moussa Cissé, je disposais du montant suffisant pour faire venir cette pointure en classe affaires. Il serait conférencier unique pour une session intitulée "&lt;em&gt;Comprendre la psychologie féminine&lt;/em&gt;". Plus fort encore! Un coup de fil à Lord Cheddar, l'Ambassadeur du Royaume Uni, avait suffit pour convaincre ce dernier de m'aider à contacter Margaret Thatcher. Cette dernière interviendrait par visio conférence sur un sujet spécialement défini pour elle: "&lt;em&gt;Les valeurs féminines de douceur sont-elles compatibles avec le pouvoir?&lt;/em&gt;". Enfin une dernière table ronde examinerait l'impact de la femme dans l'économie. J'avais réuni autour de cette table le directeur Suisse de Louis Vuitton, le fondateur des bijoux Chopard, ainsi que le Président de l'association des fleuristes du canton de Genève.Que du beau linge! Il me restait à mettre maintenant la dernière main à mon discours d'ouverture. J'avais longuement réfléchi, je voulais trouver un angle intéressant qui interpelle le public et lui donne envie de suivre l'intégralité de la journée. Il me fallait de plus trouver quelque chose qui englobe les différentes facettes de l'atelier... L'inspiration me vint alors que je taillais mes crayons. J'avais trouvé une formulation ingénieuse! "&lt;em&gt;Souvent femme varie: du changement d'avis au changement de sexe, une chance pour l'ANUS-SEC?"&lt;/em&gt; J'étais très satisfait de ma trouvaille. Ce titre incorporait les différentes problématiques et lancerait sans aucun doute les débats. Je me dépêchais d'aller la soumettre à Léon Andrianampoinimerina. Celui-ci lut avec attention le programme de la journée, releva lentement ses yeux et me regarda fixement avant de pousser un soupir tout en me rendant le document. Puis, un sourire aux lèvres, il fit une réflexion qui me laissa perplexe: ce programme était tout fait dans l'esprit de l'organisation bien que totalement contraire à sa lettre... &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Je n'eus pas le temps d'y réfléchir plus avant, Fortuna Minimo, la secrétaire de Mme Gatay, m'appelait. Je retrouvais dans son bureau tous mes collègues de la task force ainsi que Sonia Gartow qui nous avait rejoint, elle se piquait en effet d'avoir des "compétences communicationnelles". Pour ma part, j'avais surtout découvert jusqu'alors sa capacité à monopoliser le temps de parole . Mme Gatay souhaitait nous informer des dernières avancées dans l'organisation de la Conférence et relancer notre activité. Elle avait en effet participé à la réunion des directeurs de l'Organisation autour de Rodrigo Rojas et ce dernier avait demandé qu'un bon coup de collier soit donné dans chacune des divisions. Le service des conférences avait alerté notre Secrétaire Général, les délais commençaient à être très justes et il fallait répartir les tâches restant à accomplir entre les différentes divisions. La nôtre devait convaincre des célèbrités de jouer les têtes d'affiche pour notre Conférence. Rojas en avait marre de voir le PNUD, l'UNICEF ou le HCR aligner les grands noms pour ses programmes et faire la une de l'actualité. Il était temps que l'on parle également de l'ANUS-SEC dans "&lt;em&gt;Gala&lt;/em&gt;" ou "&lt;em&gt;Paris Match&lt;/em&gt;"! Ils avaient leurs Zidane, Angelina Jolie ou Bono, nous devions avoir mieux! Mme Gatay voulait donc que nous cogitions ensemble pour identifier des personnalités susceptibles d'être contactées. La "tempête de cerveaux" (ou brainstorming en anglais) fit alors feu de tout bois! Chacun cherchait à mettre en avant ses vedettes nationales. Edson Asuncion promettait ainsi de pouvoir faire venir Gilberto Gil, sa soeur faisait en effet partie de la même école de samba que la fille du chanteur brésilien. Blomqvist évoqua la possibilité de faire venir Abba pendant que Kertani, flattant bassement l'orgueil nationaliste de Mme Gatay, suggérait le nom de Ravi Shankar. Sonia Gartow éleva la voix pour clamer qu'elle avait "quasiment un contact direct avec Barbara Streisand" pendant que Kondratiev vantait les mérites du "principal poète turkmène" qui était son obligé... Après 10 minutes de "&lt;em&gt;name dropping&lt;/em&gt;" on en revint à des perspectives plus raisonnables. Une liste de 100 noms fut établie et on me chargea d'appeler chacun d'entre eux, sauf dans le cas où l'un de mes collègues pensait avoir un contact direct plus efficace.&lt;br /&gt;Une fois ce point de l'ordre du jour examiné, Mme Gatay nous informa des derniers développements de l'organisation de la Conférence. La Guinée, malgré toute sa bonne volonté, avait de la peine à combler les manques et limites propres à tout PMA. Il avait été fait appel aux Chinois pour construire le centre de conférences qui accueillerait l'essentiel des sessions. Ces derniers avaient amené leurs propres ouvriers et les avaient cantonné dans des baraquements. Malgré cela, les travaux étaient encore très loin de leur conclusion. Une réunion confidentielle s'était donc tenue entre le Premier Ministre guinéen, le directeur de l'entreprise chinoise qui avait remporté l'appel d'offres et Rojas. Il avait été décidé qu'en raison des circonstances exceptionnelles, le temps de travail journalier des ouvriers chinois passerait de 12 à 16 heures. Bien entendu un compte épargne temps serait ouvert en parallèle pour leur permettre de cumuler davantage de points retraite. Mme Gatay nous avait demandé expressement de ne pas ébruiter atour de nous cette modification contractuelle car la presse aurait pu s'emparer de cette information et la travestir sans connaître tous les tenants et les aboutissants. Mekloufi, en tant que représentant du syndicat majoritaire "&lt;em&gt;ONU, en avant!"&lt;/em&gt; fit confirmer par Mme Gatay que les ouvriers chinois bénéficieraient des avantages salariaux découlant de leur maîtrise d'une 2e langue officielle de l'organisation avec le français qu'ils pratiquaient à Conakry. Par ailleurs, il fut convenu que l'on demanderait à l'entrepreneur chinois de redistribuer à ses ouvriers les miles aériens récupérés au cours de leur voyage retour vers la Chine.&lt;br /&gt;Mme Gatay nous informa également que certains pays avaient souhaité contribuer à l'organisation de la conférence par le biais de dons en matériel: le Japon allait fournir les ordinateurs, la Suise les horloges, quant à la Turquie elle s'était engagée à fournir des toilettes mobiles... La flotte maritime qui compléterait l'offre hôtelière de Conakry serait pour sa part fournie par Panama, le Libéria et la famille Onassis. Le dernier point abordé par notre directrice concernait la traduction des documents de la Conférence. En effet, les traducteurs officiels du Palais n'étaient plus en mesure d'accomplir dans les temps la traduction des documents qui serviraient de base aux discussions. La task force était donc appelée à la rescousse et l'on me mit entre les bras trois kilos de papier jargonnant qu'il me fallait revoir. Sans doute, ce que l'on appelle le poids des responsabilités....&lt;br /&gt;De retour à mon bureau, il me fallait maintenant organiser les priorités. Il ne me fallut pas longtemps pour me convaincre que contacter Laetita Casta ou Beyoncé revêtaient la plus grande importance pour l'organisation. Il s'agissait en effet de rajouter une touche glamour à l'ANUS-SEC! Une pile de "&lt;em&gt;Voici&lt;/em&gt;" en face de moi, je m'installais confortablement sur mon fauteuil et pris mon téléphone...&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-8037279742505019577?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/8037279742505019577/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=8037279742505019577' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/8037279742505019577'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/8037279742505019577'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/03/journal-dadrien-deume-bien-que-trs.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-8727035785219049780</id><published>2008-02-10T23:37:00.001+01:00</published><updated>2008-02-10T23:37:49.225+01:00</updated><title type='text'>le festin de Léon et ses amis par Bruegel</title><content type='html'>&lt;div style="float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;"&gt; &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2256326302/" title="photo sharing"&gt;&lt;img src="http://farm3.static.flickr.com/2259/2256326302_4da2169bfd_m.jpg" alt="" style="border: solid 2px #000000;" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style="font-size: 0.9em; margin-top: 0px;"&gt;  &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2256326302/"&gt;le festin de Léon et ses amis par Bruegel&lt;/a&gt;  &lt;br /&gt;  Originally uploaded by &lt;a href="http://www.flickr.com/people/18983511@N00/"&gt;fantomas.vengeurmasque&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br clear="all" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-8727035785219049780?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/8727035785219049780/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=8727035785219049780' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/8727035785219049780'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/8727035785219049780'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/02/le-festin-de-lon-et-ses-amis-par.html' title='le festin de Léon et ses amis par Bruegel'/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://farm3.static.flickr.com/2259/2256326302_4da2169bfd_t.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-7142219120415320467</id><published>2008-02-10T23:23:00.000+01:00</published><updated>2008-02-10T23:34:41.207+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>JOURNAL D'ADRIEN DEUME&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;   Ces derniers temps, je m'étais beaucoup rapproché de Léon Andrianampoinimerina. J'appréciais de plus en plus son humour décalé et légèrement désenchanté. Léon avait rejoint l'ANUS-SEC en 1985 et plus grand-chose ne pouvait le surprendre. Il avait intégré l'organisation avec de grandes ambitions et des idées bien arrêtées. Formé originellement à l'école socialiste de Didier Ratsiraka, il voyait en les Nations Unies le cadre idéal pour mettre en pratique ses convictions. Mais Léon était arrivé comme un chien dans un jeu de quilles. A l'ANUS-SEC, comme ailleurs aux Nations Unies, on se méfiait de toute radicalité qu'elle soit de gauche ou de droite. Une nuit genevoise du 4 août et son abolition des privilèges n’étaient pas à l’ordre du jour. Les fonctionnaires de l’ONU, malgré leur origine très diverse, étaient finalement tous des &lt;em&gt;"insiders"&lt;/em&gt; qui évoluaient dans un système en en respectant les règles du jeu, même s'ils s'en plaignaient à longueur de journée. Au delà des différences culturelles bien réelles, et qui pesaient indubitablement sur les relations de travail, beaucoup de fonctionnaires internationaux partageaient des profils similaires en terme de milieu d'origine et d'éducation.&lt;br /&gt;Léon avait rapidement été perçu comme un trublion gênant qu'il allait vite falloir reprendre en main. On lui avait alors appliqué une espèce de cordon sanitaire. Ses collègues s'étaient petit à petit détournés de lui, y compris pour partager une pause café. Sa hiérarchie lui avait retiré tous les dossiers où il pouvait être en contact direct avec les pays bénéficiaires et l'administration avait mené une guérilla sournoise pour bloquer une promotion qui l'aurait amené à changer d'affectation. Léon en avait d’abord conçu une certaine amertume mais avait heureusement acquis, au fil des ans, une forme de détachement vis-à-vis de ce qui pouvait se produire à l'ANUS-SEC. Il se concentrait désormais sur quelques petits projets très concrets et investissait son temps libre dans le développement de son entreprise de confection à Madagascar. Les rêves de grand soir avaient été remis au placard… Sa réhabilitation auprès de ses collègues était allée de pair avec la mise en sourdine de ses convictions et revendications. Mais, pour mon plus grand bonheur, Léon avait tout de même conservé son œil acéré. Il n'était pas dupe de la pièce de théâtre dans laquelle il avait un petit rôle, contrairement à beaucoup de premiers rôles qui jouaient au bouffon du roi sans même s'en rendre compte…&lt;br /&gt;   Léon m'avait aussi ouvert à la réalité des pays en développement, réalité que j'ignorais avant de rejoindre les Nations Unies. Il n'était pas né avec une cuillère d'argent dans la bouche et n'avait pas non plus conclu un brillant cursus académique dans une université américaine ou britannique. Il avait au contraire commencé une carrière d'instituteur sur les hauts plateaux malgaches. C’est là que -m'avait-il raconté- il s’était forgé une conviction, confronté aux réalités de l'extrême pauvreté et de l'analphabétisme: le développement passait en priorité par l'éducation. Un enfant qui savait lire, écrire et compter pouvait s'insérer dans la société et prétendre à une citoyenneté active. Un enfant éduqué acquérait la possibilité d'agir sur son destin et de n'être pas seulement le jouet impuissant de son environnement. Désireux de mettre en œuvre ses convictions à une échelle plus large, il avait sauté sur l'occasion du premier concours des Nations Unies ouvert aux ressortissants malgaches. Ayant réussi ce concours, il avait été recruté par l'ANUS-SEC, alors très en pointe sur les questions de développement solidaire. Mais il s'était ainsi retrouvé transplanté dans un environnement dont il ignorait tous les codes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   L'ANUS-SEC était dotée d'une dimension diplomatique qui était loin d'être partagée par toutes les autres agences de la galaxie ONU, mais elle avait en partage avec celles-ci d'autres caractéristiques. Parmi elles, le déracinement d'internationaux habitués à une certaine forme de nomadisme, une rhétorique qui tombait facilement dans un angélisme éloigné des réalités complexes du terrain, une extrême diversité culturelle de son personnel et son pendant, une chape de plomb du politiquement correct qui servait souvent de couvercle retenant à grand peine le bouillonnement de la marmite.&lt;br /&gt;   Travailler au sein d'un environnement multiculturel n'est pas une sinécure. L’histoire personnelle de chacun se double d’habitudes nationales qui peuvent surprendre. Elles restent amusantes lorsqu’elles sont cantonnées à la sphère privée. Lors d’une soirée où mon épouse et moi avions été invités chez mon collègue Gunthar Peckers, j’avais par exemple été surpris de devoir laisser mes chaussures à l’entrée de son appartement. Non seulement surpris mais gêné car mes chaussettes ce soir là laissaient apparaître un certain nombre de mes orteils… Mais ces habitudes nationales pouvaient rapidement devenir irritantes ou déstabilisantes dans un contexte professionnel. Une vision différente de la parole donnée, de la transparence, de l’importance de la circulation de l’information, de la relation hiérarchique peut vite se transformer en grenade dégoupillée. Léon, peu au fait de cette diversité et de l’obligation de compromis qui en découlait, était de plus dépourvu de toute compétence diplomatique. Il n’avait rien fait pour dissimuler ses opinions politiques et rien ne l’indisposait davantage que les pince-fesses mondains qui faisaient parfois partie de l’activité de fonctionnaire international. Il m’avait raconté avoir mouché un soir le délégué des Etats Unis qui, sous l’effet du gin tonic, s’était montré  trop entreprenant envers une collègue de Léon. Ce dernier n’avait pas été félicité pour avoir sauvegardé l’honneur d’une jeune femme. Bien au contraire il avait dû encourir un blâme pour avoir indisposé le représentant d’un pays influent.&lt;br /&gt;Bref, Léon avait détonné dès le premier jour dans cet environnement ouaté. Mais malheureusement, la force d’inertie du système et l’hostilité récurrente de ses composantes avaient fini par faire -un peu- courber l’échine à Léon. Il conservait son éthique personnelle mais avait renoncé à la prétention de réformer le système à lui tout seul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Léon m’avait présenté à ses camarades de l’ONU. Une fine équipe essentiellement masculine, faite de bons vivants, rebelles dans l’âme mais assagis par le poids des ans et le nombre de coups de bâtons reçus dans leur carrière onusienne. Ricardo Zapata, au nom prédestiné, était arrivé du Mexique 10 ans auparavant pour un stage à OCHA, le service humanitaire d’urgence des Nations Unies. Il y avait gagné le respect de ses chefs et 15 kilos de plus. Il dirigeait désormais l’envoi des agents sur le terrain, tentant en permanence de trouver l’équilibre idéal entre la personnalité des fonctionnaires, qu’il souhaitait toujours rencontrer personnellement avant leur départ en mission, et le contexte des postes où ils étaient envoyés. Il avait ainsi évité quelques bourdes aux conséquences potentiellement funestes. L’administration avait nommé un agent rwandais pour la mission de République Démocratique du Congo sans prêter attention au fait que ce tutsi d’origine risquait d’être pris à partie en se rendant à Kinshasa. Ricardo avait pour sa part saisi l’inconséquence de ses services et avait immédiatement transféré cet agent en Haïti.&lt;br /&gt;Dans ce groupe de joyeux drilles, on trouvait également Brian O’Hanlon, une tête dure d’irlandais, spécialiste des missions de surveillance électorale. Il vous racontait avec passion l’expérience vécue au Cambodge lors des premières élections de la transition démocratique en 1993. Ce deuxième ligne de rugby avait une poigne qui vous broyait les phalanges mais il avait fondu en larmes en visitant le musée S-21 de Pnom Penh, ancien camp de torture Khmer Rouge. Brian partageait ses 3e mi-temps avec Joost Van der Westhuizen, militant afrikaner de l’ANC sud-africaine à la fin des années 80, qui avait rejoint les Nations Unies une fois son pays libéré de l’apartheid. Van Der Westhuizen avait fait la rencontre d’Alexander Alekhine lors d’un concert de soutien à la lutte contre le paludisme en Afrique. Alekhine avait renoncé à une brillante carrière de chirurgien pour nouveaux riches moscovites et avait rejoint dans un premier temps Médecins sans Frontières, puis ensuite l’Organisation Mondiale de la Santé. Au fil des ans, il avait laissé la blouse de terrain pour le costume-cravate mais brûlait encore chez lui la flamme du militant. Il fallait le voir s’enthousiasmer pour une bande dessinée en trois tomes qu’il avait récemment découvert, intitulée &lt;em&gt;« Le photographe »&lt;/em&gt; et qui contait une mission humanitaire médicale menée en Afghanistan pendant le conflit avec l’Union Soviétique.&lt;br /&gt;Autour de ce noyau dur s’agrégeaient d’autres électrons au gré des jours et de l’envie de chacun. On se retrouvait pour refaire le monde autour d’une bonne table et d’un grand Bourgogne. On trottinait en se passant un ballon de rugby. On refaisait les championnats du monde de ping pong sur les tables en béton du parc des Bastions. Cette vie était bien éloigné de tout ce que j’avais toujours connu et défendu, mais je me sentais à l’aise parmi eux. Derrière leur humour et leur apparente désinvolture, on distinguait une exigence morale et un altruisme qui me faisaient réfléchir. Ils étaient les fleurs qui, tenaces, se déployaient au milieu des herbes folles du système onusien. J’avais de moins en moins de scrupules à laisser mon épouse à ses rêveries collection &lt;em&gt;Harlequin&lt;/em&gt; pendant que j’allais retrouver en ville mes nouveaux amis.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-7142219120415320467?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/7142219120415320467/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=7142219120415320467' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/7142219120415320467'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/7142219120415320467'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/02/journal-dadrien-deume-ces-derniers.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-3082670045521077989</id><published>2008-02-06T13:30:00.001+01:00</published><updated>2008-02-06T13:30:12.157+01:00</updated><title type='text'>La croisière de l'ANUS-SEC va bien s'amuser...</title><content type='html'>&lt;div style="float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;"&gt; &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2245708063/" title="photo sharing"&gt;&lt;img src="http://farm3.static.flickr.com/2409/2245708063_c105f4cf9d_m.jpg" alt="" style="border: solid 2px #000000;" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style="font-size: 0.9em; margin-top: 0px;"&gt;  &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2245708063/"&gt;La croisière de l'ANUS-SEC va bien s'amuser...&lt;/a&gt;  &lt;br /&gt;  Originally uploaded by &lt;a href="http://www.flickr.com/people/18983511@N00/"&gt;fantomas.vengeurmasque&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br clear="all" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-3082670045521077989?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/3082670045521077989/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=3082670045521077989' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/3082670045521077989'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/3082670045521077989'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/02/la-croisire-de-l-va-bien-s.html' title='La croisière de l&amp;#39;ANUS-SEC va bien s&amp;#39;amuser...'/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://farm3.static.flickr.com/2409/2245708063_c105f4cf9d_t.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-4983610072239931749</id><published>2008-02-06T13:11:00.000+01:00</published><updated>2008-02-06T13:19:24.111+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>JOURNAL D'ADRIEN DEUME&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;   Mon épouse, qui m’affirmait chaque soir depuis le Nouvel An de sinistre mémoire souffrir de migraine, avait dû me transmettre son mal. A moins que ce ne fût là une réaction de colère de mon cerveau à la purge que Rita Kertani lui avait infligé la veille… En tout cas, une sourde douleur me vrillait les tempes et ne me permettait pas de méditer sur la citation culturelle du jour du « 20 minutes ». &lt;em&gt;« La gravité est le bouclier des sots »&lt;/em&gt; disait Montesquieu. Je sentais confusément que cela aurait été digne de réflexion dans le contexte actuel, mais je préférais passer ces quelques minutes à récupérer avant la réunion de préparation de la prochaine Assemblée Générale à laquelle j’étais convié en tant que dernier membre coopté.&lt;br /&gt;   Je réajustais mon nœud de cravate avant de faire mon entrée dans le bureau de Mme Gatay. Il ne s’agissait pas de déparer aux côtés des principaux responsables de la Division. Mme Gatay arborait comme à son habitude un somptueux sari vermeil, pendant que Kondratiev avait l’élégance du dandy qu’il était resté. Je connaissais de vue la plupart des autres participants à la réunion mais certains d’entre eux semblaient tout ignorer de moi puisqu’on me demanda gentiment si j’étais l’officier de sécurité qui allait protéger nos chefs pendant toute la durée de l’Assemblée Générale. Mme Gatay ne me laissa pas le temps de dissiper le malentendu, d’un geste auguste elle venait de nous inviter à nous asseoir. Ces réunions se déroulaient telles qu’elles apparaissaient de prime abord : une audience princière où les courtisans les plus proches écoutaient patiemment Mme Gatay exposer ses certitudes. Il s’agissait alors de hocher la tête de la façon la plus convaincante possible tout en respectant le tempo de l’intervention de notre Directrice. Rien n’aurait été plus dommageable qu’un acquiescement à contre-temps… Mais avant de commencer sa discussion au coin du feu, Mme Gatay se pencha vers Carotas Agouglu, son &lt;em&gt;« conseiller spécial pour projets spéciaux »&lt;/em&gt; dont nous ignorions ce qu’il avait de si « spécial », afin que ce dernier lui passe son sac. Agouglu était le prototype du fonctionnaire qui dans une administration efficiente aurait fait un directeur de cabinet tout à fait convenable. Mais dans le régime semi-monarchique qui était celui de ma Division, il était au mieux un efficace porte-plume, au pire un porte-serviette et homme à tout faire. Certes, cette obséquieuse obéissance lui avait permis de monter en grade, dans le sillage de Mme Gatay. Mais étant l’unique représentant de son pays - les îles Samoas - au sein du système onusien, il aurait pu probablement aspirer aux premiers rôles dans une organisation comme les Nations Unies qui chérissaient autant la diversité culturelle.&lt;br /&gt;   Je mis à profit le temps que Mme Gatay se repoudre le nez pour détailler la composition de notre &lt;em&gt;task force&lt;/em&gt;. On y trouvait là, outre Agouglu, Saké Kawahuri qui parcourait subrepticement le guide des crus bourguignons qu’il venait de recevoir en tant que membre de la Confrérie des chevaliers du Tastevin. Il y avait aussi Rita Kertani flanquée de son fidèle valet Taguri Imo, Leff Blomqvist, boudeur comme à son habitude, et un Kondratiev qui lorgnait du coin de l’œil l’accorte secrétaire de Mme Gatay. Je portais mon attention sur les deux autres D1 que je ne connaissais que de vue : Edson Asunción, qui représentait les intérêts de sa Branche de &lt;em&gt;« Environmental Solidarity »,&lt;/em&gt; et René Brunswick, un Luxembourgeois polyglotte, bonhomme et retraité dès la fin de l’Assemblée Générale qui avait amené avec lui Mohammed Mekloufi, son probable successeur aux dents longues. Un dernier fonctionnaire complétait la pittoresque équipe, le jeune P2 italien Gianfranco Ephemerio, à qui l’on promettait un brillant avenir dans notre institution s’il arrivait à policer son caractère abrupt de montagnard. Notre assemblée était au complet, Mme Gatay était repoudrée, la réunion pouvait commencer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   L'ordre du jour comportait une longue litanie de problèmes en tout genre à régler, des problèmes qui pour beaucoup de mes collègues semblaient incongrus mais qui étaient assez courants dans un contexte de PMA africain comme nous l'expliqua Mohammed Mekloufi, avec la petite pointe de condescendance des nord-africains à l'égard de l'Afrique sub-saharienne. L'un des problèmes les plus insolubles concernait les capacités d'hébergement de la capitale guinéenne. Conakry n'était pas une destination touristique et le nombre de visiteurs amenés par l'Assemblée Générale de l'ANUS-SEC dépassait de beaucoup les capacités hôtelières de la ville. Cette question peuplait les nuits blanches des membres du cabinet de Rodrigo Rojas. Toutes les solutions avaient été envisagées les unes après les autres. Celle qui avait été retenue avait le mérite de l'originalité: des paquebots de croisière seraient stationnés dans le golfe de Guinée le temps de la Conférence et les délégués dormiraient au large. Par ailleurs, une grande campagne avait été lancée par les autorités guinéennes auprès des habitants de Conakry pour accueillir "chez l'habitant" les participants qui n'auraient pu trouver de place ni dans les hôtels, ni sur les bateaux. Une "mission d'inspection des habitations" avait été montée. Elle était revenue à Genève avec plus de questions que de réponses. Le délégué du sultanat d'Oman accepterait-il de dormir sur une natte dans une pièce privée d'air conditionné, et d'être réveillé au petit jour par le chant du coq? Cela semblait bien improbable. Un fonctionnaire avait vaguement suggéré de réserver cet hébergement aux "délégués de la même zone géographique que la Guinée" mais cette proposition avait été considérée comme discriminatoire et déplacée. On s'en tenait donc pour l'essentiel à l'option bateau de croisière. Mais le temps pressait. Le programme des paquebots à destination des Caraïbes étaient déjà bouclés pour la plupart. Rodrigo Rojas avait donc fait intervenir le Secrétaire Général des Nations Unies lui-même ainsi que ses propres connaissances dans le monde des armateurs pour faire jouer une sorte de droit de préemption. L'ANUS-SEC s'engageait auprès des touristes lésés à organiser en contrepartie une croisière sur le Léman doublée d'une visite guidée des Nations Unies… Un fonctionnaire désinvolte ou facétieux avait même proposé que l'ANUS-SEC rachète l'ancien &lt;em&gt;"Normandie"&lt;/em&gt; et couvre les coûts par la revente d'espaces publicitaires sur la coque du bateau, mais l'option n'avait étonnamment pas été retenue …&lt;br /&gt;   Une fois ces questions d'hébergement débattues au sein de notre &lt;em&gt;task force&lt;/em&gt;, sans que bien entendu aucune décision ne soit prise, Agouglu évoqua une autre question délicate. La presse africaine, et notamment guinéenne, bruissait de rumeurs sur les problèmes d'alcoolisme du Premier Ministre qui était l'interlocuteur de l'ANUS-SEC pour l'organisation de la Conférence. Il avait été aperçu sortant d'une réunion des Alcooliques Anonymes et l'on évoquait à mots couverts son séjour récent dans une clinique spécialisée de la région lémanique. Agouglu était en train de spéculer diplomatiquement sur les conséquences pratiques de cette affaire sur le timing des préparatifs de la Conférence, quand il fut interrompu par Mme Gatay qui lança d'un ton définitif: &lt;em&gt;"Mais à quoi vous attendiez-vous, le Premier Ministre guinéen vient de la classe ouvrière!"&lt;/em&gt; Un silence gêné s'ensuivit. Mme Gatay ne semblait pour sa part pas le moins du monde regretter son propos. Ses convictions de grande bourgeoise, persuadée d'appartenir à l'élite de la société, étaient encore renforcées par son appartenance à la caste des brahmanes. Le doute ne s'était jamais immiscé dans la cuirasse de ses certitudes et elle ne voyait même pas l'utilité de dissimuler ou d'atténuer ses jugements à l'emporte-pièce. Sa dernière remarque ne faisait que refléter fidèlement sa vision du monde extrêmement simpliste. Brunswick eut le bon goût de rebondir par une pirouette sur le fait que le Premier Ministre guinéen avait choisi le réconfort avant l'effort, mais l'ambiance était plombée. Je voyais mon collègue Ephemerio bouillonner. J'en déduisais que cette remarque avait touché une corde sensible chez Gianfranco, issu d'un milieu modeste et qui s'était "fait tout seul", mais qui avait toujours conservé le complexe de l'homme "mal né" ne se sentant pas à sa place dans le contexte éminemment diplomatique de l'ANUS-SEC.&lt;br /&gt;   Une fois achevé ce tour d'horizon superficiel des principales questions en suspens, notre réunion fut ajournée car Mme Gatay devait déjeuner avec l'Ambassadeur de Malaisie, un acteur à choyer car la Division comptait vivement sur son soutien lors de l'Assemblée Générale au cours de laquelle notre programme de travail pour les 4 années à venir serait débattu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Je retournais à mon bureau. Il me fallait maintenant réfléchir à mon activité de &lt;em&gt;gender focal point&lt;/em&gt;. Je prenais très au sérieux cette nouvelle responsabilité. Outre qu'elle pouvait me permettre d'attirer un regard bienveillant de la part de mes collègues féminines, cette charge apportait également beaucoup de visibilité en interne car elle surfait sur des thématiques mises en avant par les Nations Unies. Une intense réflexion suivie d'une discussion avec Grettel m'amena à la conclusion que les incompréhensions entre hommes et femmes, et les relations de travail conflictuelles qui pouvaient en découler, résultaient avant tout d'une méconnaissance réciproque. Il était vital de mieux faire connaître la mentalité féminine aux fonctionnaires masculins dont beaucoup vivaient encore sur les préjugés immémoriaux à l'égard des femmes. Avec jubilation maintenant que j'avais trouvé une ligne directrice, je jetais sur le papier les tâches à accomplir. Avant toute autre chose, il me fallait demander à Mme Gatay une ligne budgétaire qui me permettrait de faire venir l'auteur de l'ouvrage &lt;em&gt;"Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus",&lt;/em&gt; et organiser autour de sa venue une conférence sur &lt;em&gt;"La psychologie féminine"&lt;/em&gt; sous-titrée par exemple: &lt;em&gt;"Souvent femme varie…Un avantage ou un inconvénient dans le monde du travail?"&lt;/em&gt;  J'étais très fier de cette première ébauche de programme et me frottais les mains de contentement car j'allais apporter une contribution réelle à la pacification des relations hommes/femmes au sein de mon agence. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;   Penché en arrière dans mon nouveau fauteuil à 5 roues, je rêvais déjà aux félicitations de ma hiérarchie et aux sourires attendris de mes collègues femmes. Il me fallait également penser à inviter Mlle Marion, car j'attendais avec impatience de revoir ses beaux yeux depuis mon retour de Syldavie…&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-4983610072239931749?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/4983610072239931749/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=4983610072239931749' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/4983610072239931749'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/4983610072239931749'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/02/journal-dadrien-deume-mon-pouse-qui.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-7575985836275634922</id><published>2008-02-01T12:34:00.001+01:00</published><updated>2008-02-01T12:34:13.690+01:00</updated><title type='text'>diplomates attentifs au discours de Rita Kertani</title><content type='html'>&lt;div style="float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;"&gt; &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2233916603/" title="photo sharing"&gt;&lt;img src="http://farm3.static.flickr.com/2391/2233916603_d243ba8dba_m.jpg" alt="" style="border: solid 2px #000000;" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style="font-size: 0.9em; margin-top: 0px;"&gt;  &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2233916603/"&gt;diplomates attentifs au discours de Rita Kertani&lt;/a&gt;  &lt;br /&gt;  Originally uploaded by &lt;a href="http://www.flickr.com/people/18983511@N00/"&gt;fantomas.vengeurmasque&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br clear="all" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-7575985836275634922?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/7575985836275634922/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=7575985836275634922' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/7575985836275634922'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/7575985836275634922'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/02/diplomates-attentifs-au-discours-de.html' title='diplomates attentifs au discours de Rita Kertani'/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://farm3.static.flickr.com/2391/2233916603_d243ba8dba_t.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-9010912422160317125</id><published>2008-02-01T11:30:00.000+01:00</published><updated>2008-02-06T17:52:41.457+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;JOURNAL D'ADRIEN DEUME&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;   En arrivant à mon bureau ce matin, j'avais un message de Grettel. Cette dernière se plaignait amèrement d'avoir été négligée ces derniers temps et m'appâtait en me promettant des informations croustillantes si je l'invitais pour un café… Grettel avait un talent inné pour humer les histoires croustillantes, et elle avait le réseau qu'il fallait pour nourrir d'informations vérifiées son intuition. Sa position centrale d'assistante administrative du Secrétaire Général en faisant la duchesse des services généraux de l'ANUS-SEC et lui permettait de traiter d'égal à égal avec les assistantes administratives des autres Directeurs et Secrétaires Généraux des Nations Unies. Elle avait donc, à son niveau, une vision transversale qui en faisait une experte des arcanes du système.&lt;br /&gt;Tout en remontant le couloir de verre menant au café des délégués, je me régalais d'avance des petites histoires marquées du sceau du secret qu'elle allait me confier. Pour elle, une histoire confidentielle était quelque chose que l'on ne pouvait raconter qu'à une personne à la fois en faisant promettre à cette personne de ne pas la répéter. Grettel m'attendait déjà, confortablement installée dans les fauteuils en cuir, un large sourire lui illuminait le visage. Pendant les longues années de sa carrière aux Nations Unies, elle avait souffert de la frontière étanche qui séparait le personnel "professionnel" des services généraux auxquels elle appartenait. Cette blessure intime avait nourri sa motivation pour arriver au sommet de sa catégorie. Par ailleurs, dédaignée des hommes pendant longtemps, elle voyait avec plaisir notre amitié se développer et elle se délectait de pouvoir faire d'un homme raisonnablement jeune et encore relativement séduisant son confident.&lt;br /&gt;Sans plus attendre mais tout en jetant un regard bref à sa gauche et à sa droite, elle entama sur un ton de conspiratrice le récit des difficultés que vivait en ce moment le Secrétaire Général Rojas. Apparemment, l'organisation de notre Assemblée Générale, qui avait lieu une fois tous les quatre ans dans un pays en développement, tenait cette fois de la mission impossible. Puisque notre activité était principalement dirigée vers le continent africain, nos dirigeants avaient estimé qu'il serait de bon ton de tenir notre AG dans un des Pays les Moins Avancés de ce continent. La Guinée Conakry avait présenté sa candidature au nom du Groupe Africain et avait raflé la mise. Tout au long de l'année précédente, des missions de repérage avaient été menées pour évaluer la capacité du pays à faire face aux besoins d'une telle Conférence internationale. Les membres de ces missions en étaient revenus effarés. Mais quelle mouche avait donc piqué nos décideurs pour qu’ils choisissent la Guinée Conakry comme organisatrice de cet évènement regroupant 5000 participants! Le geste politique et symbolique était évidemment fort et bienvenu mais les responsables des questions logistiques s'arrachaient déjà les cheveux par touffes entières… Le SG tenait réunion de crise sur réunion de crise et il avait été récemment décidé de renforcer l'équipe d'organisation de l'Assemblée Générale. Grettel avait tout de suite pensé à moi. C'est avec passion, mais toujours en chuchotant, qu'elle m'expliqua le profit que je pouvais tirer d'une présence dans cet aréopage. Il me fallait sans tarder poser ma candidature! Elle n'avait pas à faire beaucoup d'efforts pour me convaincre, j'avais moi-même tout de suite perçu l'intérêt qu'il y avait à fréquenter régulièrement les têtes pensantes de l'organisation et à pouvoir faire montre de mes capacités.&lt;br /&gt;Quittant brusquement Grettel avec deux grosses bises sur les joues qui la firent rosir, je traversais en trombe la salle des pas perdus où un groupe de touristes allemands admirait les fresques au style éminemment mussolinien, puis remontais quatre à quatre les escaliers menant à mon bureau. Installé devant mon ordinateur, je reprenais mon souffle tout en réfléchissant à la façon dont j'allais rédiger mon e-mail adressé à Rodrigo Rojas. Dans un style plein de passion, j'assurais notre Secrétaire Général de mon plus profond dévouement et de l'envie qui m'animait de mettre au service des nobles idéaux de l'organisation mon énergie et mes capacités intellectuelles. Lui signalant que j'avais passé une semaine de vacances en Guinée il y a quelques années de cela, je concluais que je pouvais sans doute apporter à ma hiérarchie une connaissance du pays qui ne serait pas négligeable. Je terminais en lui présentant officiellement ma candidature pour rejoindre l'équipe d'organisation de la XIIe Assemblée Générale de l'ANUS-SEC. Après avoir mis en copie tous les directeurs de la maison, j'envoyais mon message, assez satisfait de la tournure des évènements.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N'ayant sur mon bureau aucun autre dossier présentant un caractère d'urgence, je décidais de descendre au 1er étage du Palais où se tenait l'évaluation de la coopération technique de notre Agence. Tous les directeurs se trouvaient dans la salle. La réunion surpassait évidemment toutes les autres priorités puisque s'y trouvaient tous les délégués détenant les cordons de la bourse et finançant les projets de notre organisation.&lt;br /&gt;La Division for Systemic Analysis of International Solidarity était sur le grill lorsque je fis mon entrée dans la salle. Mme Gatay était à la tribune, écoutant les sourcils froncés l'intervention du délégué de l'Inde tout en furetant dans ses papiers. Cette scène n'aurait rien eu d'étonnant si le Représentant Permanent de l'Inde n'était doté que de cet unique statut. Mais il se trouvait que lorsqu'il s'adressait à Mme Gatay, il parlait également à son épouse. Or, en ce moment précis, Mr Gatay développait une virulente attaque à l'égard de l'ANUS-SEC qui "négligeait les pays qui lui étaient les plus proches et ne remplissait donc pas son devoir le plus élémentaire". Dans le public, beaucoup avaient peine à dissimuler leur hilarité en écoutant cette diatribe car on pouvait tout aussi bien y voir un reproche personnel à peine voilé. Mme Gatay, pour sa part, avait appris à rester imperturbable, qu'elle soit destinataire des reproches de son mari ou de ceux de son Excellence le Représentant Permanent de l'Inde… Elle attendit donc patiemment la fin de l'orage puis répliqua d'un ton sec que "certains pays gagneraient à faire preuve de patience et de compréhension, qu'il y avait en effet un certain nombre de pays qui requéraient l'assistance de l'organisation et que cette dernière devait donc distribuer équitablement son attention". Des rires étranglés agitèrent les délégués du Pakistan et du Sri Lanka qui ne perdaient pas une occasion de se moquer de leur collègue indien…&lt;br /&gt;Pendant ces échanges à fleuret moucheté, j'observais Rita Kertani en pleine danse de séduction. Telle une autruche se dandinant en balançant les ailes, ma chef minaudait auprès des délégués des pays donateurs. Si ses battements de sourcils pouvaient éventuellement troubler l'austère Ambassadeur de Norvège, ils n'avaient aucun effet sur la Représentante Permanente du Royaume Uni. Celle-ci se leva pour aller aux toilettes mais, contre toute attente, Kertani ne lâcha pas l'affaire, bien décidée à lui extorquer une promesse de financement d'un projet pluriannuel sur "les solidarités inter-générationnelles comme moteur du développement". La déléguée britannique pensa lui échapper en entrant dans les toilettes mais Rita Kertani se posta derrière la porte et continua à lui vanter les activités récemment menées à bien par sa Branche. Traquée, et désireuse de mener à bien et dans les meilleurs délais la tâche qui l’avait amenée en ces lieux, la Représentante Permanente confirma son soutien au renouvellement de la contribution de DFID. Satisfaite, Kertani repartit alors vers la salle de réunion…&lt;br /&gt;Pendant ce temps, Mme Gatay avait repris, du haut de son podium, son ton professoral pour asséner ses vérités à l'auditoire. L'ANUS-SEC accomplissait une œuvre immense dont les pays bénéficiaires n'avaient qu'à se féliciter. Nous croulions sous les demandes d'assistance et seules des contraintes humaines et matérielles nous empêchaient à l'heure actuelle d'en faire davantage. Pendant qu'elle parlait, je chantonnais pour moi-même "tout va très bien madame la marquise". Je n'étais d'ailleurs pas le seul qui semblait peu convaincu par l'argumentaire. Le délégué allemand était plongé dans une conversation téléphonique animée. Mme Gatay, qui lui avait déjà lancé des regards courroucés, décida soudainement de s'interrompre pour signifier son mécontentement. La scène était surréaliste, le délégué allemand mit une bonne minute à se rendre compte que, dans un silence de cathédrale, on n'entendait que lui et que la salle entière attendait patiemment la fin de la discussion téléphonique pour que Mme Gatay reprenne le fil de son discours…&lt;br /&gt;Une fois ce dernier conclu, Mme Gatay laissa la place à Rita Kertani qui devait intervenir sur les réussites concrètes de nos projets d'assistance technique. Je savais que cette intervention allait faire date car Taguri Imo m'avait avoué avoir travaillé jour et nuit 7 jours consécutifs pour boucler la présentation power point de notre chef qui comportait le nombre invraisemblable de 86 slides. Avec Léon Andrianampoinimerina nous nous étions lancés dans un calcul savant: à raison d'une minute environ par slide, ce qui représentait déjà un débit de mitraillette au vu des tartines que Rita Kertani imposait à chaque page, nous allions avoir droit à un long laïus d'une heure et demi minimum. Avec amusement, je confiais à Léon que le délégué cubain ne risquait pas d'être dépaysé et que cela lui rappellerait les discours de son chef suprême. Sur le podium, Rita Kertani prit une longue inspiration et entama sa présentation…&lt;br /&gt;Etouffe-chrétien est un terme bien faible pour qualifier l'exposé auquel nous eûmes droit. Mme Gatay, avait sagement pris ses cliques et ses claques dès le début de l'intervention mais les délégués ne pouvaient se le permettre. Beaucoup avaient pourtant le cuir tanné par des années de pratique des réunions intergouvernementales. Ils savaient supporter stoïquement d'interminables tunnels discursifs et des flots de poncifs emballés dans un langage volontariste. Ils avaient appris à somnoler les yeux ouverts et un écouteur à l'oreille, ils savaient que ces réunions étaient l'occasion de mettre à jour son courrier, de lire en douce la presse (encore fallait-il que les pages ne soient pas trop compliquées à déplier) ou de peaufiner leurs Mémoires. L'arrivée de l'internet haut débit wifi dans les salles de réunion avait également été une bénédiction pour ceux que leur Mission Permanente dotait d'un ordinateur portable de travail. La lecture de la presse en avait été grandement facilitée et les sites de rencontre en ligne genevois avaient connu un essor inattendu. Cependant, le discours de Rita Kertani ce jour là représentait la limite extrême de ce qu'un délégué pouvait supporter. L'un d'entre eux me confia en paraphrasant Henri Guillaumet: "ce que j'ai fait aujourd'hui, je vous le jure, jamais aucune bête ne l'aurait fait"… Plus ou moins au niveau du slide numéro 57, on entendit un grand bruit: le délégué des Philippines venait de s'effondrer de sa chaise, vaincu par le sommeil. Relevé par son voisin des îles Fidji, le délégué se confondit en excuses. Tout le monde espérait une blessure quelconque qui aurait légitimé une interruption de séance, mais le représentant philippin en avait vu d'autres.&lt;br /&gt;Dès le terme de la présentation, la machine à café fut prise d'assaut. Les délégués échangeaient leur soulagement d'avoir surmonté l'épreuve, mais les rangs clairsemés à la reprise des débats démontraient qu'une fois de plus, Rita Kertani avait gagné par KO…&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-9010912422160317125?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/9010912422160317125/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=9010912422160317125' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/9010912422160317125'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/9010912422160317125'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/02/journal-de-bord-dadrien-deume-en.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-2951471528412749284</id><published>2008-01-23T23:18:00.001+01:00</published><updated>2008-01-23T23:18:51.727+01:00</updated><title type='text'>de quoi motiver Deume dans l'apprentissage du russe...</title><content type='html'>&lt;div style="float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;"&gt; &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2214642397/" title="photo sharing"&gt;&lt;img src="http://farm3.static.flickr.com/2098/2214642397_43db17e231_m.jpg" alt="" style="border: solid 2px #000000;" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style="font-size: 0.9em; margin-top: 0px;"&gt;  &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2214642397/"&gt;de quoi motiver Deume dans l'apprentissage du russe...&lt;/a&gt;  &lt;br /&gt;  Originally uploaded by &lt;a href="http://www.flickr.com/people/18983511@N00/"&gt;fantomas.vengeurmasque&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br clear="all" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-2951471528412749284?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/2951471528412749284/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=2951471528412749284' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/2951471528412749284'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/2951471528412749284'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/01/de-quoi-motiver-deume-dans-l-du-russe.html' title='de quoi motiver Deume dans l&amp;#39;apprentissage du russe...'/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://farm3.static.flickr.com/2098/2214642397_43db17e231_t.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-8060050951543725937</id><published>2008-01-23T23:09:00.000+01:00</published><updated>2008-02-06T17:53:04.724+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>JOURNAL  D'ADRIEN DEUME&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;C’est avec avidité que je m’étais jeté ce matin sur l’exemplaire du &lt;em&gt;20 minutes&lt;/em&gt; afin de découvrir la citation culturelle du jour. Je prenais goût à ces phrases parfois pompeuses, mais qui gardaient une pertinence qui ne cessait de me surprendre.&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Levez-vous vite, orages désirés !&lt;/em&gt; » Chateaubriand me laissa pantois et rêveur alors que le bus 11 était pris dans le trafic de la Servette… Oui ! Moi aussi je réclamais des orages! J’attendais fébrilement que l’ANUS-SEC sorte de sa routine émolliente, qu’une crise majeure agite l’organisation. Qu’une nouvelle Syldavie Orientale fasse l’actualité. Et alors, je pourrais enfin faire mes preuves, démontrer ma ténacité et mon calme dans la tempête. Dans les moments de tension, je serai le chêne que l'on ne peut abattre. C’est le menton volontaire, les cheveux au vent et la pluie me cinglant le visage que je pénétrais en courant par le portail de la place des Nations…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maintenant que j’avais obtenu l’accord de Rita Kertani sur mes nouvelles responsabilités, il ne me restait qu’à faire avaliser par Mme Gatay ma candidature au poste de &lt;em&gt;gender focal point&lt;/em&gt;. Heureusement pour moi, cette responsabilité ne déchaînait pas les foules. Les hommes craignaient probablement de se retrouver embringués dans des soirées tupperware pendant que les femmes redoutaient plus que tout d’être cataloguées et cantonnées à des activités vues comme « exclusivement féminines ». Il faut dire que promouvoir le rôle et la place des femmes dans notre domaine de compétence n’était pas chose aisée. Mon prédécesseur avait bien tenté de susciter l’intérêt des masses populaires au moyen d'une publication sur «&lt;em&gt; la place des femmes dans la transmission inter-générationnelle &lt;/em&gt;». Malheureusement, tout le monde avait cru que cet ouvrage recensait les recettes de cuisine transmises de mères en filles. Mon prédécesseur ne s’en était pas relevé… J’allais donc récupérer une fonction laissée à l’abandon et ce n’était pas pour me déplaire car il y avait tout à faire. Mais avant toute chose, il me fallait rencontrer Mme Gatay.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je poussais la porte de son bureau tout doucement. Elle ne semblait en effet pas être seule. Mais j'étais étonné par l’intonation et le rythme des bruits de voix qui me parvenaient. Une récitation laconique par la voix haut perchée de ma directrice était interrompue de temps à autre par une voix de basse. C’est avec stupeur que je reconnus les sonorités de la langue russe. Ma chef de Division récitait studieusement son alphabet cyrillique ! Poussant un peu plus la porte, je tombais sur une scène qui me laissa interdit. Mme Gatay, yeux fermés et front plissé, scandait avec le doigt tout en ânonnant avec application. Pendant ce temps, Igor Kondratiev surveillait attentivement la diction et calligraphiait les lettres dans un grand cahier d’écolier.&lt;br /&gt;Au son de mon raclement de gorge, la mélopée s’arrêta net. Mme Gatay semblait surprise mais Kondratiev paraissait lui extrêmement contrarié. Je fus interrogé à brûle-pourpoint : avais-je une quelconque connaissance du russe ? Mon signe de tête négatif me valut un regard noir de Kondratiev. Mais Mme Gatay ne se laissait pas facilement démonter et m’annonça qu’ayant également commencé les cours de français offerts par l’ONU, elle avait aussi besoin d’un répétiteur qui puisse l’aider à faire ses devoirs dans cette langue. Je comprenais mieux désormais pourquoi Kondratiev se rendait régulièrement dans le bureau de notre Directrice et restait évasif lorsqu’on lui demandait ce que Mme Gatay lui voulait. Evidemment, il n’y avait pas vraiment de quoi se glorifier de servir de répétiteur de russe lorsque l’on avait durement trimé pendant 25 ans dans l’Organisation pour atteindre le grade P5, premier étage du nirvana onusien, celui qui donnait droit au statut diplomatique et ouvrait les portes des boutiques hors-taxe… Je m’interrogeais encore perplexe sur les raisons qui poussaient notre directrice indienne à commencer le russe quand elle répondit d’elle-même à mon interrogation. Elle avait noté que les directeurs successifs de l’antenne genevoise des Nations Unies étaient pour la plupart russes ou originaires des anciennes républiques d’Union Soviétique, or elle aspirait elle-même à ces hautes fonctions. Astucieusement, elle avait donc décidé de poser un problème inédit à l’Organisation : pouvait-on refuser pour ce poste quelqu’un qui, certes n’avait pas une goutte de sang russe, mais maîtrisait parfaitement les pièges et subtilités de la langue de Tolstoï, et qui de plus était originaire du Kerala, dernier état communiste de l’Inde ? En attendant de pouvoir plonger l’ONU dans ce dilemme, elle révisait consciencieusement ses leçons sous l’œil vigilant d’Igor Kondratiev.&lt;br /&gt;Ce dernier prit prestement le manuel « &lt;em&gt;Apprendre le russe sans peine&lt;/em&gt; » qu’il avait acheté spécialement pour Mme Gatay, et sortit en me signalant d’un ton sec qu’il m’attendait dans son bureau dès la fin de mon entretien avec notre Directrice. Celle-ci donna son accord avec soulagement lorsque je lui exposais ma volonté de reprendre la fonction de &lt;em&gt;gender focal point&lt;/em&gt; pour laquelle j’avais de grandes ambitions. Elle-même peu intéressée par la question voire méfiante, comme la plupart de ces femmes qui s’étaient construit leurs carrières à grands coups de hache, elle savait néanmoins que c’était un sujet porteur et qu’on pourrait lui reprocher en haut lieu de ne pas y accorder une attention suffisante. Elle me promit donc de me faciliter la tâche chaque fois que son aide serait requise. Je quittais satisfait son bureau, mon nouveau statut commençait à prendre tournure. C’est encore un sourire aux lèvres que j’entrais chez Igor Kondratiev. Il n’y avait pourtant pas de quoi rire. Mon chef de section m’attendait le regard sévère, les lèvres plissées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’attaque fut franche. Depuis mon arrivée, j’avais, selon lui, fait preuve d’un esprit d’initiative certes louable sur le principe, mais qui avait à ses yeux très nettement tendance à me détourner de mes tâches essentielles, ce qui ne saurait rester sans conséquence au moment de mon évaluation dont il avait la charge… Néanmoins, il saurait se montrer indulgent et compréhensif si je retrouvais mes qualités de fonctionnaire discret et travailleur qu’il avait appréciées. L’allusion ne pouvait être plus claire… Il s’agissait pour moi de ne pas ébruiter la scène à laquelle j’avais assisté sinon il m’en cuirait. Je le rassurais à grand renfort de serments sur mon dévouement et mon désintérêt profond pour tout ce qui ne concernait pas directement le contenu de notre travail. J’en profitais pour lui exposer mes souhaits en matière de diversification de mes tâches, et lui lançais négligemment que j’avais déjà obtenu à cet effet le plein soutien de Rita Kertani…&lt;br /&gt;Je savais détenir là l’argument massue. Kondratiev avait d’incontestables qualités humaines et professionnelles. La porte de son bureau était constamment ouverte aux questions, échanges de vue et récriminations. Il avait une écoute et une disponibilité rare pour un fonctionnaire de son niveau. Il avait par ailleurs de réelles compétences professionnelles qui se nourrissaient d’une curiosité restée en éveil et d’un intérêt pour les affaires du monde. Enfin, sa vaste culture en faisait un interlocuteur toujours intéressant, surtout lorsque l'on se passionnait pour la poésie turkmène. Malheureusement, le tableau avait également ses lueurs plus obscures. La personnalité de Kondratiev tenait plus du roseau que du chêne ; à l’image de Jules Renard on aurait pu l’entendre avouer : « c’est une question de propreté, il faut changer d’avis comme de chemise ». Par ailleurs, Kondratiev s’accommodait mal des rapports de force et des situations conflictuelles. Réputé pour sa propension à ne jamais élever la voix et à toujours ménager la chèvre, le chou, le propriétaire de la chèvre et le producteur de choux, il avait une pente naturelle qui l'entraînait vers la soumission aux puissants. "A force de courbettes, il risque la hernie discale" répétait régulièrement Léon Andrianampoinimerina lorsque le comportement de notre chef de section l'exaspérait. Attentif aux autres sur une mer d'huile, il était le premier à se réfugier dans la soute lorsque les orages se levaient…&lt;br /&gt;Je savais donc qu'en mentionnant le nom de Kertani, je désarmais d'avance toute objection de Kondratiev. J'étais d'ailleurs toujours éberlué de l'ascendant psychique que Kertani avait sur lui. Entrés la même année dans le système, leurs relations avaient fluctué au gré de l'évolution de leurs carrières respectives. Ayant le cuir plus dur, Kertani avait tracé un sillon plus profond que Kondratiev et avait fréquenté de beaucoup plus près les grosses huiles du système. Sa carrière s'en était ressentie et elle était devenue le supérieur hiérarchique de mon chef turkmène. Insensiblement, elle avait transformé son statut de bras droit en celui de bouc émissaire voire de souffre-douleur. Elle ressentait à chaque fois un plaisir non dissimulé à voir Kondratiev se liquéfier littéralement devant elle lorsqu'elle le morigénait.&lt;br /&gt;Comme je m'y attendais, il bredouilla que si j'avais obtenu l'accord de notre chef de branche, tout était donc pour le mieux dans le meilleur des mondes, et il me congédia sans autre forme de procès. Alors que je me levais, il prit l’anthologie de la poésie qui traînait sur son bureau et, trouvant son bonheur, se mit à déclamer face à la mer d’huile du lac Léman : « &lt;em&gt;l’homme est un apprenti, la douleur est son maître. Et nul ne se connaît tant qu’il n’a pas souffert&lt;/em&gt; »…&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-8060050951543725937?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/8060050951543725937/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=8060050951543725937' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/8060050951543725937'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/8060050951543725937'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/01/journal-de-bord-dadrien-deume-cest-avec.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-7564036161536090867</id><published>2008-01-16T23:26:00.001+01:00</published><updated>2008-01-16T23:26:34.241+01:00</updated><title type='text'>Adrien le poète méditant devant le Mont Blanc des japonais</title><content type='html'>&lt;div style="float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;"&gt; &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2198504780/" title="photo sharing"&gt;&lt;img src="http://farm3.static.flickr.com/2060/2198504780_8bc21fd1ea_m.jpg" alt="" style="border: solid 2px #000000;" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style="font-size: 0.9em; margin-top: 0px;"&gt;  &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2198504780/"&gt;Adrien le poète méditant devant le Mont Blanc des japonais&lt;/a&gt;  &lt;br /&gt;  Originally uploaded by &lt;a href="http://www.flickr.com/people/18983511@N00/"&gt;fantomas.vengeurmasque&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br clear="all" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-7564036161536090867?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/7564036161536090867/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=7564036161536090867' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/7564036161536090867'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/7564036161536090867'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/01/adrien-le-pote-mditant-devant-le-mont.html' title='Adrien le poète méditant devant le Mont Blanc des japonais'/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://farm3.static.flickr.com/2060/2198504780_8bc21fd1ea_t.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-4794895765944661478</id><published>2008-01-16T22:53:00.000+01:00</published><updated>2008-02-06T17:53:26.943+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;JOURNAL D'ADRIEN DEUME&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;« La fleur de son amour périt ;&lt;br /&gt;Toujours intact aux yeux du monde,&lt;br /&gt;Il sent croître et pleurer tout bas&lt;br /&gt;Sa blessure fine et profonde ;&lt;br /&gt;Il est brisé, n’y touchez pas. »&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Je murmurais les yeux fermés ces vers de Sully Prudhomme que je venais de lire dans les pages « Culture » du journal &lt;em&gt;« 20 minutes ».&lt;/em&gt; Ces lignes étaient tellement adaptées à ma situation… Je me sentais vide et tellement meurtri depuis cette vision de mon épouse dans les bras d’un Maltais. Elle qui était la pureté faite femme, le soleil de mon existence. Elle qui m’avait juré fidélité jusqu’à la tombe…&lt;br /&gt;Je replongeais dans de noires pensées tout en tendant d’un geste mécanique mon badge sous le nez du garde posté au portail d’entrée du Palais. Puis je m’engageais au milieu de l’allée des drapeaux pour me remonter le moral. Avec les oriflammes claquant au vent tout autour de moi, j’avais la sensation d’être un de ces hommes qui ont le destin du monde entre leurs mains. Mais aujourd’hui, quelque chose clochait définitivement. Même cette pensée de maître du monde ne me réconfortait pas. Arrivé devant la SAFI, la boutique hors taxe du Palais devant laquelle les fonctionnaires battent le pavé en attendant l’heure d’ouverture, je fus pris d’un accès de colère : Non !! Il était hors de question de me laisser faire ! Ma femme avait voulu me signifier que je l’avais négligée ces derniers temps, accordant beaucoup de temps à ma carrière bourgeonnante, mais j’allais la reconquérir ! Une belle Rolex hors taxe de la SAFI remettrait certainement les pendules à l’heure… Puis avec jubilation, je commençais à imaginer la surprise qu’elle aurait le soir en rentrant et en me trouvant aux fourneaux, cuisinant le curry de crevettes du Kerala qu’elle adorait.&lt;br /&gt;Ma détermination commençait à déteindre. Il était également temps de faire savoir à l’ONU de quel bois étaient faits les Deume ! J’étais déjà là depuis plusieurs mois et aucune promotion ne s’annonçait à l’horizon. Cela ne pouvait durer ! Il me revint alors que j’avais noté dans mon petit carnet d’autres vers du &lt;em&gt;« 20 minutes »&lt;/em&gt; culturel que j’avais l’intention de coller au-dessus de mon miroir pour me motiver en me rasant. Fébrilement, je tournais les pages de mon petit aide-mémoire jusqu’à trouver ce que je recherchais. Ce fut sous les yeux interloqués de mes collègues que je remontais le couloir me menant à mon bureau en scandant la martiale apostrophe de &lt;em&gt;Lorenzaccio&lt;/em&gt; , « Il faut que le monde sache un peu qui je suis et qui il est »…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’avais déjà compris qu’une couche de désillusion recouvrait le Palais des Nations comme un tenace manteau neigeux. Toute prise d’initiative était considérée avec surprise, perplexité puis désapprobation. Néanmoins, prendre des initiatives pouvait également me permettre de briguer des responsabilités laissées en jachère. Il fallait me rendre indispensable. Qu’à chaque fois que l’on évoque un domaine d’intervention, on finisse par conclure qu’« Adrien Deume s’en occuperait très bien ! ».&lt;br /&gt;Mon café rapidement avalé, je me postais devant le bureau de Rita Kertani, bien décidé à faire le piquet de grève jusqu’à ce que j’aie obtenu d’elle ce à quoi j’aspirais. J’avais une liste assez ambitieuse qui devait me permettre de toucher aux trois piliers de notre activité : l’assistance technique, les travaux de recherche et les réunions diplomatiques intergouvernementales. J’avais aussi ma botte secrète : je savais que Mme Gatay, notre directrice de division, avait parfois des difficultés à pourvoir les postes à responsabilités transversales qui ne rapportaient aucune gratification directe. J’avais déjà réfléchi stratégiquement et le poste de &lt;em&gt;« gender focal point »&lt;/em&gt; me paraissait le plus prometteur. Ce poste consistait à promouvoir la question du « genre » (ou la problématique féministe en langage moins politiquement correct) dans toutes les activités de l’ANUS-SEC : présence de femmes lors de réunions, publications sur le rôle des femmes dans la solidarité et le développement etc. Ce sujet me paraissait être tout à fait porteur et devait m’apporter un soutien sans faille de la gent féminine, y compris celui de Mme Gatay. Pour Rita Kertani, c’était nettement moins sûr. Je me doutais qu’elle allait voir d’un très mauvais œil une déperdition de mon « temps de cerveau humain disponible » comme elle aimait à le dire, au profit d’activités en dehors de la sphère de notre branche. Par ailleurs, elle faisait partie de ces femmes qui, ayant réussi par les méthodes les plus brutales et les plus masculines, haïssaient l’idée qu’elles puissent être confondues avec les femmes promues au titre de la discrimination positive. Il lui fallait constamment faire oublier son identité féminine. Elle avait ainsi instamment demandé aux délégués de pays francophones qu’ils cessent de l’appeler « Mme la Directrice » et qu’ils reviennent à un plus viril « Mme le Directeur ».&lt;br /&gt;J’étais affalé sur ma chaise, à l’entrée du bureau de Rita Kertani, lorsqu’elle sortit de l’ascenseur, encadrée de ses deux affidés. Je connaissais déjà Taguri Imo mais je n’avais pas encore eu l’occasion de rencontrer Mlle Victoria Greek. En effet, celle-ci restait le plus souvent cloîtrée dans son bureau, les yeux enfiévrés, tapant frénétiquement sur son clavier, car il n’y avait pas une seconde à perdre pour pouvoir boucler la liste longue comme un jour sans pain des tâches confiées par Kertani. C’est pensif que je vis trottiner Victoria Greek derrière notre chef qui pénétrait dans son bureau. Son teint blafard, ses cernes sous des yeux fatigués n’étaient pas les signes d’une éclatante santé. Des discussions de couloir m’avaient vaguement fait comprendre que Victoria avait été recrutée directement par Kertani qui avait apprécié dans d’autres contextes ses grandes qualités professionnelles. L’aptitude de Victoria Greek à vite saisir et enregistrer les détails les plus techniques comme &lt;em&gt;« the big picture »&lt;/em&gt; en faisait un « nègre » précieux pour Rita Kertani et ses lacunes insondables. Mais ce qui rendait Mlle Greek si précieuse aux yeux de notre chef de branche, c’est qu’elle compensait son aisance professionnelle par une complète absence de confiance en elle-même dans tous les autres aspects de son existence. C’était du pain bénit pour Kertani et ses compétences en matière de manipulation mentale. Elle n’avait aucun mal à flatter l’orgueil professionnel de Victoria en lui confiant de larges responsabilités et cette dernière, bien que consciente de la fascination malsaine qu’elle éprouvait pour sa chef, avait décidé de se consacrer corps et âme à sa fonction de bras armé de Kertani…&lt;br /&gt;J’attendis patiemment que Victoria finisse de solliciter sans cesse l’approbation de Kertani et reparte vers son bureau, lestée de plusieurs kilos de tâches à accomplir, pour faire mon entrée. J’étais décidé à m’imposer quitte à brusquer ma hiérarchie. Bien que se désintéressant de ma personne depuis notre mission à Glodeni, ma chef ne pouvait décemment pas refuser une offre de service spontanée. De ce que j’avais déjà pu percevoir, elle avait en effet le plus grand mal à motiver ses troupes. Son mode de gestion des ressources humaines y était pour beaucoup. Court-circuitant totalement tout échange transversal, elle avait établi un mode de management où chacun ne rendait des comptes qu’à elle-même et ignorait ce que faisaient ses propres collègues. Un jour où Pedro Delgado était d’humeur facétieuse, il avait photocopié et distribué dans nos casiers le schéma détaillé du mode de fonctionnement des cellules secrètes de l’ETA espagnole. On s’y croyait ! Cloisonnement total, division du travail en une myriade de tâches pour éviter à qui que ce soit d’autre que le chef d’avoir une vision globale, culte du chef et posture de martyrs etc. Rita Kertani avait modérément apprécié l’allusion déposée sur son fauteuil et avait demandé à Taguri Imo de mener son enquête. Pedro avait vite refroidi les ardeurs de ce dernier en lui envoyant d’une adresse e-mail fictive « eta.es » des messages de menace s’il poursuivait ses recherches…&lt;br /&gt;Au vu de la taille de sa Branche, Rita Kertani n’avait bien entendu pas le temps de gérer toutes les relations purement horizontales qu’elle avait elle-même mises en place. De ce fait, il me semblait que beaucoup de mes collègues sombraient dans le désoeuvrement le plus complet. Certains avaient perdu toute illusion sur le système et s’étaient visiblement laissés gagner par une forme de cynisme sarcastique. Ainsi, ma collègue italienne Fulvia Zatelli qui ne cachait rien de sa mise au placard, me prit un jour par le bras et m’amena au bar du Serpent dans l’intention évidente de m’apprendre la vie. « Tu vois Adrian – elle n’arrivait pas à prononcer correctement mon prénom - notre service, et l’ANUS-SEC toute entière, sont comme le Mont Blanc des Japonais ». Interloqué, je commençais à méditer sur le naufrage que représentait la vieillesse pour un fonctionnaire de l’ONU lorsqu’elle reprit : « tu connais le Mont Blanc des Japonais ? C’est la colline qui est au premier plan après le lac quand tu regardes en direction des Alpes depuis les fenêtres du Palais. Lorsque le brouillard dissimule le véritable Mont Blanc au second plan et qu’une visite est organisée pour touristes japonais, le guide présente toujours la colline du premier plan comme le Mont Blanc afin de voir les visages de ces touristes du Soleil Levant s’éclairer d’un large sourire et de ne pas décevoir leur attente. Et bien tu vois, nous sommes comme la colline qui prétend être le majestueux Mont Blanc et qui n’est qu’un misérable monticule, une montagne factice sur laquelle personne ne daigne jeter un œil en temps normal »…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, face à Kertani, j’avais davantage l’impression de gravir le véritable Mont Blanc en espadrilles ! Elle m’écouta froidement dérouler mes souhaits puis un grognement rapide doublé d’un coup d’œil perçant marqua ce qui semblait être une approbation conditionnelle. Elle en était encore à me jauger et une prise de responsabilités de ma part lui donnait à la fois une occasion de m’évaluer mais aussi de me blâmer si, le cas échéant, cela tournait mal. C’est en bredouillant que j’abordais la partie la plus difficile de mon exposé, ma volonté de remplir les fonctions de &lt;em&gt;« gender focal point ».&lt;/em&gt; Mais bizarrement elle ne s’y opposa nullement. Peut-être voyait-elle l’opportunité de se faire valoir auprès des fonctionnaires femmes de l’ANUS-SEC à travers mon action.&lt;br /&gt;Mais à ce moment précis, peu m’importait. C’est tout requinqué que je quittais le bureau de Rita Kertani. Alfred de Musset m’avait inspiré, le monde allait en effet rapidement savoir un peu qui j’étais…&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-4794895765944661478?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/4794895765944661478/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=4794895765944661478' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/4794895765944661478'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/4794895765944661478'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/01/journal-de-bord-dadrien-deume-la-fleur.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-933398903381817732</id><published>2008-01-13T20:33:00.001+01:00</published><updated>2008-01-13T20:33:06.544+01:00</updated><title type='text'>Deume se consolant avec Achille</title><content type='html'>&lt;div style="float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;"&gt; &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2189779327/" title="photo sharing"&gt;&lt;img src="http://farm3.static.flickr.com/2354/2189779327_86667103c6_m.jpg" alt="" style="border: solid 2px #000000;" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style="font-size: 0.9em; margin-top: 0px;"&gt;  &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2189779327/"&gt;Deume se consolant avec Achille&lt;/a&gt;  &lt;br /&gt;  Originally uploaded by &lt;a href="http://www.flickr.com/people/18983511@N00/"&gt;fantomas.vengeurmasque&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br clear="all" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-933398903381817732?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/933398903381817732/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=933398903381817732' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/933398903381817732'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/933398903381817732'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/01/deume-se-consolant-avec-achille.html' title='Deume se consolant avec Achille'/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://farm3.static.flickr.com/2354/2189779327_86667103c6_t.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-3435981366355931740</id><published>2008-01-13T19:51:00.000+01:00</published><updated>2008-02-06T17:53:53.027+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>JOURNAL D'ADRIEN DEUME&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Tout était fin prêt.&lt;br /&gt;J’étais allé chercher mon costume redingote chez le loueur, nous avions fait nettoyer l’argenterie, Desplanches avait livré un festin et, comme me l’avait conseillé ma femme, j’avais mis un CD de la chanteuse Sade pour créer une musique d’ambiance propice à des discussions de bon aloi. Pendant que ma femme terminait de se préparer, je relisais anxieusement le petit discours que j’avais préparé pour le passage à la nouvelle année. J’en étais assez fier : une introduction succincte décrivait les bouleversements que le XXe siècle avait connus. Puis, dans une légère digression, je commentais ma vision personnelle du concept de fin de l’histoire décrite par Fukuyama. J’enchaînais ensuite en un tournemain sur le rôle que les Nations Unies avaient joué dans ce siècle, notamment dans la prévention des conflits. Ceci me permettait de replacer habilement notre récente mission en Syldavie Orientale et une allusion à la force des épreuves vécues ensemble et les liens indéfectibles qu’elles créent. J’espérais bien en effet que ces « liens indéfectibles » avec ces grosses huiles de l’ONU n’existaient pas que dans mon esprit… C’est à ce moment de mon discours que j’allais ensuite sortir ma botte secrète et annoncer la création d’une association des « anciens du sous-sol du Sheraton Glodeni », tout en proclamant que j’espérais bien avoir lancé le premier acte des retrouvailles régulières de notre nouvelle association… Un petit rire de contentement m’agita et je me dépêchais de monter voir mon épouse pour lui soumettre mon discours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’attente commençait à être longue, ma femme et moi assis dans notre salon. Pendant qu’elle refaisait cent fois le bouquet de gui sous lequel j’espérais bien pouvoir embrasser l’une des charmantes diplomates invitées, je relançais pour la 3e fois l’album « &lt;em&gt;Diamond life&lt;/em&gt; ». Le morceau « &lt;em&gt;Smooth Operator&lt;/em&gt; » était en effet un peu la madeleine de Proust de mon épouse qui avait fait ses premiers pas dans la bonne société genevoise et la communauté diplomatique au son de la voix chaude de Sade. Tout en écoutant d’un air absent les premières notes, je me mordais surtout les doigts d’avoir négligé de demander une réponse dans mon invitation. Mais je me rassurais en me disant qu’il était rare que la communauté diplomatique dédaigne un cocktail à l’œil…&lt;br /&gt;Les premières portières claquèrent mais il s’agissait du contingent de collègues que j’avais invité en tant que Directeur de la division. Pedro Delgado fit son entrée au bras d’une magnifique ex-mannequin qui s’était lancée avec succès dans la chanson à texte. Mathew Chang avait lui l’air renfrogné de celui qui estime qu’il aurait pu en faire tout autant. Il était d’autant plus en rogne qu’arrivaient en même temps que lui les deux collègues du service informatique avec qui j’avais partagé un bon fou rire à la suite de ses mésaventures. Elizabeth Salander et Emilie Larcenet, c’était l’eau et le feu mais elles se complétaient à merveille. L’une, qui taillait sa route le nez au vent et le culot en bandoulière, s’occupait des « cas difficiles », fonctionnaires particulièrement odieux dont la vanité et le manque de savoir-vivre étaient comme le disent si bien les anglais « &lt;em&gt;second to none&lt;/em&gt; ». L’autre, avec ses yeux souriants, tissait les liens personnels indispensables à rassurer les grands anxieux de la souris et du clavier.&lt;br /&gt;La petite équipe se rassembla autour du buffet mais j’avais expressément interdit de servir quoi que ce soit avant que les grosses huiles n’aient fait leur entrée. Mes collègues firent donc un sort aux olives et tomates cerise tout en maugréant contre l’ingratitude des chefs de division.&lt;br /&gt;L’heure tournait mais rares étaient les invités à nous avoir rejoint. Le délégué surmené de Syldavie avait réussi à se libérer de sa dernière réunion de l’année sur les quotas de pêche à la baleine en mer du Nord. Confus, il m’avait expliqué qu’il avait eu beaucoup de scrupules à quitter l’hémicycle mais que la Syldavie étant un pays enclavé, il s’était senti somme toute assez peu concerné. Quelques autres diplomates désoeuvrés et loin de leurs foyers étaient également arrivés. Le délégué du Swaziland Rupert Dlamini, qui venait d’apprendre qu’il était destitué par son Roi, venait noyer sa mélancolie dans les gin tonics pendant que le délégué maltais, que mon épouse avait contacté pour la préparation de son voyage, était arrivé au bras d’une charmante diplomate estonienne. L’élargissement de l’Union Européenne à l’est avait du bon… Pour remplir quelque peu ce salon où l’on entendait l’écho de sa propre voix, je décidais de rameuter tout le ban et l’arrière-ban de la communauté diplomatique genevoise en appelant les quelques conseillers qui avaient échappé à mon ratissage minutieux. Le premier conseiller de la République Démocratique du Congo s’apprêtait à se rendre à une soirée disco mais il consentit à y renoncer quand, menaçant, je mis dans la balance le séminaire que nous allions organiser tout prochainement à Kinshasa. Nous avions déjà attaqué les petits fours quand il débarqua en pantalon pattes d’eph’ et T-shirt psychédélique sous les applaudissements admiratifs d’Elizabeth Salander.&lt;br /&gt;J’étais contrarié mais ma femme avait l’air catastrophée. Qu’allions-nous faire du repas gargantuesque qui attendait en cuisine ? Il y avait de quoi nourrir un régiment de fonctionnaires ONU affamés. Mais je reportais à plus tard ces contingences matérielles. Dans ces moments j’aimais à plagier de Gaulle et lancer un « l’intendance suivra !» définitif. Il était par contre temps de placer mon discours même si l’audience n’était pas à la hauteur de mes espérances. J’en étais au récit des épreuves douloureuses vécues à Glodeni lorsque de lourds sanglots rompirent le silence. Le délégué swazi avait l’alcool triste et le tempérament mélancolique. Il avait vu le reflet de sa propre déchéance dans son verre de gin tonic, et l’évocation de mes souffrances (que j’avais sciemment enjolivées en l’absence de mes collègues de mission) avait réveillé ses angoisses d’emprisonnement à son retour au pays. En tout cas, le saligaud avait réussi son coup, l’ambiance était maintenant plombée et il valait mieux laisser tomber pour le moment mon association d’anciens combattants… La tristesse et l’angoisse n’avaient en tout cas pas nui à l’appétit de Rupert qui se jeta sur les coquilles St Jacques, entraînant dans son sillage une cohorte de diplomates qui se bousculaient du coude. Encore deux-trois bonnes crises de larmes et mes invités règleraient leur compte au plateau de fruits de mer. D’un coup, je ne voyais plus bien pourquoi ma femme avait eu quelque inquiétude à ce sujet…&lt;br /&gt;Mais l’entrée dans le salon du groupe musical I Mavroni mit un terme temporaire aux agapes et provoqua une excitation générale qui me semblait pour ma part autant due aux facultés du Gevrey-Chambertin qu’à la réputation de ces artistes corses. Ma femme en profita elle pour s’éclipser. Surpris de son peu de goût pour les chants polyphoniques, je décidais de la suivre. Pendant que retentissaient les premières mesures de « Forza Corsica », je montais à pas de loup les escaliers où j’avais vu disparaître ma moitié…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est chancelant que je redescendis les marches. Elizabeth Salander parut surprise que je lui indique les toilettes alors qu’elle me demandait s’il restait un peu de Gevrey-Chambertin, mais mon cerveau était en déroute et mes neurones battaient la campagne. J’avais surpris ma femme alanguie dans les bras du délégué maltais, dans une attitude sur laquelle on ne pouvait se méprendre. Une froide colère me prit. Qu’encore elle choisisse un apollon ou un de mes chefs charismatiques… Mais non ! Elle se jetait au cou du premier venu, un nain, un nabot, un court sur pattes ! Désormais, le délégué dont j’ignorais même jusqu’au nom, était devenu pour moi « el corto Maltese »…&lt;br /&gt;Mais déjà les douze coups sonnaient à l’horloge de grand-maman. Je fis mon entrée dans le salon au moment où I Mavroni concluait son récital sous les applaudissements et les cotillons d’une foule conquise. J’empoignais la déléguée estonienne et l’embrassais fougueusement sous le gui, reprenant uniquement mon souffle pour lui bredouiller qu’il s’agissait d’une vieille coutume française à laquelle on ne pouvait se soustraire à l’aube d’une nouvelle année. Eva Kerès n’avait pas encore repris ses esprits quand je la laissais dans les bras ravis du délégué de RDC. Il était temps pour moi de mettre fin aux discussions du traité d’amitié malto-suisse qui se déroulaient à l’étage. Mais je n’eus même pas à monter, « corto Maltese » et ma femme redescendaient les escaliers avec un parfait vernis d’urbanité mondaine. Tout en affichant également un sourire mondain au possible, je me jurais intérieurement que ce nain ne perdait rien pour attendre…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il me fallut l’aide de Achille Lumumba, honorable premier conseiller zaïrois devenu congolais républicain et démocratique, enfin débarrassé de sa ridicule perruque disco orange, pour porter dans le taxi Rupert Dlamini à qui le rhum-coca avait visiblement fait oublier tous ses soucis. Achille monta également mais signala au taxi qu’il souhaitait pour sa part être déposé au Macumba, la plus grande boîte d’Europe, où il comptait débuter en beauté et en chansons la nouvelle année.&lt;br /&gt;Le taxi parti, le silence revint enfin. A pas lents, je remontais l’allée de gravier. Je me sentais outragé, brisé, martyrisé. Mais d’une certaine manière je me sentais aussi libéré. Ma femme était faible, elle était humaine donc…&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-3435981366355931740?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/3435981366355931740/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=3435981366355931740' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/3435981366355931740'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/3435981366355931740'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/01/journal-de-bord-dadrien-deume-tout-tait.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-5767542503630666944</id><published>2008-01-09T22:26:00.001+01:00</published><updated>2008-01-09T22:26:28.045+01:00</updated><title type='text'>avenir glorieux sous la conduite du chef suprême</title><content type='html'>&lt;div style="float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;"&gt; &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2180810299/" title="photo sharing"&gt;&lt;img src="http://farm3.static.flickr.com/2365/2180810299_8a29384009_m.jpg" alt="" style="border: solid 2px #000000;" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style="font-size: 0.9em; margin-top: 0px;"&gt;  &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2180810299/"&gt;avenir glorieux sous la conduite du chef suprême&lt;/a&gt;  &lt;br /&gt;  Originally uploaded by &lt;a href="http://www.flickr.com/people/18983511@N00/"&gt;fantomas.vengeurmasque&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br clear="all" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-5767542503630666944?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/5767542503630666944/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=5767542503630666944' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/5767542503630666944'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/5767542503630666944'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/01/avenir-glorieux-sous-la-conduite-du.html' title='avenir glorieux sous la conduite du chef suprême'/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://farm3.static.flickr.com/2365/2180810299_8a29384009_t.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-3382561878475453289</id><published>2008-01-09T22:18:00.000+01:00</published><updated>2008-02-06T17:54:14.316+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;JOURNAL D'ADRIEN DEUME&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Ma femme grogna lorsque le réveil sonna à 6 heures. J’avais moi-même une envie pressante de balancer le perturbateur contre le mur, mais les pensées encore embrumées je me rappelais soudain que je me levais ce matin en tant que Directeur de la Division… Je pris le temps de digérer l’information puis c’est d’une démarche auguste que je me dirigeais vers ma douche. Tout en mettant une noix de shampoing dans le creux de la main je ne pouvais m’empêcher de penser que c’était une chevelure de chef que j’allais malaxer. Puis mon épouse me cria d’un ton sec de cesser de maltraiter « Carmen » et Bizet par la même occasion, mais je ne l’écoutais déjà plus, occupé à me beurrer une tartine de chef…&lt;br /&gt;Le chauffeur du 11 me regarda bizarrement rentrer à pas lents et l’air pénétré dans son bus mais je n’en avais cure, j’avais d’autres préoccupations plus importantes en tête. Alors que je planifiais déjà d’inviter à déjeuner un de mes homologues directeurs de division je me rendis compte avec effroi qu’avec les 13 coups d’une heure de l’après-midi sonnerait également la fin de mon intérim. Or, il était inenvisageable qu’un directeur puisse déjeuner avec un P2. Une règle non écrite mais qui était grosso modo respectée au Palais voyait chacun des échelons hiérarchiques rester entre soi. Et seuls des liens personnels expliquaient les repas qui contredisaient cet invisible article des tables de la Loi. Il me fallait donc envoyer une invitation dans la matinée, en tant que directeur de division, et descendre à la cafeteria avant 13 heures, toujours dans la peau d’un directeur. Que mon changement de statut s’opère pendant le repas et cela passerait inaperçu…&lt;br /&gt;J’attendis vainement un signe de déférence de la part des gardes à l’entrée du Palais mais rien ne vint. Ils n’avaient probablement pas été alertés de mon changement de statut mais je me sentais d’humeur à pardonner, serein au-delà de tout ce que j’avais connu jusqu’alors. Je fis le tour des bureaux de mon étage afin d’organiser de toute urgence une réunion tout en attendant secrètement des félicitations pour ma promotion, mais à mon grand désappointement personne n’était présent. J’entrepris alors une espèce de « ramassage scolaire » et fis le tour des divers points de socialisation du Palais. Au bar du Serpent je ramassais Justine Marlin. Nosfératus était lui plongé dans une intense réflexion au café des délégués, les yeux fermés et un sourd ronflement lui agitant les lèvres. Du bar de la presse je ramenais par la peau du cou Rafsandjani qui préparait de façon bien légère à mon goût son propre intérim à la tête de la Division. Pedro Delgado fut long à convaincre mais il se rendit finalement à mes arguments sur l’inutilité pour sa carrière future de flirter avec la correspondante de l’AFP dans le bureau de cette dernière. Blomqvist me jeta pour sa part un regard indifférent lorsque je frappais à la porte de son bureau pour lui signaler la tenue d’une réunion de service où j’allais présenter les grands axes de mon action à venir. Depuis qu’il n’avait pas obtenu le poste de chef de Branche qui obsédait ses pensées depuis de longues années, il avait décidé d’une grève du zèle qui pour le moment n’avait affolé personne. Une insistance de ma part fit passer une lueur dans ses yeux qui n’eut aucun mal à me convaincre que j’avais sans doute bien mieux à faire ailleurs. J’avais appris à me méfier du feu qui pouvait couver sous la glace scandinave…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est devant une troupe hétéroclite que j’entamais mon discours. Les grandes lignes en étaient simples. Depuis mon arrivée à l’ANUS-SEC, j’avais cogité et il me semblait que le travail de notre Division pâtissait de plusieurs faiblesses : &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;- Les projets de coopération technique étaient menés en dépit du bon sens, organisés à la va-vite en fonction des nécessités de notre organisation et non des besoins des bénéficiaires. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;- Notre travail analytique souffrait pour sa part de la dispersion de nos sujets d’analyse. Nous étions superficiels sur tout et spécialistes de rien. Nous ne pouvions en conséquence retrouver notre position d’autorité que si nous nous recentrions sur nos forces. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;- Enfin, notre travail intergouvernemental était au mieux un gâchis de temps et d’énergie, au pire une ineptie. Nous n’étions un forum de négociation pour aucun accord international à part des décisions mineures sur des sujets annexes. Nos discussions étaient par ailleurs devenues redondantes avec d’autres institutions bien mieux outillées que nous en terme de ressources humaines, participation de haut niveau et renommée. Notre seule chance était donc de sortir du format éculé des discussions diplomatiques sans prise de décision, et de redevenir un porte-voix qui promeuve des visions alternatives et novatrices, en prise directe avec les problèmes réels des pays que nous étions censés aider…&lt;br /&gt;Assez satisfait de ma synthèse j’arrêtais là mon discours, attendant les réactions de mes collègues présents. Mais personne ne semblait avoir écouté un traître mot de mon intervention. Justine Marlin rédigeait son courrier, Nosfératus avait repris sur sa chaise et les yeux fermés le fil de ses réflexions, Pedro Delgado, de son côté, pianotait frénétiquement sur son téléphone portable, envoyant des SMS enflammés à la correspondante du quotidien japonais &lt;em&gt;Asahi Shimbun&lt;/em&gt; qui lui semblait beaucoup plus sensible à son charme que la mégère de l’AFP. Quant à Rafsandjani, il me regardait, les yeux polis mais indifférents. Mon discours dépassait de beaucoup le champ de ses compétences et il attendait patiemment de pouvoir se remettre à la mise en page des cartes de vœux électroniques de Rita Kertani. Je compris dès lors que mon charisme ne suffisait pas pour rallier l’équipe à mon panache blanc. Il me fallait leur démontrer ce que eux-mêmes pouvaient retirer des réformes que je suggérais. Patiemment, je tentais de traduire en bénéfices concrets chacun des points que j’avais évoqués, ne suscitant que des regards au mieux sceptiques, au pire teintés de commisération. Vexé, je mis alors un terme à ce que j’appelais la « phase de concertation ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De retour à mon bureau, la vue de Mathew Chang me rappela qu’il était vital d’inscrire dans la durée les décisions que j’allais prendre entre 9h et 13h afin qu’elles ne soient pas détricotées à partir de 14h. Ma première mesure fut de convoquer Rafsandjani pour lui demander d’envoyer un fax à tous les directeurs des agences de l’ONU recensées à Genève. Ce fax signé de mon nom et de mon titre temporaire récapitulerait dans les termes les plus vagues les évènements de l’année passée et leur impact sur la réforme en cours des Nations Unies. Il mettrait l’accent sur « l’importance de la coordination entre agences afin d’augmenter les synergies», poursuivrait avec la "nécessité de renforcer les contacts entre directeurs" et conclurait en rappelant qu’à cet effet une « réunion de concertation-réveillon de St Sylvestre » était organisé chez "Adrien Deume, officer in charge" etc. J’étais assez content de la manière habile avec laquelle j’amenais l’invitation et mon titre, mais il fallait faire vite car il était déjà 10h30 et je n’avais plus que deux heures et demi devant moi comme directeur de la Division.&lt;br /&gt;Je passais les deux heures qui suivirent à répondre personnellement à toutes les demandes adressées au « directeur de la Division de l’Analyse Systémique de la Solidarité Internationale ». L’intitulé de la division prêtait à confusion et beaucoup de correspondances auraient pu tout aussi bien atterrir au Secours Catholique ou à Médecins sans frontières. Je me fis néanmoins un devoir de répondre scrupuleusement en remerciant l’envoyeur pour l’intérêt qu’il portait à nos activités et en lui joignant une des cartes de visite fraîchement imprimées à mon nom. Une fois cette tâche bouclée, il devenait alors urgent de me préoccuper de mon déjeuner. Les autres divisions de l’ANUS-SEC étant également dirigées par des &lt;em&gt;officers in charge&lt;/em&gt;, je m’étais rabattu sur le directeur du service courrier qui avait l’avantage d’être un titulaire permanent de son poste. Il serait à n’en pas douter un contact précieux pour l’avenir. Je consacrais les quelques minutes qui me restaient comme directeur à signer quelques autorisations de congé en faveur du fonctionnaire Deume Adrien.&lt;br /&gt;C’est apaisé et sans un regard pour mon successeur que je quittais mon bureau en direction de la cafeteria. Je n’avais certes pas pu concrétiser tous les projets que j’avais en tête en prenant les rênes de la Division mais c’était un premier galop d’essai. Je me sentais désormais prêt à assumer les plus hautes fonctions…&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-3382561878475453289?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/3382561878475453289/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=3382561878475453289' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/3382561878475453289'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/3382561878475453289'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/01/journal-de-bord-dadrien-deume-ma-femme.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-3473018737143537407</id><published>2008-01-06T15:50:00.001+01:00</published><updated>2008-01-06T15:50:29.736+01:00</updated><title type='text'>Deume cherchant à "habiter la fonction" par Manet</title><content type='html'>&lt;div style="float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;"&gt; &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2171312745/" title="photo sharing"&gt;&lt;img src="http://farm3.static.flickr.com/2292/2171312745_02c61ab407_m.jpg" alt="" style="border: solid 2px #000000;" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style="font-size: 0.9em; margin-top: 0px;"&gt;  &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2171312745/"&gt;Deume cherchant à &amp;quot;habiter la fonction&amp;quot; par Manet&lt;/a&gt;  &lt;br /&gt;  Originally uploaded by &lt;a href="http://www.flickr.com/people/18983511@N00/"&gt;fantomas.vengeurmasque&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br clear="all" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-3473018737143537407?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/3473018737143537407/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=3473018737143537407' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/3473018737143537407'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/3473018737143537407'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/01/deume-cherchant-la-fonction-par-manet.html' title='Deume cherchant à &amp;quot;habiter la fonction&amp;quot; par Manet'/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://farm3.static.flickr.com/2292/2171312745_02c61ab407_t.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-6096449159660758840</id><published>2008-01-06T15:18:00.000+01:00</published><updated>2008-02-06T17:54:37.844+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>JOURNAL D'ADRIEN DEUME&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;J’avais passé la période entre Noël et Nouvel An à peaufiner ma stratégie et à réfléchir à mon action à venir. Ma femme m’en voulait beaucoup de la négliger pendant ces périodes de fête. J’avais pourtant bien tenté de lui expliquer que les responsabilités qui allaient m’échoir ne pouvaient être prises à la légère. Un week-end passé chez mes beaux-parents à Verbier m’aurait détourné de la tâche essentielle qu’il me fallait accomplir. J’avais en effet toujours suivi de près les soubresauts de la vie politique française et à l’image de ses Présidents de la République successifs, je souhaitais prendre le temps qu’il fallait pour « habiter la fonction et prendre la mesure des responsabilités à venir ». Mon épouse m’avait bien proposé pour me détendre de remplacer le week-end familial suisse par une virée à Malte sur le yacht d’un de ses amis, mais j’avais répliqué d’un air grave que la période de réflexion et d’introspection à laquelle j’allais me livrer devait être détachée de toute notion de plaisir et que c’est essentiellement de calme dont j’avais besoin. Elle avait haussé les épaules et d’un ton vengeur m’avait lancé que pour sa part luxe et volupté lui convenaient tout à fait et qu’elle me laissait bien volontiers le calme. Elle ajouta désinvolte qu’Ernesto Bertarelli qui l’invitait à Malte serait désolé de mon refus mais qu’il serait probablement ravi de pouvoir compter sur sa présence à elle… Je ne prêtais aucune attention à ce dernier commentaire perfide car j’étais déjà penché sur ma feuille blanche, échafaudant la liste des priorités pour les 4 heures de pouvoir absolu sur lesquelles j’allais pouvoir compter…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La situation n’était pas simple. En effet, je partageais mon bureau avec Mathew Chang qui allait me succéder à la tête de la Division. Depuis mon arrivée ce collègue singapourien m’ignorait superbement. Ancien délégué de son pays auprès du Bureau International du Travail, il s’était fait remarqué lors des Assemblées Générales de cette organisation par ses harangues hargneuses mais solidement ficelées, ce qui le rendait d’autant plus craint. Son pays s’était hâté de mettre fin à ses fonctions car chacune de ses interventions ruinait plusieurs mois d’efforts de l’office de promotion du tourisme de son pays. Ses tendances paranoïaques n’en étaient sorties que renforcées. Selon lui tout le monde jalousait sa compétence et cherchait à le démolir. Il était devenu hors de question pour lui de retourner dans son pays après ce qu’on lui avait fait subir et il s’était donc mis en quête d’un poste au sein d’une Organisation internationale genevoise. Ses contacts d’ancien délégué lui avaient permis d’obtenir un poste de responsable de programme dans le même service que le mien. Néanmoins, l’ANUS-SEC ne pouvait bien entendu plus lui offrir les attributs de respectabilité dont il avait bénéficié par le passé en sa qualité de délégué diplomatique. Il avait ainsi dû partager son bureau avec moi, ce qui l’avait grandement offusqué. Le jour même de mon arrivée il avait fait venir Falbala Martin-Lermignat dans notre bureau et, ignorant totalement ma présence, avait exprimé sa réticence à partager son lieu de travail pour des « raisons évidentes de confidentialité ». Au moins les choses étaient claires… Au fur et à mesure de notre cohabitation forcée j’avais néanmoins découvert qu’il n’y avait pas de volonté de sa part de blesser mais qu’il s’agissait plutôt d’une ignorance crasse de ce que pouvaient bien signifier les concepts de tact, savoir-vivre ou diplomatie. Il se rengorgeait à longueur de journée sur la formation militaire extrêmement stricte qu’il avait suivie en Grande-Bretagne et j’avais constamment envie de lui répliquer qu’elle transpirait de toute façon par tous les pores de sa peau. Il se trouvait que je partageais mon bureau avec un apprenti sergent-chef paranoïaque dont les regards soupçonneux se faisaient de plus en plus fréquents à mesure que l’on s’approchait de la date du 31 décembre et du couronnement de nos carrières respectives…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’avais enfin terminé de tracer les grandes lignes de mon programme d’action. J’avais également finalisé le brouillon de la carte de visite que j’allais faire imprimer de toute urgence. Le sourire aux lèvres, je lisais et relisais ce texte qui me remplissait de fierté :&lt;br /&gt;Adrien DEUME&lt;br /&gt;Officer in Charge&lt;br /&gt;Division for Systemic Analysis of International Solidarity&lt;br /&gt;United Nations Agency for Solidarity - Economy and Cooperation Secretariat&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malheureusement, et pour des raisons incompréhensibles, les Nations Unies n’imprimaient que la version en anglais des cartes de visite officielles. Intérieurement, je me promis d’en faire imprimer en ville une version en français pour ma famille…&lt;br /&gt;D’un coup d’œil rapide à ma droite, je pouvais constater que Mathew Chang n’avait rien remarqué de mon manège, trop occupé à se débattre avec un document word. Mathew Chang était en effet l’un des derniers survivants de la période du crétacé supérieur en matière informatique. J’avais, tout comme lui, cru à mon arrivée dans notre service qu’une secrétaire s’occuperait pour moi de ma correspondance. J’avais rapidement dû déchanter. Nous avions au sein de ma Branche cinq secrétaires dont la première était en arrêt-maladie prolongé et la deuxième apparemment une défenseur farouche du concept d’allocation d’existence, autrement dit d’un salaire versé sans contrepartie de travail de sa part… Notre service de 30 personnes devait donc se reposer sur trois assistantes dont Julie Verbecke, elle-même davantage passionnée par l’astrologie et autres questions ésotériques que par les tâches prosaïques requises par notre Branche. J’avais donc rapidement compris qu’il allait me falloir me débrouiller par moi-même. Mais pour que Mathew Chang puisse procéder de même, il y avait un obstacle de taille. Il n’avait tout simplement jamais utilisé un ordinateur de sa vie. Une semaine de formation intensive avait comblé les besoins essentiels, mais l’ordinateur restait pour Chang un objet maléfique qui participait du complot à son égard. Ainsi, il s’en était vertement pris au responsable du Help desk informatique. On lui avait, selon ses dires, attribué volontairement un ordinateur aux capacités extrêmement limitées qui ne lui permettait plus de stocker ses documents. Perplexe, le service d’assistance avait accompagné Chang à notre bureau et avait compris ce qu’il sous-entendait : son écran était littéralement recouvert d’icônes et il n’y avait effectivement plus de place pour stocker de fichiers sur son desktop. Chang ignorait tout bonnement l’existence d’une fonction « folders » qui lui aurait permis de regrouper ses documents… Réfrénant avec le plus grand mal son hilarité, la collègue informaticienne avait pris son air le plus sérieux pour déclarer qu’il s’agissait effectivement d’un problème complexe auquel elle avait elle-même été confrontée dans le passé et qu’après plusieurs heures de recherche elle avait pu trouver une solution satisfaisante. Et c’est ainsi que Chang découvrit avec ravissement une fonction qui lui permettait d’alléger son écran…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 30 décembre au soir, je vérifiais avec mon épouse, rentrée bronzée et détendue de son excursion maltaise, les derniers détails de notre soirée de Saint Sylvestre qui allait faire date. J’étais très fier de mon idée : organiser un réveillon pour la communauté diplomatique de Genève à l’invitation de « M. et Mme Adrien Deume. Officer in Charge. Division for Systemic Analysis of International Solidarity. United Nations Agency for Solidarity-Economy and Cooperation Secretariat”…&lt;br /&gt;Voilà qui allait enfin me faire rentrer dans le gotha! Le traiteur Gilles Desplanches livrerait nourriture et boissons et j’avais recruté une chorale de chanteurs polyphoniques corses pour animer le passage à l’heure fatidique. Je me frottais les mains à l’énoncé des invitations qui avaient été lancées : en plus de quelques collègues de l’ANUS-SEC, j’avais convié les directeurs que j’avais côtoyés dans les caves de Glodeni, le Directeur général de l’UNOG ainsi que les responsables des autres agences de la galaxie ONU et les Ambassadeurs des principaux pays représentés auprès des Nations Unies. Ils allaient pouvoir constater qu’Adrien Deume savait recevoir !&lt;br /&gt;Mais avant de monter me coucher, je pris également une demi-heure pour m’isoler dans le noir afin de tenter « d’habiter ma fonction ». Je n’étais pas bien sûr de la manière dont allait se manifester l’arrivée de "l’habitation" mais j’espérais pouvoir toujours plaire à ma femme après coup. C’est dans une chambre silencieuse et obscure que le sommeil me prit avant que je puisse constater l’achèvement du processus de transformation…&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-6096449159660758840?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/6096449159660758840/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=6096449159660758840' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/6096449159660758840'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/6096449159660758840'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/01/journal-de-bord-dadrien-deume-javais.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-2308084617920373301</id><published>2008-01-03T00:12:00.001+01:00</published><updated>2008-01-03T00:12:11.069+01:00</updated><title type='text'>le cadeau de Noël d'Adrien</title><content type='html'>&lt;div style="float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;"&gt; &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2159299703/" title="photo sharing"&gt;&lt;img src="http://farm3.static.flickr.com/2249/2159299703_870f848283_m.jpg" alt="" style="border: solid 2px #000000;" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style="font-size: 0.9em; margin-top: 0px;"&gt;  &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2159299703/"&gt;le cadeau de Noël d'Adrien&lt;/a&gt;  &lt;br /&gt;  Originally uploaded by &lt;a href="http://www.flickr.com/people/18983511@N00/"&gt;fantomas.vengeurmasque&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br clear="all" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-2308084617920373301?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/2308084617920373301/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=2308084617920373301' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/2308084617920373301'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/2308084617920373301'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/01/le-cadeau-de-nol-d.html' title='le cadeau de Noël d&amp;#39;Adrien'/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://farm3.static.flickr.com/2249/2159299703_870f848283_t.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-8338824874196695246</id><published>2008-01-02T23:55:00.000+01:00</published><updated>2008-02-06T17:55:03.717+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;JOURNAL D'ADRIEN DEUME&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;C’est Falbala Martin-Lermignat, notre assistante administrative, qui me ramena aux réalités prosaïques du calendrier grégorien. Alors que je m’inquiétais déjà de l’épidémie qui semblait avoir emporté une bonne partie de mes collègues pendant mon absence en Syldavie orientale, notre assistante me rappela que nous étions entrés dans la « période des fêtes de fin d’année »… Pris dans la frénésie de ma mission à Glodeni, j’avais en effet complètement oublié cet aspect des choses.&lt;br /&gt;Dès lors je comprenais mieux pourquoi le Palais des Nations ressemblait davantage ces jours-ci au désert des Tatars qu’à une ruche fiévreuse. Ceci expliquait également pourquoi Rita Kertani n’avait pas jugé bon de revenir au bureau depuis notre retour de Syldavie orientale et pourquoi le bureau de Rodrigo Rojas s’était lui-même désintéressé des conclusions de notre mission pour se tourner vers une tâche plus importante, l’envoi des cartes de vœux signées du Secrétaire Général.&lt;br /&gt;Léon Andrianampoinimerina, que j’avais vainement cherché dans les bureaux, jouissait comme beaucoup d’autres de nos collègues de son home leave bisannuel, un retour dans ses foyers payé tous les deux ans par les Nations Unies à tous ses agents d’un grade professionnel. Léon attendait avec impatience chacun de ses home leaves qui mettait du beurre dans ses épinards une année sur deux. La règle stipule en effet que l’organisation verse une dotation correspondant à 75% du billet économique le plus cher pour le trajet Genève - pays d’origine du fonctionnaire, et ce pour chacun des membres de la famille directe de l’agent titulaire. Léon, bien au fait de cette règle, réservait les billets pour Madagascar une année à l’avance, obtenant ainsi des tarifs extrêmement intéressants. Et la différence entre le coût des billets et la dotation qu’il avait perçue lui permettait de développer son entreprise de confection pour hommes à Nosy Bé, au nord de la Grande Ile. Il était désormais devenu le principal fournisseur de costumes-cravates de toute la ville. Bien entendu l’entreprise était au nom de son frère resté au pays et Léon, qui m’avait confié cette histoire lors de notre première rencontre, m’avait déclaré tout fier que c’était sa touche personnelle au développement de son pays et qu’il s’agissait somme toute d’une simple redistribution de revenus, plus efficace que tous les séminaires de sensibilisation ou ateliers de validation que l’ANUS-SEC mettait en place…&lt;br /&gt;Certains fonctionnaires se sentaient cependant floués par ce système. En effet, cette dotation n’était valable que pour un voyage en avion. Dans le cas où le retour aux foyers pouvait se faire par un moyen de transport terrestre, l’ONU remboursait le billet le moins cher et là, un simple voyage pouvait prendre l’allure d’une véritable épopée. Mon collègue Pedro Delgado, que l’on surnommait « lé maillot yaune » en hommage à son homonyme cycliste, avait ainsi clamé haut et fort qu’il préférait renoncer au bénéfice du home leave plutôt que de refaire à l’avenir le périple qui l’avait amené de Genève à son pays d’origine, la Principauté d’Andorre. Andorre a en effet cette particularité d’organiser un concours national pour le recrutement de fonctionnaires permanents des Nations Unies mais dans le même temps de ne pas disposer d’aéroport, question de priorités sans doute… L’administration des Nations Unies avait donc généreusement informé Pedro Delgado qu’il bénéficierait, sur présentation des titres de transport usagés, du remboursement pour le trajet suivant :&lt;br /&gt;- Genève- Lyon Pardieu par le TER de 17h43&lt;br /&gt;- Lyon Pardieu-Toulouse via Avigon centre par le TGV de 21h16&lt;br /&gt;- Toulouse- Perpignan par le train couchettes de 3h du matin&lt;br /&gt;- Perpigan-Andorre par le TER de 6h47&lt;br /&gt;A son arrivée en gare d’Andorre, Pedro avait une mine tellement patibulaire avec sa barbe de 24 heures, ses yeux injectés et sa chemise froissée que les douaniers lui avaient fait subir les derniers outrages… Pedro s’était évidemment fendu d’un mémo rageur à l’administration, mémo qui contenait également copie de la demande de naturalisation adressée par mon collègue aux autorités de Kiribati, pays au home leave beaucoup moins contraignant et beaucoup plus rémunérateur…&lt;br /&gt;Un autre de mes collègues, Symphorien Nadir (dont les parents semblaient avoir un humour bien à eux) avait lui le malheur d’être originaire d’Annemasse, à côté de Genève. Il avait bien tenté de faire valoir ses droits de petit-fils de harki algérien pour bénéficier d’un retour à des foyers plus exotiques, mais l’administration était restée inflexible. Cependant, il lui avait été notifié que, bien entendu, le coût du billet de bus 4 zones Genève-Annemasse par la voie la plus directe resterait pris en charge par l’Organisation. Symphorien avait poliment décliné l’offre…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ma part, ces histoires de home leave me touchaient peu, il serait toujours temps d’y revenir dans deux ans. Par ailleurs, Gunthar Neckers avait avantageusement remplacé Léon en matière de conseil vestimentaire. Il m’avait indiqué que, si effectivement Rojas concevait toujours une détestation réelle à l’égard des cravates, il avait dû mettre de l’eau dans son vin car nous étions tout de même dans une organisation amenée à côtoyer de nombreux diplomates qui auraient probablement considéré avec circonspection un fonctionnaire doté d’un nœud papillon. Il avait donc transigé et ses foudres ne s’abattaient plus désormais que sur les cravates italiennes, les autres gardaient droit de cité à l’ANUS-SEC. Gunthar Neckers lui-même arborait uniquement les cravates officielles des Nations Unies, évitant ainsi toute gaffe puisqu’il ne savait pas distinguer une marque italienne d’une marque française ou vietnamienne…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est en revenant du bureau de Gunthar Neckers, qui m’avait fait admirer les diverses cravates qu’il gardait dans son bureau pour les rendez-vous impromptus, que je tombais sur Falbala Martin-Lermignat, le visage accablé et les cheveux en déroute. Inquiet, je lui demandais si je pouvais faire quelque chose pour elle. Elle se retourna sur moi d’un air absent et me demanda brusquement le grade auquel j’avais été recruté. C’est d’une voix pleine d’assurance que je lui annonçais qu’elle avait devant elle un fonctionnaire professionnel de 2e catégorie plus communément appelé P2. Elle hocha la tête d’un air entendu tout en murmurant qu’elle aurait peut-être besoin d’en arriver jusque là… Tout cela me semblait bien obscur et je l’accompagnais dans son bureau, bien décidé à savoir quel type de responsabilité on allait éventuellement me confier.&lt;br /&gt;Elle parut surprise de me voir entrer à sa suite mais ne s’offusqua pas de ma demande d’éclaircissement. Après tout, reprit-elle, dans sa situation tout conseil était bon à prendre. Elle m’expliqua donc le cas de conscience dans ses moindres détails. En raison des fêtes de fin d’année notre Division était tout simplement désertée. Mme Gatay, directrice de notre Division, était officiellement en mission, officieusement retournée en Inde, son pays d’origine, pour organiser le mariage fastueux de sa fille avec Rajiv Tata, l’un des héritiers du conglomérat du même nom. Rita Kertani était Dieu seul savait où, quant à Igor Kondratiev, il était retourné au Turkménistan mettre un peu d’ordre dans ses affaires de famille. A en croire Grettel, un de ses frères venait d’être condamné pour trafic de drogue en Allemagne et Kondratiev était retourné dans son fief pour discuter en famille des meilleurs moyens d’étouffer l’affaire afin qu’il n’y ait pas de fuites jusqu’à Genève. Il va sans dire qu’avec Grettel dans les parages, ces précautions étaient devenues superflues… Les autres chefs de Branche ou de section de la Division étaient tous également en vacances à Courchevel ou Crans Montana, en home leave ou en mission. Sylvia avait sondé l’ombrageux Leff Blomqvist, chef de section de l’observatoire analytique de la prospérité, mais ce dernier avait vertement répliqué que « son supérieur direct ne lui confiant pas la charge de sa Branche lorsqu’il partait en mission, il était évident que ses capacités intellectuelles limitées ne lui permettraient pas d’assurer un intérim convenable pour la direction de la Division ». En désespoir de cause, Martin-Lermignat avait graduellement et réglementairement descendu les échelons hiérarchiques à la recherche d’un(e) candidat(e) au poste de Directeur par intérim. Mais le sort s’acharnait sur elle. Soit les agents étaient malades, soit absents, soit en congés. A un certain moment, elle avait bien cru coincer Saké Kawahuri. Puisque ce dernier n’avait pas de document officiel attestant de son absence, c’est qu’il était donc présent. Malheureusement, cette belle probité s’était rapidement heurtée aux réalités des Nations Unies. Kawahuri était tout simplement parti en douce, sans prévenir ni sa hiérarchie, ni son administration. Neckers confirma à mots couverts que Saké, obsédé par les éclipses solaires, avait découvert avec stupéfaction en ouvrant les pages du « 20 minutes » qu’il dévorait sur la route du travail, que l’une d’entre-elles était prévue pour le lendemain et que le canton du Tessin allait bénéficier de la visibilité (ou dans ce cas la non-visibilité) la plus optimale. Il était donc parti pour Lugano, en bon chasseur d’éclipse… Désespérée, Falbala en était arrivée aux fonctionnaires de 3e catégorie ou P3. Elle avait sollicité Taguri Imo mais ce dernier, absolument transi d’effroi, avait bégayé qu’il ne pouvait se charger d’une telle responsabilité sans l’aval de Rita Kertani. Consciente qu’il était de toute façon dangereux de laisser, même un 24 décembre, la Division entre les mains de Taguri, Falbala lui avait demandé de tout oublier.&lt;br /&gt;M’ayant expliqué toute l’histoire, Martin-Lermignat reprit du poil de la bête et d’un poing rageur frappé sur son bureau, elle m’indiqua que la plaisanterie avait assez duré. Ainsi dit, ainsi fait, elle trancha dans le vif et parmi les fonctionnaires de 2e catégorie… Justine Marlin débuterait ainsi l’intérim et l’assurerait du 24 au 27 décembre, Nosfératus (je ne connaissais toujours pas son vrai nom) prendrait le relais du 28 au 30. Le 31 décembre était une journée délicate car tout le monde avait décidé de partir plus tôt du bureau. J’assurerais néanmoins la continuité du pouvoir de 9h à 13h. Il y aurait vacance du pouvoir de 13h à 14h (mais Martin-Lermignat nous fit promettre de ne pas ébruiter ce fait), mon collègue de bureau Mathew Chang prendrait le relais de 14h à 16h, puis c’est sur les épaules de Darius Rafsandjani que reposerait le poids des responsabilités pour les dernières heures de l’année. Les compétences professionnelles de Rafsandjani étaient essentiellement tournées vers la mise en page de documents word, la gestion de la messagerie de Rita Kertani ainsi que sur la gestion administrative des projets de coopération, mais l’on avait estimé d’un commun accord que cela suffirait amplement pour cette fois…&lt;br /&gt;Cette fin d’année s’annonçait donc sous les meilleurs auspices puisque j’allais officiellement devenir le Directeur de Division pendant quelques heures. Même par intérim, cette perspective me ravissait et je réfléchissais déjà à la meilleure manière de tirer parti de cette occasion inespérée… &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-8338824874196695246?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/8338824874196695246/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=8338824874196695246' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/8338824874196695246'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/8338824874196695246'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2008/01/journal-de-bord-dadrien-deume-cest.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-7702539790287426454</id><published>2007-12-26T12:08:00.001+01:00</published><updated>2007-12-26T12:08:55.171+01:00</updated><title type='text'>cravate ou noeud pap?</title><content type='html'>&lt;div style="float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;"&gt; &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2138116680/" title="photo sharing"&gt;&lt;img src="http://farm3.static.flickr.com/2321/2138116680_1282b751bf_m.jpg" alt="" style="border: solid 2px #000000;" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style="font-size: 0.9em; margin-top: 0px;"&gt;  &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2138116680/"&gt;cravate ou noeud pap?&lt;/a&gt;  &lt;br /&gt;  Originally uploaded by &lt;a href="http://www.flickr.com/people/18983511@N00/"&gt;fantomas.vengeurmasque&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br clear="all" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-7702539790287426454?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/7702539790287426454/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=7702539790287426454' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/7702539790287426454'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/7702539790287426454'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2007/12/cravate-ou-noeud-pap.html' title='cravate ou noeud pap?'/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://farm3.static.flickr.com/2321/2138116680_1282b751bf_t.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-5898443617995854513</id><published>2007-12-26T11:56:00.000+01:00</published><updated>2008-02-06T17:55:45.615+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;JOURNAL D'ADRIEN DEUME&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;   Rita Kertani m’avait bien fait comprendre dans l’avion que ma présence au bureau le matin de mon arrivée était « indispensable ». J’avais bien compris au ton qu’elle employait qu’il allait falloir remettre à plus tard la douche et les quelques heures de sommeil réparatrices. Apparemment, le Secrétaire Général de notre organisation et le Directeur Général des Nations Unies Genève souhaitaient tous les deux un débriefing rapide de notre mission.&lt;br /&gt;La perspective d’arborer une fois de trop mon costume dépareillé qui avait connu les affres de la crise syldave me causait une certaine appréhension, mais un ordre était un ordre et après tout, l’image du fonctionnaire de terrain rentrant d’une mission difficile la chemise et la mine chiffonnées posait le personnage… Une publicité pour parfum d’homme trouvée dans une revue m’avait servi de source d’inspiration : c’est avec deux longues rides me barrant le front, la démarche virile et chaloupée, et un regard que j’essayais de faire le plus mystérieux possible que je me présentais au portail d’entrée place des Nations. Le garde ne sembla pas le moins du monde impressionné, la mention de ma tout récente mission en Syldavie orientale avec les grosses huiles du Palais paraissait même l’irriter. Il se fit un plaisir de me demander ma pièce d’identité, ce qui m’obligea à retourner le contenu de ma valise à la recherche du précieux laissez-passer bleu. Et une fois le document en main, il m’informa négligemment que de toute façon, tout porteur d’une valise devait désormais passer obligatoirement par le portail Pregny, entrée des visiteurs distante d’au moins 500 mètres. Tout en tentant tant bien que mal de refermer ma valise, je me repassais intérieurement l’intégrale des insultes du capitaine Haddock. Cet âne borné m’empêchait de réaliser mon fantasme d’une remontée triomphale du Palais le long de l’allée des drapeaux. Le temps se rafraîchissant, il me fallait refermer les boutons de chemise que j’avais savamment ouvert pour dévoiler une partie de mon torse, c’est en effet ainsi que les héros de parfum semblaient toujours séduire les plus belles femmes fatales. Mais je remettais à plus tard mes rêves de séduction car il me fallait avant tout pénétrer dans le Palais et ça n’allait pas être une mince affaire.&lt;br /&gt;En effet, les gardes du portail Pregny étaient réputés pour être encore plus vicelards que leurs collègues de la place des Nations. Obsédés par l’apparent mépris que le personnel du Palais leur portait selon eux, ils se vengaient généralement sur les touristes qui ont eux le malheur d’ignorer le règlement de sécurité et ses divers chapitres et sous-chapitres. Ayant pour ma part une confiance aveugle dans le pouvoir du badge rouge de fonctionnaire, j’oubliais qu’à cette heure je ressemblais davantage à un violoniste roumain ayant arpenté tous les trottoirs d’Europe ou pire, à un manifestant alter mondialiste venu soulever la question de l’accord entre les principes et les actions des Nations Unies… Le regard soupçonneux posé sur ma ceinture en peau de crocodile qui ne cessait de faire retentir le portail métallique, les gardes me demandèrent de les rejoindre dans un bureau adjacent. Là, l’alternative me fut clairement exposée, soit j’acceptais de me soumettre à une fouille au corps, soit il allait me falloir répondre à un questionnaire détaillé sur mon passé et mes inclinations politiques et philosophiques actuelles. D’une voix blanche, je leur rappelais que l’habit ne faisait pas le moine, et qu’en dépit de mon allure quelque peu négligée, j’avais sur moi tous les attributs nécessaires à un fonctionnaire pour entrer sur son lieu de travail. J’avais là marqué un point. En bon fonctionnaire obtus appliquant la lettre plutôt que l’esprit de la règle, les gardes de sécurité durent reconnaître qu’il n’y avait aucune raison objective de m’empêcher de rallier mon bureau. Un coup de fil à Grettel qui leur confirma que je travaillais bien au Palais, leur cloua définitivement le bec. Tout en marchant vers le bâtiment, je peaufinais ma théorie de la corrélation inverse entre port de l’uniforme et humanisme. Mais Grettel ne me laissa pas le loisir de pousser plus avant ma réflexion. Elle m’attendait à l’entrée, un sourire aux lèvres et pressée de m’offrir un pot de bienvenue. Mais une fois arrivé à sa hauteur, elle dût elle-même convenir qu’avant de prendre un café ensemble, il était primordial que je puisse prendre une douche. Grettel m’emmena alors à la salle dont la localisation exacte était connue uniquement des membres du « club de jogging des Nations Unies ». On y trouvait en effet des vestiaires flambant neuf et une rangée de douches où les acharnés de la course à pied du midi se remettaient de leurs efforts.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;C’est frais et dispos que je retrouvais Grettel. Elle m’attendait patiemment sous les peintures naïves du bar des délégués car elle brûlait d’en savoir plus sur ma mission en Syldavie et sur les informations de première main que je détenais désormais sur toutes les huiles du système. Mais il me fallait faire vite car je ne doutais pas que Rita Kertani m’ait déjà laissé plusieurs messages sur mon téléphone. Je lui brossais donc une rapide synthèse des évènements majeurs, laissant dans le vague les détails pour notre prochaine rencontre. L’anecdote des bruits nocturnes éveilla fortement son attention. Je la quittais alors qu’elle était déjà plongée dans d’intenses réflexions sur les divers moyens à sa disposition pour confirmer qui était le couple qui s’était constitué lors de cette mission.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un bref passage par le bureau de Darius Rafsandjani, le secrétaire de ma chef, me confirma qu’une fois de plus les instructions de Rita Kertani étaient destinées aux autres plutôt qu’à elle-même. On ne l’avait pas encore revue au bureau et personne n’était en mesure de dire quand elle serait de retour. Elle avait sans nul doute profité de ce que le rendez-vous avec Rodrigo Rojas, notre Secrétaire Général avait été remis.&lt;br /&gt;Rojas était en effet essentiellement préoccupé à l’heure actuelle par le processus électoral en cours dans son pays, le Paraguay, car il comptait bien revenir dans le jeu ou à tout le moins peser sur le vainqueur. Il avait lui-même derrière lui une longue carrière de politicien qui avait connu son Capitole comme sa roche tarpéienne. Leader du Parti conservateur paraguayen, il avait connu divers mandats ministériels allant de la Culture à la Santé en passant par les Affaires Etrangères, un éclectisme qui avait culminé avec sa nomination il y a 5 ans de cela comme Premier ministre du Paraguay. Mais de forts soupçons de malversations et d’enrichissement personnel l’avaient contraint à se retirer en cours de mandat. Une courte traversée du désert ne l’avait pas fait oublier de ses obligés qui avaient entrepris un lobbying efficace pour qu’il obtienne la présidence de l’Organisation Postale Universelle. Une position au poids politique limité mais comportant des privilèges non négligeables qui rassuraient Rodrigo Rojas sur le fait qu’il appartenait encore au cercle de ceux qui comptent…&lt;br /&gt;Néanmoins, Rodrigo Rojas s’était rapidement lassé de limiter ses audiences au directeur des postes ouzbeks ou au président de l’association internationale des collectionneurs de timbres animaliers. Il avait donc réactivé ses réseaux new yorkais et lancé une intense campagne pour prendre la tête de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle. La bataille avait été rude face au candidat présenté par le Groupe Africain, le Mauritanien Mokhtar Ould Dadah. Ce dernier, rompu à la diplomatie de couloir, avait finalement emporté la décision et convaincu le conseil d’administration de l’OMPI de lui confier les rênes de l’organisation. Son incontestable méconnaissance des sujets n’avait pas nui à défaut d’avoir convaincu, mais elle avait été heureusement contrebalancée par une prodigalité sans bornes. Les délégués des pays membres du conseil d’administration s’étaient ainsi vus offrir de fausses cravates de marques italiennes, ainsi que des montres Rolex fournies par paquets de douze à Ould Dadah par l’Ambassadeur de Mauritanie en Chine. Un geste d’amitié pour le candidat mauritanien, un inqualifiable soutien à la contrefaçon pour Rodrigo Rojas qui digérait mal d’avoir trouvé plus cynique et plus dénué de scrupules que lui…&lt;br /&gt;En désespoir de cause, Rojas avait donc dû se contenter de la présidence de l’ANUS-SEC Agence des Nations Unies pour la Solidarité- Secrétariat à l’Economie et à la Coopération. Il allait sans dire que tout le monde préférait de beaucoup l’acronyme anglais UNAS-ECS (United Nations Agency for Solidarity-Economy and Cooperation Secretariat) moins tendancieux… C’est cette agence qui m’avait recruté et ce personnage que je m’apprêtais à rencontrer avec Rita Kertani et Taguri Imo pour l’éclairer sur les conséquences du règlement de la crise syldave pour notre agence.&lt;br /&gt;Cependant, bien plus que le contenu de mon exposé, un autre problème ne cessait de me préoccuper. Quel nœud papillon allais-je pouvoir arborer lors de notre entretien, car Rodrigo Rojas avait désormais les cravates en horreur… Il me fallait demander conseil à Léon Andrianampoinimerina qui dans une vie précédente avait tenu une boutique de confection pour hommes à Antananarivo. Mais il était déjà 17h45, il me fallait me dépêcher car Léon animait tous les soirs à 18h les réunions de l’association des Malgaches de Genève. Je refermais brutalement les dossiers laissés en plan avant mon départ et me dirigeais d’un pas vif vers le fonds du couloir à la recherche du temps perdu et de Léon. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-5898443617995854513?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/5898443617995854513/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=5898443617995854513' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/5898443617995854513'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/5898443617995854513'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2007/12/journal-de-bord-dadrien-deume-rita.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-9131550344065958839</id><published>2007-12-17T23:53:00.001+01:00</published><updated>2007-12-17T23:53:50.693+01:00</updated><title type='text'>le petit oiseau va sortir!</title><content type='html'>&lt;div style="float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;"&gt; &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2118410903/" title="photo sharing"&gt;&lt;img src="http://farm3.static.flickr.com/2092/2118410903_e94f64144e_m.jpg" alt="" style="border: solid 2px #000000;" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style="font-size: 0.9em; margin-top: 0px;"&gt;  &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2118410903/"&gt;le petit oiseau va sortir!&lt;/a&gt;  &lt;br /&gt;  Originally uploaded by &lt;a href="http://www.flickr.com/people/18983511@N00/"&gt;fantomas.vengeurmasque&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br clear="all" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-9131550344065958839?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/9131550344065958839/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=9131550344065958839' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/9131550344065958839'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/9131550344065958839'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2007/12/le-petit-oiseau-va-sortir.html' title='le petit oiseau va sortir!'/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://farm3.static.flickr.com/2092/2118410903_e94f64144e_t.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-4389367819236161140</id><published>2007-12-16T18:45:00.000+01:00</published><updated>2008-02-06T17:56:11.944+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;JOURNAL D'ADRIEN DEUME&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Une fois la lumière éteinte par mes soins, je pouvais sans rougir retirer mon pantalon. J’avais effectivement mes petites habitudes et dormir en caleçon était l’une d’entre elles. Depuis mon recrutement par l’ONU, j’avais fait l’acquisition d’un magnifique caleçon bleu ciel arborant en son centre une colombe de la paix tenant un rameau d’olivier dans son bec. Ce caleçon avait déclenché l’hilarité de ma femme lorsque je l’avais porté pour la première fois dans le lit conjugal. Me prendre le bras tout en criant « Attention le petit oiseau va sortir ! » avant de pouffer était devenu sa distraction favorite. Je ne trouvais pour ma part rien de ridicule à ce caleçon élégant et confortable à la fois. C’est pourquoi en dépit des blagues éculées de mon épouse, j’avais décidé de persister, comptant sur le fait qu’elle se lasserait la première. Il va sans dire que j’avais décidé d’emmener avec moi ce caleçon pour ma première mission officielle comme fonctionnaire de l’ONU…&lt;br /&gt;Rendu nerveux par les cafés avalés à chacune des pauses de cette longue journée, je ne cessais de me tourner et retourner dans le lit. Certain que des évènements importants allaient se dérouler le lendemain, je tentais d’évaluer de quelle manière je pouvais jouer un rôle qui me fasse remarquer. Peut-être pouvais-je proposer à M. Milla de faire office de garde du corps ? Ou pourquoi ne pas proposer à Sigurvinsson que l’on m’envoie en éclaireur pour tenter de prendre contact avec le bureau du PNUD ? C’est dans un état de semi-rêverie où je m’imaginais courir héroïquement d’un abri à un autre au milieu de tirs croisés, que je fus rendu à la réalité par d’étranges bruits venus de ma gauche. Des grincements qui semblaient provenir d’un des lits de camp étaient doublés de grognements assourdis et d’encouragements vivaces bien que chuchotés. Inquiet de l’éventuelle infiltration de soldats syldaves, je me tenais aux aguets, prêt à jaillir et à leur lancer au visage le projecteur pour power point que j’avais rangé sous mon lit. Néanmoins les bruits s’atténuèrent sans que je puisse déterminer leur provenance exacte. Je m’apprêtais à céder au sommeil lorsque les grognements et halètements divers reprirent. Cela devenait agaçant et seule la perspective de réveiller la crème des Nations Unies au milieu d’un sommeil réparateur m’empêchait d’allumer la lumière pour en avoir le cœur net. Soudainement, une illumination me laissa interdit : un couple était probablement en train de se former sous mes yeux, ou plutôt mes oreilles ! Ces bruits divers ne pouvaient prêter à confusion plus longtemps. Un large sourire aux lèvres, je cherchais désormais à identifier les parties prenantes en tentant de me remémorer mentalement la répartition des fonctionnaires dans notre sous-sol. Très vite, il me sembla clair que l’on ne pouvait impliquer Singh et Nguyen, mais qu’au contraire Taguri, Sigurvinsson, Mary O’Neil, Audrey Revêche, de la FAO, et Jan Vanlorenberghe, responsable d’OCHA, n’étaient sans doute pas blancs comme neige dans cette affaire. Malheureusement, il me semblait impossible d’être plus précis sans sortir de mon lit et m’approcher de la source sonore. Je me résignais donc à me contenter d’hypothèses et me félicitais d’avoir conservé les boules quiès distribuées dans l’avion…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce fut le directeur de l’hôtel qui vint nous réveiller le lendemain matin. Il nous annonça que la capitale avait beaucoup souffert des combats nocturnes. Néanmoins, il semblait que les responsables des deux camps en présence avaient décidé de se retrouver ce même jour en fin de journée pour tenter de trouver un terrain d’entente. Dans l’intervalle, le Directeur nous recommandait de ne pas quitter l’hôtel. Aucun de nous de toute façon ne semblait avoir ce désir. Dans l’immédiat, la préoccupation était surtout de pouvoir prendre sa douche sans redouter à tout moment la chute d’un missile. Le groupe se divisa donc en deux, la moitié prenant sa douche pendant que l’autre scrutait l’horizon par les fenêtres de l’hôtel, attentifs à toute traînée blanche suspecte… Pour ma part, j’avais décidé d’élucider le mystère de la nuit précédente et je surveillais de près les cinq suspects. Sigurvinsson n’avait-il pas lancé un sourire complice à Mary O’Neil pendant le petit déjeuner ? La main que Vanlorenberghe avait posée sur le bras d’Audrey Revêche, outre qu’il contrevenait aux règles ONU les plus élémentaires en matière de harcèlement sexuel, n’était-ce pas la preuve qu’ils étaient désormais beaucoup plus proches que le jour précédent ? En même temps, le regard de Sigurvinson à Taguri me semblait bien trop appuyé pour être honnête… Tout devenait révélateur mais rien n’était probant.&lt;br /&gt;Ces cogitations complexes n’étaient finalement que le révélateur de l’extrême ennui dans lequel nous baignions. La journée s’étirait en longueur. Il avait été décidé d’un commun accord de ne plus reprendre notre réunion de concertation sur la situation syldave puisque cette même situation évoluait plus vite que nous. Tout le « networking » qui pouvait être fait avait déjà été accompli et mis à part ceux qui se connaissaient intimement avant cette réunion, la plupart des membres de notre groupe n’avaient plus rien à dire aux autres. Seul Massoud restait pendu à son téléphone, seul lien qui lui restait avec la réalité extérieure qu’il tentait encore d’influencer. Mais le manège de la vie réelle et de ses soubresauts tournait sans nous, et nous étions sur le bas-côté…&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Les pales d’hélicoptère déchirant le ciel ou les rafales de kalachnikovs se faisaient de moins en moins entendre. Le directeur de l’hôtel nous autorisa à remonter à l’étage et notre groupe se divisa suivant ses diverses inclinations. Certains traînaient dans les boutiques à la recherche de l’objet luxueux bon marché, d’autres préféraient dépenser leur per diem aux machines à sous de l’hôtel, tous taisaient leurs éventuels scrupules en déclarant qu’ils faisaient ainsi de la redistribution de revenus…&lt;br /&gt;Rita Kertani, visiblement déstabilisée par cette situation si éloignée de son quotidien bureaucratique genevois fait d’onctueuses discussions diplomatiques, retrouvait son équilibre en gardant constamment auprès d’elle mon collègue Taguri. Elle réaffirmait ainsi son autorité et retrouvait une apparence de confiance en elle. En effet, le désintérêt manifeste que professait à son égard les autres membres de la délégation la touchait douloureusement, elle qui avait constamment le besoin de se voir rassurée sur son statut. Pour ma part, je faisais mon possible pour disparaître de ses pensées et cela passait avant tout par une disparition de son champ de vision. Là où elle se trouvait, je n’étais pas et inversement. Cela me mettait sur les nerfs de devoir constamment surveiller si Kertani n’allait pas arriver dans mon dos, et je décidais pour me calmer de faire moi aussi de la redistribution de revenus en finançant la viticulture syldave. Accoudé au bar, je sympathisais avec Goran ainsi qu’avec un vin de table local qui tous les deux me rendaient le sourire. Goran était curieux d’en savoir plus sur ma vie de fonctionnaire onusien qui lui paraissait si lointaine et différente de la sienne. Mais je ne cessais de me dérober à ses questions car c’est son mode de vie à lui qui m’intéressait. Je n’avais aucune envie de lui raconter dans le détail la superficialité de beaucoup de relations genevoises, les charmes vénéneux du luxe facile, ou les quiproquos perpétuels d’un environnement aussi international.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous étions tous réunis devant le poste de radio qui retransmettait depuis l’hôtel de ville où se déroulaient les discussions entre loyalistes et rebelles. Evidemment, aucun d’entre nous ne comprenait le moindre mot de syldave, et nous restions suspendus aux lèvres du directeur qui de temps à autre daignait nous traduire les évènements en cours. Après quelques minutes de ce régime, le visage du directeur s’illumina. Le journaliste venait d’annoncer qu’un accord été signé entre les deux parties qui allaient se partager le pouvoir selon la formule « chabadabada » : le Premier ministre serait loyaliste pendant que le ministre de l’intérieur serait ancien rebelle, le ministre de la Justice serait loyaliste alors que son homologue de l’Economie appartiendrait au camp rebelle etc.etc.&lt;br /&gt;Massoud semblait déconfit. Bien sûr, comme nous tous, il était soulagé de l’heureuse conclusion de la crise. Néanmoins, l’ONU avait été totalement transparent dans cette affaire. Massoud et Milla entamèrent alors un conciliabule d’où il ressortait que, pour paraphraser Cocteau, puisque la situation avait dépassé les Nations Unies, il était vital de prétendre l’avoir organisé. Massoud reprit son téléphone et usant de tous ses réseaux, il mit au point une conférence de presse pour le lendemain, où serait expliqué combien le rôle des Nations Unies avait été crucial dans le règlement de cette crise. Pour ma part, il m’importait peu que les Nations Unies puissent ou non tirer la couverture à eux, je ne demandais qu’une chose, retrouver la quiétude de mon bureau…&lt;br /&gt;Massoud semblant uniquement préoccupé par l’organisation de sa conférence de presse, le reste du groupe délégua Nguyen pour lui faire comprendre que plusieurs d’entre nous avions surtout en tête un départ de Glodeni le plus rapidement possible. Quelques coups de fil du ResRep du PNUD plus tard les business class des vols à destination de New York, Vienne et Genève étaient repeuplées par nos soins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Assis dans la navette vers l’aéroport je me repassais le film de cette mission. Pour une première sur le terrain, j’avais fait fort ! Mais je me rendais également compte que mis à part la tenancière de la pension Isabelle, mon chauffeur de taxi ou le barman de l’hôtel, je n’avais pas rencontré de syldave. Passer d’un hall d’hôtel impersonnel à un autre, circuler dans des berlines encadrées de gardes du corps, me baffrer d’ « english breakfast » aux quatre coins du monde, était-ce là le quotidien inévitable du missionnaire des Nations Unies ?&lt;br /&gt;C’est toujours plongé dans mes pensées que je vis s’éloigner les lumières d’une Glodeni apaisée, pendant que notre avion prenait de l’altitude.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-4389367819236161140?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/4389367819236161140/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=4389367819236161140' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/4389367819236161140'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/4389367819236161140'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2007/12/une-fois-la-lumire-teinte-par-mes-soins.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-4781934289848408561</id><published>2007-12-09T12:13:00.001+01:00</published><updated>2007-12-09T12:13:21.821+01:00</updated><title type='text'>hôtel 5 étoiles pour les Nations Unies</title><content type='html'>&lt;div style="float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;"&gt; &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2097660806/" title="photo sharing"&gt;&lt;img src="http://farm3.static.flickr.com/2231/2097660806_34b18dfa6c_m.jpg" alt="" style="border: solid 2px #000000;" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style="font-size: 0.9em; margin-top: 0px;"&gt;  &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2097660806/"&gt;hôtel 5 étoiles pour les Nations Unies&lt;/a&gt;  &lt;br /&gt;  Originally uploaded by &lt;a href="http://www.flickr.com/people/18983511@N00/"&gt;fantomas.vengeurmasque&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br clear="all" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-4781934289848408561?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/4781934289848408561/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=4781934289848408561' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/4781934289848408561'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/4781934289848408561'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2007/12/htel-5-toiles-pour-les-nations-unies.html' title='hôtel 5 étoiles pour les Nations Unies'/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://farm3.static.flickr.com/2231/2097660806_34b18dfa6c_t.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-9009797045283558835</id><published>2007-12-09T11:56:00.000+01:00</published><updated>2008-02-06T17:56:37.189+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;JOURNAL D'ADRIEN DEUME&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En l’absence de possibilité immédiate de quitter le pays par les airs, il fut convenu de rester pour le moment dans ce sous-sol définitivement pas à la hauteur des standards onusiens mais présentant l’avantage indéniable d’être à l’abri des tirs en tout genre. L’humeur n’était pas à la reprise de notre réunion. A quoi bon se projeter dans un futur hypothétique alors que le danger était à nos portes… Le vernis d’urbanité, de culture et de morgue se craquelait lentement mais sûrement, et réapparaissaient des comportements primaires dissimulés pendant de longues années. Notre petit monde retrouvait les codes brutaux des sociétés archaïques, certains s’effaçaient pendant que d’autres apparaissaient sur le devant de la scène. En observant tout cela, je ne pouvais m’empêcher de penser à « Sa majesté des Mouches » de W. Golding.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi, Bjorn Sigurvinsson, le directeur islandais du bureau local du Programme Alimentaire Mondial, en habitué des situations de crise et des questions pratiques, endossa l’habit du chef de troupe. Ce fut lui qui décréta qu’à partir de maintenant la nourriture serait rationnée. A partir de ce moment, il devenait hors de question de pouvoir avoir entrée ET dessert, un choix devrait être fait. Par ailleurs, les bouteilles d’alcool fort seraient préservées afin de servir de palliatif au cas où l’alcool à visée médicale viendrait à manquer. Un murmure s’éleva de notre groupe, peu de ses augustes membres étaient en effet habitués à se voir dicter leur conduite et restreindre leurs envies.&lt;br /&gt;Vers 15h30, Massoud réussit enfin à joindre ses adjoints revenus de leur pause déjeuner. Ces derniers confirmèrent qu’il était désormais vivement déconseillé d’apparaître au dehors. Des blindés patrouillaient en ville et les tirs de mortier avaient remplacé les rafales de mitraillette. Les casques bleus, pour leur part, avaient apparemment décidé d’opérer un repli stratégique dans leur caserne dans l’attente d’un ordre clair.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A intervalles réguliers, j’observais Rita Kertani se décomposer. Elle avait appelé Taguri Imo à ses côtés et lui avait enjoint de ne pas la quitter. Elle apparaissait de plus en plus livide. Ces bruits de guérilla urbaine devaient réveiller chez elle de douloureux souvenirs. Elle avait en effet quitté l’Afghanistan lors de l’invasion soviétique et refusait depuis lors d’adresser la parole à un quelconque Russe, ce qui ne manquait pas de poser de graves problèmes protocolaires au Palais des Nations que beaucoup surnommaient en plaisantant la « datcha de fonction des apparatchiks russes ». En effet, pendant de longues années, tout bon diplomate ou espion soviétique devait être passé au préalable par l’ONU où il se frottait au monde non communiste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’état-major de notre micro-société était cette fois définitivement constitué. Penché sur la table, Sigurvinsson avait à sa droite Massoud et à sa gauche Mary O’Neil, représentante du Haut Commissariat aux Réfugiés à Glodeni. Le trio analysait fiévreusement ce qui avait tout l’air d’un plan de campagne. Il me semblait clair que le directeur de l’hôtel leur avait apporté les plans du quartier et que nos chefs mettaient en place une stratégie d’évacuation qui se devait d’être aussi précise que possible. Allait-on devoir faire appel aux casques bleus pour protéger notre fuite ? Cela semblait probable. Mais toute aide allait probablement être la bienvenue et il me semblait que c’était le moment pour moi de signaler ma longue expérience du ball trap. Bientôt dix ans que j’abattais mes dix assiettes hebdomadaires et cela n’allait pas être négligeable à l’heure de tenir une carabine pour protéger notre vie ! Je ne pouvais m’empêcher de penser en souriant que les rebelles syldaves avaient de la chance que mon collègue américain Arthur Johnson n’ait pas fait partie de notre petit groupe. Ce militant acharné de la National Rifle Association avait en effet créé « l’association onusienne des ball trappeurs » et il était la terreur des lapins de garenne des bords de lac Léman. Cette fine gâchette aurait fait un renfort de poids à l’heure d’affronter les snipers syldaves !&lt;br /&gt;Je m’approchais de Sigurvinsson et me penchais sur la carte. Celle-ci m’apparaissait bien éloignée de la topographie du quartier et je ne comprenais pas que l’éventuelle proximité de sanitaires, tel que venait de le signaler Mme O’Neil, puisse représenter un enjeu quelconque dans le contexte de notre évacuation. Tout s’éclaira quand Sigurvinsson m’expliqua que l’on m’attribuait le lit de camp le plus rapproché de la porte pour pouvoir allumer la lumière si nécessaire. En lieu et place d’un rigoureux plan d’évacuation des autorités onusiennes, Sigurvinsson, Massoud et O’Neil travaillaient à la répartition des lits de camp pour la nuit que nous allions devoir passer dans le sous-sol… Il s’agissait là d’une tâche extrêmement délicate, une équation qui comprenait diverses variables : sexe des individus, mais également leur grade, leur ancienneté ainsi que leurs affinités. Les discussions avaient permis d’arriver à un compromis acceptable par toutes les parties. Il avait été convenu que les femmes seraient regroupées à proximité immédiate des toilettes. Pour ce qui était des hommes, l’idée d’un découpage de la salle en secteurs géographiques avec regroupement par continent avait été abandonnée au profit d’une répartition par ordre alphabétique. Il avait néanmoins fallu remédier à une faille de ce système. Mon nom de famille m’aurait permis de prétendre à la place la plus rapprochée du chauffage, autrement dit la meilleure place. Or, il semblait pour le moins incongru que le moins « senior » des représentants soit le bénéficiaire de cette meilleure place. On avait donc introduit un amendement à la répartition par ordre alphabétique pour préciser que dans mon cas, c’est le prénom qui faisait foi. Ce jésuitisme, tout en sauvant les apparences d’égalité, permettait à Sigurvinsson de réserver cette place de choix à Roger Milla, directeur des Affaires Politiques, faveur que le directeur du PAM espérait secrètement se voir retournée sous la forme d’une promotion une fois que les choses seraient rentrées dans l’ordre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le temps s’écoulait lentement et les longues plages d’ennui étaient seulement troublées par des canonnades de plus en plus rapprochées. Le directeur de l’hôtel venait régulièrement nous donner les dernières nouvelles du dehors. D’intenses combats se déroulaient en périphérie de Glodeni alors que les pays occidentaux avaient demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU pour discuter des mesures à prendre. « La première des mesures serait de nous sortir de là » maugréait Singh qui en avait pourtant vu d’autres. Massoud y travaillait. Il avait réussi à louer un 747, mais les discussions achoppaient pour le moment sur deux points cruciaux : qui allait payer – Massoud estimant qu’il fallait évacuer d’abord et que l’on réglerait ce problème par la suite - et quelles étaient les agences prioritaires si l’on ne pouvait évacuer tout le monde en une fois? Il semblait clair que seul le Conseil de sécurité était à même d’apporter les réponses à ces questions cruciales.&lt;br /&gt;Un dîner frugal nous fut servi mais personne n’avait le cœur à festoyer. Les cœurs étaient lourds et les fronts soucieux. Massoud tentait de détendre l’atmosphère avec une anthologie de l’humour syldave mais ses tentatives tombaient à plat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les lits de camp avaient été installés. Plusieurs d’entre nous, au premier rang desquels Rita Kertani, avaient bien tenté d’obtenir la suite présidentielle de l’hôtel à un tarif préférentiel au vu des circonstances, mais le directeur s’y était refusé. Ce n’était pas qu’il dédaignait des rentrées financières qui auraient été bienvenues dans le contexte actuel, mais le risque était trop grand de découvrir la chambre dévastée par un missile au petit matin. L’assurance de l’ONU aurait alors pu se retourner contre lui pour rembourser la somme conséquente que l’organisation verse en cas de décès dans le cadre d’une mission.&lt;br /&gt;Il fallait donc nous rendre à l’évidence. Il n’y avait pas d’autre solution que de rester au sous-sol pour cette nuit. Il serait toujours temps d’aviser demain matin. Tout en s’installant commodément dans son lit, NGuyen nous racontait en rigolant qu’il n’avait pas dormi dans de telles conditions depuis la guerre du Vietnam où, jeune officier vietcong, il s’était fait remarquer de sa hiérarchie pour son ardeur au combat. Rita Kertani, elle, s’était enfermée dans un mutisme profond. Taguri ne la quittait pas d’une semelle mais il allait pourtant bien falloir qu’il prenne le lit qui lui avait été assigné et laisse Kertani à ses tourments…&lt;br /&gt;Ce fut Sigurvinsson qui donna le signal de l’extinction des feux. Il nous fallait être reposés car une rude journée nous attendait demain nous dit-il. Des rendez-vous avec les représentants de la société civile et des syndicats syldaves étaient en effet toujours au programme, mais si la situation se dégradait encore une procédure d’évacuation serait lancée. Dans les deux cas, cela n’allait pas être une partie de plaisir…&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-9009797045283558835?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/9009797045283558835/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=9009797045283558835' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/9009797045283558835'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/9009797045283558835'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2007/12/journal-de-bord-dadrien-deume-en.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-7632517258831229247</id><published>2007-12-05T23:21:00.001+01:00</published><updated>2007-12-05T23:21:29.897+01:00</updated><title type='text'>on ne plaisante pas avec un samourai</title><content type='html'>&lt;div style="float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;"&gt; &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2090023664/" title="photo sharing"&gt;&lt;img src="http://farm3.static.flickr.com/2049/2090023664_fee652fca4_m.jpg" alt="" style="border: solid 2px #000000;" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style="font-size: 0.9em; margin-top: 0px;"&gt;  &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2090023664/"&gt;on ne plaisante pas avec un samourai&lt;/a&gt;  &lt;br /&gt;  Originally uploaded by &lt;a href="http://www.flickr.com/people/18983511@N00/"&gt;fantomas.vengeurmasque&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br clear="all" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-7632517258831229247?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/7632517258831229247/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=7632517258831229247' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/7632517258831229247'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/7632517258831229247'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2007/12/on-ne-plaisante-pas-avec-un-samourai.html' title='on ne plaisante pas avec un samourai'/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://farm3.static.flickr.com/2049/2090023664_fee652fca4_t.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-7807235129513962297</id><published>2007-12-05T23:07:00.000+01:00</published><updated>2008-02-06T17:56:59.010+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;JOURNAL D’ADRIEN DEUME&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chacun s’était placé à table en fonction de ses affinités ou des services et renvois d’ascenseurs qu’il pouvait obtenir de sa voisine ou de son voisin. N’étant utile à personne, je me retrouvais aux côtés de mon collègue Taguri Imo.&lt;br /&gt;Je pris cela comme l’occasion de mieux le connaître car il faut bien dire que depuis mon arrivée dans l’organisation, je n’avais encore eu guère l’occasion de le fréquenter. Afin d’entamer notre conversation sur des bases amicales, je rassemblais à grand peine tout ce que je savais du Japon, son pays d’origine. Malheureusement, mes digressions sur le code d’honneur des samouraïs, la fascination déviante de beaucoup de ses compatriotes pour les petites culottes de collégiennes ou la BD Manga n’éveillèrent chez lui qu’un intérêt poli et une attention limitée. Taguri était pourtant l’archétype du samouraï, ou un moine-soldat dévoué à la cause de son organisation et au service de sa hiérarchie. Il avait cette capacité unique à devancer les demandes de Rita Kertani avant même que l’esprit de cette dernière n’ait eu le temps de matérialiser ces mêmes requêtes. Cela demandait de grandes qualités d’anticipation, une concentration de tous les instants et une admirable souplesse de l’échine.&lt;br /&gt;Résigné à revenir aux thèmes de conversation habituels entre collègues de travail, je lui demandais donc les raisons de sa venue à Glodeni. De son discours confus, je retenais que Rita Kertani avait souhaité qu’il développe une expertise à la fois sur la région et sur les thèmes économiques et sociaux dans le contexte d’une reconstruction post-conflit. Cette expertise à venir devant s’ajouter aux multiples autres casquettes de Taguri. Il était en effet l’homme-lige indispensable pour tous les évènements diplomatiques dans lesquels notre service pouvait être impliqué. Mais il était également notre spécialiste sur des questions aussi diverses que le droit des quotas de pêche dans l’Océan Pacifique, l’analyse mathématique de l’impact de la baisse des tarifs douaniers sur les produits non-agricoles, les questions de migrations temporaires de travailleurs ou les techniques de négociation appliquées aux négociations multilatérales.&lt;br /&gt;Outre qu’un tel portefeuille de responsabilités laissait peu de chance à une réelle spécialisation et à une expertise solide, il était savoureux de voir ce grand timide intervenir dans différents forums pour présenter d’une voix mal assurée les meilleures façons de s’imposer dans une négociation, de faire entendre son point de vue et de valoriser ses intérêts avant tout. C’était un peu comme d’entendre un cardinal donner des leçons en matière de sexualité ! Mais Taguri me semblait être un bon gars qui avait avant tout évalué froidement et objectivement le rapport de force entre sa propre personnalité et le statut de sa chef, et en avait conclu que sa destinée à lui était probablement de travailler le plus dur possible et de se coller dans le sillage de celui ou celle qui le récompenserait en retour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après avoir fait le tour des informations essentielles à échanger entre collègues de travail, j’aspirais à d’autres sujets de conversation et, prétextant un verre vide qu’il me fallait d’urgence remplir, je me rapprochais de mon collègue de gauche.&lt;br /&gt;Viswanathan Singh, sikh doté d’un magnifique turban, était le Directeur adjoint de l’Office International des Migrations à Genève. Il semblait revenu de tout et surtout de son idéalisme de jeunesse. Il m’évoqua ainsi d’un air désabusé sa carrière en montagnes russes, qui évolua par à-coups au gré des intrigues de couloir. D’un ton sentencieux, il affirma que la moitié des plus hauts dirigeants des Nations Unies étaient des crétins. Mon regard outré l’amusa et il s’empressa de rectifier : « cher monsieur, je retire ce que je viens de dire, à savoir qu’une moitié des plus hauts dirigeants des Nations Unies est composée de crétins, une moitié des plus hauts dirigeants des Nations Unies n’est donc pas composée de crétins ». Je sentais confusément que cette dernière rectification était pleine de sous-entendus, mais au vu de l’état de perplexité dans lequel je me trouvais je fis mine d’acquiescer sans chercher d’éclaircissement.&lt;br /&gt;Singh s’était déjà tourné vers son propre voisin de gauche, Carotas Agouglu, Conseiller spécial pour les projet spéciaux du Secrétaire Général. Leurs souvenirs de mission commune allaient nourrir leur conversation jusqu’à la fin du repas. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Pendant ce temps, j’allais retrouver le directeur de l’hôtel car les échanges de tirs ne cessaient pas au-dessus de nous, bien au contraire. Bien qu’assourdis, les bruits que nous entendions n’étaient plus ceux d’armes légères mais bien d’armes lourdes. Le Directeur de l’hôtel confirma mes craintes, la situation s’était encore dégradée. L’émetteur de la radio-télévision nationale avait été conquis de haute lutte par des émeutiers et l’aéroport était désormais fermé. D’un air grave, le directeur prit la parole pour annoncer ces nouvelles angoissantes à l’ensemble des convives, coupant dès lors l’appétit à tout le monde. Au diable les crèmes brûlées, il fallait maintenant se préoccuper de survie !&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-7807235129513962297?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/7807235129513962297/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=7807235129513962297' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/7807235129513962297'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/7807235129513962297'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2007/12/journal-de-bord-dadrien-deume-chacun.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-1691950347296964913</id><published>2007-12-02T21:50:00.001+01:00</published><updated>2007-12-02T21:50:55.569+01:00</updated><title type='text'>les nations unies lavent plus blanc</title><content type='html'>&lt;div style="float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;"&gt; &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2081103327/" title="photo sharing"&gt;&lt;img src="http://farm3.static.flickr.com/2379/2081103327_83685bfed4_m.jpg" alt="" style="border: solid 2px #000000;" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style="font-size: 0.9em; margin-top: 0px;"&gt;  &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/2081103327/"&gt;les nations unies lavent plus blanc&lt;/a&gt;  &lt;br /&gt;  Originally uploaded by &lt;a href="http://www.flickr.com/people/18983511@N00/"&gt;fantomas.vengeurmasque&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br clear="all" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-1691950347296964913?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/1691950347296964913/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=1691950347296964913' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/1691950347296964913'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/1691950347296964913'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2007/12/les-nations-unies-lavent-plus-blanc.html' title='les nations unies lavent plus blanc'/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://farm3.static.flickr.com/2379/2081103327_83685bfed4_t.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-446675970562815910</id><published>2007-12-02T21:42:00.000+01:00</published><updated>2008-02-06T17:57:56.570+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;JOURNAL D’ADRIEN DEUME&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est la tête penchée dans une liasse de papiers, l’air absorbé et le front soucieux que je fis mon retour dans la salle mais mon subterfuge était bien inutile, tout le monde m’avait déjà oublié. On ne discutait plus que des nouvelles alarmantes qui circulaient. Selon une dépêche transmise à M. Massoud, la situation s’était soudainement dégradée dans la matinée ; des tirs avaient été entendus autour de la légation papale. Néanmoins, comme dans la même rue se trouvait le siège du Parti Communiste de Syldavie Orientale, les motivations des auteurs de ces tirs restaient obscures. Par ailleurs, des bruits couraient sur la mutinerie possible du régiment de l’armée loyaliste stationné dans les faubourgs de Glodeni. Apparemment, les soldats syldaves avaient peu apprécié de se voir dépossédés des activités de maintien de l’ordre au profit des premiers contingents de casques bleus fidjiens arrivés l’avant-veille. On ne savait trop si c’était la nationalité de ces casques bleus, l’état rutilant de leurs véhicules ou l’attrait qu’ils exerçaient sur les jeunes femmes syldaves qui était le plus dérangeant pour les troupes locales, mais la révolte grondait…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A ma grande surprise, Massoud me redonna la parole dès la reprise de la réunion. En effet, Kertani avait fait le forcing pour que notre organisation fasse le point sur les tenants et les aboutissants internationaux de la crise, en d’autre termes le conflit vu de Genève. Mais ma chef, absolument incapable d’assurer elle-même cet exposé, s’était résignée à me laisser parler. Néanmoins, elle me fit passer un mot avant que je ne commence. Le morceau de papier une fois déplié, me laissa absolument déconcerté. Un coup d’œil rapide à ma chef ne fit rien pour y remédier. Elle me regardait intensément tout en me murmurant, mais j’étais encore trop sous le coup de ce que je venais de lire pour y prêter suffisamment d’attention. Je fixais de nouveau le bout de papier et j’y relisais une fois de plus le mot KISS s’étalant en lettres majuscules. Etait-ce un cri du cœur ? Une déclaration de la flamme que Mme Kertani ne pouvait réfréner plus longtemps ? Ou peut-être ne fallait-il y voir qu’un encouragement, certes assez direct, mais qui était après tout un bon résumé de son caractère. Je trouvais même le geste assez touchant finalement. Je fus cependant tiré de mes pensées par la voix rogue de ma chef qui murmurait de plus en plus fort : Keep It Short and Simple ! C’était bien là le seul KISS que je pouvais obtenir de Kertani… &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;M’étant éclairci la voix, j’entamais le récit des grands conflits que la Syldavie avait connu tout au long du XXe siècle, conflits qui portaient en eux les germes de la crise actuelle. J’en étais au récit des conséquences de la chute du mur de Berlin lorsque qu’une rafale de mitraillettes suivi d’une coupure d’électricité plongea mon auditoire dans l’affolement le plus complet. C’est à quatre pattes que les augustes dirigeants des agences de la galaxie Nations Unies tentèrent dès lors de se réfugier sous la table de réunion.&lt;br /&gt;Le directeur de l’hôtel arriva sur ces entrefaits. Il n’y avait rien à craindre. Il s’agissait simplement de l’expression de mauvaise humeur de certains éléments indisciplinés de l’armée locale qui avaient souhaité faire comprendre aux dirigeants des Nations Unies que les Syldaves préféraient laver leur linge sale en famille et régler entre eux leurs conflits. Néanmoins, comme l’on ne pouvait être sûr que cette mauvaise humeur ne s’exprimerait pas de nouveau, le Directeur avait une suggestion à faire : pourquoi ne tiendrions nous pas nos réunions dans le sous-sol de l’hôtel qui, en dépit de son charme limité, avait l’avantage d’être à l’abri des bombes. L’assistance se tourna vers Massoud, il était après tout le meilleur connaisseur du contexte local et le plus à même de nous informer sur l’utilisation régulière de missiles lorsque les autochtones faisaient preuve de « mauvaise humeur »… Massoud confirma que les Syldaves, notamment dans la partie orientale du pays, avaient du tempérament et que le mieux était d’éviter de les froisser davantage. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;On nous amena donc au sous-sol de l’hôtel où des employés s’affairaient déjà à installer table et chaises à la lumière des torches. Chacun reprit dignement sa place autour de la table et je repris mon exposé comme si de rien n’était. Bien que résolu à faire preuve du plus grand sang froid afin d’impressionner favorablement sur mes aptitudes à résister au stress, je ne pus m’empêcher de tressaillir lorsqu’au beau milieu de mon récit poignant sur la Syldavie victime du blocus imposé aux nations de l’ex-Yougoslavie, la lingère de l’hôtel traversa notre assemblée, un panier de linge sale plein jusqu’à ras bord entre les bras. Notre salle de réunion jouxtait la buanderie de l’hôtel et les draps devaient être propres quoi qu’il en coûte, c’était la réputation de l’hôtel qui était en jeu… L’analyse des divergences dans le positionnement des divers courants du mouvement autonomiste du sud-est syldave fut à peine gêné par le retour de la lingère, qui poussait le chariot de linge propre en nous souriant aimablement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je terminais mon exposé d’un air grave. A mon sens, la situation était explosive et présentait toutes les caractéristiques des conflits nationaux qui avaient agité l’Europe centrale et orientale depuis la chute du communisme. C’est à ce moment que le directeur de l’hôtel fit son retour, il nous annonça que des hélicoptères survolaient la ville en tout sens et que des échanges de tirs avaient été entendus dans le quartier voisin de celui de l’hôtel. De ce fait, il avait pris la décision de servir le déjeuner là où nous nous trouvions. A cette nouvelle, le silence se fit pesant. Nous n’avions plus la force de réagir. Dissertant à longueur de journée sur les conflits qui agitaient le monde, nous nous trouvions cette fois dans l’œil du cyclone, et cela ne réjouissait personne. J’étais peut-être le seul à prendre cela avec plus de détachement. Le privilège de l’innocence et de la naïveté probablement. Cette crise m’apparaissait surtout comme une tranche de vie réelle. Moi qui voulais prendre le monde à bras le corps, j’étais servi ! C’était le moment de voir ce que j’avais dans le ventre. Et puis, j’allais enfin pouvoir agir… &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Mes collègues ne semblaient pas agités des mêmes pensées. NGuyen, directeur du Programme des Nations Unies pour l’Environnement, conversait avec son adjoint sur l’opportunité de faire parvenir aux autorités locales dans les meilleurs délais cinq véhicules électriques et cinq fonctionnant à partir de biocarburants. Cela permettrait aux patrouilles loyalistes, respectueuses de l’environnement, de gagner la bataille de l’opinion publique face aux rebelles. NGuyen réfléchissait déjà au slogan de la campagne. « Pour une armée écologiquement responsable » recueillait son suffrage, alors que son adjoint penchait plutôt pour « Battons nous oui, mais pour l’environnement ! ». De son côté, Massoud tentait d’entrer en contact avec ses bras droits restés au PNUD. Il allait falloir organiser le rapatriement des fonctionnaires de l’ONU qui n’étaient pas essentiels, et deux 747 n’y suffiraient probablement pas…&lt;br /&gt;Kertani, pour sa part, minaudait. Elle s’était rapprochée de Roger Milla, Directeur camerounais du Département des Affaires Politiques à New York. Elle lui expliquait d’une voix doucereuse combien il lui était agréable de pouvoir pratiquer son français et qu’elle regrettait vivement de ne pouvoir plus souvent partir en mission en Afrique sub-saharienne. J’écoutais incrédule. En effet, je l’avais moi-même entendu refuser une mission en Centrafrique car, disait-elle, elle avait lu que l’on y coupait les têtes des automobilistes arrêtés au feu rouge. Par ailleurs, elle avait une peur bleue des maladies tropicales et la Centrafrique n’était pour elle qu’un immense bouillon de culture… Elle avait envoyé à sa place, Justine Marlin, une collègue haïtienne enceinte de 6 mois. Mme Kertani avait probablement dû estimer que son origine haïtienne l’immunisait contre toute maladie. De manière générale, Mme Kertani ne professait pas une grande affection pour le continent africain. Pour elle, 53 pays c’était au moins 48 de trop. Elle s’était donc simplifié la tâche en divisant le continent en 5 ensembles : l’Afrique arabophone, qui recueillait toute son attention, l’Afrique francophone l’Afrique anglophone, l’Afrique lusophone et les indéterminés. Cette dernière catégorie était la plus fournie. Y figuraient tous les pays pour lesquels elle n’avait qu’une vague idée de l’histoire et des réalités actuelles. La Centrafrique était pour sa part récemment passée de la catégorie « indéterminée » à la catégorie « francophone » mais pour ma chef, ce n’était pas particulièrement un progrès…&lt;br /&gt;Rita Kertani en était à tresser des louanges au Cameroun et à sa culture millénaire, lorsqu’elle fut interrompue par le directeur de l’hôtel qui nous annonça que le déjeuner était servi. A en juger par l’empressement général à regagner notre table de réunion, les émotions nous avaient ouvert l’appétit…&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-446675970562815910?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/446675970562815910/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=446675970562815910' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/446675970562815910'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/446675970562815910'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2007/12/journal-de-bord-dadrien-deume-cest-la.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-92301912685686453</id><published>2007-11-24T20:07:00.000+01:00</published><updated>2008-02-06T17:58:27.897+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;JOURNAL  D’ADRIEN DEUME&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rien dans ce que je voyais autour de moi ne laissait présager l’imminence d’un conflit armé, mais n’était-ce pas le fameux calme qui précède la tempête ?&lt;br /&gt;Décidé à atteindre la pension Isabelle au plus vite, j’acceptais de bonne grâce la proposition que me faisait l’homme qui s’empressait autour de moi depuis ma sortie de l’aéroport. Il me promettait un prix défiant toute concurrence pour m’emmener où bon me semblait.&lt;br /&gt;M’installant à l’arrière de la Skoda défraîchie, je laissais divaguer mon imagination pendant que défilaient des paysages de banlieues ouvrières sordides entrecoupés de champs où croissaient des légumes gris, à l’image du reste du paysage… Cependant, tout cela ne m’atteignait car j’étais pris par une douce rêverie ; Présenté comme spécialiste de la situation syldave par ma chef, j’exposais d’un air décidé les différentes voies d’action possibles des Nations Unies aux principaux directeurs de l’Organisation ainsi qu’aux plus hauts diplomates. Mes conclusions étaient avalisées par la réunion et l’on me chargeait d’une « mission spéciale » aux contours encore vagues, mais que je me faisais fort de préciser au cours de mon sommeil…&lt;br /&gt;Je fus tiré de ces agréables pensées par la question de mon chauffeur de taxi qui me demandait d’un air grivois si je souhaitais aller saluer des jeunes syldaves de sa connaissance avant d’aller à la pension. D’ailleurs, me précisa-t-il, ces jeunes femmes pouvaient tout aussi bien m’héberger, elles étaient tout à fait hospitalières et je ne pourrais trouver dans tout Glodeni étape plus relaxante que celle qu’il me proposait… De nature curieuse et sociable, je n’aurais en temps normal pas dédaigné une telle rencontre avec de véritables autochtones, car je ne doutais pas de l’intérêt qu’il y avait à discuter de la situation syldave avec des personnes aussi averties que les amies de mon chauffeur de taxi, mais ce soir là, j’étais recru de fatigue. Je remerciais donc poliment Dimitar, comme il s’appelait, lui signalant que ce serait avec grand plaisir que je ferai la rencontre de ses amies autour d’un thé le lendemain car j’étais avide d’obtenir des informations de première main sur la situation locale. Mon chauffeur me dévisagea longuement, d’un air à la fois perplexe et narquois dont je ne comprenais par la raison. Mais sans un mot supplémentaire il me déposa à l’angle d’un carrefour, pointant du doigt une bâtisse informe, c’était là que se trouvait la pension Isabelle. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Ahanant de plus belle, je traînais ma valise et mes deux caisses jusqu’au portillon. A mon coup de sonnette répondit un aboiement furieux. Un chien des plus laids bondissait contre la grille, la bave aux lèvres. Tout cela n’était pas fait pour me rassurer, il était peut-être encore temps de trouver un autre taxi qui m’emmènerait chez une de ces pensions décrites par Dimitar… Mais déjà, une femme aux cheveux hirsutes s’approchait d’un pas traînant. Me protégeant comme je pouvais les mollets en balançant d’avant en arrière et aussi vite que je le pouvais les caisses de documents autour de moi, je me dépêchais de pénétrer à l’intérieur de la maison.&lt;br /&gt;Pour une mission de terrain, c’était une mission de terrain…Les murs à la peinture écaillée suintaient l’humidité, l’électricité fonctionnait par intermittence et l’odeur qui pénétrait mes narines ne présageait rien de bon, qu’elle provienne des toilettes ou de la cuisine… La dame m’emmena à ma chambre sans un mot, elle ne parlait que le syldave et mes notions d’allemand me permettaient tout juste de lui faire comprendre que je ne dînerais pas ici ce soir. Je décidais de faire contre mauvaise fortune bon cœur, après tout j’étais là pour aider des plus malheureux que moi. Me remémorant mes lectures de Nietzche, j’arrivais à me convaincre que la volonté était la source de tout bonheur à venir et que j’allais sortir plus fort de ce genre d’épreuve… Cela ne suffisait malheureusement pas à m’épargner le dégoût qui me prenait à la vision des facéties gymnastiques des puces ayant élu domicile sur mon drap de lit. Il me fallut toute l’aide de Diogène et de sa capacité à distinguer l’essentiel du superflu, pour que je puisse m’endormir enroulé dans ma serviette de bain, le drap asile de puces au pied du lit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Réveillé par le cri du coq, je fis ma valise, décidé à camper au pied du Sheraton plutôt que de rester une nuit de plus dans cet endroit. C’est alors que je m’aperçus que la course en taxi de la veille avait épuisé mes réserves en euros et que j’avais oublié de changer mes travellers chèques à l’aéroport. Pas question de faire un aller-retour à la banque, je n’en avais plus le temps, il fallait que je rejoigne Mme Kertani à la résidence présidentielle. Je déposais donc deux travellers chèques sur le comptoir et m’enfuyant au plus vite, j’apaisais mes scrupules en me disant qu’une fois les travellers échangés, j’avais largement payé ma nuit d’hôtel. Seul inconvénient que j’évitais de me remémorer, une récente circulaire gouvernementale interdisait le change de travellers dans le pays…&lt;br /&gt;J’arrivais devant la résidence présidentielle. Elle avait été transformée en blockhaus, défendue par des soldats armés jusqu’aux dents. Les bras levés, je brandissais aussi haut que possible mon laissez-passer bleu, symbole de l’omniprésence mondiale des Nations Unies, mais du coup, je sentais mon pantalon glisser lentement le long de mes hanches. Il me fallait faire vite, je baissais rapidement un bras pour retenir le pantalon, pendant que l’autre brandissait de plus belle le laissez-passer. Ce geste brusque fut à deux doigts de me valoir une triste fin sur un trottoir de Glodeni… En effet, l’un des cerbères de l’entrée, ignorant les difficultés vestimentaires auxquelles j’étais confronté depuis mon départ de Genève, prit ce mouvement soudain pour un geste inamical et pointa sa mitrailleuse sur moi. Ce qui me sauva fut le ridicule de la situation, je n’avais en effet pas réussi à rattraper le pantalon qui avait glissé jusqu’à mes mollets, dévoilant un caleçon d’un bleu électrique du plus bel effet. Déconcertés, les vigiles ne savaient que faire. Remontant lentement mon pantalon pour éviter toute équivoque, je leur criais que j’étais venu chercher Mme Kertani. Un coup de téléphone et plusieurs dizaines de minutes d’attente plus tard, elle se présenta à la grille. Elle me confirma que le Représentant Résident allait l’amener à la réunion prévue ce matin, et m’enjoignait à y aller sans délai pour préparer notre intervention, puis elle tourna les talons.&lt;br /&gt;Je revins vers Dimitar, hilare car il avait assisté à toute la scène. D’un ton rogue, je lui lançais que je n’avais pas de temps à perdre et qu’il ferait mieux de se concentrer sur sa conduite, je devais en effet être au Sheraton dès que possible. Il démarra en trombe, et après avoir slalomé entre les nids de poule, il me déposa devant le Sheraton. L’urgence première était de remédier à l’absence de ceinture qui m’empêchait de me concentrer pleinement sur l’objet de ma mission. Heureusement, la boutique de l’hôtel gardait en réserve un modèle en peau de crocodile qui allait pouvoir remplir son office, à défaut d’ajouter une touche d’élégance à un costume qui avait mal vécu le séjour à la pension Isabelle…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La réunion se tenait dans le salon « Sarajevo ». Je n’y voyais pas un signe extrêmement positif. Les autres participants étaient déjà plongés dans la dégustation des croissants et autres viennoiseries qui accueillent généralement ce genre de réunions. Tout en déglutissant, le représentant du Programme Alimentaire Mondial expliquait à son collègue d’OCHA (l’Office des Nations Unies de Coordination des Affaires Humanitaires), incapable de parler à ce moment en raison de la taille du pain au chocolat qu’il mâchait consciencieusement, combien il était important que soit organisée aujourd’hui cette réunion sur la distribution de vivres aux réfugiés dont le nombre grandissait chaque jour. En effet, expliquait le représentant du PAM, cet accès à la nourriture allait être un problème absolument crucial dans les semaines à venir. Apparemment, son propre accès à la nourriture l’inquiétait au plus haut point, il venait en effet de se saisir du dernier croissant et l’enfourna d’une traite tout en se tournant vers le délégué du Haut Commissariat aux Réfugiés qu’il connaissait depuis la crise du Biafra.&lt;br /&gt;Mme Kertani arriva enfin, flanquée à ma plus grande surprise d’un de mes collègues japonais, Taguri Imo. Je savais ce dernier proche collaborateur de Mme Kertani, mais j’ignorais totalement qu’il serait présent lors de cette réunion. Kertani évacua mon questionnement d’une phrase ; Taguri était venu renforcer notre délégation car il était primordial de démontrer notre implication au moment où toutes les organisations allaient tenter de se placer et de prendre le leadership de l’action onusienne sur place. Taguri semblait embêté de se trouver là, il ne connaissait rien à la Syldavie et rester dans l’ombre du travail de bureau lui convenait tout à fait.&lt;br /&gt;La réunion fut ouverte par le Représentant Résident du PNUD sur place, c’était un bon point pour Rita Kertani qui avait apparemment repris le fil de son entreprise de charme laissée en jachère pendant de longues années, au vu des œillades et regards appuyés que ne cessait de lui lancer le ResRep.&lt;br /&gt;La situation était grave. Son exposé allait nous le confirmer. Omar Massoud entama un long monologue heureusement sauvé par la technologie. En effet, il semblait évident que cet homme, qui avait le génie de comprimer le minimum d’idées en un maximum de mots comme le disait joliment Churchill, venait de découvrir les merveilles de l’outil power point. Sa présentation recelait toutes les fonctionnalités possibles et imaginables en terme de bruitage, de couleur et d’effet visuel. A tel point que nous n’écoutions plus le discours mais attendions fascinés, de découvrir si le bullet point suivant allait déboucher de la gauche en un bruit de chute d’objet, ou allait au contraire dégringoler de la droite dans un bruit de vaisselle brisée. Plus personne ne s’attardait sur les données objectives de crise syldave mais tout le monde notait les meilleures animations à inclure dans leurs propres futures présentations… &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Pour ma part, bercé par les animations visuelles, je décidais de positionner mon écouteur sur la traduction en russe. Je n’en parlais pas un mot mais les sonorités slaves ne mirent pas longtemps à me plonger dans une intense réflexion les yeux fermés. Furibarde, Rita Kertani m’adressa un coup de coude dans les côtes, ce qui me fit sursauter. Prenant cela comme une demande de parole Omar Massoud me transmis le micro. Je n’avais plus le choix, ma chef était à mes côtés, tous ces yeux de directeurs étaient braqués sur moi, il me fallait être à la hauteur…Prenant mon ton le plus assuré, je demandais à M. Massoud si à son avis, une mission de conciliation entre Mouvement autonomiste du sud-est syldave et République du nord-est syldave était encore à l’ordre du jour. Ma question jeta un léger froid, car Omar Massoud venait de passer les 10 minutes précédentes à démontrer qu’il n’y avait malheureusement plus de place pour la négociation et qu’il fallait se préparer à la guerre. Maudissant intérieurement l’interprète russe qui n’avait pourtant fait que son travail, je précisais ma question en lui demandant si l’intervention d’une organisation pas encore impliquée dans le conflit, telle que la mienne, pouvait avoir un effet bénéfique. Jetant un regard courroucé à Rita Kertani, Massoud répondit sèchement que cela ne lui semblait d’aucune utilité. Il prit ensuite prétexte de cette interruption de son exposé pour proposer une pause café. Cette proposition fut acceptée à l’unanimité des membres présents.&lt;br /&gt;Pour ma part, je décidais d’échapper aux remarques vindicatives de ma chef qui ne manqueraient pas de tomber, et je prétextais un coup de téléphone urgent à donner pour m’éloigner rapidement. Il allait me falloir rattraper le coup et rapidement !&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-92301912685686453?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/92301912685686453/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=92301912685686453' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/92301912685686453'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/92301912685686453'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2007/11/journal-de-bord-dadrien-deume-rien-dans.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-3163404392172924038</id><published>2007-11-19T22:37:00.000+01:00</published><updated>2008-02-06T17:58:49.858+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;JOURNAL D’ADRIEN DEUME&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Booum !! Les yeux exorbités, je venais de glisser de mon lit alors que ma femme se retourna à peine… Cette sensation d’avoir dormi des années durant, comme une souche… Et maintenant cette mauvaise blague : un réveil en sursaut et une constatation qui me glaçait, il était déjà 8h30 !! Je m’étais rendormi après avoir brutalisé comme chaque jour le réveil-matin afin de le faire taire, et mon avion décollait maintenant dans à peine une heure et demi…&lt;br /&gt;En sautillant sur une jambe, j’enfilais mon pantalon, attrapais au vol une chemise fripée et une veste en désaccord profond avec le reste mais là n’était plus l’essentiel. J’allais devoir me coltiner une valise et deux caisses de documents jusqu’à destination. En effet, ma chef avait à la fois exprimé d’un air convaincu l’intérêt que revêtait l’acheminement de ces documents en Syldavie, et d’un même élan l’impossibilité qu’elle avait de prendre en charge ne serait-ce qu’une petite partie de la cargaison…&lt;br /&gt;Piétinant devant l’arrêt de bus en jetant des coups d’oeils anxieux au loin, je me remémorais mentalement tout ce qu’il allait me falloir faire durant cette journée avant de pouvoir goûter à un peu de calme. Il y avait tellement de quoi faire que, plongé dans un abîme de réflexion et assis dans le bus, je faillis rater mon arrêt.&lt;br /&gt;Courant à perdre haleine, je tentais d’une main de retenir mon pantalon que la loi de la gravité attirait vers le bas en l’absence de ceinture, alors que de l’autre main je traînais une valise où j’avais jeté dossiers, vêtements et chocolats à offrir à nos interlocuteurs sur place. C’est le cheveu en bataille et la sueur au front que je me présentais devant une Rita Kertani encore plus glaciale qu’à l’habitude. Me signalant d’un air pincé qu’il était d’usage qu’un subordonné ne fasse pas attendre son chef, elle prit son air le plus sec pour m’annoncer qu’il allait de nouveau falloir démontrer mon « esprit créatif ». En effet, elle avait totalement oublié de s’occuper de son visa pour la Syldavie orientale qui lui était nécessaire en tant que ressortissante afghane, et il aurait évidemment été de fort mauvais goût de contacter maintenant la mission de Syldavie. Outre que l’on fût un samedi matin, nous pouvions également nous dispenser de donner une impression de désorganisation et d’impréparation qui auraient fait tache dans le contexte de la mission. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Il fallait procéder méthodiquement…La chemise remise à l’intérieur du pantalon, la cravate renouée et la mèche savamment rangée sur le côté, je m’approchais, un sourire enjôleur aux lèvres, de l’hôtesse d’accueil. Il faut croire qu’à cette heure mon charme n’opérait qu’à petite dose car l’hôtesse me signala d’un ton froid qu’un passeport en règle était la condition première d’un voyage et que je ne pouvais l’ignorer. Je me tournais vers Rita Kertani, quêtant un soutien qui aurait été bienvenu, malheureusement il me fallait me rendre à l’évidence, Mme Kertani estimant probablement à l’instar du général de Gaulle que l’intendance suivrait, avait rejoint le salon réservé aux voyageurs en classe affaires…&lt;br /&gt;Je décidais alors de jouer le tout pour le tout ; brossant le portrait d’une Syldavie ravagée par les conflits et à l’aube d’une catastrophe encore plus grande, je présentais d’un ton enflammé la grande œuvre que ma chef et moi-même allions mener pour la paix et la prospérité. Le ton vibrant avec lequel je proclamais la volonté de remettre d’aplomb ce pays lors de notre mission me rappelait les grandes heures que j’avais pu passer sur les planches, déclamant des alexandrins sous une perruque enfarinée, mais je devais être encore suffisamment crédible car l’hôtesse accepta de fermer les yeux sur l’absence de visa. Néanmoins elle ne pouvait promettre qu’il en irait de même à Paris car même en transit les passeports étaient examinés, à plus forte raison lorsqu’il s’agissait d’un vol pour un pays aujourd’hui aussi instable que l’était la Syldavie orientale. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;C’est néanmoins le sourire aux lèvres que j’allais annoncer la bonne nouvelle à ma chef. Mais celle-ci avait des préoccupations plus urgentes, le comptoir revues du salon affaires n’avait pas encore été approvisionné ; il me fallut donc aller signaler au chef d’escale l’importance de pouvoir compter sur la dernière livraison de « Cosmopolitain » qui livrait à ses lecteurs et lectrices une étude sans concession sur les ravages de la situation syldave pour l’industrie locale du cuir…Une telle volonté de comprendre les multiples facettes de la crise syldave et de l’aborder sous des angles originaux m’impressionnait grandement, je pris dès lors un exemplaire de « l’Equipe » afin de mieux saisir la portée de l’onde de choc syldave sur l’avenir du patinage artistique d’Europe centrale et orientale… &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;L’entrée dans l’avion me libéra temporairement, en effet Rita Kertani occupait le siège 1C que j’avais conquis de haute lutte pour elle pendant que je me rabattais sur le plus prosaïque 27 F. Le coude de mon voisin sous ma côte, je tentais vainement de déplier « l’Equipe ». Tant pis, il me restait après tout 400 pages de dossier sur la Syldavie orientale à parcourir… Mais à peine le temps de comprendre l’impact de la Révolution Française sur les velléités indépendantistes actuellement à l’œuvre en Syldavie que l’avion se posait à Paris. Il allait falloir jouer serré pour éviter d’être forcé de devoir reprendre le premier vol pour Genève.&lt;br /&gt;Je savais qu’il était illusoire d’espérer attendrir un chef d’escale Air France. Deux décennies de négociations syndicales lui avaient durci la couenne. Ici, il fallait être plus politique. Je présentais ainsi notre mission comme l’avant-garde d’un mouvement plus vaste d’opposition à l’hégémonie américaine en Europe. Nous allions être le fer de lance de la lutte contre l’impérialisme qui menaçait l’avenir de la Syldavie orientale. Et c’est à l’unisson que nous criâmes « l’Europe aux Européens » pendant qu’il me donnait une mâle accolade et m’ouvre le portique de sécurité. Avant qu’il n’ait pu reprendre ses esprits, je me dépêchais de faire passer Rita Kertani qui avait suivi les échanges, un spasme de mépris déformant sa bouche.&lt;br /&gt;Je pouvais enfin souffler, nous touchions au but… Encore quelques heures de voyage et j’allais enfin pouvoir me retrousser les manches pour une bonne cause ! En attendant les 12 travaux d’Hercule, je commençais par le repos du guerrier. Les effluves du sandwich distribué en guise de repas n’avaient pas suffit à me réveiller, je remboursais encore ma dette de sommeil des derniers jours… Mais déjà l’avion atterrissait à Glodeni. Je regardais par le hublot les nuages de fumée recouvrant la ville, me demandant déjà quelle allait pouvoir être ma contribution pour que tout ceci cesse. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;A la descente de l’avion, Rita Kertani tomba dans les bras du Représentant Résident du PNUD sur place. Il avait tout d’un amour de jeunesse que les hasards de la vie permettaient de retrouver, alors qu’on aurait peut être pu s’en passer…C’est du moins ce que ne devait pas manquer de se dire Rita Kertani à la vue de ce grand dégingandé au crâne aussi dépourvu que sa mise. Alors que je m’apprêtais à les rejoindre dans le 4X4 siglé UN garé sur la piste, ils s’engouffrèrent dans le véhicule sans m’attendre et démarrèrent en trombe. Il ne me restait plus qu’à faire la queue avec le reste des passagers en sachant déjà que me serait reproché le temps mis à rejoindre ma chef de mission…&lt;br /&gt;Les bras chargés de ma valise et des deux caisses de documents divers, je rejoignis la petite pancarte à mon nom. Mme Kertani était l’invité personnel de la Présidence et était déjà partie en limousine encadrée de motards patibulaires ; il allait quant à moi me falloir trouver la pension Isabelle. Mais avant cela, je pris le temps d’une profonde inspiration avant de lentement regarder autour de moi, j’étais enfin dans le feu de l’action…&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-3163404392172924038?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/3163404392172924038/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=3163404392172924038' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/3163404392172924038'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/3163404392172924038'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2007/11/journal-de-bord-dadrien-deume-booum-les.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-115922135130693055</id><published>2006-09-25T23:49:00.000+02:00</published><updated>2006-09-25T23:55:51.310+02:00</updated><title type='text'>business_class</title><content type='html'>&lt;div style="float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;"&gt; &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/252747797/" title="photo sharing"&gt;&lt;img src="http://static.flickr.com/48/252747797_fcf5bc7374_m.jpg" alt="" style="border: solid 2px #000000;" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style="font-size: 0.9em; margin-top: 0px;"&gt;  &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/252747797/"&gt;business_class&lt;/a&gt;  &lt;br /&gt;  Originally uploaded by &lt;a href="http://www.flickr.com/people/18983511@N00/"&gt;fantomas.vengeurmasque&lt;/a&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;Mme Kertani est demandée au comptoir VIP...&lt;br clear="all" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-115922135130693055?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/115922135130693055/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=115922135130693055' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/115922135130693055'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/115922135130693055'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2006/09/businessclass.html' title='business_class'/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-115922080528079806</id><published>2006-09-25T23:45:00.000+02:00</published><updated>2008-02-06T18:12:04.421+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;JOURNAL D’ADRIEN DEUME&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce matin, j’avais rendez-vous avec Rita Kertani, ma chef de Département. Je n’avais eu que peu d’occasions de la croiser depuis mon arrivée dans l’organisation et cela ne l’affectait en aucune manière. J’avais déjà entendu parler d’elle, enfin… Parler était un bien grand mot… Généralement, à l’évocation de son nom, mes collègues levaient les yeux au ciel ou adoptaient un sourire narquois pour me souhaiter bonne continuation… J’en déduisais donc que c’était un personnage de l’organisation, à défaut de savoir précisément ce qui motivait leurs silences lourds de sous-entendus…&lt;br /&gt;J’entrais dans son bureau d’un air concentré et le dossier sous le bras comme je l’avais vu faire par mes collègues. Mais d’un geste qui se voulait auguste, elle me demanda de rester sur le seuil, elle était en effet en communication téléphonique avec la mission d’un grand pays donateur. Il me fallait donc patienter dans le couloir, sous l’œil narquois des mêmes collègues qui s’étaient refusés à m’en dire plus sur ma chef. J’en venais à regretter les salles d’attente de dentiste ou un siège et des revues vous étaient au moins fournis….&lt;br /&gt;Enfin, on me fit signe de rentrer, mais pas encore de m’asseoir… Il me fallut rappeler que nous avions convenus d’une réunion de travail sur la Syldavie pour que Rita Kertani m’indique le siège faisant face à son bureau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’étais encore bien incapable de dresser un portrait précis des qualités et défauts de ma chef, mais j’étais déjà sûr d’une chose, elle était dotée d’un opportunisme à toute épreuve et d’une science du placement stratégique de tout premier ordre. Encore ignorante de la situation géographique précise de la Syldavie orientale il y a encore 10 jours, Mme Kertani était désormais intarissable sur le régime des partis de la démocratie syldave chancelante, et sur la composition ethnique de sa population. La Syldavie était désormais le sujet qui retenait l’attention de tous et Mme Kertani adorait par principe les sujets qui retenaient l’attention…&lt;br /&gt;Une réunion de la dernière chance devait se tenir dans les jours qui venaient à Glodeni, capitale de la République de Syldavie orientale. Le Secrétaire général des Nations Unies Genève et notre propre Secrétaire Général devaient s’y rendre, mais auparavant ils souhaitaient qu’un de leurs services fasse un état des lieux précis de la situation et un inventaire des premiers besoins économiques en cas de déclenchement d’hostilités. Mme Kertani avait eu la bonne fortune de se trouver dans l’antichambre lorsque le Secrétaire Général avait commandé d’une voix de stentor qu’on lui amène un directeur ou une directrice n’ayant pas froid aux yeux. Elle n’eut plus qu’à lui préciser que c’était une qualité dont précisément la nature généreuse l’avait doté pour se voir investie de la responsabilité d’une mission exploratoire en Syldavie. Elle en rosissait de plaisir mais se rendait compte avec contrariété que si elle ne manquait pas d’esprit de décision, elle ne savait vers où le diriger ne sachant pas où se trouvait précisément la Syldavie orientale… C’est là que j’entrais en piste ! Un collègue bien attentionné ou facétieux avait suggéré mon nom et je me retrouvais dans ce bureau, notant fiévreusement ses instructions qui pouvaient se résumer ainsi: il me fallait m’occuper de tout, son rôle à elle était de représenter dignement l’organisation et de montrer par sa présence l’implication de nos services dans le règlement de la crise…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il me fallait d’abord commencer par réserver nos billets d’avion. Cela me réjouissait car je cherchais précisément depuis une semaine un prétexte pour engager la conversation avec Mlle Marion, charmante agente de l’antenne Carlson Wagon Lits du Palais. Une fois dans le bureau CWL, je fis mine de ne pas m’apercevoir que les deux collègues de Mlle Marion attendaient le client et de m’absorber dans les prospectus de vacances pour les fjords islandais, guettant du coin de l’œil le moment où Mlle Marion serait libérée des assauts désordonnés de Luis Gonzalez, collègue bolivien. Ce dernier s’inventait les itinéraires de mission les plus improbables pour rester plus longtemps assis en face des yeux verts de Mlle Marion… Mais après une demi-heure d’efforts, ne trouvant plus de justification plausible pour effectuer un Genève-Kuala Lumpur via la Havane et Nairobi, il battit piteusement en retraite, la place était enfin mienne !&lt;br /&gt;C’est bafouillant que je demandais à Mlle Marion de m’établir un itinéraire Genève-Glodeni, mais mon sourire s’évanouit à la vue des détails de vol. La principale exigence de Mme Kertani concernait le siège dont elle souhaitait bénéficier en classe affaires, de préférence le 1C. Mais on en était loin : le trajet total faisait moitié moins que les 9 heures requises par notre administration, nous allions devoir voyager en classe économique…Je grimaçais car Mlle Marion me confirma qu’aucune des compagnies desservant Glodeni ne permettait de faire grimper le temps de voyage à 9 heures. Je remontais quatre à quatre les escaliers pour exposer ce problème à Mme Kertani : elle m’écouta d’un air glacial et détachant les mots, me signala qu’il était dans mon intérêt de prouver mes capacités créatives - qui figuraient en bonne place dans la liste des « core values » demandées à tout membre du personnel- et également de nous épargner les longues fatigues d’un voyage en classe économique qui ne pourraient qu’influer négativement sur l’atmosphère et les résultats de la mission. Le message était pour le moins clair, il allait me falloir être « créatif »…&lt;br /&gt;Je revins auprès de Mlle Marion, adoptant mon air le plus soucieux. On venait, lui dis-je, de m’informer qu’une discussion préalable avec l’Ambassadeur de Syldavie en France se révélait absolument impérative dans le cadre de la mission. Il nous fallait donc inclure une escale à Paris. Mlle Marion me signala qu’une seule correspondance existait mais ne nous laissait malheureusement qu’une heure à Paris. Je pris mon air le plus détaché pour lui confirmer que cela devrait suffire pour tenir la rencontre dans le hall VIP de l’aéroport… Mlle Marion ne commenta pas mais sa moue dubitative et charmante voulait tout dire… Confus et inquiet des répercussions budgétaires de ce changement de catégorie de siège sur les fonds qui avaient été alloués à cette mission, je m’empressais de préciser à Mlle Marion que pour ma part, je voyagerais en classe économique. Cette noble déclaration fut accueillie avec stupéfaction par mes collègues assis aux guichets voisins, n’allais-je pas ainsi créer un fâcheux précédent, dommageable pour tous ceux qui voyageraient à l’avenir ? On me fit promettre de ne pas ébruiter ma décision qui aurait pu revenir aux oreilles des Finances…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De retour à mon bureau, il me fallait maintenant régler le problème de l’hébergement. En effet, le Sheraton, seul hôtel de standing de Glodeni affichait complet depuis le pourrissement de la crise : plus la situation se dégradait, plus on y trouvait d’émissaires divers et variés venus jouer les bons offices. Mais, échaudé par l’affaire du vol en classe économique, je me jurais de ne pas quitter le bureau sans avoir sécuriser une chambre de qualité… Ayant épuisé toutes les ressources hôtelières de Glodeni, j’appelais en désespoir de cause le chargé d’affaires de la mission syldave auquel j’avais déjà eu affaire. Il accueillit chaleureusement l’exposé de la situation et m’assura qu’il se faisait fort de trouver un hébergement convenable à ma chef. Deux coups de fil à son administration de tutelle plus loin, il me confirma qu’une suite attendait Mme Kertani à la résidence présidentielle. Pour ma part la « pension Isabelle » ferait très bien l’affaire… Il ne me restait plus qu’à nous assurer un moyen de transport. Le bureau local du PNUD ne savait plus où donner de la tête mais, coup de chance, Mme Kertani m’avait précisé que le Représentant Résident était un de ses compatriotes et qu’il se mettrait en quatre pour lui faire plaisir, ou plutôt en quatre-quatre…Il nous mettait en effet à disposition une voiture tout-terrain le temps de notre mission !&lt;br /&gt;Je commençais à découvrir le pouvoir des réseaux personnels et nationaux ainsi que le prestige qui restait attaché à la profession de fonctionnaire international…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Epuisé par l’organisation de notre mission, je me trouvais incapable de réfléchir convenablement et de mettre à jour ma note sur la situation syldave. Il me fallait pourtant des informations fraîches et un aperçu des nouveaux enjeux ! Un copier-coller des articles tirés des principaux organes de presse européens en firent office… Il ne me restait plus qu’à rentrer et boucler ma valise, le départ étant en effet prévu pour le lendemain. Enfin ! J’allais élargir mon horizon et agir au plus près de l’action, au cœur de l’activité des Nations Unies ! Dans cet environnement, mes qualités ne pouvaient que s’épanouir…&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-115922080528079806?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/115922080528079806/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=115922080528079806' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/115922080528079806'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/115922080528079806'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2006/09/journal-de-bord-dadrien-deume-ce-matin_25.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-115818277434826141</id><published>2006-09-13T23:20:00.000+02:00</published><updated>2006-09-13T23:26:14.356+02:00</updated><title type='text'>radio TSF</title><content type='html'>&lt;div style="float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;"&gt; &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/242633705/" title="photo sharing"&gt;&lt;img src="http://static.flickr.com/82/242633705_fb07404f5c_m.jpg" alt="" style="border: solid 2px #000000;" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style="font-size: 0.9em; margin-top: 0px;"&gt;  &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/242633705/"&gt;radio TSF&lt;/a&gt;  &lt;br /&gt;  Originally uploaded by &lt;a href="http://www.flickr.com/people/18983511@N00/"&gt;fantomas.vengeurmasque&lt;/a&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;la TSF : dernier moyen d'entendre le SG ?&lt;br clear="all" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-115818277434826141?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/115818277434826141/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=115818277434826141' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/115818277434826141'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/115818277434826141'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2006/09/radio-tsf.html' title='radio TSF'/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-115818189503785523</id><published>2006-09-13T23:11:00.000+02:00</published><updated>2008-02-06T18:12:28.324+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;JOURNAL D’ADRIEN DEUME&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le cafouillage de la veille faisait mauvais genre…. Il y avait dû y avoir remontée de bretelles car un e-mail nous attendait dès notre retour de la pause café du matin, nous recommandant vivement d’assister à l’intervention du Secrétaire Général depuis New York. Deux précautions valant mieux qu’une, le cabinet du Directeur Général des Nations Unies Genève, avait pris la peine d’appeler au téléphone New York hier soir afin de se faire confirmer le décalage horaire…Tout cela je l’apprenais de la bouche de la secrétaire du Directeur Général à côté de qui je me trouvais assis dans la salle de l’Assemblée Générale.&lt;br /&gt;J’avais bien senti lors du déjeuner pris à la cafeteria, un regard insistant posé sur moi : une femme généreuse tant en formes qu’en mots me lançait des œillades qui se voulaient aguichantes. Mon insistance à déployer ostensiblement mon journal pour couper court ne l’arrêta en rien ; je me retrouvais rapidement muni d’une compagnon de déjeuner… J’appris très vite qu’elle s’appelait Grettel et qu’elle occupait le poste convoité de secrétaire du Directeur. Elle appartenait à la caste supérieure des services généraux et cela lui procurait une satisfaction évidente. Elle employait avec une candeur comique un « nous » englobant lorsqu’elle évoquait les activités du Directeur. L’identification était encore rendue plus complète depuis qu’elle s’était mise au russe pour pouvoir parler à « son » Directeur dans sa langue natale puisqu’il était de tradition immémoriale que le responsable des Nations Unies Genève soit originaire de Russie ou de ses avatars précédents…&lt;br /&gt;Elle ne me laissait pas l’occasion d’en placer une lors du repas, ce qui m’arrangeait bien car une extinction de voix m’avait doté aujourd’hui d’une voix de crécelle, et par ailleurs je découvrais avec un intérêt croissant les arcanes du pouvoir qu’elle me détaillait complaisamment. Une écoute attentive, voilà plus qu’il n’en fallait pour nourrir le débit de Grettel. Elle prenait un air de conspirateur et baissait la voix pour me brosser le tableau exhaustif des inimitiés en haut lieu. Tout cela me semblait extrêmement intéressant et je voyais clairement le profit que je pouvais tirer de ma proximité avec une telle source d’informations… Accessoirement, cela me flattait de me voir séduisant dans les yeux de Grettel… Il fut convenu de nous retrouver pour l’intervention du Secrétaire Général, mais il me fallait d’abord savoir le sort que l’on avait réservé à ma note sur la situation syldave… &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Ma note avait plu, au point que ma chef de Département afghane, Mme Kertani, supérieure hiérarchique d’Igor Kondratiev, avait décidé qu’il fallait en présenter les principales conclusions lors d’un séminaire de validation qui se tiendrait dans la capitale syldave dans les meilleurs délais. Le pays était désormais en phase 3 de sécurité et au bord de la guerre civile mais cela n’avait pas l’air de représenter un quelconque obstacle à ses yeux. Par contre, la date pour la tenue du séminaire n’était pas encore définie car la compagnie aérienne préférée de Mme Kertani n’avait encore précisé formellement son plan de vol pour les 10 jours à venir… Néanmoins, il avait été décidé en haut lieu que j’accompagnerais ma chef de Département afin de pouvoir lui résumer au cours du vol les principaux points de ma note dont elle avait essentiellement lu l’introduction et la conclusion…&lt;br /&gt;C’est ravi que je m’engageais dans le « couloir de verre » avec mes collègues pour me rendre à la salle de l’Assemblée Générale. J’allais faire mes premiers pas de fonctionnaire itinérant et découvrir une contrée exotique dans des conditions tout à fait sympathiques… &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Mais pour le moment, je retrouvais Grettel qui roucoulait en me prenant le bras, « il fallait absolument se mettre aux premiers rangs afin de ne rien perdre du discours, d’autant que le Secrétaire Général avait des yeux absolument fascinants.. » Comme la veille, la salle se transforma bientôt en ruche, l’excitation était à son comble car c’est dans ces moments là que les fonctionnaires des Nations Unies se sentaient appartenir à l’avant-garde du monde qui bouge…&lt;br /&gt;L’intervention du SG était retransmise sur écran géant au même moment dans tous les principaux centres des Nations Unies aux quatre coins du monde. Cela avait donc été un casse-tête terrible de définir le créneau horaire qui pourrait ne pas mécontenter les fonctionnaires nord et sud-américains obligés de raccourcir leur pause café du matin, et ne pas fâcher les fonctionnaires asiatiques ne voulant pas rester au bureau au-delà de l’heure de fermeture des épiceries. Sans parler des fonctionnaires européens tenant à leur pause repas du midi comme à la prunelle de leurs yeux… Néanmoins, une fenêtre d’une demi-heure avait été votée à l’unanimité du « comité de surveillance des horaires » spécialement réactivé pour l’occasion.&lt;br /&gt;Le discours solennel commença par l’évocation des points que le SG souhaitait aborder : crise alimentaire en Afrique de l’Est, vague de terrorisme sans précédent en Asie Centrale, mise en cause des Nations Unies dans leur intervention de maintien de la paix aux Caraïbes… Cependant, avant d’aborder ces sujets douloureux, le SG souhaitait mettre les points sur les i en ce qui concernait les débats en cours sur le système de retraite des Nations Unies, ainsi que sur le projet d’instauration de la semaine de 4 jours modulable. Non ! Il n’avait jamais été question de transférer la gestion du fonds de pension des Nations Unies au privé, ni de réserver la future semaine de 4 jours modulable aux seules femmes enceintes. Ces rumeurs ne pouvaient résulter que d’un malentendu, ou du zèle dont le Conseiller spécial aux affaires financières et le Conseiller spécial à l’organisation du travail faisaient parfois preuve à mauvais escient….&lt;br /&gt;Une fois ces vérités rétablies, le SG aborda les autres thèmes. Malheureusement, ce dernier venait à peine de mentionner la Syldavie orientale, ce qui me fit dresser l’oreille, que l’image disparut subitement de l’écran. Il nous restait heureusement le son comme dernier lien avec New York. Ecouter le SG au travers des interprétations chinoise ou arabe avait un charme exotique certain ; on se retrouvait aux temps héroïques de la radio de grand-papa : tous les fonctionnaires penchant la tête vers le sol, les sourcils froncés et la main à l’oreille. Certains se laissaient même bercer par le son mélodieux d’une langue qu’ils ne parlaient pas… Hélas ! Le son se dégradait également et l’on commençait à entendre les exclamations désespérées des interprètes annonçant à leur auditoire l’impossibilité pour eux de traduire un discours haché menu… J’en rigolais presque : nous étions au cœur des lieux de pouvoir du monde occidental, et l’on ressemblait de plus en plus aux naufragés du Titanic tentant de percevoir les messages grésillants de la radio de secours…&lt;br /&gt;Une partie du public quitta la salle sans attendre ; l’information essentielle avait été donnée : on n’attenterait ni aux retraites ni à la semaine de 4 jours modulable… L’autre partie semblait faire preuve de plus d’obstination ou de moins de conscience professionnelle : on s’installait commodément en attendant que la transmission s’améliore. Mais après 15 minutes il fallut se rendre à l’évidence, l’image enfin de retour ne montrait qu’une salle vide, l’intervention du SG était terminée depuis belle lurette…&lt;br /&gt;Je quittais alors Grettel qui anticipait déjà avec gourmandise les réunions de debriefing où chacun allait tenter d’accabler son collègue pour ce deuxième fiasco en deux jours…&lt;br /&gt;Pour ma part, il me fallait commencer à préparer mon départ pour la Syldavie, il n’y avait donc plus de temps à perdre…&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-115818189503785523?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/115818189503785523/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=115818189503785523' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/115818189503785523'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/115818189503785523'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2006/09/journal-de-bord-dadrien-deume-le.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-115749406812737881</id><published>2006-09-06T00:02:00.000+02:00</published><updated>2006-09-06T00:07:48.136+02:00</updated><title type='text'>la queue pour le café du matin</title><content type='html'>&lt;div style="float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;"&gt; &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/235341511/" title="photo sharing"&gt;&lt;img src="http://static.flickr.com/67/235341511_e7cfdbbb52_m.jpg" alt="" style="border: solid 2px #000000;" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style="font-size: 0.9em; margin-top: 0px;"&gt;  &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/235341511/"&gt;la queue pour le café du matin&lt;/a&gt;  &lt;br /&gt;  Originally uploaded by &lt;a href="http://www.flickr.com/people/18983511@N00/"&gt;fantomas.vengeurmasque&lt;/a&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br clear="all" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-115749406812737881?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/115749406812737881/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=115749406812737881' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/115749406812737881'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/115749406812737881'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2006/09/la-queue-pour-le-caf-du-matin.html' title='la queue pour le café du matin'/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-115749339459264120</id><published>2006-09-05T23:54:00.000+02:00</published><updated>2008-02-06T18:13:48.544+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;JOURNAL D’ADRIEN DEUME&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fatigué par le travail intensif de la soirée d’hier, j’avais besoin d’un solide remontant mais j’allais devoir faire preuve de patience… L’affluence du bar du Serpent pouvait laisser croire qu’on avait souhaité réunir la totalité du personnel en un seul endroit. Que se passait-il ? Allait-on annoncer le déclenchement d’un conflit de grande échelle en Syldavie Orientale ? Un krach boursier pendant la nuit qui obligeait la caisse des retraites de l’ONU à mettre la clef sous la porte ? Le rapt des paons du Palais ? Ma tête tournait à l’évocation de ces diverses hypothèses, je décidais d’en avoir le cœur net et interrogeais mon collègue de Madagascar Léon Andrianampoinimerina. Mais celui-ci me répondit d’un air placide que si effectivement le Secrétaire Général de l’Organisation allait bien faire une intervention en direct de New York en début d’après-midi, l’affluence du moment était semblable à celle des jours passés et des jours suivants et qu’il fallait n’y voir là que l’attrait exercé par la qualité indéniable du café local…&lt;br /&gt;Tant l’annonce d’une intervention de notre Secrétaire Général que le discours enthousiaste de mon collègue vantant les mérites du café de l’ONU me laissèrent perplexes… &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Cependant, si le Secrétaire Général souhaitait intervenir, c’est que la situation internationale avait dû évoluer considérablement ces dernières heures, il me fallait donc remonter au plus vite à mon bureau et m’entretenir avec Igor Kondratiev, mon chef de service turkmène. Je trouvais ce dernier debout devant sa fenêtre donnant sur le lac, absorbé dans la contemplation des voiles blanches sur les flots bleus. Un discret raclement de gorge le fit se retourner. Il me fixa durant de longues secondes avant de déclamer d’une voix de stentor une série d’alexandrins en turkmène… Ma stupeur l’amusa et il m’expliqua qu’il s’agissait là de l’œuvre majeure du principal poète de son pays, Ivan Pavlov, et qu’elle était une source d’inspiration vitale lorsqu’il s’agissait ensuite de se retrousser la manche afin de signer des cargaisons entières de parapheurs… Gêné de revenir à des réalités plus prosaïques, je lui demandais néanmoins s’il avait pu jeter un œil à la note envoyée la veille au soir. A ma grande surprise, il m’expliqua que cela ne pressait pas et que l’on aurait tout le temps d’en rediscuter ultérieurement.&lt;br /&gt;Ma suggestion du lien entre l’intervention du Secrétaire Général et la situation en Syldavie orientale ne m’attira qu’un regard de commisération… N’avais-je donc que la Syldavie en tête ? Il me rappela que l’organisation traitait équitablement tous ses membres et que, certes, la situation syldave ne réjouissait personne, mais qu’il n’y avait pas non plus le feu au lac… A l’évocation du lac, il se retourna de nouveau vers les voiles blanches et je compris qu’il était temps pour moi de me retirer …&lt;br /&gt;Contrarié par la tournure des évènements, je retournais à mon bureau. Une rapide revue de presse montrait pourtant que la Syldavie orientale était menacée de partition : un mouvement autonomiste du « Sud-est syldave » menaçait de se désolidariser de l’autoproclamée République du Nord-Est syldave. Il fallait réagir et je ne doutais pas que le Secrétaire Général s’apprêtait à faire une annonce d’importance… &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;A l’heure dite, la grande majorité du personnel s’était regroupée dans la salle de l’Assemblée Générale. Une forme d’excitation était dans l’air, on s’interpellait, se racontait ses vacances ou les dernières facéties du petit dernier. De leur côté, les services techniques semblaient beaucoup plus affairés. Quelque chose clochait ; le temps passait et malgré les conciliabules autour de l’écran principal, nous n’avions toujours pas droit à la retransmission en direct promise. C’est alors qu’une voix embarrassée nous annonça que l’intervention du SG était remise à la même heure le lendemain. Des problèmes d’ordre technique empêchaient la liaison entre Genève et New York… Le public se dispersa en grommelant pendant qu’un fonctionnaire hilare nous apprenait la vraie raison derrière ce report : un étourdi avait mal calculé le décalage horaire et programmé l’intervention vidéo beaucoup trop tôt pour New York ! Personne ne se trouvait encore dans les bureaux…&lt;br /&gt;Cela me faisait beaucoup de contrariétés pour la journée. Maussade, je décidais de me consacrer à des dossiers mineurs, attendant d’entendre les grandes orientations venues du sommet pour poursuivre ma tâche…&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-115749339459264120?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/115749339459264120/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=115749339459264120' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/115749339459264120'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/115749339459264120'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2006/09/journal-de-bord-dadrien-deume-fatigu.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-115721510962362440</id><published>2006-09-02T18:33:00.000+02:00</published><updated>2006-09-02T18:38:29.626+02:00</updated><title type='text'>la mascotte du Palais</title><content type='html'>&lt;div style="float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;"&gt; &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/231888374/" title="photo sharing"&gt;&lt;img src="http://static.flickr.com/83/231888374_6f0e814a44_m.jpg" alt="" style="border: solid 2px #000000;" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style="font-size: 0.9em; margin-top: 0px;"&gt;  &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/231888374/"&gt;la mascotte du Palais&lt;/a&gt;  &lt;br /&gt;  Originally uploaded by &lt;a href="http://www.flickr.com/people/18983511@N00/"&gt;fantomas.vengeurmasque&lt;/a&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br clear="all" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-115721510962362440?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/115721510962362440/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=115721510962362440' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/115721510962362440'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/115721510962362440'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2006/09/la-mascotte-du-palais_02.html' title='la mascotte du Palais'/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-115721424932845086</id><published>2006-09-02T18:23:00.000+02:00</published><updated>2008-02-06T18:14:10.467+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;JOURNAL D’ADRIEN DEUME&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce matin, le retour au bureau était un peu anxieux. Qu’allait penser ma hiérarchie d’un fonctionnaire dans la maison depuis une semaine et sollicitant déjà deux jours de congé ?&lt;br /&gt;Mais rien à faire, ma névralgie m’avait tenu au lit, dans le noir absolu, pendant 48 heures… Sans doute un effet du stress car je n’avais jamais connu de telle migraine, mais j’étais bien décidé à redoubler d’efforts à mon retour pour mon faire oublier mon accès de faiblesse !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A ma grande surprise, mon absence était passée totalement inaperçue, mes collègues et ma hiérarchie avaient eu d’autres chats à fouetter : la situation en Syldavie orientale s’était considérablement dégradée et le Secrétaire Général de l’Organisation prévoyait de se rendre éventuellement sur place les jours prochains afin de jouer les bons offices. Notre service allait être chargé de lui rédiger ses éléments de langage. Je me félicitais déjà de pouvoir jouer un rôle non négligeable à cette occasion grâce à ma toute fraîche connaissance des débats qui agitaient la Syldavie orientale. Une occasion à ne pas laisser passer d’impressionner ma hiérarchie par la profondeur de mes analyses et la vigueur de mes recommandations !&lt;br /&gt;Par ailleurs, les services se trouvaient également en ébullition pour d’autres raisons : deux circulaires avaient coup sur coup remis en question des habitudes bien acquises. Tout d’abord, le Directeur de l’administration par le biais d’un courrier officiel adressait des remontrances aux membres du personnel qui depuis trop longtemps nourrissaient les paons du Palais des Nations.&lt;br /&gt;Ces derniers avaient au fil des ans acquis une stature symbolique non négligeable, leur présence égayait les jardins et contribuait à populariser les Nations Unies au sein des milieux proches des animaux. Ces bêtes étaient devenues la coqueluche non seulement du public visitant le Palais, mais des fonctionnaires eux-mêmes. Néanmoins ces marques d’affection commençaient à être dangereuses pour les volatiles. S’ils le souhaitaient, ces derniers pouvaient être nourris tout au long de la journée, sans avoir à se déplacer. Leur régime alimentaire s’était considérablement diversifié du fait de l’ignorance largement répandue parmi les fonctionnaires de la nourriture de base des paons, ainsi que de la curiosité manifestée par les animaux eux-mêmes pour tout type d’aliment leur étant proposé… Les malheureux volatiles ressemblaient de plus en plus à des dindons dodus et éprouvaient la plus grande peine à se mouvoir. Soucieux de ne pas ridiculiser les recommandations générales des différentes agences des Nations Unies en matière d’alimentation par la vision d’animaux obèses dans l’enceinte même du Palais, le Directeur de l’administration rappelait dans sa circulaire les principaux aliments constituant le régime de base des paons avant de préciser d’un ton menaçant qu’à partir de cette date un cordon de sécurité sanitaire serait établi autour des paons pour leur éviter des contacts avec les fonctionnaires, ces « relations ayant un effet néfaste et visible sur la santé des paons ». Cette décision mécontentait grandement certains de mes collègues qui avaient établi au fil des ans des relations de tendresse avec les mascottes du Palais et qui s’en voyaient privés de manière autoritaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme si cela ne suffisait pas, les services de l’administration, pleins de zèle, avaient dévoilé le contenu d’une deuxième circulaire qui allait également faire du bruit : plusieurs accidents récents survenus dans le Palais avaient alerté les services compétents sur la dangerosité des fauteuils mobiles utilisés par les fonctionnaires. Une enquête de fond avait conclu prudemment qu’il était « légitime d’estimer que les incidents récents ayant attenté à l’intégrité corporelle de certains membres du personnel avaient pour origine la conception des sièges de bureau officiels reposant en équilibre sur quatre roues, ce qui ne garantissait pas un équilibre idéal en cas de mouvement brusque de la part du fonctionnaire ». En conséquence, les services techniques recommandaient « le passage sans délai d’un parc de fauteuils quatre roues désormais obsolète et dangereux à un parc de fauteuils cinq roues qui, outre un confort renforcé, permettrait de réduire drastiquement le nombre d’accidents corporels ». L’évocation des avantages comparatifs des sièges cinq roues aurait dû suffire, mais les services compétents avaient estimé que deux précautions valaient mieux qu’une et que si cela allait sans dire, cela irait encore mieux en le disant. Il était donc précisé que ce changement était obligatoire, que les fonctionnaires qui seraient pris en flagrant délit de conservation de siège quatre roues pourraient faire l’objet de remontrances officielles et qu’en tout état de cause l’organisation ne saurait être tenue responsable des accidents qui pourraient alors se produire…&lt;br /&gt;Cette manière de faire vexait nombre de mes collègues. Il n’y avait de leur part aucun attachement particulier à leur siège qui leur avait effectivement rompu les lombaires pendant de longues années tout en menaçant de les jeter à bas en permanence, mais l’imposition de changements accompagnés de mesures coercitives blessait les valeurs libérales d’autonomie et de responsabilité personnelle de beaucoup d’entre eux. Il y avait néanmoins un parfum d’inexorabilité qui se dégageait de ces deux circulaires : les temps changeaient…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ma part, j’étais trop neuf dans cette organisation pour ressentir douloureusement ces changements. Je me concentrais donc à la tâche qu’on venait de m’attribuer : établir de façon exhaustive les raisons en faveur et les raisons allant à l’encontre de l’intervention de notre Organisation dans la mêlée syldave. Je prenais à cœur ce travail : de mes conclusions pouvaient dépendre l’envoi de troupes ou à tout le moins celui d’une mission d’inspection. Il me fallait procéder méthodiquement, je commençais par appeler la mission syldave à Genève. Lorsque je sollicitais l’Ambassadeur je fus surpris de voir répondre le diplomate que j’avais déjà aperçu lors des réunions des peuples indigènes se tenant au Palais. Ce dernier, fataliste, me précisa qu’en effet, du fait des faibles ressources disponibles pour sa mission, il couvrait à la fois les questions de droits de l’homme et des peuples indigènes, les questions de droit du travail, de santé, de commerce, de migrations ainsi que de coordination en matière de météorologie… La situation actuelle l’avait néanmoins poussé à se concentrer sur les questions politiques et c’est avec obligeance qu’il me dressa le tableau de la situation complexe de son pays.&lt;br /&gt;Au terme de son exposé, j’avais l’intuition du cadre général de ma note mais il me fallait en préciser les détails. Je me rendis au centre de médias afin de compulser les dernières trois années de reportage pour y dénicher celui qui éclairerait d’un jour nouveau les soubresauts actuels de la Syldavie Orientale… Pendant qu’un fonctionnaire tendu enregistrait dans le studio mitoyen un « cours de formation à distance de renforcement des capacités institutionnelles », je m’installais confortablement devant les écrans projetant en direct les hoquets de notre monde…&lt;br /&gt;Ce fut l’équipe de nettoyage qui me réveilla, je m’étais endormi devant la retransmission de la dernière réunion du Conseil de Sécurité faisant le point sur la situation syldave… Vite ! Il me fallait remonter afin de pouvoir au moins donner une première ébauche de réponse à la requête de mon chef ! Ce dernier était heureusement en train d’établir avec nos services administratifs un emploi du temps éventuel au cas où il lui était demandé de se rendre dans les jours prochains en Syldavie. L’exposé de mes conclusions préliminaires recueillit son assentiment distrait. Il était en effet contrarié car le Sheraton de la capitale syldave affichait complet, il allait lui falloir trouver une solution de repli de toute urgence… Néanmoins il m’encouragea à poursuivre et à développer mon argumentaire. Il souhaitait que nous puissions en discuter le lendemain matin. Je savais ce que cela voulait dire… J’allais devoir appeler mon épouse pour lui dire de ne pas m’attendre, mais elle comprendrait : dans les circonstances où le sort du monde peut se jouer, il fallait savoir faire preuve de flexibilité et somme toute ce n’était que le lot quotidien du fonctionnaire des Nations Unies.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vue du lac de nuit depuis les fenêtres du Palais a des attraits qui pourraient aisément détourner un fonctionnaire de ses responsabilités. Heureusement, j’étais fermement décidé à peser de tout mon poids sur la situation syldave. Je m’appliquais donc à rédiger une note structurée mais percutante. On saurait de quel bois les Nations Unies se chauffaient ! Plus de demi-mesure ni d’atermoiements, il était temps d’agir… Une fois le point final apposé, je me renversais de contentement dans mon fauteuil au risque de le faire basculer. J’en étais sûr, ma note serait remarquée en haut lieu ! Tout comme mon dévouement et mon implication d’ailleurs.&lt;br /&gt;C’est le sourire aux lèvres que je quittais le Palais, saluant d’un air guilleret les agents de sécurité de garde….&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-115721424932845086?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/115721424932845086/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=115721424932845086' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/115721424932845086'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/115721424932845086'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2006/09/journal-de-bord-dadrien-deume-ce-matin.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-115619396754359491</id><published>2006-08-21T22:54:00.000+02:00</published><updated>2006-08-21T22:59:27.546+02:00</updated><title type='text'>horloge</title><content type='html'>&lt;div style="float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;"&gt; &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/221361726/" title="photo sharing"&gt;&lt;img src="http://static.flickr.com/88/221361726_9dc3c811af_m.jpg" alt="" style="border: solid 2px #000000;" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style="font-size: 0.9em; margin-top: 0px;"&gt;  &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/221361726/"&gt;horloge&lt;/a&gt;  &lt;br /&gt;  Originally uploaded by &lt;a href="http://www.flickr.com/people/18983511@N00/"&gt;fantomas.vengeurmasque&lt;/a&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;l' horloge, le maître du temps entre les repas...&lt;br clear="all" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-115619396754359491?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/115619396754359491/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=115619396754359491' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/115619396754359491'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/115619396754359491'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2006/08/horloge.html' title='horloge'/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-115619330125335893</id><published>2006-08-21T22:47:00.000+02:00</published><updated>2008-02-06T18:14:46.009+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;JOURNAL DE BORD D’ADRIEN DEUME&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, ça allait comme un lundi…&lt;br /&gt;Ma migraine vrillant mes tympans, je m’étais installé à mon bureau et un fol espoir m’agita : peut-être avais-je encore une série de crayons de papier non taillés qui allaient pouvoir m’occuper jusqu’à la pause de midi et jusqu’à ce que je puisse me rendre à la pharmacie la plus proche ? Je dû déchanter… Mes crayons s’alignaient en ordre de bataille et en parfait état de marche, prêts à l’action…Je pris d’un air morne le premier dossier que l’on avait obligeamment posé sur mon bureau : il me fallait d’urgence évaluer la gravité de la situation politico-démographico-socio-économique de la Syldavie orientale en plein bouleversement afin de déterminer si une action immédiate devait être mise en œuvre dans le cadre du programme « Soutien aux pays en difficulté »… Ce programme bénéficiait de l’appui financier et du soutien moral de la grande majorité des pays développés, et l’organisation était avide d’action afin de donner aux donateurs la visibilité qu’ils réclamaient de façon pressante. Tout concourait donc à ce qu’une action énergique soit mise en oeuvre le plus rapidement possible. Néanmoins, imperméable aux pressions d’où qu’elles viennent et sensible aux sirènes du café serré, j’avais décidé que la Syldavie orientale ne méritait pas que l’on agisse dans la précipitation et qu’il me fallait encore mûrir quelque peu notre stratégie à venir…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au bar du Serpent, je retrouvais Gunthar Netzer, un collègue allemand qui m’avait pris en amitié, sans doute par désoeuvrement plus qu’autre chose. Depuis 20 ans, il consacrait sa vie à l’extraction de données de pays lointains où il ne s’était bien entendu jamais rendu, mais dont il connaissait pour chacun sur le bout des doigts le pourcentage de filles diplômées de l’enseignement primaire, la proportion de chauves dans la population, le revenu moyen du chauffeur de taxi ou la composition du panier de la ménagère… En échange de son invitation, je dû me résigner à écouter ses digressions sur le marché noir en pleine croissance au Palombero méridional en raison de l’embargo imposé par ses voisins centre-américains. Je n’écoutais déjà plus que d’une oreille lorsqu’il embraya sur l’injustice de devoir parler français pour travailler aux Nations Unies. Il en discutait ainsi souvent « avec notre collègue japonais Saké Temahuri » et tous les deux s’accordaient pour estimer « qu’il était somme toute malheureux que le Japon et l’Allemagne n’aient pu remporter la deuxième guerre mondiale et imposer leurs langues », cela leur aurait singulièrement facilité la tâche à eux deux…&lt;br /&gt;J’en restais bouche bée. Prenant mon silence pour un acquiescement, il me fit un grand sourire et me proposa de venir étudier dans son bureau les données du Palombero méridional, « ce qui nous mènerait tranquillement jusqu’à la pause de l’après-midi qu’il avait prévu de prendre justement avec Saké » et qu’il souhaitait absolument me présenter ce dernier. Je déclinais poliment l’invitation et prétextais une course urgente à faire pour ne pas avoir à reprendre l’ascenseur avec lui et subir ce déluge verbal plus longtemps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque je revins à mon bureau, la tête me tournait… Dans cet état, mes facultés intellectuelles – sensibles au moindre grain de sable comme toute mécanique de haute précision- ne pouvaient tourner à plein régime. Je décidais donc de prendre un repos bien mérité dans la salle de méditation du Palais des Nations, non sans déposer une brève note sur le bureau de mon supérieur lui expliquant que la situation complexe de la Syldavie orientale nécessitait un complément d’information, et que j’avais entrepris les démarches nécessaires à cet effet.&lt;br /&gt;Etendu sur l’un des matelas de la salle de méditation, je tentais de ne penser à rien mais sans réussite. Probablement, n’avais-je pas encore assez d’ancienneté aux Nations Unies… Ou plutôt un murmure ronronnant venu de ma gauche perturbait mon vide mental. J’ouvris les yeux pour découvrir une autre de mes collègues, Julie Verbecke, visiblement en pleine séance de méditation transcendantale. La jambe droite placée derrière la nuque, elle murmurait les yeux fermés…&lt;br /&gt;Impressionné par sa souplesse, et résolu à lui demander quel était son club de fitness habituel, je décidais néanmoins de ne pas troubler ce moment de félicité, et remontais à mon bureau. Un coup d’œil sur l’horloge me rassura ; il était 15h50. En comptant les 10 minutes que j’allais mettre en marchant lentement pour me rendre au Bar du Serpent, je me trouverais pile au moment de la pause de l’après-midi. Ne restait plus qu’à y trouver une connaissance, de préférence autre que Netzer, pour nous amener aux environs de 17h. Il serait alors temps de remonter brièvement. A mon grand désappointement, aucune figure connue ne se trouvait autour du bar. Pour en avoir le cœur net, je fis bien deux tours de salle mais ne vis rien d’autre que les habituels piliers de comptoir, éclusant leur ballon de rouge en s’esclaffant bruyamment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne me restait plus qu’à remonter…Je le fis avec toute la lenteur et la solennité propres à un fonctionnaire de 2e échelon. L’horloge Baume et Mercier ne marquait cependant que 16h20… Heureusement, il me restait à régler cette importante question non résolue des cours de jargon. Je me dirigeais d’un pas allègre vers le bureau de la secrétaire administrative. Malgré le panneau affiché « do not disturb », j’estimais que mon insertion pleine et entière dans le système grâce à une compréhension de la novlangue ONU représentait une priorité suffisante pour me permettre de passer outre l’injonction. Poussant doucement la porte, j’y passais la tête pour découvrir notre secrétaire en plein rangement des diverses cartes de vœux attendant sereinement les évènements de la vie de l’organisation : naissance, mariage, divorce, promotion, départ en retraite. Falbala Lermignant, secrétaire en chef, rangeait ces divers documents avec amour dans un classeur rose bonbon.&lt;br /&gt;Mon intrusion la dérangeait visiblement. Elle consentit néanmoins à m’informer qu’il n’existait pas de cours de jargon mais que j’avais toute latitude de faire une proposition de création de nouveau cours au « point focal formation » de l’organisation… Je pris note de la possibilité pour le jour où je me sentirai d’humeur plus vaillante. Je décidais alors de repartir chez moi. Il serait toujours temps de reprendre demain à tête reposée la réflexion sur le futur de la Syldavie orientale…&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-115619330125335893?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/115619330125335893/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=115619330125335893' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/115619330125335893'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/115619330125335893'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2006/08/journal-de-bord-dadrien-deume.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-115610704987095534</id><published>2006-08-20T22:45:00.000+02:00</published><updated>2006-08-20T22:50:49.870+02:00</updated><title type='text'>hieroglyphes</title><content type='html'>&lt;div style="float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;"&gt; &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/220297203/" title="photo sharing"&gt;&lt;img src="http://static.flickr.com/59/220297203_f866079624_m.jpg" alt="" style="border: solid 2px #000000;" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style="font-size: 0.9em; margin-top: 0px;"&gt;  &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/220297203/"&gt;hieroglyphes&lt;/a&gt;  &lt;br /&gt;  Originally uploaded by &lt;a href="http://www.flickr.com/people/18983511@N00/"&gt;fantomas.vengeurmasque&lt;/a&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;Document de base des Nations Unies&lt;br clear="all" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-115610704987095534?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/115610704987095534/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=115610704987095534' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/115610704987095534'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/115610704987095534'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2006/08/hieroglyphes_20.html' title='hieroglyphes'/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-115610671947228178</id><published>2006-08-20T22:44:00.000+02:00</published><updated>2007-12-09T20:43:45.103+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;JOURNAL DE BORD D'ADRIEN DEUME&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un week end n'était pas de trop pour avancer dans mes lectures obligatoires, mon pensum devrais-je dire... Comment appeler autrement une expérience de découverte d'un langage étranger sans la "méthode assimil" qui va avec? Pendant un court instant, j'ai cru que l'on m'avait par erreur communiqué un document rédigé en esperanto, mais un appel de ma part au centre de documention me confirma que l'esperanto ne comptait pas -encore- au nombre des langues de travail de l'organisation...&lt;br /&gt;Il me fallait donc faire avec les moyens du bord et procéder stratégiquement; tout d'abord la méthode de Champollion pour déchiffrer les hiéroglyphes couplée à celle d'Egar Allan Poe pour déchiffrer les messages secrets ou comment déduire de l'occurence du mot ou caractère son importance relative. Je ne doutais dès lors plus que "enhancing synergies", "raising awareness" ou "building institutional capacities" soient des concepts vitaux qu'il me fallait d'urgence décrypter... Un examen fébrile des définitions données par un dictionnaire vénérable n'éclaira pas ma lanterne: chaque mot pris individuellement avait tout son sens, mais leur alliance me rendait perplexe...&lt;br /&gt;Je décidais dès lors de me concentrer sur le message de fond plutôt que sur la forme; mal m'en pris... Mes lectures achevèrent de relancer la sournoise migraine qui me tenaillait depuis deux jours, et je me retrouvais en plein désarroi pour expliquer à mon image dans le miroir comment nous comptions changer le monde et quelle était la direction que nous avions choisi de prendre...&lt;br /&gt;Mais peut-être les Nations Unies, à l'instar de ses cours de langue, offrait-elle des cours de jargon pour débutants? J'en aurais le coeur net le lendemain...&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-115610671947228178?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/115610671947228178/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=115610671947228178' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/115610671947228178'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/115610671947228178'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2006/08/journal-de-bord-dadrien-deume-un-week_20.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-115590537105304042</id><published>2006-08-18T14:44:00.000+02:00</published><updated>2006-08-18T14:49:31.056+02:00</updated><title type='text'>organigramme</title><content type='html'>&lt;div style="float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;"&gt; &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/218387394/" title="photo sharing"&gt;&lt;img src="http://static.flickr.com/97/218387394_34bdb25f49_m.jpg" alt="" style="border: solid 2px #000000;" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style="font-size: 0.9em; margin-top: 0px;"&gt;  &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/218387394/"&gt;organigramme&lt;/a&gt;  &lt;br /&gt;  Originally uploaded by &lt;a href="http://www.flickr.com/people/18983511@N00/"&gt;fantomas.vengeurmasque&lt;/a&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;Deume en voudrait un comme cela........&lt;br clear="all" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-115590537105304042?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/115590537105304042/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=115590537105304042' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/115590537105304042'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/115590537105304042'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2006/08/organigramme.html' title='organigramme'/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-115590477372331820</id><published>2006-08-18T13:50:00.000+02:00</published><updated>2007-12-09T20:44:20.590+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;JOURNAL DE BORD D'ADRIEN DEUME&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si on m'avait dit que tout serait aussi complexe.... Je suis encore dans le noir et ne comprend rien aux rouages du système, mais j'y arriverai, je leur montrerai ce que peut un Deume!&lt;br /&gt;Il me semble ainsi que certains sont déjà impressionnés par ma personnalité : je n'arrête pas de croiser des collègues qui passent devant moi en regardant leurs chaussures ou droit devant eux en feignant de ne pas me voir. Au début, j'ai même pensé qu'il s'agissait d'une coutume locale et moi aussi je passais devant les femmes de ménage en faisant semblant de regarder à travers... Mais j'ai très vite compris qu'en fait, j'étais entouré de craintifs et de timides maladifs; on a l'impression que certains tomberaient à genoux en pleurant s'ils venaient à croiser mon regard!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je dois avouer que je n'ai pas encore bien saisi le comportement de certains collègues; passe encore que mon voisin de bureau passe son temps à s'excuser d'être entré dans mon champ de vision, mais mon collègue d'en face a des moeurs bien singulières. J'ai mis quatre jours à me rendre compte qu'il existait: il arrive tôt, s'enferme dans son bureau et n'en sort qu'à la nuit tombée. Toute personne souhaitant le voir doit demander l'autorisation à sa secrétaire qui le prévient alors qu'il peut ouvrir sa porte. Par ailleurs -et pour s'éviter de sortir- un espace a été dégagé dans le mur qui communique avec le bureau de se secrétaire afin que celle-ci puisse lui faire passer les plats qu'elle a été chercher pour lui à la cantine... En tout cas, je lui ai trouvé un surnom, pour moi il sera à jamais "le masque de fer", reclu dans sa prison dorée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais s'il ne s'agissait que de cela et que de lui... Hier, j'ai sursauté lorsque Nosfératus, comme j'ai surnommé un autre de mes collègues, m'a pour la première fois adressé la parole. Il souhaitait que je lui prête un briquet afin de rallumer les bougies de son bureau... J'ai bredouillé que mon couteau suisse ne bénéficiait pas encore de telles avancées technologiques et que j'avais arrêté de fumer dès ma naissance... Ma tentative d'humour tomba on ne peut plus à plat, probablement trop éloigné de l'humour tatar... Car, ce Nosfératus est un tatar bon teint! Mais je ne risque pas de faire beaucoup progresser ma connaissance de la culture et civilisation tatare à l'avenir, car mon collègue ne me pardonnera visiblement pas mon intrusion dans son bureau, à la recherche de trombones, alors qu'il procédait à une récitation à mi-voix et dans l'obscurité....&lt;br /&gt;J'ai dès lors estimé plus sage de mettre donc moi aussi aux coutumes locales et d'évoluer dans le Palais des Nations comme si je m'y trouvais tout seul; j'imite les fameux trois singes qui se cachent les yeux, les oreilles et la bouche! Mais en fait, je reste attentif... A malin, malin et demi, ce n'est pas à un Deume qu'on apprend à faire des grimaces....&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il me reste à bien saisir ce qu'on attend de moi; j'attendais d'être fixé sur ce point dès le premier jour mais on en était loin... Mon collègue de bureau inclina la tête pour me saluer le jour de mon arrivée et ne m'adressa plus la parole de la semaine sauf pour m'emprunter le taille-crayon que j'avais judicieusement amené avec moi. J'ai eu toutes les peines du monde à déterminer qui était mon supérieur hiérarchique et ma demande d'un organigramme de mon service sembla plonger tout le monde dans un abîme de perplexité: la secrétaire intervint pour préciser qu'effectivement, il lui semblait bien avoir vu un tel document à son arrivée 10 ans auparavant, une autre pleine de sollicitude suggéra que j'interroge le bureau des objets trouvés du Palais, une dernière me précisa d'un ton maternel que j'aurais plus vite de le rédiger moi-même plutôt que d'essayer d'en retrouver une version déjà existante. Fort bien, mais encore faudrait-il que je sache qui sont mes collègues, outre "le masque de fer" et Nosfératus.....&lt;br /&gt;C'est apparemment une question qui présente peu d'intérêt aux yeux de la secrétaire de notre Division: cette dernière me dévisagea de haut en bas pendant de longues secondes avant de me préciser d'un ton de profond mépris que "ce genre de renseignement n'entrait pas dans le champ de ses termes de référence" avant de se replonger dans son tableau excel de contrôle des jours de vacances...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'avais suffisamment fait de vagues pour cette semaine et je décidais donc de reprendre le cours de mes lectures recommandées par l'organisation pour les nouvelles recrues, et de peaufiner ma préparation matérielle afin d'être fin prêt le jour où l'on ferait appel à mes lumières: j'avais bien pensé à tailler mes crayons mais il me fallait encore réfléchir au positionnement idéal des documents sur mon bureau afin que mon travail ne pâtisse pas d'une fâcheuse désorganisation...&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-115590477372331820?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/115590477372331820/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=115590477372331820' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/115590477372331820'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/115590477372331820'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2006/08/journal-de-bord-dadrien-deume-si-on.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-115576678645186577</id><published>2006-08-17T00:14:00.000+02:00</published><updated>2006-08-17T00:19:46.456+02:00</updated><title type='text'>Un monde idéal....</title><content type='html'>&lt;div style="float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;"&gt; &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/217158054/" title="photo sharing"&gt;&lt;img src="http://static.flickr.com/63/217158054_2c4b671d13_m.jpg" alt="" style="border: solid 2px #000000;" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style="font-size: 0.9em; margin-top: 0px;"&gt;  &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/18983511@N00/217158054/"&gt;Un monde idéal....&lt;/a&gt;  &lt;br /&gt;  Originally uploaded by &lt;a href="http://www.flickr.com/people/18983511@N00/"&gt;fantomas.vengeurmasque&lt;/a&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;La première vision d'Adrien Deume...&lt;br clear="all" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-115576678645186577?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/115576678645186577/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=115576678645186577' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/115576678645186577'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/115576678645186577'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2006/08/un-monde-idal.html' title='Un monde idéal....'/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-115576658842455712</id><published>2006-08-16T23:44:00.000+02:00</published><updated>2007-12-09T20:48:28.098+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;JOURNAL DE BORD D'ADRIEN DEUME&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ah, j'aurais plaisir à voir la tête de mon ancien instituteur Klein... He, he, ce médiocre serait vert de jalousie de me voir fonctionnaire des Nations Unies! Mais j'ai toujours su que les grandes qualités finissaient toujours par être reconnues, et je ne compte pas m'arrêter là! Maintenant que le plus dur est fait, il s'agit de grimper les échelons de manière naturelle mais néanmoins rapide et implacable. Je mérite de pouvoir consacrer mes facultés intellectuelles à des tâches à la hauteur. Les réussites attirent toujours les jaloux, c'est pourquoi je ne doute pas de rencontrer sur mon chemin des aigris et médiocres en pagaille qui vont tout faire pour me mettre des bâtons dans les roues... Il s'agit d'être à la fois prudent et audacieux, agir en seigneur mais se battre avec les dents lorsque ce sera nécessaire...&lt;br /&gt;Un bon général doit miser sur l'organisation, c'est cela qui me distinguera sans coup férir du commun des fonctionnaires. Je noterai ici tous les évènements importants et données nécessaires à mon avancement. Je serai l'oeil qui voit tout, l'oreille qui entend tout, le cerveau qui analyse tout...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je dois dire que ce ne sera pas du gâteau! Tout a l'air grandiose et complexe... Mais bien entendu, j'ai parfaitement joué aujourd'hui le rôle du fonctionnaire blasé, limite ennuyé. Il ne s'agissait pas d'être pris pour un débutant que l'on aurait pu mener à la baguette, voir pousser au bord du gouffre dès son premier jour!&lt;br /&gt;Je suis arrivé à l'avance mais pas trop, j'ai tout de suite remis les gardes de sécurité à leur place, il ne s'agirait pas que se créé une familiarité qui pourrait m'être reprochée lorsque j'occuperai les postes de responsabilité...Le badge en main, j'ai fait celui qui connaissait parfaitement le chemin de son bureau mais je dois avouer que j'ai pas mal tourné avant de trouver le bon ascenseur. Je me serai coupé une main plutôt que de demander mon chemin et cela m'a permis ma foi de situer les toilettes et la machine à café: tous les détails comptent dans une stratégie d'ensemble...&lt;br /&gt;Une fois à mon étage, je me suis dirigé d'un air décidé vers le bureau de la secrétaire en choisissant au hasard le couloir de droite (la droite m'a toujours porté bonheur). Pas de chance, le bureau était le dernier du couloir de gauche, il m'a donc fallu refaire en sens inverse et d'un air tout aussi décidé le chemin. Heureusement la pratique semble être de travailler portes fermées: j'aurais pu me promener en slip de bain que je serai passé inaperçu!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La secrétaire m'a paru bien revêche, on en reparlera dès que j'aurai pris mes marques... Elle m'a honteusement négligé, se contentant de m'indiquer mon numéro de bureau ainsi que diverses informations de peu d'importance, telles que mon "code ordinateur"... N'y a-t-il pas de secrétaire pour effectuer ces tâches fastidieuses? Il faudra d'ailleurs que je pense à lui demander qui pourra le faire pour moi...&lt;br /&gt;Mais la priorité des priorités est surtout d'obtenir un bureau individuel; ne voici pas que l'on m'a assigné un bureau où se trouve déjà un fonctionnaire de nationalité indéterminée, au mépris du respect de ma tranquillité et de mes besoins de concentration!&lt;br /&gt;Il faudra d'ailleurs que je pense à m'acheter un calepin pour noter toutes ces choses à faire afin de ne rien oublier. Tous les grands hommes font ainsi...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Néanmoins la première impression est bonne: les collègues m'ont l'air occupés, remontant le couloir à grandes enjambées, tous un dossier à la main. Par ailleurs, le cadre est bucolique et devrait être propice à l'épanouissement de mes capacités intellectuelles...&lt;br /&gt;Quel bonheur d'être enfin reconnu à mes justes mérites!&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-115576658842455712?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/115576658842455712/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=115576658842455712' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/115576658842455712'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/115576658842455712'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2006/08/journal-de-bord-dadrien-deume-ah.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-115567827032217230</id><published>2006-08-15T23:03:00.000+02:00</published><updated>2007-12-09T20:53:09.032+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;Dimanche&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Deume n'arrivait pas à dormir...Il avait beau tenter de laisser divaguer son esprit pour se voir happé par le sommeil sans s'en apercevoir, celui-ci revenait constamment à quelques idées fixes: la barbe, sur ou sous la couverture? Devait-il emporter quelques crayons de papier ainsi qu'un taille-crayon multi-modèles ou ce matériel indispensable allait-il lui être fourni sur place? Sa cravate bleu ciel était-elle assortie à son costume marron ou ne valait-il pas mieux ressortir de l'armoire le gris anthracite?&lt;br /&gt;Ces questions existentielles le tourmentaient douloureusement. A force de se retourner dans son lit sans pouvoir fermer l'oeil, il perdit patience et ralluma la lumière. "Tant qu'à prendre sur mon temps de sommeil, autant l'utiliser à des fins utiles"! Pour la sixième fois de la journée il se replongea dans l'organigramme de sa future organisation, ânonnant les noms exotiques les yeux mi-clos :&lt;br /&gt;"Serkan Turkoglu-Special Adviser for Special Projects; Saladdin Ben Saala-Chief Section Awareness Raising; Sigrun Bjodegaärd-Director World trends of Global situation; Moussa Cissé-Focal Point Core Values"....&lt;br /&gt;Au fur et à mesure de sa récitation son rythme ralentissait, sa silhouette se tassait... Deume s'affaissa, vaincu par les sonorités des Nations Unies... Il s'endormit du sommeil du juste, la nuit peuplée de rêves de grandeur personnelle, d'envolées altruistes ainsi que de bruits d'espèces sonnantes et trébuchantes...&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-115567827032217230?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/115567827032217230/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=115567827032217230' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/115567827032217230'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/115567827032217230'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2006/08/deume-narrivait-pas-dormir.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-32724413.post-115558294576717678</id><published>2006-08-14T20:29:00.000+02:00</published><updated>2007-12-09T20:52:36.484+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;Samedi&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Adrien Deume poussa un cri animal, celui du mâle vainqueur, du maître du monde! &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Il l'avait sa revanche... tous ces médiocres qui le brocardaient depuis des années, il aurait voulu voir leur mine en papier mâché et leur air pincé maintenant... La vie commençait pour lui, il rejoignait les Nations Unies....&lt;br /&gt;Il en oubliait la trivialité des documents qui venaient de lui annoncer la nouvelle: au lieu des trompettes de la renommée, un message sec comme un coup de trique lui annonçant qu'il était retenu pour occuper un poste flou aux attributions imprécises... Mais qu'importait le flacon pourvu qu'il ait l'ivresse! Il faisait désormais partie du premier cercle, celui des décideurs, celui des gens qui comptent, et très vite on apprendrait à compter avec lui...&lt;br /&gt;Il fallait cependant procéder méthodiquement... Après la joie brute venait le temps de la réflexion. Faire reconnaître ses talents ne pouvait être laissé au bon vouloir d'un destin facétieux... Il allait évaluer le champ de bataille, organiser son plan d'action.  Du discours oui, mais de la méthode! Il lui fallait tout noter, tout retenir, cela servirait un jour... D'abord comprendre l'environnement, ensuite évaluer les figurants, puis enfin laisser parler son talent! Un petit rire de contentement agita le futur fonctionnaire de deuxième échelon...&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/32724413-115558294576717678?l=comedie-un.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://comedie-un.blogspot.com/feeds/115558294576717678/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=32724413&amp;postID=115558294576717678' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/115558294576717678'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/32724413/posts/default/115558294576717678'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://comedie-un.blogspot.com/2006/08/adrien-deume-poussa-un-cri-animal.html' title=''/><author><name>Antoine Barbry</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12016880268627176062</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://static.flickr.com/86/216275221_c88fa68dc1.jpg?v=0'/></author><thr:total>0</thr:total></entry></feed>
