JOURNAL D'ADRIEN DEUME
C’est avec avidité que je m’étais jeté ce matin sur l’exemplaire du 20 minutes afin de découvrir la citation culturelle du jour. Je prenais goût à ces phrases parfois pompeuses, mais qui gardaient une pertinence qui ne cessait de me surprendre.
« Levez-vous vite, orages désirés ! » Chateaubriand me laissa pantois et rêveur alors que le bus 11 était pris dans le trafic de la Servette… Oui ! Moi aussi je réclamais des orages! J’attendais fébrilement que l’ANUS-SEC sorte de sa routine émolliente, qu’une crise majeure agite l’organisation. Qu’une nouvelle Syldavie Orientale fasse l’actualité. Et alors, je pourrais enfin faire mes preuves, démontrer ma ténacité et mon calme dans la tempête. Dans les moments de tension, je serai le chêne que l'on ne peut abattre. C’est le menton volontaire, les cheveux au vent et la pluie me cinglant le visage que je pénétrais en courant par le portail de la place des Nations…
Maintenant que j’avais obtenu l’accord de Rita Kertani sur mes nouvelles responsabilités, il ne me restait qu’à faire avaliser par Mme Gatay ma candidature au poste de gender focal point. Heureusement pour moi, cette responsabilité ne déchaînait pas les foules. Les hommes craignaient probablement de se retrouver embringués dans des soirées tupperware pendant que les femmes redoutaient plus que tout d’être cataloguées et cantonnées à des activités vues comme « exclusivement féminines ». Il faut dire que promouvoir le rôle et la place des femmes dans notre domaine de compétence n’était pas chose aisée. Mon prédécesseur avait bien tenté de susciter l’intérêt des masses populaires au moyen d'une publication sur « la place des femmes dans la transmission inter-générationnelle ». Malheureusement, tout le monde avait cru que cet ouvrage recensait les recettes de cuisine transmises de mères en filles. Mon prédécesseur ne s’en était pas relevé… J’allais donc récupérer une fonction laissée à l’abandon et ce n’était pas pour me déplaire car il y avait tout à faire. Mais avant toute chose, il me fallait rencontrer Mme Gatay.
Je poussais la porte de son bureau tout doucement. Elle ne semblait en effet pas être seule. Mais j'étais étonné par l’intonation et le rythme des bruits de voix qui me parvenaient. Une récitation laconique par la voix haut perchée de ma directrice était interrompue de temps à autre par une voix de basse. C’est avec stupeur que je reconnus les sonorités de la langue russe. Ma chef de Division récitait studieusement son alphabet cyrillique ! Poussant un peu plus la porte, je tombais sur une scène qui me laissa interdit. Mme Gatay, yeux fermés et front plissé, scandait avec le doigt tout en ânonnant avec application. Pendant ce temps, Igor Kondratiev surveillait attentivement la diction et calligraphiait les lettres dans un grand cahier d’écolier.
Au son de mon raclement de gorge, la mélopée s’arrêta net. Mme Gatay semblait surprise mais Kondratiev paraissait lui extrêmement contrarié. Je fus interrogé à brûle-pourpoint : avais-je une quelconque connaissance du russe ? Mon signe de tête négatif me valut un regard noir de Kondratiev. Mais Mme Gatay ne se laissait pas facilement démonter et m’annonça qu’ayant également commencé les cours de français offerts par l’ONU, elle avait aussi besoin d’un répétiteur qui puisse l’aider à faire ses devoirs dans cette langue. Je comprenais mieux désormais pourquoi Kondratiev se rendait régulièrement dans le bureau de notre Directrice et restait évasif lorsqu’on lui demandait ce que Mme Gatay lui voulait. Evidemment, il n’y avait pas vraiment de quoi se glorifier de servir de répétiteur de russe lorsque l’on avait durement trimé pendant 25 ans dans l’Organisation pour atteindre le grade P5, premier étage du nirvana onusien, celui qui donnait droit au statut diplomatique et ouvrait les portes des boutiques hors-taxe… Je m’interrogeais encore perplexe sur les raisons qui poussaient notre directrice indienne à commencer le russe quand elle répondit d’elle-même à mon interrogation. Elle avait noté que les directeurs successifs de l’antenne genevoise des Nations Unies étaient pour la plupart russes ou originaires des anciennes républiques d’Union Soviétique, or elle aspirait elle-même à ces hautes fonctions. Astucieusement, elle avait donc décidé de poser un problème inédit à l’Organisation : pouvait-on refuser pour ce poste quelqu’un qui, certes n’avait pas une goutte de sang russe, mais maîtrisait parfaitement les pièges et subtilités de la langue de Tolstoï, et qui de plus était originaire du Kerala, dernier état communiste de l’Inde ? En attendant de pouvoir plonger l’ONU dans ce dilemme, elle révisait consciencieusement ses leçons sous l’œil vigilant d’Igor Kondratiev.
Ce dernier prit prestement le manuel « Apprendre le russe sans peine » qu’il avait acheté spécialement pour Mme Gatay, et sortit en me signalant d’un ton sec qu’il m’attendait dans son bureau dès la fin de mon entretien avec notre Directrice. Celle-ci donna son accord avec soulagement lorsque je lui exposais ma volonté de reprendre la fonction de gender focal point pour laquelle j’avais de grandes ambitions. Elle-même peu intéressée par la question voire méfiante, comme la plupart de ces femmes qui s’étaient construit leurs carrières à grands coups de hache, elle savait néanmoins que c’était un sujet porteur et qu’on pourrait lui reprocher en haut lieu de ne pas y accorder une attention suffisante. Elle me promit donc de me faciliter la tâche chaque fois que son aide serait requise. Je quittais satisfait son bureau, mon nouveau statut commençait à prendre tournure. C’est encore un sourire aux lèvres que j’entrais chez Igor Kondratiev. Il n’y avait pourtant pas de quoi rire. Mon chef de section m’attendait le regard sévère, les lèvres plissées.
L’attaque fut franche. Depuis mon arrivée, j’avais, selon lui, fait preuve d’un esprit d’initiative certes louable sur le principe, mais qui avait à ses yeux très nettement tendance à me détourner de mes tâches essentielles, ce qui ne saurait rester sans conséquence au moment de mon évaluation dont il avait la charge… Néanmoins, il saurait se montrer indulgent et compréhensif si je retrouvais mes qualités de fonctionnaire discret et travailleur qu’il avait appréciées. L’allusion ne pouvait être plus claire… Il s’agissait pour moi de ne pas ébruiter la scène à laquelle j’avais assisté sinon il m’en cuirait. Je le rassurais à grand renfort de serments sur mon dévouement et mon désintérêt profond pour tout ce qui ne concernait pas directement le contenu de notre travail. J’en profitais pour lui exposer mes souhaits en matière de diversification de mes tâches, et lui lançais négligemment que j’avais déjà obtenu à cet effet le plein soutien de Rita Kertani…
Je savais détenir là l’argument massue. Kondratiev avait d’incontestables qualités humaines et professionnelles. La porte de son bureau était constamment ouverte aux questions, échanges de vue et récriminations. Il avait une écoute et une disponibilité rare pour un fonctionnaire de son niveau. Il avait par ailleurs de réelles compétences professionnelles qui se nourrissaient d’une curiosité restée en éveil et d’un intérêt pour les affaires du monde. Enfin, sa vaste culture en faisait un interlocuteur toujours intéressant, surtout lorsque l'on se passionnait pour la poésie turkmène. Malheureusement, le tableau avait également ses lueurs plus obscures. La personnalité de Kondratiev tenait plus du roseau que du chêne ; à l’image de Jules Renard on aurait pu l’entendre avouer : « c’est une question de propreté, il faut changer d’avis comme de chemise ». Par ailleurs, Kondratiev s’accommodait mal des rapports de force et des situations conflictuelles. Réputé pour sa propension à ne jamais élever la voix et à toujours ménager la chèvre, le chou, le propriétaire de la chèvre et le producteur de choux, il avait une pente naturelle qui l'entraînait vers la soumission aux puissants. "A force de courbettes, il risque la hernie discale" répétait régulièrement Léon Andrianampoinimerina lorsque le comportement de notre chef de section l'exaspérait. Attentif aux autres sur une mer d'huile, il était le premier à se réfugier dans la soute lorsque les orages se levaient…
Je savais donc qu'en mentionnant le nom de Kertani, je désarmais d'avance toute objection de Kondratiev. J'étais d'ailleurs toujours éberlué de l'ascendant psychique que Kertani avait sur lui. Entrés la même année dans le système, leurs relations avaient fluctué au gré de l'évolution de leurs carrières respectives. Ayant le cuir plus dur, Kertani avait tracé un sillon plus profond que Kondratiev et avait fréquenté de beaucoup plus près les grosses huiles du système. Sa carrière s'en était ressentie et elle était devenue le supérieur hiérarchique de mon chef turkmène. Insensiblement, elle avait transformé son statut de bras droit en celui de bouc émissaire voire de souffre-douleur. Elle ressentait à chaque fois un plaisir non dissimulé à voir Kondratiev se liquéfier littéralement devant elle lorsqu'elle le morigénait.
Comme je m'y attendais, il bredouilla que si j'avais obtenu l'accord de notre chef de branche, tout était donc pour le mieux dans le meilleur des mondes, et il me congédia sans autre forme de procès. Alors que je me levais, il prit l’anthologie de la poésie qui traînait sur son bureau et, trouvant son bonheur, se mit à déclamer face à la mer d’huile du lac Léman : « l’homme est un apprenti, la douleur est son maître. Et nul ne se connaît tant qu’il n’a pas souffert »…
« Levez-vous vite, orages désirés ! » Chateaubriand me laissa pantois et rêveur alors que le bus 11 était pris dans le trafic de la Servette… Oui ! Moi aussi je réclamais des orages! J’attendais fébrilement que l’ANUS-SEC sorte de sa routine émolliente, qu’une crise majeure agite l’organisation. Qu’une nouvelle Syldavie Orientale fasse l’actualité. Et alors, je pourrais enfin faire mes preuves, démontrer ma ténacité et mon calme dans la tempête. Dans les moments de tension, je serai le chêne que l'on ne peut abattre. C’est le menton volontaire, les cheveux au vent et la pluie me cinglant le visage que je pénétrais en courant par le portail de la place des Nations…
Maintenant que j’avais obtenu l’accord de Rita Kertani sur mes nouvelles responsabilités, il ne me restait qu’à faire avaliser par Mme Gatay ma candidature au poste de gender focal point. Heureusement pour moi, cette responsabilité ne déchaînait pas les foules. Les hommes craignaient probablement de se retrouver embringués dans des soirées tupperware pendant que les femmes redoutaient plus que tout d’être cataloguées et cantonnées à des activités vues comme « exclusivement féminines ». Il faut dire que promouvoir le rôle et la place des femmes dans notre domaine de compétence n’était pas chose aisée. Mon prédécesseur avait bien tenté de susciter l’intérêt des masses populaires au moyen d'une publication sur « la place des femmes dans la transmission inter-générationnelle ». Malheureusement, tout le monde avait cru que cet ouvrage recensait les recettes de cuisine transmises de mères en filles. Mon prédécesseur ne s’en était pas relevé… J’allais donc récupérer une fonction laissée à l’abandon et ce n’était pas pour me déplaire car il y avait tout à faire. Mais avant toute chose, il me fallait rencontrer Mme Gatay.
Je poussais la porte de son bureau tout doucement. Elle ne semblait en effet pas être seule. Mais j'étais étonné par l’intonation et le rythme des bruits de voix qui me parvenaient. Une récitation laconique par la voix haut perchée de ma directrice était interrompue de temps à autre par une voix de basse. C’est avec stupeur que je reconnus les sonorités de la langue russe. Ma chef de Division récitait studieusement son alphabet cyrillique ! Poussant un peu plus la porte, je tombais sur une scène qui me laissa interdit. Mme Gatay, yeux fermés et front plissé, scandait avec le doigt tout en ânonnant avec application. Pendant ce temps, Igor Kondratiev surveillait attentivement la diction et calligraphiait les lettres dans un grand cahier d’écolier.
Au son de mon raclement de gorge, la mélopée s’arrêta net. Mme Gatay semblait surprise mais Kondratiev paraissait lui extrêmement contrarié. Je fus interrogé à brûle-pourpoint : avais-je une quelconque connaissance du russe ? Mon signe de tête négatif me valut un regard noir de Kondratiev. Mais Mme Gatay ne se laissait pas facilement démonter et m’annonça qu’ayant également commencé les cours de français offerts par l’ONU, elle avait aussi besoin d’un répétiteur qui puisse l’aider à faire ses devoirs dans cette langue. Je comprenais mieux désormais pourquoi Kondratiev se rendait régulièrement dans le bureau de notre Directrice et restait évasif lorsqu’on lui demandait ce que Mme Gatay lui voulait. Evidemment, il n’y avait pas vraiment de quoi se glorifier de servir de répétiteur de russe lorsque l’on avait durement trimé pendant 25 ans dans l’Organisation pour atteindre le grade P5, premier étage du nirvana onusien, celui qui donnait droit au statut diplomatique et ouvrait les portes des boutiques hors-taxe… Je m’interrogeais encore perplexe sur les raisons qui poussaient notre directrice indienne à commencer le russe quand elle répondit d’elle-même à mon interrogation. Elle avait noté que les directeurs successifs de l’antenne genevoise des Nations Unies étaient pour la plupart russes ou originaires des anciennes républiques d’Union Soviétique, or elle aspirait elle-même à ces hautes fonctions. Astucieusement, elle avait donc décidé de poser un problème inédit à l’Organisation : pouvait-on refuser pour ce poste quelqu’un qui, certes n’avait pas une goutte de sang russe, mais maîtrisait parfaitement les pièges et subtilités de la langue de Tolstoï, et qui de plus était originaire du Kerala, dernier état communiste de l’Inde ? En attendant de pouvoir plonger l’ONU dans ce dilemme, elle révisait consciencieusement ses leçons sous l’œil vigilant d’Igor Kondratiev.
Ce dernier prit prestement le manuel « Apprendre le russe sans peine » qu’il avait acheté spécialement pour Mme Gatay, et sortit en me signalant d’un ton sec qu’il m’attendait dans son bureau dès la fin de mon entretien avec notre Directrice. Celle-ci donna son accord avec soulagement lorsque je lui exposais ma volonté de reprendre la fonction de gender focal point pour laquelle j’avais de grandes ambitions. Elle-même peu intéressée par la question voire méfiante, comme la plupart de ces femmes qui s’étaient construit leurs carrières à grands coups de hache, elle savait néanmoins que c’était un sujet porteur et qu’on pourrait lui reprocher en haut lieu de ne pas y accorder une attention suffisante. Elle me promit donc de me faciliter la tâche chaque fois que son aide serait requise. Je quittais satisfait son bureau, mon nouveau statut commençait à prendre tournure. C’est encore un sourire aux lèvres que j’entrais chez Igor Kondratiev. Il n’y avait pourtant pas de quoi rire. Mon chef de section m’attendait le regard sévère, les lèvres plissées.
L’attaque fut franche. Depuis mon arrivée, j’avais, selon lui, fait preuve d’un esprit d’initiative certes louable sur le principe, mais qui avait à ses yeux très nettement tendance à me détourner de mes tâches essentielles, ce qui ne saurait rester sans conséquence au moment de mon évaluation dont il avait la charge… Néanmoins, il saurait se montrer indulgent et compréhensif si je retrouvais mes qualités de fonctionnaire discret et travailleur qu’il avait appréciées. L’allusion ne pouvait être plus claire… Il s’agissait pour moi de ne pas ébruiter la scène à laquelle j’avais assisté sinon il m’en cuirait. Je le rassurais à grand renfort de serments sur mon dévouement et mon désintérêt profond pour tout ce qui ne concernait pas directement le contenu de notre travail. J’en profitais pour lui exposer mes souhaits en matière de diversification de mes tâches, et lui lançais négligemment que j’avais déjà obtenu à cet effet le plein soutien de Rita Kertani…
Je savais détenir là l’argument massue. Kondratiev avait d’incontestables qualités humaines et professionnelles. La porte de son bureau était constamment ouverte aux questions, échanges de vue et récriminations. Il avait une écoute et une disponibilité rare pour un fonctionnaire de son niveau. Il avait par ailleurs de réelles compétences professionnelles qui se nourrissaient d’une curiosité restée en éveil et d’un intérêt pour les affaires du monde. Enfin, sa vaste culture en faisait un interlocuteur toujours intéressant, surtout lorsque l'on se passionnait pour la poésie turkmène. Malheureusement, le tableau avait également ses lueurs plus obscures. La personnalité de Kondratiev tenait plus du roseau que du chêne ; à l’image de Jules Renard on aurait pu l’entendre avouer : « c’est une question de propreté, il faut changer d’avis comme de chemise ». Par ailleurs, Kondratiev s’accommodait mal des rapports de force et des situations conflictuelles. Réputé pour sa propension à ne jamais élever la voix et à toujours ménager la chèvre, le chou, le propriétaire de la chèvre et le producteur de choux, il avait une pente naturelle qui l'entraînait vers la soumission aux puissants. "A force de courbettes, il risque la hernie discale" répétait régulièrement Léon Andrianampoinimerina lorsque le comportement de notre chef de section l'exaspérait. Attentif aux autres sur une mer d'huile, il était le premier à se réfugier dans la soute lorsque les orages se levaient…
Je savais donc qu'en mentionnant le nom de Kertani, je désarmais d'avance toute objection de Kondratiev. J'étais d'ailleurs toujours éberlué de l'ascendant psychique que Kertani avait sur lui. Entrés la même année dans le système, leurs relations avaient fluctué au gré de l'évolution de leurs carrières respectives. Ayant le cuir plus dur, Kertani avait tracé un sillon plus profond que Kondratiev et avait fréquenté de beaucoup plus près les grosses huiles du système. Sa carrière s'en était ressentie et elle était devenue le supérieur hiérarchique de mon chef turkmène. Insensiblement, elle avait transformé son statut de bras droit en celui de bouc émissaire voire de souffre-douleur. Elle ressentait à chaque fois un plaisir non dissimulé à voir Kondratiev se liquéfier littéralement devant elle lorsqu'elle le morigénait.
Comme je m'y attendais, il bredouilla que si j'avais obtenu l'accord de notre chef de branche, tout était donc pour le mieux dans le meilleur des mondes, et il me congédia sans autre forme de procès. Alors que je me levais, il prit l’anthologie de la poésie qui traînait sur son bureau et, trouvant son bonheur, se mit à déclamer face à la mer d’huile du lac Léman : « l’homme est un apprenti, la douleur est son maître. Et nul ne se connaît tant qu’il n’a pas souffert »…


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