JOURNAL D'ADRIEN DEUME
Tout était fin prêt.
J’étais allé chercher mon costume redingote chez le loueur, nous avions fait nettoyer l’argenterie, Desplanches avait livré un festin et, comme me l’avait conseillé ma femme, j’avais mis un CD de la chanteuse Sade pour créer une musique d’ambiance propice à des discussions de bon aloi. Pendant que ma femme terminait de se préparer, je relisais anxieusement le petit discours que j’avais préparé pour le passage à la nouvelle année. J’en étais assez fier : une introduction succincte décrivait les bouleversements que le XXe siècle avait connus. Puis, dans une légère digression, je commentais ma vision personnelle du concept de fin de l’histoire décrite par Fukuyama. J’enchaînais ensuite en un tournemain sur le rôle que les Nations Unies avaient joué dans ce siècle, notamment dans la prévention des conflits. Ceci me permettait de replacer habilement notre récente mission en Syldavie Orientale et une allusion à la force des épreuves vécues ensemble et les liens indéfectibles qu’elles créent. J’espérais bien en effet que ces « liens indéfectibles » avec ces grosses huiles de l’ONU n’existaient pas que dans mon esprit… C’est à ce moment de mon discours que j’allais ensuite sortir ma botte secrète et annoncer la création d’une association des « anciens du sous-sol du Sheraton Glodeni », tout en proclamant que j’espérais bien avoir lancé le premier acte des retrouvailles régulières de notre nouvelle association… Un petit rire de contentement m’agita et je me dépêchais de monter voir mon épouse pour lui soumettre mon discours.
L’attente commençait à être longue, ma femme et moi assis dans notre salon. Pendant qu’elle refaisait cent fois le bouquet de gui sous lequel j’espérais bien pouvoir embrasser l’une des charmantes diplomates invitées, je relançais pour la 3e fois l’album « Diamond life ». Le morceau « Smooth Operator » était en effet un peu la madeleine de Proust de mon épouse qui avait fait ses premiers pas dans la bonne société genevoise et la communauté diplomatique au son de la voix chaude de Sade. Tout en écoutant d’un air absent les premières notes, je me mordais surtout les doigts d’avoir négligé de demander une réponse dans mon invitation. Mais je me rassurais en me disant qu’il était rare que la communauté diplomatique dédaigne un cocktail à l’œil…
Les premières portières claquèrent mais il s’agissait du contingent de collègues que j’avais invité en tant que Directeur de la division. Pedro Delgado fit son entrée au bras d’une magnifique ex-mannequin qui s’était lancée avec succès dans la chanson à texte. Mathew Chang avait lui l’air renfrogné de celui qui estime qu’il aurait pu en faire tout autant. Il était d’autant plus en rogne qu’arrivaient en même temps que lui les deux collègues du service informatique avec qui j’avais partagé un bon fou rire à la suite de ses mésaventures. Elizabeth Salander et Emilie Larcenet, c’était l’eau et le feu mais elles se complétaient à merveille. L’une, qui taillait sa route le nez au vent et le culot en bandoulière, s’occupait des « cas difficiles », fonctionnaires particulièrement odieux dont la vanité et le manque de savoir-vivre étaient comme le disent si bien les anglais « second to none ». L’autre, avec ses yeux souriants, tissait les liens personnels indispensables à rassurer les grands anxieux de la souris et du clavier.
La petite équipe se rassembla autour du buffet mais j’avais expressément interdit de servir quoi que ce soit avant que les grosses huiles n’aient fait leur entrée. Mes collègues firent donc un sort aux olives et tomates cerise tout en maugréant contre l’ingratitude des chefs de division.
L’heure tournait mais rares étaient les invités à nous avoir rejoint. Le délégué surmené de Syldavie avait réussi à se libérer de sa dernière réunion de l’année sur les quotas de pêche à la baleine en mer du Nord. Confus, il m’avait expliqué qu’il avait eu beaucoup de scrupules à quitter l’hémicycle mais que la Syldavie étant un pays enclavé, il s’était senti somme toute assez peu concerné. Quelques autres diplomates désoeuvrés et loin de leurs foyers étaient également arrivés. Le délégué du Swaziland Rupert Dlamini, qui venait d’apprendre qu’il était destitué par son Roi, venait noyer sa mélancolie dans les gin tonics pendant que le délégué maltais, que mon épouse avait contacté pour la préparation de son voyage, était arrivé au bras d’une charmante diplomate estonienne. L’élargissement de l’Union Européenne à l’est avait du bon… Pour remplir quelque peu ce salon où l’on entendait l’écho de sa propre voix, je décidais de rameuter tout le ban et l’arrière-ban de la communauté diplomatique genevoise en appelant les quelques conseillers qui avaient échappé à mon ratissage minutieux. Le premier conseiller de la République Démocratique du Congo s’apprêtait à se rendre à une soirée disco mais il consentit à y renoncer quand, menaçant, je mis dans la balance le séminaire que nous allions organiser tout prochainement à Kinshasa. Nous avions déjà attaqué les petits fours quand il débarqua en pantalon pattes d’eph’ et T-shirt psychédélique sous les applaudissements admiratifs d’Elizabeth Salander.
J’étais contrarié mais ma femme avait l’air catastrophée. Qu’allions-nous faire du repas gargantuesque qui attendait en cuisine ? Il y avait de quoi nourrir un régiment de fonctionnaires ONU affamés. Mais je reportais à plus tard ces contingences matérielles. Dans ces moments j’aimais à plagier de Gaulle et lancer un « l’intendance suivra !» définitif. Il était par contre temps de placer mon discours même si l’audience n’était pas à la hauteur de mes espérances. J’en étais au récit des épreuves douloureuses vécues à Glodeni lorsque de lourds sanglots rompirent le silence. Le délégué swazi avait l’alcool triste et le tempérament mélancolique. Il avait vu le reflet de sa propre déchéance dans son verre de gin tonic, et l’évocation de mes souffrances (que j’avais sciemment enjolivées en l’absence de mes collègues de mission) avait réveillé ses angoisses d’emprisonnement à son retour au pays. En tout cas, le saligaud avait réussi son coup, l’ambiance était maintenant plombée et il valait mieux laisser tomber pour le moment mon association d’anciens combattants… La tristesse et l’angoisse n’avaient en tout cas pas nui à l’appétit de Rupert qui se jeta sur les coquilles St Jacques, entraînant dans son sillage une cohorte de diplomates qui se bousculaient du coude. Encore deux-trois bonnes crises de larmes et mes invités règleraient leur compte au plateau de fruits de mer. D’un coup, je ne voyais plus bien pourquoi ma femme avait eu quelque inquiétude à ce sujet…
Mais l’entrée dans le salon du groupe musical I Mavroni mit un terme temporaire aux agapes et provoqua une excitation générale qui me semblait pour ma part autant due aux facultés du Gevrey-Chambertin qu’à la réputation de ces artistes corses. Ma femme en profita elle pour s’éclipser. Surpris de son peu de goût pour les chants polyphoniques, je décidais de la suivre. Pendant que retentissaient les premières mesures de « Forza Corsica », je montais à pas de loup les escaliers où j’avais vu disparaître ma moitié…
C’est chancelant que je redescendis les marches. Elizabeth Salander parut surprise que je lui indique les toilettes alors qu’elle me demandait s’il restait un peu de Gevrey-Chambertin, mais mon cerveau était en déroute et mes neurones battaient la campagne. J’avais surpris ma femme alanguie dans les bras du délégué maltais, dans une attitude sur laquelle on ne pouvait se méprendre. Une froide colère me prit. Qu’encore elle choisisse un apollon ou un de mes chefs charismatiques… Mais non ! Elle se jetait au cou du premier venu, un nain, un nabot, un court sur pattes ! Désormais, le délégué dont j’ignorais même jusqu’au nom, était devenu pour moi « el corto Maltese »…
Mais déjà les douze coups sonnaient à l’horloge de grand-maman. Je fis mon entrée dans le salon au moment où I Mavroni concluait son récital sous les applaudissements et les cotillons d’une foule conquise. J’empoignais la déléguée estonienne et l’embrassais fougueusement sous le gui, reprenant uniquement mon souffle pour lui bredouiller qu’il s’agissait d’une vieille coutume française à laquelle on ne pouvait se soustraire à l’aube d’une nouvelle année. Eva Kerès n’avait pas encore repris ses esprits quand je la laissais dans les bras ravis du délégué de RDC. Il était temps pour moi de mettre fin aux discussions du traité d’amitié malto-suisse qui se déroulaient à l’étage. Mais je n’eus même pas à monter, « corto Maltese » et ma femme redescendaient les escaliers avec un parfait vernis d’urbanité mondaine. Tout en affichant également un sourire mondain au possible, je me jurais intérieurement que ce nain ne perdait rien pour attendre…
Il me fallut l’aide de Achille Lumumba, honorable premier conseiller zaïrois devenu congolais républicain et démocratique, enfin débarrassé de sa ridicule perruque disco orange, pour porter dans le taxi Rupert Dlamini à qui le rhum-coca avait visiblement fait oublier tous ses soucis. Achille monta également mais signala au taxi qu’il souhaitait pour sa part être déposé au Macumba, la plus grande boîte d’Europe, où il comptait débuter en beauté et en chansons la nouvelle année.
Le taxi parti, le silence revint enfin. A pas lents, je remontais l’allée de gravier. Je me sentais outragé, brisé, martyrisé. Mais d’une certaine manière je me sentais aussi libéré. Ma femme était faible, elle était humaine donc…
J’étais allé chercher mon costume redingote chez le loueur, nous avions fait nettoyer l’argenterie, Desplanches avait livré un festin et, comme me l’avait conseillé ma femme, j’avais mis un CD de la chanteuse Sade pour créer une musique d’ambiance propice à des discussions de bon aloi. Pendant que ma femme terminait de se préparer, je relisais anxieusement le petit discours que j’avais préparé pour le passage à la nouvelle année. J’en étais assez fier : une introduction succincte décrivait les bouleversements que le XXe siècle avait connus. Puis, dans une légère digression, je commentais ma vision personnelle du concept de fin de l’histoire décrite par Fukuyama. J’enchaînais ensuite en un tournemain sur le rôle que les Nations Unies avaient joué dans ce siècle, notamment dans la prévention des conflits. Ceci me permettait de replacer habilement notre récente mission en Syldavie Orientale et une allusion à la force des épreuves vécues ensemble et les liens indéfectibles qu’elles créent. J’espérais bien en effet que ces « liens indéfectibles » avec ces grosses huiles de l’ONU n’existaient pas que dans mon esprit… C’est à ce moment de mon discours que j’allais ensuite sortir ma botte secrète et annoncer la création d’une association des « anciens du sous-sol du Sheraton Glodeni », tout en proclamant que j’espérais bien avoir lancé le premier acte des retrouvailles régulières de notre nouvelle association… Un petit rire de contentement m’agita et je me dépêchais de monter voir mon épouse pour lui soumettre mon discours.
L’attente commençait à être longue, ma femme et moi assis dans notre salon. Pendant qu’elle refaisait cent fois le bouquet de gui sous lequel j’espérais bien pouvoir embrasser l’une des charmantes diplomates invitées, je relançais pour la 3e fois l’album « Diamond life ». Le morceau « Smooth Operator » était en effet un peu la madeleine de Proust de mon épouse qui avait fait ses premiers pas dans la bonne société genevoise et la communauté diplomatique au son de la voix chaude de Sade. Tout en écoutant d’un air absent les premières notes, je me mordais surtout les doigts d’avoir négligé de demander une réponse dans mon invitation. Mais je me rassurais en me disant qu’il était rare que la communauté diplomatique dédaigne un cocktail à l’œil…
Les premières portières claquèrent mais il s’agissait du contingent de collègues que j’avais invité en tant que Directeur de la division. Pedro Delgado fit son entrée au bras d’une magnifique ex-mannequin qui s’était lancée avec succès dans la chanson à texte. Mathew Chang avait lui l’air renfrogné de celui qui estime qu’il aurait pu en faire tout autant. Il était d’autant plus en rogne qu’arrivaient en même temps que lui les deux collègues du service informatique avec qui j’avais partagé un bon fou rire à la suite de ses mésaventures. Elizabeth Salander et Emilie Larcenet, c’était l’eau et le feu mais elles se complétaient à merveille. L’une, qui taillait sa route le nez au vent et le culot en bandoulière, s’occupait des « cas difficiles », fonctionnaires particulièrement odieux dont la vanité et le manque de savoir-vivre étaient comme le disent si bien les anglais « second to none ». L’autre, avec ses yeux souriants, tissait les liens personnels indispensables à rassurer les grands anxieux de la souris et du clavier.
La petite équipe se rassembla autour du buffet mais j’avais expressément interdit de servir quoi que ce soit avant que les grosses huiles n’aient fait leur entrée. Mes collègues firent donc un sort aux olives et tomates cerise tout en maugréant contre l’ingratitude des chefs de division.
L’heure tournait mais rares étaient les invités à nous avoir rejoint. Le délégué surmené de Syldavie avait réussi à se libérer de sa dernière réunion de l’année sur les quotas de pêche à la baleine en mer du Nord. Confus, il m’avait expliqué qu’il avait eu beaucoup de scrupules à quitter l’hémicycle mais que la Syldavie étant un pays enclavé, il s’était senti somme toute assez peu concerné. Quelques autres diplomates désoeuvrés et loin de leurs foyers étaient également arrivés. Le délégué du Swaziland Rupert Dlamini, qui venait d’apprendre qu’il était destitué par son Roi, venait noyer sa mélancolie dans les gin tonics pendant que le délégué maltais, que mon épouse avait contacté pour la préparation de son voyage, était arrivé au bras d’une charmante diplomate estonienne. L’élargissement de l’Union Européenne à l’est avait du bon… Pour remplir quelque peu ce salon où l’on entendait l’écho de sa propre voix, je décidais de rameuter tout le ban et l’arrière-ban de la communauté diplomatique genevoise en appelant les quelques conseillers qui avaient échappé à mon ratissage minutieux. Le premier conseiller de la République Démocratique du Congo s’apprêtait à se rendre à une soirée disco mais il consentit à y renoncer quand, menaçant, je mis dans la balance le séminaire que nous allions organiser tout prochainement à Kinshasa. Nous avions déjà attaqué les petits fours quand il débarqua en pantalon pattes d’eph’ et T-shirt psychédélique sous les applaudissements admiratifs d’Elizabeth Salander.
J’étais contrarié mais ma femme avait l’air catastrophée. Qu’allions-nous faire du repas gargantuesque qui attendait en cuisine ? Il y avait de quoi nourrir un régiment de fonctionnaires ONU affamés. Mais je reportais à plus tard ces contingences matérielles. Dans ces moments j’aimais à plagier de Gaulle et lancer un « l’intendance suivra !» définitif. Il était par contre temps de placer mon discours même si l’audience n’était pas à la hauteur de mes espérances. J’en étais au récit des épreuves douloureuses vécues à Glodeni lorsque de lourds sanglots rompirent le silence. Le délégué swazi avait l’alcool triste et le tempérament mélancolique. Il avait vu le reflet de sa propre déchéance dans son verre de gin tonic, et l’évocation de mes souffrances (que j’avais sciemment enjolivées en l’absence de mes collègues de mission) avait réveillé ses angoisses d’emprisonnement à son retour au pays. En tout cas, le saligaud avait réussi son coup, l’ambiance était maintenant plombée et il valait mieux laisser tomber pour le moment mon association d’anciens combattants… La tristesse et l’angoisse n’avaient en tout cas pas nui à l’appétit de Rupert qui se jeta sur les coquilles St Jacques, entraînant dans son sillage une cohorte de diplomates qui se bousculaient du coude. Encore deux-trois bonnes crises de larmes et mes invités règleraient leur compte au plateau de fruits de mer. D’un coup, je ne voyais plus bien pourquoi ma femme avait eu quelque inquiétude à ce sujet…
Mais l’entrée dans le salon du groupe musical I Mavroni mit un terme temporaire aux agapes et provoqua une excitation générale qui me semblait pour ma part autant due aux facultés du Gevrey-Chambertin qu’à la réputation de ces artistes corses. Ma femme en profita elle pour s’éclipser. Surpris de son peu de goût pour les chants polyphoniques, je décidais de la suivre. Pendant que retentissaient les premières mesures de « Forza Corsica », je montais à pas de loup les escaliers où j’avais vu disparaître ma moitié…
C’est chancelant que je redescendis les marches. Elizabeth Salander parut surprise que je lui indique les toilettes alors qu’elle me demandait s’il restait un peu de Gevrey-Chambertin, mais mon cerveau était en déroute et mes neurones battaient la campagne. J’avais surpris ma femme alanguie dans les bras du délégué maltais, dans une attitude sur laquelle on ne pouvait se méprendre. Une froide colère me prit. Qu’encore elle choisisse un apollon ou un de mes chefs charismatiques… Mais non ! Elle se jetait au cou du premier venu, un nain, un nabot, un court sur pattes ! Désormais, le délégué dont j’ignorais même jusqu’au nom, était devenu pour moi « el corto Maltese »…
Mais déjà les douze coups sonnaient à l’horloge de grand-maman. Je fis mon entrée dans le salon au moment où I Mavroni concluait son récital sous les applaudissements et les cotillons d’une foule conquise. J’empoignais la déléguée estonienne et l’embrassais fougueusement sous le gui, reprenant uniquement mon souffle pour lui bredouiller qu’il s’agissait d’une vieille coutume française à laquelle on ne pouvait se soustraire à l’aube d’une nouvelle année. Eva Kerès n’avait pas encore repris ses esprits quand je la laissais dans les bras ravis du délégué de RDC. Il était temps pour moi de mettre fin aux discussions du traité d’amitié malto-suisse qui se déroulaient à l’étage. Mais je n’eus même pas à monter, « corto Maltese » et ma femme redescendaient les escaliers avec un parfait vernis d’urbanité mondaine. Tout en affichant également un sourire mondain au possible, je me jurais intérieurement que ce nain ne perdait rien pour attendre…
Il me fallut l’aide de Achille Lumumba, honorable premier conseiller zaïrois devenu congolais républicain et démocratique, enfin débarrassé de sa ridicule perruque disco orange, pour porter dans le taxi Rupert Dlamini à qui le rhum-coca avait visiblement fait oublier tous ses soucis. Achille monta également mais signala au taxi qu’il souhaitait pour sa part être déposé au Macumba, la plus grande boîte d’Europe, où il comptait débuter en beauté et en chansons la nouvelle année.
Le taxi parti, le silence revint enfin. A pas lents, je remontais l’allée de gravier. Je me sentais outragé, brisé, martyrisé. Mais d’une certaine manière je me sentais aussi libéré. Ma femme était faible, elle était humaine donc…


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